Sport à l’école, erreur sur les objectifs

Quel objectif poursuit-on exactement avec le sport à l’école, ou plus exactement, l’éducation physique et sportive (EPS) ? Est-il nécessaire à chaque séance de noter les élèves, d’établir des grilles de notation complexes avec une grande variété de critères ? Pourquoi noter les matchs ? Quelle est la raison d’être de l’épreuve de sport au baccalauréat ?

Peu de jeunes poursuivent une activité sportive régulière après les années collège et lycée. Les jeunes générations sont trop sédentaires et souffrent plus de surpoids, non seulement à cause d’une alimentation déséquilibrée, mais aussi du fait du manque d’activité physique régulière. S’en suit des risques de maladie cardio vasculaires, diabète, obésité, hypertension artérielle, anxiété … Les bénéfices d’une activité sportive régulière sur la santé sont suffisamment prouvés et permettrait de diminuer les dépenses de l’assurance maladie.

Alors pourquoi le sport à l’école ne poursuit-il pas un objectif tout simple, celui de faire découvrir et aimer un activité sportive, de sentir son corps, prendre goût à l’effort ? Pourquoi l’école a-t-elle se besoin maladif de noter, classer, trier les élèves aussi dans les activités sportives ? Ce n’est pas à l’école de former des champions, ni de faire des élèves des compétiteurs. Il existe des clubs sportifs pour cela. L’école peut juste se contenter de détecter un jeune qui serait prédisposé dans un sport donné pour l’orienter vers un club.

Pour que les jeunes générations prennent de bonne voie, le sport à l’école doit avant tout être axée sur le plaisir de bouger, développer un comportement fairplay et donc proscrire les notes de performance. On peut noter l’implication de l’élève, sa participation, son attitude, sa recherche de progression. Mais surtout pas ses performances, ni s’il a progressé un peu ou beaucoup. Tout les élèves ne sont pas égaux, certains plus doués que d’autres et progresserons plus facilement. Il n’y a pas d’intérêt à les distinguer de leurs camarade. A partir du moment où l’on veut distinguer les élèves performants des autres, on décourage les élèves les moins doués ou pire on les écœure du sport.

Sans remise en cause profonde de l’enseignement du sport à l’école, on ne parviendra pas à diminuer la sédentarité croissante des jeunes générations impliquant des risques pour leur santé. Inutile de faire des plans et réformes pour le financement de l’assurance maladie ! Commençons par donner aux jeunes générations des habitudes de vie plus saine, pour leur bien et dans l’intérêt de la collectivité !

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Fracture numérique

Génération Y, Digital Natives sont des concepts faisant croire que les jeunes d’aujourd’hui, étant suffisamment jeunes lors de l’essor de l’informatique grand public, des tablettes  et autres smartphones, ont une maîtrise suffisante des outils informatiques. Bien des jeunes maîtrisant le smartphone et présent sur un ou plusieurs réseau social ne connaissant pas les outils bureautiques, sont incapable de rédiger un document word ou de manier un tableur type excel ou encore d’effectuer une présentation dans powerpoint ou encore apte à rechercher des informations pertinentes sur internet, bien qu’ils y soient insisté par l’éducation nationale à partir du collège. C’est ainsi que des élèves de première demandent que leur soit transmis dans le cadre d’un travail commun des photos de chaque page d’un document numérique, plutôt que le document numérique lui-même !

L’école échoue à initier correctement les jeunes aux outils informatiques. Est-ce par manque de formation des professeurs ou plutôt d’une incapacité à s’auto former ? Au collège, les professeurs de technologie pourraient être référent en la matière, mais force est de constater que ceux qui ont enseigné à mes enfants n’étaient pas à la hauteur. Quant des travaux de groupe sont entrepris en classe et que l’outil informatique est utilisé, les professeurs encadrant se placent aussi bien souvent dans une position de spectateur plutôt que de formateur. Sans doute que professeur est un métier plus noble que formateur. C’est à notre contact que mes enfants ont acquis une bonne maîtrise des outils informatiques et pas à l’école. Le plus jeune utilise un réseau social (discord) avec quelques camarade de classes avec qui il travaille. Il échange avec eux  pour des loisirs ou des besoins de coordination dans le cadre d’un travail. En entreprise, nous utilisons Skype, Planner et autres Teams … (et oui, le changement dans les méthodes de travail est très rapide). Ces quelques élèves-ci sauront utiliser plus tard tous les outils informatiques, mais il ne s’agit que d’une minorité favorisée.

