Les exposés, le rôle des parents, PISA

Dans le collège fréquenté par mes enfants, il semble y avoir une sorte de projet d’établissement ayant attrait au travail des élèves en petits groupes. Face aux mauvais résultats réitérés en décembre 2013 de la France aux tests internationaux PISA de l’OCDE, certains ont pensé avec raison que pour construire une société moderne, il était nécessaire de développer des compétences sociales et de travail en groupe. Ces types de compétences se retrouvent relativement rarement chez les adultes qui aujourd’hui sont plus intéressés par la défense de leurs intérêts privés et leurs propre valorisation au sein de l’entreprise que de parvenir ensemble à réaliser un projet commun, chose que j’ai moi-même observé, alors que je travaillais en mode projet. J’ai pu observer combien d’énergie (surtout mon énergie) pouvait être dépensée en pure perte quand la motivation n’est pas au rendez vous ou que chacun travaille en fonction de ses propres intérêts.

En parents censés, nous attendrions donc que cette apprentissage se fasse au sein du collège, sous la supervision du personnel du collège et qu’éventuellement une partie de la mise en application soit effectuée au domicile. Tel n’est pas le cas, de la classe de sixième à la classe de troisième. Les enseignants se contentent de fournir les sujets, de donner des directives et  de fournir une date à laquelle le travail doit être rendu et éventuellement exposé devant la classe.

Les jeunes sont livrés à eux même et ne bénéficient d’aucun soutien de leurs professeurs. Ceux-ci interviennent, selon leurs habitudes, qu’en toute fin de processus, pour sanctionner le travail par une note.

Mon ainé s’est retrouvé dans un groupe dans lequel ses deux autres partenaires n’avait pas l’intention de porter leur part du travail et qui se sont largement reposés. A chaque fois que mon ainé cherchait à les réunir, ceux-ci se défilaient. Difficile de rendre un travail censé être collectif qu’avec son nom ! Mon enfant a tiré une expérience très négative du travail en groupe : aucune émulation, aucun plaisir partagé, que du stress face à travail qui n’avançait pas. Les enseignants ne peuvent intervenir face à une telle situation, puisque ayant tout sous traité sur la sphère privée, ils ne pouvaient rien voir, rien entendre, rien dire.

Mon deuxième enfant a eu dans un premier temps un poster à réaliser à domicile. Ne pensez pas que les enseignants aient expliqués comment réaliser un poster. Un bon poster ne s’improvise pas. Des techniques permettent de le rendre  attrayant pour le regard et susciter l’intérêt du public. Là encore, aucun enseignant n’était présent pour expliquer quoi que cela soit. Pas même l’enseignant d’art plastique à qui pourrait revenir cet enseignement. La tache nous est revenue tout entière à nous parents. Depuis, le poster a été rendu, les enfants n’ont pas présenté leurs travaux devant leurs camarades. Pour le moment, nous n’avons plus eu de nouvelle de ce travail, vieux de 2 mois.

Pour un de mes enfants, nous avons également eu droit à la réalisation d’un diaporama en groupe, encore une fois chez nous et pas au collège. Je suppose que les enseignants pensent qu’à l’aire du tout numérique, du téléphone portable des tablettes et des i-machins, tout le monde est à l’aise avec ces technologies, enfants compris, puisqu’il y a des ordinateurs à l’école primaires et que donc tous les parents sans exception sont en mesure d’aider leurs enfants à réaliser un diaporama !

Lors d’une dernière expérience de travail en groupe conséquent à réaliser dans un délai de 2 semaines, nous avions à tort un peu trop pris les choses en charge, paniqués que nous étions sur la possibilité pour notre enfant à tout gérer en si peu de temps en plus du travail habituel demandé. Les partenaires de notre enfant n’étaient pas cette fois ci des tires au flan, bien au contraire. Ils ne savaient pas pour autant travailler en groupe, deux d’entre eux passaient leur temps à se chamailler. Ils ont tous apportés leurs problèmes d’égos, voulant imprimer leur marque au projet.

Cela fini par faire tout de même beaucoup de choses qui reposent sur nous parents et je dois dire que nous ressentons un véritable ras-le-bol face à cette avalanche de travail à réaliser au domicile en groupe. On assiste là à un véritable transfert de tâches des enseignants vers nous les parents, sans que nous ayons pour autant le droit de nous exprimer. En matière de pédagogie, les parents d’élèves n’ont pas leur mot à dire, même au travers leurs délégués.

