Voici une anecdote qui illustre malheureusement à quel pont l’école républicaine transmet si mal les valeurs républicaines et démocratiques à nos jeunes citoyens en devenir collégiens.
Après qu’un élève eut écrit des insultes sur une table à destination d’un de ses professeurs, l’intervention du professeur principal fut demandée par l’enseignant intéressé. Un tel acte ne pouvait pas rester sans réactions. Malheureusement, la réponse pédagogique ne fut pas à la hauteur de ce que nous pouvions attendre.
Après avoir sermonné les élèves, le professeur principal tenta de connaître le responsable du délit. Face au mutisme de la classe, un comportement habituel dans un groupe d’élèves de ce niveau de maturité et de cet âge, l’enseignant tenta une méthode inspirée des régimes dictatoriaux. Il demanda aux élèves de dénoncer le coupable sur un bout de papier anonyme. Bien entendu, la méthode fut un échec, puisqu’il ne permit pas de découvrir le coupable, certains élèves n’hésitèrent pas à procéder à des dénonciation calomnieuses. Malgré l’intervention du Conseillé Pédagogique d’Éducation (CPE), le coupable ne fut pas trouvé. Bien dans l’embarras, le professeur principal décida alors d’une punition collective de l’ensemble de la classe, qui fut convoquée pour une heure de colle.
Pour l’institution, la morale parait sauve et l’équilibre retrouvé, puisque la réprobation face à un comportement irrespectueux exprimée. Pour nous parents d’élèves, au contraire, cette anecdote illustre un énorme défit de l’institution dans la formation de nos jeunes. Difficile d’en vouloir aux adultes investis de l’autorité de l’institution, qui sont par ailleurs des personnes attentives aux élèves et bienveillantes ! Comment peuvent alors survenir de tels dérapages de l’école républicaine : incitation à la dénonciation anonyme conduisant à des dénonciations calomnieuse, punition collective au mépris du principe de présomption d’innocence, fondement de la justice française ? Les leçons qu’en tirent nos jeunes ne sont pas celles que nous espérons. Ils apprennent que le plus fort rend la justice, que l’on ne risque rien à dénoncer autrui, qu’il est possible de réitérer des insultes vis à vis des enseignants, à partir du moment où le statut de celui qui insulte dans la classe lui assure l’impunité.
Cette anecdote illustre une fois de plus l’absence de formation pédagogique de nos enseignants. A aucun moment, leur formation ne les amener à réfléchir à ce genre de situation, d’un point de vue morale et pratique. Il existe des méthodes d’investigation pour découvrir la vérité qui ne bafouent pas à ce point les principes fondamentaux de notre république.
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