Nouveau Bac, les E3C, des nouveaux partiels

Les élèves de première expérimentent depuis peu les Épreuves Communes de Contrôle Continu (E3C) du nouveau baccalauréat institué par la réforme Blanquer.

Cette réforme a été justifiée par la lourdeur de l’ancien bac aux épreuves toujours plus nombreuses et qui mobilisait dans les lycées l’ensemble du mois de juin au détriment des enseignements pour les élèves de la seconde à la terminale. L’ancien bac mobilisait beaucoup de ressources et d’argent pour une finalité contestable, puisque l’orientation des élèves était décidée avant le baccalauréat et finalement le bac n’était alors plus qu’un sésame venant valider une orientation décidée sur la base des résultats scolaire des élèves.

La réforme Blanquer était censée poursuivre un objectif de simplification. Sur ce point, les premiers retours des lycées devant organiser ses épreuves semblent montrer le contraire. Chaque établissement est libre d’organiser dans la période actuelle les épreuves quant il le souhaite, favorisant la diffusion des sujets par ceux ayant déjà passé les épreuves sur Instagram et introduisant une rupture d’égalité. Les sujets sont choisis dans une banque numérique, les copies doivent être numérisées avant d’être corrigées et les professeurs corrigeant les copies n’ont pas le temps d’annoter les copies, ce qui ne permettra pas aux élèves de progresser à partir de leurs erreurs.

De plus, ces épreuves introduisent un stress important chez les élèves qui reçoivent comme pour le bac des convocations et y sont préparés comme pour le bac. On peut alors se demander pourquoi ces épreuves sont considérées comme des épreuves de contrôle continu plutôt que nommées partiels comme à l’université ? Probablement, le terme de « partiels » ne passerait pas si bien dans la communication gouvernementale.

Ces épreuves poursuivent également la finalité de revaloriser le bac, puisque les notes de ces épreuves seront dans Parcoursup avant le début du processus de sélection. En conséquence, l’élève de première n’a plus droit à l’erreur. Dorénavant, ce n’est plus au moment du bac que le lycéen doit être prêt, mais dés la fin de la seconde !

Il devra savoir faire les bons choix, choisir les bonnes options pour la première et dés son année de première, il se doit de réussir pour avoir un bon dossier dans Parcoursup. Il n’a plus le droit d’être jeune, de se tromper, trébucher, chercher son chemin.

Quelle monde préparons nous à nos jeunes ?

Blocage des lycées, un problème d’éducation

Quel exemple déplorable ont pu avoir les plus radicaux des gilets jaunes sur les jeunes lycéens, qui par mimétisme ont reproduit les comportements violents de leurs aînés !

Jamais la violence physique ni les dégradations ne peuvent être considérés comme des modes d’action légitimes dans une société démocratique. Le conflit doit s’exprimer dans le respect de l’autre et dans le débat d’idées contradictoire. Si une pression à l’encontre des décideurs est nécessaire, les rapports de force ne doivent pas dégénérer en actes de vandalisme et de violence. Cette expression doit rester dans le cadre de la loi. Exiger la démission d’un président démocratiquement élu, ayant certes bénéficié d’un vote républicain contre l’extrême droite, mais confirmé par le raz de marée électoral des élections législatives obtenus par son parti, Les Républicains en Marche, revient à espérer un putsch et à remettre en cause les fondements de notre société démocratique.

Les jeunes apprennent bien en éducation civique le fonctionnement de nos diverses institutions, mais il est à craindre que tout comme leurs aînés, ils ne sachent faire le lien entre leur vote ou leur non vote (57,36% d’abstention au second tour des législatives de 2017) et la politique menée ensuite par le gouvernement qui tire sa légitimité de ces élections.  On ne vote pas selon une humeur ou mode et ceux qui choisissent de s’abstenir choisissent de laisser les autres décider à leur place. Un électeur qui se respecte étudie les programmes électoraux, cherchent à s’informer auprès de médias sérieux qui organisent le débat contradictoire plutôt que de chercher son inspiration sur les réseaux sociaux et enfin se prononce ensuite en son âme et conscience.

Que demandent les lycéens ? Une abrogation de Parcoursup et de la réforme des lycées généraux, revendications relativement vagues. Ils expriment une crainte diffuse d’un bac n’ayant pas la même valeur selon l’établissement d’origine (réputé ou non). C’est malheureusement oublier que le bac ne sert pas à sélectionner. Depuis Parcoursup, se sont les notes de classe de première et terminales qui servent à la sélection. Rien n’empêchent les établissements du supérieurs à mettre en œuvre une pondération des notes en fonction du classement des lycées. Hélas, vouloir l’abrogation de Parcoursup revient à vouloir le rétablissement du système Admission Post Bac, encore plus mauvais, car il conduisait à une généralisation du tirage au sort, face à la massification des accès aux supérieur d’une classe d’âge plus nombreuse. Derrière la réforme du lycée avec le choix d’options à la fin de la seconde générale se cache un projet de rationaliser l’offre de formation sur un périmètre géographique donné (périmètre qui peut être étendu en zone rural). Afin de faire face à la pénurie d’enseignants dans certaine disciplines, celles-ci ne pourront toutes être proposée dans tous les établissements, même s’agissant des disciplines classiques (lire la chronique de Philippe Askenazy « Réforme du bac et «territoires périphériques» » dans Le Monde du 14/12/2014). Le choix des options reviendra à faire éclater la carte scolaire et  risque de renforcer la concurrence entre établissements. Certains élèves auront ainsi droit à des lycées élite et d’autre se retrouveront dans des établissements de relégation, selon un soit disant mérite. M. Blanquet, ministre de l’éducation nationale s’est bien abstenu d’expliquer la philosophie de son projet.