Dans cette avalanche, nous voyons surtout une immense injustice faite à 90 % des élèves dont les parents ne maitrisent pas toute cette culture. En déléguant ainsi sur les parents cet apprentissage qui devrait être effectué à l’école, les enseignants rendent l’école encore plus élitiste. Ce mode de fonctionnement permet de très bien former 5 à 10 % des élèves, de les pousser vers l’excellence, mais revient à jeter tous les autres, tous ceux qui, tout aussi intelligents, n’ont pas la chance d’avoir des parents disponibles et capables de les aider.

Le système méritocratique français ne sélectionne pas les élèves les plus intelligents, comme voudraient le faire croire tous ses défenseurs. Il sélectionne les élèves dont les parents sont les mieux formés et les plus à même d’aider leur progéniture.

Tous les experts du monde pourront déblatérer autant qu’ils veulent sur les mauvais résultats aux tests PISA de la France. On pourra parler de rythme scolaire, du mode de notation, de formation des enseignants, de pédagogie, de tous ces sujets importants. Aussi longtemps que tant sera demandé aux parents, on ne rétablira jamais un minimum d’équité entre les élèves.

Tous les élèves n’ont pas les mêmes chances de réussir, parce que l’école de la république en demande trop aux parents.

Recherche d’un stage

A vos marques, prêt, partez !

La course à la recherche d’un stage à effectuer au cours de la classe de 3ième, fin janvier, est engagée. Ceux qui n’auront pas trouvé de stage auront droit à un stage au sein du collège avec le personnel de cantine ou de ménage. Voilà une perspective qui devrait motiver nos chères têtes blonde pour s’activer dés maintenant dans cette recherche.

Sauf que ces têtes blondes ne savent pas comment s’y prendre et sont bien jeunes pour se débrouiller toutes seules. C’est donc leurs parents qui ont l’obligation de s’activer et aider leurs jeunes à trouver le stage. Il sera intéressant, dans quelques mois de faire le bilan des stages trouvés en fonction des catégories sociaux-professionnelles des parents. Il n’y a pas besoin d’être grand divin pour prévoir que les stages trouvés refléteront les inégalités de naissance.  Ce qui bien dommage pour une école qui se veut républicaine et affirme vouloir donner les mêmes chances à tous.

Concernant mon enfant, le stage est trouvé. Cela n’a pas été très long, ni très compliqué. Il m’a juste fallu activer mon réseau de relations et demander.

Nous avons là une seconde illustration des inégalités des chances des élèves. Les parents qui comme moi disposent d’un réseau de relations à qui demander et qui osent le faire favorisent leurs enfants. Pour certaines familles, le simple fait de demander n’est pas une chose aisée. La recherche d’un stage sera pour les élèves un petit aperçu de la recherche d’emploi. Ceux qui trouvent les meilleurs postes ou tout simplement un travail ne seront pas nécessairement les plus compétents, mais ceux qui disposent d’un réseau de relations ou de piston.

Quelles sont finalement les finalités de ces stages ?

Les aider à se déterminer dans leurs choix d’orientation ? Je doute que de la manière dont cela se passe, la plupart des élèves soient plus avancés après leur stage. Au mieux sauront-ils ce qu’ils ne veulent pas faire.

Leurs permettre de découvrir le monde du travail ? Pourquoi pas, mais là encore, tout dépendra du stage trouvé.

Leurs faire découvrir qu’ils ne sont pas égaux pour l’accès aux stages et plus tard à l’emploi et qu’il faut être bien né en plus d’avoir des bons résultats à l’école pour avoir un stage/travail intéressant ? Rendez vous au mois de février pour connaître leurs ressentis.

Certains enseignants sont des sélectionneurs

La vocation de certains enseignants de collège est-elle d’enseigner ou de sélectionner les meilleurs élèves ? C’est la question que je me suis posée lorsque mon enfant m’a raconté comment se déroulait une évaluation de sciences et vie de la terre.

A la fin de la dite évaluation, l’enseignant engage un compte à rebours de 10 à 0. A zéro, les élèves doivent avoir posé leur stylo et avoir levé les mains en l’air. Un des élèves faisant remarquer qu’il avait omis de noter son nom sur sa copie s’est vu répondre qu’il aurait dû y penser auparavant et qu’il était maintenant trop tard.