Nous n’allons pas tarder à découvrir surpris qu’au milieu des Digital Natives, nous avons une nouvelle forme d’analphabétisme numérique qui s’est développé installant une fracture supplémentaire dans la société, cette fois-ci numérique entre ceux qui savent et ceux qui, trop honteux pour l’admettre, cacheront leur ignorance. L’école se retrouve une fois de plus incapable de rétablir un minimum d’égalité entre les élèves, à la fois à cause du préjugés que les jeunes Digital Natives connaissent forcément tout et à cause du fait qu’aucun enseignant se sente réellement investi à former les élèves.

La filière technologique, le grand absent de la réforme du lycée ?

La génération d’élèves actuellement seconde va connaitre la réforme du lycée général et devra choisir pour la rentrée de septembre 2019, 3 enseignements de spécialité et plus que deux l’année suivante en terminal. Ces choix conditionneront la suite de leurs études, car les établissements d’enseignement supérieur sélectionneront en fonction des options choisies. Les jeunes auront intérêt à avoir dés 15 ans une idée plus précise du métier qu’ils souhaitent exercer plus tard. Il est à craindre qu’un jeune puisse moins chercher sa voie dans les années à venir qu’aujourd’hui.

Cette réforme des lycées s’articulera avec la réforme engagée l’année dernière de l’accès à l’enseignement supérieur, Parcousup. Cependant, les filière technologiques n’étant pas concernées par cette réforme des lycées, on peut craindre que les critères de sélection des établissements d’enseignement supérieur laissent de côté les enseignements de spécialité suivis dans ces filières. Si les établissements supérieurs privilégient maths, physique, chimie pour les sciences et des « têtes bien faites », avec capacité d’analyse, rédactionnelles, esprit logique pour les filières généralistes, on peut craindre que les bacheliers technologiques  qui auront développés d’autres compétences ne trouvent pas leur place et se trouvent de plus concurrencés sur leur propre terrain par des élèves supposés avoir un avantage grâce à leurs connaissances académique et aptitudes au travail scolaire. On a été, à titre d’exemple, extrêmement surpris lors d’une journée portes ouvertes dans une école d’infirmière proche de Paris d’entendre la responsable vanter les qualités des bacheliers littéraires, alors que  la filière sanitaire et sociale est censée le mieux préparer à ce métier.

Il est à craindre qu’avec les réformes engagées, la valorisation des autres voies que la filière générale comme voie de réussite n’attende encore et que persiste dans l’opinion qu’en dehors de la filière générale, il n’y ait point de salut.

Blocage des lycées, un problème d’éducation

Quel exemple déplorable ont pu avoir les plus radicaux des gilets jaunes sur les jeunes lycéens, qui par mimétisme ont reproduit les comportements violents de leurs aînés !

Jamais la violence physique ni les dégradations ne peuvent être considérés comme des modes d’action légitimes dans une société démocratique. Le conflit doit s’exprimer dans le respect de l’autre et dans le débat d’idées contradictoire. Si une pression à l’encontre des décideurs est nécessaire, les rapports de force ne doivent pas dégénérer en actes de vandalisme et de violence. Cette expression doit rester dans le cadre de la loi. Exiger la démission d’un président démocratiquement élu, ayant certes bénéficié d’un vote républicain contre l’extrême droite, mais confirmé par le raz de marée électoral des élections législatives obtenus par son parti, Les Républicains en Marche, revient à espérer un putsch et à remettre en cause les fondements de notre société démocratique.

Les jeunes apprennent bien en éducation civique le fonctionnement de nos diverses institutions, mais il est à craindre que tout comme leurs aînés, ils ne sachent faire le lien entre leur vote ou leur non vote (57,36% d’abstention au second tour des législatives de 2017) et la politique menée ensuite par le gouvernement qui tire sa légitimité de ces élections.  On ne vote pas selon une humeur ou mode et ceux qui choisissent de s’abstenir choisissent de laisser les autres décider à leur place. Un électeur qui se respecte étudie les programmes électoraux, cherchent à s’informer auprès de médias sérieux qui organisent le débat contradictoire plutôt que de chercher son inspiration sur les réseaux sociaux et enfin se prononce ensuite en son âme et conscience.