Mais quand avons nous entendus les lycéens bloqueur critiquer tous ces aspects de ces réformes autrement qu’en les rejetant en bloc ? A quel moment ont ils demandés à ce que les algorithmes de sélection soient rendus publics et auditables et demandés l’interdiction de l’utilisation du classement des lycées dans les algorithmes ? A quel moment ont-ils dénoncé la volonté du gouvernement de ne pas offrir toutes les options « classiques » dans tous les lycées  risquant de conduire à une concurrence entre établissements pour recruter les meilleurs élèves ?

Ce vendredi 14 décembre, le lycée de ma fille a été bloqué. Des élèves ont cru pouvoir faire s’enflammer un arbre, d’autre ont réussi à brûler une poubelle. Des fumigènes ont été lancés à l’intérieur de l’établissement et l’alarme incendie a été déclenchée. Et cela s’appelle une mobilisation. Une semaine s’est écoulée, sans que le moindre débat avec les enseignants ne soit engagé. Une bonne occasion manquée de vivre en condition réelle l’éducation civique ! Et pourtant c’est possible, puisque au lycée Stéphane-Hessel à Toulouse (cf Le Monde du 14/12/2018, « à Toulouse, le lycée Stéphane-Hessel s’indigne collectivement« ), la direction a ouvert ses portes aux contestataires, une AG a été organisée, les élèves mobilisés ont pu expliquer les raisons de leur mobilisation. Puis le blocage a été voté à bulletin secret et aucune violence n’y a été commise ! Que souhaite-t-on finalement : des futurs citoyens bons moutons qui se révolteront épisodiquement et ne sachant exprimer leurs attentes et basculeront dans la violence, comme des enfants qui ne sachant exprimer les raisons de leur colère se mettent à taper, ou des citoyens responsables capable de raison qui sauront s’opposer tout en faisant progresser leurs idées ?

ParcourSup, la démonstration d’une incompétence

En entreprise, lorsque vous travaillez sur un projet, il peut arriver que votre manager vous dise que vos vacances doivent s’adapter au planning du projet. Avec ParcourSup, les 1/3 de bacheliers et leurs familles en attente d’une affectation à la mi-juillet peuvent oublier leurs vacances, à eux de sacrifier ce moment pour mériter un accès à l’enseignement supérieur. Ils doivent s’adapter au planning de cette procédure glissante sur tout l’été. On peut supposer que pour ceux qui nous gouvernent, il n’y ait rien de plus normal, puisque eux-même ont sans aucun doute beaucoup sacrifié à leur réussite. A moins que ceux-ci n’aient pas prévus qu’à la mi-juillet  seuls 52,8 % des bacheliers auraient accepté définitivement une proposition et que la procédure se mettrait à patiner, en attendant les désistements et  validation définitives des propositions. Au 27 juillet, les journalistes de Le Monde font le constat dans l’article

« Parcoursup : avant la trêve estivale, un quart des candidats n’est pas encore fixé« 

que le situation des futurs étudiants évolue que très lentement. En cause, un comportement « inattendu des lycéens » qui ne valident pas définitivement les vœux obtenus, en attendant d’obtenir mieux, entraînant par la même une attente de la part de ceux qui n’ont encore rien reçus.

Cette situation était néanmoins tout à fait prévisible. Des simulations informatiques à partir des données d’Admission Post Bac, avec les choix hiérarchisés des bacheliers de l’année dernière auraient pu permettre de prévoir la situation d’attente dans laquelle se trouvent tant de bacheliers. Maintenant que le processus ParcoursSup est grippé à l’arrivée du mois d’août et qu’aucun déblocage de la situation n’est à attendre avant début septembre, il apparaît clairement que le gouvernement a décidé de cette réforme selon une démarche « top/down » ou de « verticale du pouvoir » où le chef décide et les subordonnés appliquent. Il me parait impossible qu’aucune alerte ne soit remonté au ministère de l’enseignement supérieur sur le fait que le processus ParcourSup pouvait se gripper, chose qu’un expert en modélisation de process aurait aisément pu diagnostiquer, puisque cette situation a été anticipée par l’auteur de ces lignes le 1er décembre 2017 : voir sur ce blog l’article « ParcourSup, une réforme de premier de la classe pour les premiers de la classe« . Si cette alerte a bien été émise, alors la situation est plus grave car le ministère a alors fait preuve d’autisme, sûr et certain du succès de l’application de principes d’économie de marché à un système d’affectation des lycéens dans les établissements supérieurs. Mais les experts en économie de marché du gouvernement semblent avoir oublié un paramètre. Les lycéens ont été trop considérés comme une marchandise que les établissements supérieurs pouvaient se répartir selon des algorithmes de sélection opaques et pas suffisamment comme des acteurs agissant selon leurs propres intérêts et non ceux de leurs camarades. La non prise en compte de ce paramètre démontre une forme d’incompétence de ceux qui ont décidé de cette réforme.