Ce récit m’a rappelé la fin des concours que j’ai pu passer, il y a un bon nombre d’années. L’objet d’un concours n’est pas de vérifier le niveau des candidats, mais de distinguer ceux que le système considère les meilleurs au vu des critères communément acceptés, à savoir absence d’émotivité, capacité à bachoter, rapidité dans la mise en œuvre des techniques ou la restitution des savoirs ingurgitées pendant deux à trois années de bourrage de crane intensif.

Mais là, les élèves en question sont des élèves de classe de quatrième âgés de 13 ans  et non pas des élèves de classe préparatoire de 19-20 ans. Ils ne sont pas censé être en classe pour savoir qui ira à polytechnique ou à HEC ou sciences po … Cette enseignante semble oublier que son rôle premier est d’enseigner une matière passionnante et non pas de chercher à établir une hiérarchie dans les élèves.

L’important n’est-il pas que tous les élèves acquièrent des connaissances, aient du plaisir à apprendre et réussissent ? Où est le problème si certains élèves prennent quelques minutes de plus pour terminer une phrase ou même une question ? Pourquoi considère-t-on que cela créera une distorsion entre les élèves, entre ceux qui se sont arrêtés à l’heure et ceux ayant poursuivi quelques minutes ? Quelle importance cela a-t-il donc de savoir qui est le premier, le deuxième, le dixième et le dernier ? Pourquoi ce besoin d’avoir une répartition des notes qui doit impérativement s’effectuer selon une courbe de gauss avec une moyenne de la classe au dessus de 10, mais pas trop tout de même ?

La vrai raison de tel comportement est qu’un premier cap de sélection s’opère en fin de classe de troisième et que  les élèves sont orientés non pas en fonction de leurs désirs et projets professionnels mais en fonction des performances ou non performances mesurées au cours des années de collège. Au plus méritant, les lycées d’enseignement général et la voie royale, aux autres les filières de relégation. L’orientation ne s’effectue pas en fonction d’un projet de vie mais en fonction d’un classement et se justifie en fonction de ce dernier. Si un élève va dans l’enseignement professionnelle, il doit savoir qu’il doit cette orientation à une mauvaise position dans le classement inofficiel que la comparaison des graphiques de profils d’élèves établis par ce fantastique logiciel de l’éducation national qu’est PRONOTE, permet d’établir d’un simple coup d’œil.

Le comportement de cet enseignant révèle donc un détournement de objectif affiché de de réussite de tous les élèves au collège vers une compétition en vue des sélections à venir.

 

Enseignement de la musique au collège

Ouvrir les horizons culturels des élèves, conforter la dimension artistique de la culture humaniste en enseignant la musique au collège est en soit une intention louable. Leur faire découvrir d’autres musiques que celles qu’ils écoutent, les enrichis. Acquérir quelques notions musicales au travers du chant peut leur faire découvrir le sens de l’harmonie.

Il est cependant illusoire de vouloir faire des collégiens des musiciens. Une heure par semaine est insuffisant et la musique n’est pas une vocation pour la majeur partie des élèves. Il existe des écoles de musique pour ceux qui ont une vocation.

Pourquoi vouloir alors à tout prix enseigner au collégiens la lecture des notes de musiques, le rythme et la flute ? Quel est l’objectif recherché ? Un tel enseignement nécessitant de la part des élèves non musiciens des efforts disproportionnés pour répondre aux exigences des professeurs de musique ne fait que provoquer un rejet de cet enseignement. Ce type de discipline ne peut intéresser les élèves que si les cours de musiques sont un moment de plaisir partagé. Sans quoi, tout sera rapidement oublié dés la fin du collège par les élèves non musiciens.

Le site de l’éducation nationale mentionne dans ses objectifs : « Développer sa capacité à observer des œuvres, pratiquer une activité artistique. Les élèves découvrent, par l’analyse d’œuvres d’art, la diversité des genres, des styles et des périodes. Ils acquièrent progressivement le goût de l’expression personnelle et de la création, les moyens de comprendre le phénomène de la création en musique, en arts plastiques, en architecture, dans le domaine des images. »

Dans le chapitre des moyens, est écrit : « Les élèves écoutent des œuvres musicales variées : chansons, pièces instrumentales, œuvres classiques. Ils apprennent à les analyser, à interpréter certains de leurs éléments, approfondissent leur culture musicale et acquièrent des connaissances techniques (solfège, chant ou pratique d’un instrument). »

Autant on ne peut que souscrire aux objectifs poursuivis, autant on peut contester les moyens employés : l’acquisition de connaissances techniques, solfège, pratique d’un instrument. Avec les pédagogie centrée sur l’apprentissage par la contrainte, les évaluations et les réprimandes à l’égard des élèves non doués pour la musique, les objectifs louables annoncés ne seront jamais atteins pour la majorité des élèves. Ils ne feront que rejeter plus tard cette forme de culture que l’on a voulu leur faire découvrir au collège. Ainsi enseigné, la musique est une perte de temps pour les élèves.

