Faire la guerre pour un société plus juste

La politique des bombes menées par le président Hollande contre l’organisation terroriste EI ne parviendra pas à bout d’une crise de société que nous ne souhaitons pas voir. Vouloir tuer des terroristes français sur le sol Syrien et décréter un état d’urgence en France ne résoudra pas le problème que nous avons sur notre territoire : celui de jeunes qui a force de se sentir exclus se laissent happer par des groupes sectaires. En 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, parlait de nettoyer les cités au Karcher de ses délinquants. C’était une autre époque, avant l’apparition de l’EI sur les décombres de l’Irak et la crise Syrienne. Les maux étaient déjà bien présents. La réponse sécuritaire de l’époque ne semble pas avoir porté ses fruits. Ce qui interroge aujourd’hui est de comprendre comment des individus qui sont nés et ont grandis en France ont pu développer une telle haine de la France et de sa démocratie.

Oui une guerre doit être menée, mais tout d’abord en France : contre l’échec scolaire, contre cette école qui se dit républicaine, mais qui ne sait pas faire le choix entre sélection et éducation, qui sait très bien former une élite, mais démotive, décourage, déconsidère tous ceux qui n’ont pas l’aptitude à mener des études générales. La crise financière et économique de 2008 nous a installé durablement dans une compétition féroce pour l’emploi. Cette compétition se ressent dans la multiplication des exigences qui pèse sur les jeunes dans le système scolaire. Or qui dit compétition dit perdants. Autrefois, les perdants du système scolaire pouvait se rattraper dans le monde du travail, dans des métiers nécessitant peu de formation. La mondialisation de l’économie étant passée par là, ces personnes se retrouvent hors course. Les individus les moins performants ou ceux qui n’ont pas su développer des compétences recherchées voient leur place se réduire dans notre société.

Une société fragilisant ainsi un certain nombre d’individus en fait des proies faciles pour les prédicateurs de l’islamisme radical type salafiste qui au travers de la religion édictent des règles de vie et exerce un contrôle sur la pensée, finissant par réduire l’aptitude des individus à penser par eux même. Il suffit ensuite à un prédicateur sectaire à visées djihadiste de passer ensuite pour promettre gloire et honneur pour que ces individus se transforment en machines à tuer leurs semblables.

Les priorités de l’école doivent être changées. La formation d’une élite ne doit plus être sa raison d’être. Les discours sur l’économie de la connaissance et de l’innovation, ne peuvent s’appliquer à l’ensemble des élèves. La première des priorités de l’école devrait être de se réformer pour que chacun, en fonction de ses aptitudes, puisse trouver une voie lui assurant un avenir et un vrai métier. Cela ne peut que passer par une revalorisation des voies professionnelles et une réduction de la valorisation des filières générales, en établissant des quotas de places dans certaines études supérieures pour ceux qui ont suivi des études techniques ou professionalisantes. La seconde priorité est d’éduquer les citoyens de demain. L’histoire devrait être étudiée de manière à comprendre le passé en vue d’acquérir des clés de compréhension du présent. Cherche-t-on suffisamment à comprendre comment au cours de l’histoire, les religions ont été utilisées pour contrôler les pensées et les comportements, à des fin  totalitaristes, de guerre et de pouvoir ? Une affirmation forte de la laïcité devrait être de replacer la religion dans la sphère privée et individuelle en démontrant exemples historiques à l’appui, le danger de confier le contrôle de sa conscience à un groupe religieux. Puisque un certain nombre de pratiquants de diverses religions ont du mal à placer les textes religieux dans un contexte historique et social d’une époque révolue, alors donnons à l’école la responsabilité d’enseigner l’histoire des religions (pas les textes, les faits), afin que nos jeunes apprennent à faire la différence entre les actes des hommes, souvent motivés par des considérations non religieuses (pouvoir absolu, domination, richesse) et la quête spirituelle que l’on trouve dans toutes religions. L’école laïque doit se positionner !