Tout comme a été négligé l’effet anxiogène de cette réforme pour tout ceux qui n’ayant pas une mention très bien au bac et qui sont toujours en attente d’une formation supérieure à cause de cette situation. Il s’agit là d’une réforme qui a été pensée selon des principes contestables qui ne sert que les intérêts des très bons élèves, pensée par tous les premiers de la classe qui nous gouvernent aujourd’hui.

 

La révolution digitale au collège pour le bonheur des paresseux

Que faire lorsqu’arrivé à l’échéance du troisième trimestre et qu’en tant que professeur tendance geek vous n’avez pas attribué suffisamment de notes dans votre matière ?

Avec Pronote, rien de plus simple maintenant ! L’éducation nationale pourvoit à vos déficiences et met à votre disposition la possibilité de concocter un i-Devoir sous forme de QCM, accessible par l’élève à partir de Pronote.

Ensuite, inutile de procéder à une quelconque correction, puisque le système le fait pour vous.

Nous avons découvert avec surprise cette nouvelle manière d’évaluer les élèves début juin, en pensant tout d’abord que mon fils, en classe de cinquième n’avait qu’un devoir à réaliser sur un site, sans se douter que celui-ci était noté et également sans se douter qu’à partir du moment où le questionnaire était débuté, il ne pouvait être interrompu et devait être terminé dans les 10 minutes.

Constatant que le sujet du questionnaire n’avait pas été abordé en cours, nous avons voulu effectuer des recherches pour pouvoir mener à bien le travail demandé. Mais le temps imparti étant passé, il fut impossible de reprendre le questionnaire. Malgré un mot d’excuses au professeur, mon fils reçut un zéro qui fit dégringoler sa moyenne dans cette matière et lui valut une appréciation de « travail moyen » sur le bulletin du troisième trimestre.

Beaucoup d’autres élèves furent confrontés au même problème, en témoigne la moyenne de la classe, très basse. Par ailleurs, est-on vraiment certain que toutes les familles ont un ordinateur et un accès à internet ? Mais ni le mot que nous avons fait passé à l’enseignant, ni la vie de classe organisée avant le conseil de classe où les élèves ont pu remonter le problème, ni les délégués d’élèves ou de parents d’élèves, ni les autres professeurs ont pu y changer quoique cela soit. Le professeur, tout aussi paresseux soit-il reste tout puissant et maître de ses notations.

Le plus choquant et que l’éducation nationale conçoive et mette à disposition de tels outils de d’évaluation des élèves, sous couvert de digitalisation. La vocation du collège et du lycée n’est pas de noter, trier, classer, mais mais d’éduquer nos enfants !

Loi Orientation et Réussite des Étudiants, le business de la sélection

La loi Orientation et Réussite des Étudiants instaure une sélection à l’entrée des formations universitaires. Chaque faculté a la possibilité de classer les candidats en fonction des attendus locaux, à partir des notes de première et terminale, des appréciations des professeurs de terminale et éventuellement CV, lettres de motivation, activités extra-scolaires. Les universités n’auront pas à dévoiler les algorithmes  qui permettront de classer les candidats en vertu d’un principe de « secret des délibérations ».  Sachant que les lycées sont classés et qu’une même note n’a pas la même valeur selon le lycée, on peut s’attendre à ce qu’une pondération des résultats en fonction de la provenance de chaque candidat soit rapidement mise en œuvre de manière automatisée. Dans l’article de Le Monde du 8 mai 2018, « Parcoursup : un vrai casse-tête pour les facs de droits« , on découvre qu’à Paris-I, qu’

un document d’appui a été transmis aux enseignants-chercheurs : le classement des meilleurs lycées – nationaux et parisiens – réalisé à partir des données du ministère. « On sait que, de fait, certains lycées sont plus exigeants que d’autres dans la notation », explique un juriste.

Si cette année, la procédure risque d’être manuelle dans bon nombre d’universités, la prise en compte de ces données de classement des lycées sera, à ne pas en douter effective l’année prochaine au plus tard.

La conséquence prévisible sera une exacerbation de la compétition des élèves pour l’accès aux meilleurs lycées, avec mise en place de stratégies d’évitement de certains lycées, et bien entendu un développement de l’offre de lycées privés qui rassureront les parents ayant la possibilité de payer. Cette loi risque par effet induit de remettre un peu plus en cause la mixité sociale dans les établissements publics et risque de stimuler le développement d’une offre privée, lycées privés, cours privés et particuliers. Ainsi, en même temps que l’année de terminale, il est possible maintenant de suivre des cours privés de préparation à la première année de PACES avec des organismes tels que Médisup. Certains enseignants de ces organismes privés peuvent accepter de donner des cours particuliers pour 200 € de l’heure.

