Jeunes turbulents dans les trains

L’usage des transports en commun fini par confronter chacun de nous à des groupes de jeunes extrêmement bruyants, chahutant, éventuellement fumant dans la wagon de tête ou de queue, essentiellement.

C’est ce qui nous est arrivé ce dimanche, alors que nous étions en famille. Le groupe en question n’avait aucune intention agressive à l’égard des autres voyageurs. Il se comportait juste en maître du territoire, comme si les autres voyageurs n’existaient pas. Leur attitude maintenait sans cesse notre attention en éveille, suscitant en nous une tension relative à l’éventualité d’une agression physique que ceux-ci n’avait pourtant pas l’intention de commettre. Les cris, les invectives qu’ils poussaient et ce chahut constituait un manque de respect vis à vis des autres voyageurs.

Il était cependant intéressant de noter que ceux-ci utilisaient un langage très pauvre et qui à ne pas en douter, ne peut que constituer un frein puissant à leur future intégration dans le monde du travail, en plus de leurs non maîtrise des codes comportementaux élémentaires de la vie en société. Ils avaient leurs propres codes lesquels leurs permettant de se valoriser entre eux.

Un des jeunes de ce groupe était connu de vue  de mon enfant qui est collège. En effet, celui-ci était l’année précédente en classe de troisième et réputé pour mettre le bazar. On peut donc dire que le collège a échoué à apprendre à ce jeune en question à respecter autrui, à lui donner la possibilité de s’exprimer correctement. Sans doute que les cours de morale laïque voulues par notre ministre de l’éducation nationale sont censés répondre à cette problématique comportementale. On peut fortement douter de l’efficacité d’une telle politique (voir l’article « Morale laïque : un populisme petit bourgeois de gauche »).

Ce jeune n’est que le fruit d’un système scolaire qui ne sait  faire autre chose que trier les élèves, séparer le bon grain de l’ivraie, qui matraque les élèves d’évaluations et basé sur un système de transmission vertical du savoir. Un tel système produit beaucoup d’échec et de découragement. En l’absence de valorisation par l’école et des parents, un jeune recherchera une valorisation auprès de ses pairs en développant de tels comportements que nous avons subis dans le train. Si de plus, la seule régulation dont sont capable les adultes au sein du collège est l’usage de ce que l’on nomme « l’autorité », mais que l’on confond avec la force pure, alors le jeune en question agira toujours en fonction des rapports de force. Si lui et ses camarades peut établir un rapport de force qui lui est favorable, il en profitera et cela se fera au détriment des autres voyageurs dans le train.

Quant au respect, il estime certainement ne pas en devoir aux autres, puisque le collège l’a amené à l’échec et l’a jeté.