Présidentielle 2017 : une défaillance de l’éducation

La présence de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle, 15 ans après le traumatisme qu’a été pour moi le choc l’élection présidentielle de 2002 génère des questions sur l’éducation. Sans être tous des racistes, xénophobes et anti immigrés, une fraction de plus en plus croissante de la population française est prête à accorder à ce parti son suffrage, par simple expression de son mécontentement et dans la croyance que ses remèdes simplistes apporteront des solutions à leurs problèmes. Que ce parti s’en prenne à ce point violemment aux journalistes, contre pouvoir essentiel dans toute démocratie grâce aux investigations qu’ils mènent, et au pouvoir judiciaire à la base de tout état de droit, ne leurs pose aucune question, ni les tentations négationnistes récurrentes. Que ce parti soit dirigé par une dynastie affairiste ne les éclaire pas plus sur les véritables intentions des dirigeants du FN. Les postures de sa dirigeante, son aptitude à siphonner le discours traditionnel de dénonciation de l’économie de marché et des inégalités de l’extrême gauche suffisent à convaincre de nouveaux électeurs.

Est-ce le rôle de l’école républicaine de former les citoyens de demain en leur donnant les éléments de compréhension du monde d’aujourd’hui et en les formant à l’esprit critique ?  Il arrive à certains ministres de penser que l’école doit former des citoyens (voir Morale laïque : un populisme petit bourgeois de gauche, un article de blog du 24 avril 2013). Malheureusement, au gré des réformes, l’école en reste toujours à son objectif initial, celui de former un homme savant en transmettant toujours plus de connaissances et en lui faisant acquérir des nouvelles compétences  qu’elle s’empressera d’évaluer pour les classer, sélectionner, orienter en fonction des mérites mesurés.

Il serait peut-être temps de changer de priorité, renoncer à cette course à l’excellence génératrice d’échec. Comprendre plutôt qu’apprendre dans certaines disciplines. Comprendre comment dans certaines périodes de tension, certains groupes parviennent au pouvoir en utilisant des arguments simplistes et ensuite installent des régimes autoritaires. Comprendre quels sont les fondements de toute démocratie, d’un état de droit avec des pouvoirs et contre-pouvoirs, ce que nous apportent les droits de l’homme. Comprendre aussi le fonctionnement de cette économie de marché, ses avantages et inconvénients, ses mécanismes de concentration des richesses, pour comprendre la nécessité d’une régulation qui ne peut se faire au niveau franco-français. Il faudrait surtout que les élèves puisse vivre leur citoyenneté. Cela impose de reconnaître aux élèves de véritables droits et pas seulement des devoirs sous une forme de charte des droits et devoirs de chacun, élèves, parents, professeurs. Les possibilités dont dispose  les élèves de s’élever contre une injustice ou un abus sont pour ainsi dire nulles. Ne parlons pas de celles des délégués de parents d’élèves trop souvent utilisés comme secrétaires des conseils de classe. Le fonctionnement de l’école n’a que peu de chose à voir avec une démocratie. Au mieux peut-on qualifié le régime scolaire de despotisme éclairé.

Tromperie sur le nouveau brevet des collèges ?

Nous avions cru qu’avec la réforme du collège, le nouveau brevet des collèges allait être allégé, faisant une place plus importante au contrôle continu.

Si l’épreuve de présentation orale d’histoire de l’art est bien supprimée, elle est remplacée par une épreuve orale de présentation d’un des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI). Il y a trois ans, mon aîné avait eu un travail personnel considérable de préparation de cette épreuve. Cette année, mon cadet se retrouve dans la même situation avec l’épreuve d’EPI, à savoir devoir préparer une présentation orale. Le sujet de l’EPI était vraiment intéressant et l’EPI a été l’objet d’un travail entre plusieurs enseignants au cours de l’année. Il est cependant regrettable que cela doivent se conclure par une épreuve du même type que la précédente, génératrice d’une charge de travail importante, alors qu’une appréciation du travail sur l’année aurait pu suffire.

Si nous ne connaissons pas encore le contenu exact des futures épreuves, nous pouvons constater l’apparition des sciences de la vie et de la terre, de la physique et de la technologie, dans des épreuves distinctes ou combinées, sans que l’on sache très bien encore. Il est par contre certain que la charge de travail a brusquement augmentée. En effet, les vacances de printemps ont été agrémentées de révisions de l’ensemble des programmes de sciences de la vie et de la terre et de physique, depuis la classe de cinquième. Un brevet blanc attend les élèves au retour des vacances, pour leur rappeler de pas trop se reposer pendant leurs vacances.

Si cette réforme parait avoir du bon avec l’introduction d’une pluridisciplinarité, un peu plus de travail en groupe, on peut fortement regretter que tout doivent toujours se traduire par des notes et des épreuves de brevet des collèges.