La loi permettra aux universités de proposer aux candidats ne répondant pas aux « attendus » de proposer de rejoindre une année préparatoire intégrée dans la filière choisie. S’il est encore trop tôt pour avoir un avis sur la question et plus particulièrement sur le fait de savoir si ce dispositif offrira réellement une chance de réussite à ces candidats malheureux, la loi a ouvert une grande porte aux institutions privées qui elles aussi vont pouvoir proposer des formations, mais payantes. Pour la préparation au concours de première année de médecine, l’organisme privé Médisup (www.medisup.com) qui proposait déjà des stages de pré -rentrée et une préparation au concours PACES se déroulant au cours de l’année scolaire, innove pour la rentrée 2018-2019. Il propose une véritable année préparatoire de préparation à la première année (PES0), avec statut étudiant, pour un tarif de 9700 €. Il ne s’agit que d’un exemple, mais il est fort à parier que d’autres organismes vont profiter de l’aubaine créé par la loi pour proposer aux étudiants des familles qui pourront payer.

En apportant une réponse uniquement axée sur la mise en place de la sélection à l’entrée des universités, pour résoudre le problème de la sur-affluence vers les études supérieures universitaire d’une classe d’âge plus nombreuse, la loi Orientation et Réussite des Étudiants organise en fait un véritable marché de l’étudiant où les universités comme les autres formations pourront choisir librement leurs candidats, mais où aussi des organismes privés pourront développer un business. Parcoursup est un système d’orientation anxiogène pour les jeunes lycéens. 338 551 candidats étaient toujours en attente d’une affectation au 25 mai (Le monde du 27/28 mai). Contrairement à l’année dernière où les affectations s’effectuaient lors de plusieurs tours, les lycéens maintenant sont rivés sur l’évolution de leur classement et se prépare stressés aux épreuves à venir du bac. A ne pas douter, les familles inquiètes de l’avenir de leurs jeunes et pouvant payer feront de plus en plus appel à des solutions payantes pour augmenter, dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les chances d’accès aux bonnes formations de leurs enfants. Plutôt que de proposer des formations supérieures professionnalisantes mieux valorisées, cette réforme préfère organiser la compétition entre les individus en organisant un marché du lycéen. Le lycéen devient une marchandise.

Aberration du concours de PACES

Fin du concours de première année de PACES vendredi 04 mai. Fin de l’enfer connu pendant une année entière. Des étudiants qui sortent épuisés, certains blancs, certains avec une crise de larmes. Enfin les tensions vont pouvoir s’évacuer et les vies mises entre parenthèses pendant une année entière vont pouvoir reprendre, avec l’angoisse pour les primants de devoir redoubler et pour les redoublants, l’idée de ne pas être reçus. Il faudra cependant plusieurs jours pour récupérer.

Retour sur une année de vie particulière, pas seulement pour l’étudiant, mais aussi pour toute sa famille qui s’est organisée en fonction.

Pour avoir des chances de réussir ce type d’épreuve, le futur étudiant doit déjà être en classe de terminale un très bon élève (avec une mention très bien). Mais avoir des facilités ne suffit pas. L’élève doit s’être, dés la terminale formaté pour devenir une machine à travailler, c’est à dire apte à absorber pendant plusieurs mois une très grosse charge de travail.

Mais cela ne suffit pas. Il faut également à la famille disposer de quelques moyens financiers pour payer une prépa privée pendant l’année (680 €/mois) et un stage de pré-rentrée à la fin de l’été. Cette prépa est indispensable, car les cours sont revus, et les étudiants sont préparés aux concours. On leur explique les stratégies à suivre, les pièges à éviter, on leurs donne des méthodes et on les soutiens moralement … Pour lutter contre cette inégalité par l’argent, les étudiants des années supérieures organisent un tutorat de très bonne qualité avec des cours que l’on peut photocopier des concours blancs. Mais le tutorat ne peut surpasser les cours  présentiels et en nombre réduit d’élèves des prépas privées, lesquelles donnent donc un avantage compétitif à ceux qui ont les moyens financiers de les suivre. Il faut également payer un appartement proche du lieu d’études, car il est impossible de réussir si l’étudiant doit perdre plusieurs heures par semaine dans les transports.

Mais cela ne suffit pas. La famille se doit d’assurer une présence affective, réconfortante et éviter à l’étudiant une solitude néfaste où les idées noires (je ne vais jamais y arriver, je suis nul …) ne manquent jamais de surgir. Il lui faut savoir gérer les coups de blues, ne pas mettre la pression, faire accepter l’éventualité de l’échec, même après deux tentatives. La vie ne s’arrête pas en cas d’échec et un étudiant qui s’est beaucoup investi a acquis des méthodes de travail, une volonté et une endurance qui lui permettront de réussir ailleurs. L’échec ne doit pas être vécu comme une fin, mais comme un nouveau départ. La famille a donc un rôle important à jouer dans la préparation mentale de l’étudiant.

Mais cela ne suffit pas. L’étudiant, en dépits de la mauvaise conscience que lui occasionne d’avoir des loisirs, doit s’aménager des moments de respiration. Le cerveau doit pouvoir décompresser. Cela peut être lire, pour d’autres faire ou écouter de la musique, du sport, une sortie entre amis … Le cerveau est comme un muscle et l’étudiant de PACES est comme un sportif de haut niveau qui se prépare à une compétition. Chez le sportif, le surentraînement conduit à la contre performance et dans le pire des cas, à la blessure. Chez l’étudiant de PACES, le burn-out et pire, la dépression ne sont jamais très loin et fatigué, le cerveau n’est plus capable d’apprendre. Il convient donc de l’oxygéner et de lui permettre de se reposer. En cela, les nuits passées à réviser sont une très mauvaise idée et il convient de se coucher à une heure raisonnable (pas après 23h).