Si l’objectif du collège est de classer les élèves afin de les orienter, quelle est la nécessité de l’apprentissage de la musique ? Les autres matières enseignées qui elles serviront dans la suite de la scolarité y pourvoient déjà suffisamment.

Si l’objectif du collège est de former les citoyens de demain, alors oui, la musique a un intérêt dans la mesure où seulement elle contribue à la culture humaniste des élèves. Malheureusement, cela fait longtemps que cet objectif, bien que affirmé haut et fort est bafoué quotidiennement au collège.

Choisir les bonnes options pour se retrouver entre soit

Après deux années passées dans des classes (6ième et 5ième) ayant perdue toute motivation à travailler compte tenu des objectifs trop élevés assignés aux élèves et la charge de travail importante qui leur était imposée, alors que les élèves à la sortie du CM2 n’avaient ni méthode de travail, ni capacité à organiser leur temps, mon enfant se retrouve enfin dans une classe (4ième) de niveau plus homogène et travailleuse.

Le facteur à l’origine de se changement radical est le choix de l’allemand en seconde langue vivante plutôt que l’espagnol, motivé dans le cas de mon enfant par une affinité familiale. La classe est calme, motivée et travailleuse. Mon enfant qui était l’année précédente, traité d’intellectuel se sent maintenant plus normal et mieux intégré. Sans ami(e)s les années précédentes, il n’est maintenant plus seul. Il se retrouve avec des élèves qui lui ressemblent et de fait, de milieu social similaire au notre. Il s’agit d’élèves dont les parents ont mieux compris que les autres les règles de fonctionnement de l’école. Ils ont mieux compris la nécessité d’aider les enfants dans les devoirs, à s’organiser et acquérir des méthodes de travail. Il s’en suit des élèves qui réussissent mieux, qui ont plus confiance en leurs capacités et donc plus motivés.

Les camarades de classe de l’année passée ayant choisi l’espagnol en seconde langue vivante se retrouvent dans une classe bruyante et similaire à celles des années précédentes.

Ainsi, pour se retrouver entre soit, voici les quelques conseils que l’on peut prodiguer. Si votre enfant arrive en 6ième et qu’il n’a pas pu faire allemand à l’école primaire, faites lui commencer l’allemand en 6ième, quitte a ce qu’il se retrouve en classe bilangue avec une surcharge de travail. S’il n’a pas effectué ce choix, il n’est pas trop tard pour l’entrée en 4ième. Faites lui choisir allemand en seconde langue vivante, peu importe si vous n’avez pas d’affinité culturelles. Il n’est pas forcément nécessaire de lui faire faire du latin ou de le pousser à faire classe européenne. Le choix est à effectuer en fonction du contexte : si vous voulez pousser votre enfant dans sa scolarité et que vous portez des espoirs de réussite sociale importants, latin et classe européenne sont des choix à prendre en compte.

De fait, ces choix (allemand, classe européenne, latin) ne sont de fait pas effectués par les familles et les enfants qui ont une motivation moindre et vous permettrons de faire fréquenter à votre enfant les élèves des bonnes familles, sans avoir à payer une école privée pour cela.

Vous pourrez ainsi sans difficultés contourner l’idée de mixité sociale qui est censée être portée par l’école républicaine. Il suffit en effet de maitriser les règles de fonctionnement non dites du collège pour assurer à son enfant dans la compétition scolaire une bonne place.

Evaluations nationales de fin de 5ième

Les évaluations nationales expérimentales de fin de 5ième avait donné lieu à un programme de révision corsé lors des dernière vacances scolaires. Elles ont eu lieu lundi 14 et mardi 15 mai, pendant une durée de 6 heures.

