Méthode et Pratique Scientifique en seconde, une occasion ratée

Dans le cadre de la seconde de détermination, les élèves doivent choisir un enseignement d’exploration qui peut être de la musique, de la littérature, une langue vivante, de l’initiation à l’informatique, méthode et pratique scientifique … Il s’agit d’options qui doivent permettre à l’élève d’élargir son champ  et l’aider à se déterminer sur son propre avenir.

Concernant l’option Méthode et Pratique Scientifique choisie par mon jeune lycéen, les sujets abordés cette année ne manquaient pas d’intérêt, ni la démarche préparée par les enseignants en charge de l’option. Les séances sont constituées de travaux d’exploration qui doivent être effectués en groupe, ce qui devrait être une excellente occasion d’apprendre à travailler en équipe. Encore faut-il que les enseignants s’investissent, passent de groupe en groupe, jouent le rôle de coach, donnent des conseils et régulent les relations entre élèves. Des enseignants passant la totalité de la séance à leurs bureaux à pianoter sur leurs ordinateurs, voir pire, disparaissant de la circulation pendant une heure ne risquent pas de faire progresser les élèves dans le travail collaboratif. Ceux-ci avaient des séances préparées sur photocopie et devaient ensuite se débrouiller eux-même tout en pouvant solliciter l’enseignant pour des problèmes de compréhension. Malheureusement, dans de telles conditions, certains élèves passent leur temps à ne rien faire, d’autres ne s’intéressent qu’à la réalisation des manipulations et toujours les mêmes se voient dans l’obligation de chercher des informations et de rédiger le compte rendu. Dans les apparences tout fonctionne à merveille, car sous la contrainte d’une note pour le groupe pour chaque séance, les élèves travaillent tout de même. Mais quelle occasion manquée d’apprendre à travailler ensemble et créer une synergie de groupe. Quelques élèves en tirent toujours un bénéfice : apprentissage de la recherche d’information, esprit de synthèse, mais la démarche reste individualiste.

D’autres élèves doivent être certainement bien mieux lotis. Cependant, parvenir à faire travailler des élèves ensemble, leur donner une démarche pour qu’ils construisent eux-même leur propre savoir nécessite une formation que les enseignants ne reçoivent pas. Il n’est pas même certain qu’il s’agisse vraiment d’objectifs à atteindre pour les élèves au travers de ces enseignements, puisque ceux-ci s’arrêtent à la mi avril.