Après avoir vécu un rythme effréné de la mi août à début mai, on pourrait espérer que la réussite soit au rendez vous. Mais rien n’est moins certain.

Pour permettre à l’étudiant d’aborder le concours dans de bonnes conditions, il faut s’occuper de toute la logistique. Le mieux étant de réserver un hôtel pour la durée du concours. Pour aborder l’épreuve dans de bonnes conditions et gérer les risques de découragement et de stress, une présence parentale est requise pendant toute la durée du concours (matin, midi et soir) et il faut éviter toute conversation génératrice de stress. Pour cela, les camarades, mêmes bons ne sont pas forcément de bonne compagnie car il faut éviter de parler des épreuves passées et toujours regarder devant soi.

Mais cela peut ne pas suffire car ce concours est et reste une affreuse loterie. L’étudiant doit bien lire les questions et être sensible aux subtilités et autres pièges que l’on peut trouver dans les QCM (Questions à Choix Multiple). Il lui faut éviter de sauter un QCM pour y revenir ensuite, car il n’y a rien de pire que cocher les cases avec un décalage entre questions et réponses (cela veut dire avoir tout faux, cela arrive). La chance joue également son rôle, dans certaines matières comme « Santé Social et Humanité », où l’étudiant doit restituer par cœur du cours (17 cours à apprendre par cœur) ou dans le domaine du médicament où il faut être capable de régurgiter des noms de médicaments et des chiffres. Cela s’appelle de la chance si juste avant l’épreuve, l’étudiant a pu relire sa fiche pendant la pause, celle qui portera sur le sujet retenu au concours.

Vous l’aurez compris. Pour réussir, avoir de bonnes dispositions ne suffit pas. Il faut également une famille ayant la possibilité de payer, bien informée, remplissant son rôle de soutien moral et logistique. Ce concours ne sélectionne pas seulement des étudiants pour leurs aptitudes au travail de forçat et à apprendre des masses d’information par cœur, mais également la famille dont ils sont issus. Voilà un principe républicain méritocratique bien mis à mal !

Il ne reste plus qu’à attendre la 3ème semaine de juin le verdict de cette loterie. Beaucoup de ceux qui échoueront et qui sont passés par toutes ces épreuves mériteraient de pouvoir poursuivre. Ils se retrouveront jetés par la faculté de médecine. Ce concours est un véritable gâchis humain. On ne comprend pas qu’alors les besoins en médecins ne sont plus pourvus, même en zone urbaine, qu’il manque tant de praticiens dans les différentes spécialités médicales et paramédicales, au point que les hôpitaux doivent faire appel à des médecins étrangers (qui n’exerceront pas dans leurs pays où les besoins sont encore plus mal couverts, bravo la France pour l’aide au développement), tant d’étudiants méritant soient irrémédiablement jetés. Conservatisme du corps médical ? Volonté de maîtriser la dépense de santé de la part de la Sécurité Sociale ? Le processus de fixation du numerus clausus est totalement opaque et antidémocratique. Une aberration en tout cas qui ne risque pas de disparaître de sitôt.

Une mobilisation étudiante bien veine contre parcoursSup

Au moment où le mouvement de mobilisation des étudiants d’universités se durcit contre la réforme de l’entrée à l’université qui introduit la sélection avec le nouveau système d’orientation des lycéens ParcourSup, il convient de s’interroger sur les véritables raisons de cette mobilisation.

Les premiers concernés, les lycéens ne se sont pour le moment pas mobilisés. Pourquoi alors, des étudiants qui ont obtenus leur place dans une université sont tant remontés contre ce projet ? Celui-ci a beau être inspiré par une idéologie libérale et basée sur la méritocratie, il n’en reste pas moins qu’il intervient au moment où le précédent système a sombré dans une crise sans issue, après la multiplication des tirage au sort dans des filières qui auparavant n’était pas réputées être en tension. Les syndicats étudiants et de personnels mobilisés refusent la sélection et défendent l’égal droit d’accès de tous à l’université. Hélas ce droit s’est effondré tout seul à cause de la saturation des universités due à la massification de l’accès d’une classe d’âge nombreuse au baccalauréat, problème que le précédent gouvernement socialiste n’a pas eu le courage de traiter. La solution serait donc pour certain d’allouer plus de moyens aux universités. Mais est-on certain qu’augmenter les places dans des filières en tension donnera un avenir professionnels à tous les étudiants ? Le marché du travail reste le seul juge, et il n’est pas nécessaire d’envoyer tant de jeunes dans des études qui ne leurs permettront pas de trouver un emploi. Le vrai problème reste un problème d’orientation et un tropisme élevé en France pour les études académiques plutôt que pour des études spécialisées et techniques trop peu valorisées et n’offrant pas suffisamment de places.

Hélas, les syndicats d’étudiants et de personnels mobilisés contre cette réforme ne sont porteurs d’aucun contre projet viable et porteur d’avenir et de chance de réussite pour tous les jeunes, car à aucun moment ils ne prennent en compte ce problème d’orientation. Apparemment, cela ne semblent pas être dans leurs objectifs de proposer un contre projet crédible. Face à un gouvernement libéral tout puissant et qui croit pouvoir passer en force sur plusieurs sujet de société, cette mobilisation est plutôt, un moyen d’affirmer pour les jeunes une identité de contestataire gauchisant espérant ré éditer un mai 68 en 2018, mais sans véritable projet de société. En ne voulant pas prendre en compte le problème de saturation des université et préférant un système basé sur le tirage au sort et la sélection par l’échec, cette mobilisation défend finalement une position très conservatrice. Ce faisant, elle se condamne elle même et permettra au gouvernement de faire passer sa réforme en l’absence de véritable projet éducatif alternatif crédible pour l’ensemble de la jeunesse.