Cela me parait totalement insensé de demander à des élèves de 12-13 ans d’être en examen pendant une durée aussi longue. Je ne peux croire que l’objectif recherché est de repérer les difficultés des élèves et de disposer d’un outil de pilotage pour l’éducation nationale. Il s’agissait surtout, comme l’on expliqué certains enseignants aux élèves de disposer d’éléments de comparaison entre établissements et pouvoir prouver que le collège privé de la ville n’est pas meilleur. Il s’agissait aussi pour l’ancien gouvernement de Nicolas Sarkozy de mettre en place un examen de fin de cinquième en vue d’écarter les élèves les moins bons, de les envoyer vers des filière professionnalisantes avec apprentissage avant 16 ans et ainsi mettre fin au collège unique. Le véritable objectif recherché est la sélection et le classement des élèves et l’élimination des élèves les moins bons qui se trouvent également être les élèves perturbateurs, ceux qui ayant perdu toute espoir de réussir se construisent dans l’opposition au modèle voulu par les adultes.

Nous sommes arrivés à un système scolaire où l’évaluation des élèves devient plus importante que les apprentissages. Comment comprendre autrement que mon enfant n’ait pas eu à se rendre au collège ce mercredi 16 mai,  afin de permettre aux enseignants de corriger les évaluations ?

La victoire de François Hollande aux élections présidentielles laisse espérer la fin des évaluations nationales et un coup d’arrêt dans cette réforme à petit pas de l’école vers une école de plus en plus sélective. Il paradoxal que cet espoir soit porté par une personne qui est sortie vainqueur de la compétition scolaire, puisque ancien élève d’HEC et de l’ENA.

Le bulletin scolaire

Le bulletin scolaire au collège n’a pas pour seule fonction d’informer les parents et les élèves sur leur état d’avancement dans l’acquisition des connaissances, mais également de situer leurs niveaux dans la classe et de donner une indication du niveau de celle-ci.

Y apparaissent en plus de la moyenne dans chaque matière avec une précision au centième, les notes les plus basses et les plus élevées de la classe, ainsi que la moyenne de la classe.

Nous pouvons ainsi discuter en tant que parents d’élèves sur le niveau présumé élevé ou bas de classe. Nous pouvons féliciter notre enfant lorsqu’il se retrouve « numéro un »  dans un certain nombre de matière, lui faire remarquer que dans d’autres matières un effort doit être fourni pour que l’élève se situe au prochain trimestre dans le top de la classe. Ou bien, nous pouvons nous rassurer de la moyenne un peu faible de notre enfant lorsque celle-ci se rapproche des autres enfants, ou encore estimer qu’un plan d’action est nécessaire pour remonter la pente.

Nous voyons bien qu’est de fait mis en place un système qui permet de classer les élèves dans la classe de manière officieuse, puisque aucun classement ne nous est communiqué. A ne pas en douter, grâce à l’informatisation du bulletin scolaire, la mise en place d’un classement est le but recherché. Si celui-ci n’est pas en place dans la base note du collège, un petit traitement sous tableur Excel peut facilement faire l’affaire.

Je ne  vois pas d’autres justifications dans la délivrance de moyennes par matières avec une précision au centième que l’établissement d’un tel classement. Etant donné que la délivrance officielle d’un classement est perçue comme rétrograde, les établissement on trouvé une parade. Ils la remplacent par la délivrance des « félicitations » du chef d’établissement, distinction permettant de distinguer les bons élèves de la masse. C’est ainsi que des élèves se trouvent à courir après cette distinction trimestre après trimestre, plutôt qu’après une première place. En dépend sans doute la possibilité d’être affecté en seconde dans un bon lycée.

Le collège n’évolue donc pas. Il régresse même par rapport à l’époque où j’étais moi-même  collégien. La note devient plus qu’avant l’outil de classement et de sélection des élèves et non pas l’outil permettant à l’élève et à ses parents de situer le niveau d’avancement de l’élève dans son apprentissage.

Ouf c’est la fin des notes du premier trimestre

Enfin, la fin des notes a été décrétée, depuis ce vendredi 25 novembre. La lourde machine administrative du collège doit maintenant gérer les conseils de classe et les bulletins. En conséquence, la dernière semaine a été un sprint permanent, car tous les enseignants avaient des évaluations à soumettre à leur élèves. Aucun ne se figure cependant  la pression qui s’exerce sur les élèves, la quantité de travail à abattre et la fatigue générée chez les moins forts.