Réformes du lycée et des bacs généraux, parcoursSup donneront ils un avenir à tous les lycéens ?

La refondation de l’école qui devait être un des grands chantier du précédent quinquennat de gauche va rapidement se retrouver envoyée aux oubliettes par les réformes engagées par le président Macron, faute aux différents gouvernements du président Hollande de n’avoir pas voulu s’attaquer aux vrais problèmes de l’école qui conditionnent la totalité de la scolarité, à savoir l’orientation dans les études supérieures et donc la sélection.

Il a suffit que le système scolaire se retrouve au bord de l’implosion avec la massification de l’accès au baccalauréat pourtant voulu par toutes les politiques éducatives et la saturation des universités contraintes de faire appel au tirage au sort, ainsi qu’une élection présidentielle pour qu’un président et un gouvernement réformateur engagent simultanément trois grandes réformes, celle de l’orientation dans les études supérieures avec ParcourSup, la réforme du lycée général avec la disparition des filières scientifique, littéraire, économique et sociale ainsi que la réforme du baccalauréat général.

Hélas, ces trois réformes sont lancées sans véritable débat démocratique sur le système éducatif que nous souhaitons voir émerger et surtout avec l’absence d’explications de la nouvelle architecture du système scolaire qui se met en place. On peut mesurer toute l’habilité du gouvernement qui applique les méthodes de conduite du changement bien connues dans le monde de l’entreprise. Mais est-ce vraiment démocratique ?

Lors de la présentation du nouveau système d’affectation des lycéens dans les établissements d’études supérieures, on nous parlait de vérification de pré requis, d’attendus, puis de classement, progressivement pour amener l’idée qu’une sélection à l’entrée de l’université, pourtant taboue il y a encore quelque mois, est devenue nécessaire. Cette sélection s’effectuera, à ne pas en douter à l’aide de l’outil informatique. Comment en effet, une université pourra examiner avec une équipe humaine une masse de candidatures quant les futurs lycéens pourront émettre dix vœux non hiérarchisés ? Comment une équipe pédagogique pourra-t-elle par exemple examiner 8500 candidatures pour 200 places (chiffres moyen pour une filière STAPS avant ParcourSup) si ce n’est en faisant appel à une procédure informatique pour effectuer un triage? Comment le nouveau système ParcourSup sera-t-il capable d’effectuer ce classement alors que chaque université / licence pourra définir un ensemble d’attendus et que les délais de refonte de la procédure informatique sont très cours ? Certains critères, comme évaluer la pertinence d’un engagement associatif ou de la réalité de résultats sportifs ne peuvent pas même être évalués de manière informatique. On peut craindre que chaque formation supérieure n’utilise ParcourSup comme une grosse base de donnée avec toutes les notes des bacheliers depuis la première, les appréciations des enseignants transformées également en notes et que les différents établissements. Chaque établissement extraira les informations qui l’intéresse et développera ses propres algorithmes informatique pour trier les futurs étudiants et en retour indiquer à ParcourSup les étudiants retenus. Les commentaires, lettres de motivations, expériences extra-scolaires ne serviront qu’à départager les candidats qui se disputeront les dernières places. Cette réforme permet donc non seulement de mettre en œuvre une sélection à l’entrée de l’université, mais elle donne en plus la liberté à chaque établissement de définir ses propres critères, rendant cette procédure de sélection peu compréhensible pour la plupart des futurs étudiants et leurs familles. Y aura-t-il un critère de pondération des résultats du lycéens en fonction de l’établissement d’origine qui lui aussi peut être noté ? Ne risque-t-on pas d’accentuer le phénomène de fuite de certains lycées ?

La refonte des séries générales du lycée avec la disparation de celles-ci va conduire les lycéens à se poser des questions sur leur avenir beaucoup plus tôt, dés la fin de la seconde puisqu’ils leur faudra choisir en première trois spécialités et en classe de terminale, deux spécialités. Les lycéens devront, à ne pas en douter, effectuer les bons choix pour, le bac en poche pouvoir postuler dans les filières supérieures désirées. Ce n’est pas à l’âge de 15 ans qu’un jeune est capable d’étudier le lien entre différents attendus à l’entrée des établissements supérieurs et les spécialités qu’il peut choisir. Seuls ceux dont les parents sont suffisamment avertis parviendront à tirer leur épingle du jeu.

La réforme du bac semble quant à elle donner une belle part aux lettres et sciences humaines qui se trouvent dans le tronc commun, au détriment des enseignements de spécialité (25% de la note ?). Cette réforme avantagera les élèves avec des facilités d’expression à l’écrit comme à l’oral, tout comme l’introduction d’un d’oral de maturité ou grand oral. Le lycéen présenterait un projet mené sur deux années en 20 minutes dont 10 consacrées à l’argumentation. Il n’y a bien sûr rien de plus positif que d’apprendre aux jeunes de fonctionner dans une démarche projet et de leur apprendre à s’exprimer en public. Il s’agit là de compétences de savoir faire et savoir être qui sont requises dans le monde professionnel. Elles avantages cependant grandement les familles qui possèdent les codes comportementaux et relationnels et les transmettent à leurs enfants, donc disons le clairement les familles des classes sociales supérieures, ce qui n’est pas très équitable.

Ces réformes engagées par  le gouvernement Philippe apportent bien une réponse à la massification de l’accès des jeunes au baccalauréat et l’affluence dans les filière supérieures. Sous couvert de méritocratie, elles ne paraissent néanmoins pas équitables car elles favoriseront les élèves des familles des classes sociales supérieures qui sauront naviguer dans ce système scolaire remanié. Le gouvernement se donne bonne conscience en mettant en place une année de remise à niveau pour ne pas remettre en cause le principe du droit de l’accès à des études supérieures à tout bachelier. On peut craindre néanmoins que tout comme aujourd’hui, les échecs et les abandons resteront aussi nombreux. Ces réformes ne répondent pas à l’enjeu de former correctement toute une classe d’âge de manière à ce que chacun puisse s’insérer professionnellement. Il ne s’agit pourtant pas que d’un droit, mais aussi d’un enjeu économique. D’autres exemples existent cependant et la France a bien tort de ne pas vouloir s’en inspirer.

Les Hautes Écoles Spécialisées (HES) en Suisse, correspondant à des université professionnelles proposent de nombreuses spécialités et forment une part croissante des étudiants du supérieur en Suisse. Les jeunes qui choisissent, au cours de leur scolarité, une voie professionnelle avec un apprentissage peuvent par la suite accéder aux HES, alors qu’en France, les bac technologiques et les bacs professionnels sont fortement concurrencés pour l’accès aux IUT et BTS par les lycéens des bac généraux. Ils ont peu de chance de réussite à l’université, surtout en ce qui concerne les bac pro. Ces HES répondent bien aux besoin des PME locales et offrent à leurs étudiants une insertion professionnelle rapide. Il n’est pas rare que ceux-ci trouvent plus rapidement du travail que les étudiants sortis de l’université, obtiennent un meilleur salaire et accèdent plus à des postes de responsabilité (lire Le Monde Campus du 03.03.2018, « En Suisse, les universités pro sont plébiscitées« ). Une partie de la prospérité de la Suisse provient de son système de formation. Or nous constatons que les réformes engagées par l’actuelle gouvernement ne concerne pas les bac technologiques et bac professionnelles. Ces bacs devraient être valorisés ainsi que leurs débouchés. Mais plutôt que d’engager une réforme qui insistera plus de jeunes à s’orienter dans ces filières, le gouvernement préfère gérer la massification de l’accès des jeunes au baccalauréat et introduire des règles de sélection qui favoriseront les élèves des classes sociales supérieures dont les familles sauront guider leurs enfants. Ce n’est pas en favorisant les beaux parleurs que l’on formera des jeunes qui posséderont des compétences professionnelles pointues. Là bien est le problème de la France qui préfère former des gens qui feront faire plutôt qui savent faire eux même. Il y a là peut être une explication du décrochage économique industriel de la France, qui n’a pas su innover et reste spécialisé dans du moyen de gamme, mais nous préférons ne pas bousculer la hiérarchie sociale existante.

Un gâchis humain

Pour la première fois, cette année, face à l’afflux toujours plus important de jeunes à l’université, conséquence d’une classe d’âge plus nombreuse (boom des naissances de l’an 2000) et d’une politique de massification de l’accès des jeunes aux bac, un tirage au sort a été opéré par le système informatique Admission Post bac (APB) pour l’entrée en première année de médecine. Face au tollé provoqué par cette première, le gouvernement fît pression sur les facultés de médecine pour repêcher un certain nombre de candidats malheureux.Il fallait, face à l’opinion publique continuer à faire croire que tous pouvaient accéder à l’université sans sélection, tout en masquant les diverses stratégies mises en oeuvres par les facultés de médecine pour décourager le plus rapidement possible le plus d’étudiants possibles et alléger des amphithéâtres surchargé.

En guise de discours d’accueil, les professeurs encouragent tous ceux qui n’ont pas obtenus de mention bien ou très bien au bac à s’orienter au plus vite vers d’autres études qui hélas sont également prises d’assaut. Le rythme imposé est tellement intense que ceux qui n’ont pas préparé les cours à l’avance ne peuvent pas suivre. D’après certains professeurs, c’est depuis la mi-juillet que les étudiants devraient être entrain de travailler. Certaines notions sont considérées déjà abordées lors des stages de pré-rentrée privés ou celui du tutorat. Les travaux dirigés doivent être préparés avant, car au cours de la séance, c’est une correction en mode accéléré qui est délivrée. Ce système est bien éloigné de celui des classes préparatoires, pourtant exigeantes et élitistes, mais au moins les savoirs sont transmis en cours par des professeurs et n’ont pas à être acquis avant le cours et une place plus importante y est accordée au raisonnement, tandis qu’en faculté de médecine, il s’agit avant tout d’apprendre par cœur une quantité phénoménale de savoirs et petits détails qui varient d’un professeur à l’autre.