On en arrive à une situation étrange où les élèves, lorsqu’ils protestent, s’entendent rétorquer par les enseignants qu’ils doivent bien remplir les bulletin scolaires.

Nous avons donc là la preuve que la finalité de ce système d’évaluation n’est pas de mesurer les difficultés des enfants pour les aider à progresser par la suite, mais de remplir des bulletins scolaires et d’établir un système de triage des élèves en vue des sélections à venir.

Le rôle des parents

Un excellent article de Martine Laronche publié dans Le Monde du mardi 23/08/2011, « Les parents, garants d’une entrée sans stress » nous parle de l’indispensable accompagnement des enfants par leurs parents dès leur rentrée et en particulier du passage en classe de sixième :

«Le passage en sixième constitue une étape importante qui peut être déstabilisante pour les enfants. Patrice Bride, professeur d’histoire-géographie, a coordonné un numéro des Cahiers pédagogiques consacré à ce sujet (« L’entrée en sixième », septembre-octobre 2009, no 475). « Les vrais dangers ne sont pas où on le croit, comme, par exemple, se repérer dans les nouveaux locaux. La plus grande difficulté se situe du côté des apprentissages. L’enfant passe d’un professeur des écoles, qui a une vue d’ensemble de l’élève, à plusieurs professeurs de collège, beaucoup plus centrés sur le programme », explique-t-il. L’enfant va devoir s’adapter aux demandes de chacun, au fonctionnement de ses enseignants. Il va devoir décrypter leurs attentes, qui seront différentes. « Il faut faire parler les enfants de ce qui se passe en cours, à quel moment ils n’ont pas compris, les aider à hiérarchiser et à repérer ce qui est important ou pas pour chacun des professeurs », poursuit Patrice Bride. Et surtout ne pas faire à leur place mais les aider à acquérir une autonomie en s’organisant, en les faisant réfléchir, tester plusieurs stratégies de travail.

Stimuler sans stresser, donner l’envie d’apprendre et le goût de l’effort, l’aider à devenir autonome est un travail de longue haleine qui devra se poursuivre tout au long de l’année.»

Voici mis en évidence l’importance de l’accompagnement des parents et la principale source d’inégalité entre les enfants. Elle réside dans la capacité des parents à accompagner correctement leurs enfants. Il n’est pas difficile comprendre que deux enfants de niveau scolaire et de motivation équivalentes ne réussiront pas de la même manière à l’entrée en sixième. Cela dépendra de la capacité des parents à accompagner leur enfant. Un des deux enfants peut très bien se retrouver submergé et en situation d’échec au bout du premier trimestre, tandis que le second arrivera à s’adapter, grâce à l’accompagnement des parents.

Tout le monde feindra de croire que seul le mérite de l’élève compte, alors que ce sont les parents qui font la différence. Comment peut-on encore parler d’égalité des chances dans le collège dit « républicain » ?

 

Remise du bulletin scolaire

Des propos surprenants m’ont été rapporté par mon enfant. Dans sa classe, deux enfants vont redoubler. Mais une petite dizaine supplémentaire aurait eu besoin de redoubler d’après un enseignant. Pour ceux qui peuvent redoubler, il s’agirait d’une chance, car pour une raison qui m’échappe, tous ne peuvent pas redoubler.

Ainsi donc, le redoublement resterait pour certains professeurs la réponse à apporter à des difficultés rencontrés par certains élèves. Difficultés qui trouvent pour une part leur origine, comme je l’ai souligné à plusieurs reprises sur ce blog au travers de l’expérience de mon enfant, dans le décrochage lié à la surcharge de travail et aux inégalités liées à l’investissement des parents dans la scolarité.

Pour mon enfant, les résultats sont bons. Mais le prix à payer a été élevé : un accroissement important de la charge de travail par rapport au CM2, du stress tel-que ma génération n’a pas connu à cette âge. Sa réussite et son apprentissage de la gestion du temps a été rendue possible grâce à l’assistance et l’accompagnement de ses parents et grands parents. Tous les enfants n’ont pas cette chance d’avoir des parents disponibles et/ou ayant la capacité à apporter cette aide.

Je doute que le redoublement soit la bonne réponse à apporter à de nombreux enfants. Il est surtout le constat de l’impuissance du collège à mettre en place les aides adéquates pour les enfants en difficultés, dans un système scolaire pris dans la contradiction de l’exigence de faire réussir le plus grand nombre avec la volonté de former une élite.