Ainsi, dans un tel système, il ne suffit plus d’être un étudiant brillant pour réussir, mais il faut également avoir été averti des différents écueils, avoir suivi un stage de pré-rentré et passé une partie des vacances à travailler par soi-même et être un bourreau de travail. Sans quoi, même en ayant des capacité, un étudiant peut vite se retrouvé dépassé et découragé.

D’ici quelques semaines, sur les trois amphithéâtres, l’un sera fermé suites aux découragements, épuisements et abandons. On ne peut qu’être révolté par cet immense gâchis humain, et nous n’avons pas abordé dans cet article le cas des 70 % d’étudiants qui s’inscrivant pour la première fois à l’université (toutes disciplines confondues) n’obtiendront pas de licence. Si nos gouvernement sont trop cyniques pour pour ne pas prendre en compte les aspects humain, ils pourraient au moins chiffrer la perte financière d’une telle politique du découragement pour la collectivité. Former des jeunes jusqu’au bac et au delà, pour les envoyer dans des impasses, au lieu d’être un investissement fructueux pour la collectivité qui devrait normalement se traduire par du développement économique, des points de croissance du PIB, devient une perte financière et donc une aberration.

La fausse égalité des chances en 1ere année de médecine

Pour les heureux élus à l’entrée en première année de médecine, une dure année de labeur s’annonce, avec peu de vacances (juste noël) après la première partie du concours. Et en fin d’année, les candidats malheureux seront bien nombreux puisqu’en moyenne, 22 % seulement réussiront à passer en seconde année, à l’issue d’un concours très sélectif.

Dans la mythologie républicaine de la réussite au mérite, chaque candidat arrive au concours avec les même chances de réussites, puisque tous auront suivi les mêmes cours. Devraient mieux réussir les candidats doués des meilleurs facultés intellectuelles et qui ont le plus travaillé. Ceux qui sont arrivés dans ces études en n’ayant pas le bagage scientifique suffisant ont une chance quasi nulle de réussir.

Dans la réalité, travailler avec acharnement et être doué des meilleures aptitudes peut ne pas suffire pour réussir. Il faut également disposer des meilleurs conditions de travail et de la meilleure préparation au concours. Tout comme pour les sportif de haut niveau pouvant bénéficier de bons coach, les chances de réussites sont améliorées si avant sa rentrée, le futur étudiant effectue un stage de prérentrée avec un organisme privé et qu’ensuite en cours d’année, il poursuite en même temps que les cours à la faculté de médecine une prépa avec le même organisme privé. Lorsque les cours magistraux sont suivis par un bon millier d’étudiant répartis dans trois amphithéâtre, il ne faut s’attendre à pouvoir tout comprendre, surtout si quelques redoublants cherchant à réduire les chances de réussite des nouveaux bacheliers organisent un chahut.

Face à des enseignants qui à la fois donnent des cours magistraux et pour certains délivrent des support de cours lacunaires et préparent les épreuves de concours, l’expertise des prépa privés apportent à ceux qui peuvent payer des indications très précieuses, en plus d’un retour sur les cours délivrés en faculté. Elles expliquent les pièges classiques que ces enseignants aiment bien glisser dans les QCM (Questionnaires à Choix Multiples) des concours, comme par exemple détecter le QCM à ne pas faire, car infaisable en 3 minutes, lorsque 20 minutes sont en réalité nécessaires, ou comment éviter de faire le raisonnement jusqu’au bout pour deviner la bonne réponse à partir … Comme le compétiteurs avec leurs coachs, les étudiants y sont préparés pour répondre à ces QCM dans le moins de temps possible.

Afin de contre-balancer l’importance de ses organismes privés qui ne sont pas accessibles à tous compte tenu de leur prix, un tutorat basé sur le bénévolat d’étudiants des années supérieures est mis en place. Un stage de prérentrée est également organisé, mais pour 400 jeunes bacheliers seulement dans le même amphithéâtre, à comparer à 30 à 40 élèves par classe dans les prépas privé, avec des professeurs d’université ou agrégés.

La première année d’étude de médecine est donc comparable à un train dans lequel il n’y a pas suffisamment de place où toutes les places ne se valent pas. Les premières classes sont occupées par ceux qui peuvent payer. Les secondes par ceux qui suivront un tutorat et/ou pourront bénéficier de solidarités. Beaucoup occuperont les strapontins ou voyageront debout et risqueront de devoir quitter le train en cours de route. Chaque jour pour prendre le train, seront à l’heure, frais et disponibles ceux qui logent sur place, qui ont pu se payer un logement alors que les autres auront à subir la fatigue les transport en commun et ses retards (cas de la région Île de France).  Ce n’est pas grave, l’idéal républicain est sauf, on continue à faire croire que celui qui a le plus de mérite réussit le mieux, alors qu’en réalité, c’est bien une sélection par l’argent qui s’est organisée, avec la complicité active de professeurs d’université que l’on pourrait remplacer par des MOOC (massive open online course en anglais, des formations sur internet où l’on filme l’enseignant), si ceux-ci n’étaient pas chargés d’élaborer les concours de faculté de médecine en y plaçant leurs pièges favoris. C’est devenu un business lucratif où en se faisant rémunérer par les prépas privés, ceux-ci peuvent aller délivrer leurs précieux conseils.