Que demandent les lycéens ? Une abrogation de Parcoursup et de la réforme des lycées généraux, revendications relativement vagues. Ils expriment une crainte diffuse d’un bac n’ayant pas la même valeur selon l’établissement d’origine (réputé ou non). C’est malheureusement oublier que le bac ne sert pas à sélectionner. Depuis Parcoursup, se sont les notes de classe de première et terminales qui servent à la sélection. Rien n’empêchent les établissements du supérieurs à mettre en œuvre une pondération des notes en fonction du classement des lycées. Hélas, vouloir l’abrogation de Parcoursup revient à vouloir le rétablissement du système Admission Post Bac, encore plus mauvais, car il conduisait à une généralisation du tirage au sort, face à la massification des accès aux supérieur d’une classe d’âge plus nombreuse. Derrière la réforme du lycée avec le choix d’options à la fin de la seconde générale se cache un projet de rationaliser l’offre de formation sur un périmètre géographique donné (périmètre qui peut être étendu en zone rural). Afin de faire face à la pénurie d’enseignants dans certaine disciplines, celles-ci ne pourront toutes être proposée dans tous les établissements, même s’agissant des disciplines classiques (lire la chronique de Philippe Askenazy « Réforme du bac et «territoires périphériques» » dans Le Monde du 14/12/2014). Le choix des options reviendra à faire éclater la carte scolaire et  risque de renforcer la concurrence entre établissements. Certains élèves auront ainsi droit à des lycées élite et d’autre se retrouveront dans des établissements de relégation, selon un soit disant mérite. M. Blanquet, ministre de l’éducation nationale s’est bien abstenu d’expliquer la philosophie de son projet.

Mais quand avons nous entendus les lycéens bloqueur critiquer tous ces aspects de ces réformes autrement qu’en les rejetant en bloc ? A quel moment ont ils demandés à ce que les algorithmes de sélection soient rendus publics et auditables et demandés l’interdiction de l’utilisation du classement des lycées dans les algorithmes ? A quel moment ont-ils dénoncé la volonté du gouvernement de ne pas offrir toutes les options « classiques » dans tous les lycées  risquant de conduire à une concurrence entre établissements pour recruter les meilleurs élèves ?

Ce vendredi 14 décembre, le lycée de ma fille a été bloqué. Des élèves ont cru pouvoir faire s’enflammer un arbre, d’autre ont réussi à brûler une poubelle. Des fumigènes ont été lancés à l’intérieur de l’établissement et l’alarme incendie a été déclenchée. Et cela s’appelle une mobilisation. Une semaine s’est écoulée, sans que le moindre débat avec les enseignants ne soit engagé. Une bonne occasion manquée de vivre en condition réelle l’éducation civique ! Et pourtant c’est possible, puisque au lycée Stéphane-Hessel à Toulouse (cf Le Monde du 14/12/2018, « à Toulouse, le lycée Stéphane-Hessel s’indigne collectivement« ), la direction a ouvert ses portes aux contestataires, une AG a été organisée, les élèves mobilisés ont pu expliquer les raisons de leur mobilisation. Puis le blocage a été voté à bulletin secret et aucune violence n’y a été commise ! Que souhaite-t-on finalement : des futurs citoyens bons moutons qui se révolteront épisodiquement et ne sachant exprimer leurs attentes et basculeront dans la violence, comme des enfants qui ne sachant exprimer les raisons de leur colère se mettent à taper, ou des citoyens responsables capable de raison qui sauront s’opposer tout en faisant progresser leurs idées ?

Neige, neige, snapchat, réseaux sociaux et fake news

Lors de fortes chutes de neige de cette semaine en région Île de France, la communication de l’académie relayant l’interdiction pour les autocar de circuler et conseillant aux parents de garder leurs enfants chez eux a été rapidement récupérée par des lycéens et transmise à leurs camarades par le biais des réseaux sociaux. Les élèves constituent aujourd’hui des groupes sur les réseaux sociaux, comme Snapchat dans le cas d’un de mes enfants. L’information vraie ou non y circule très vite. C’est ainsi que confronté à l’affirmation de l’absence de cours le lendemain, nous avons chercher à vérifier la véracité de la nouvelle.

A l’heure des réseaux sociaux, les établissement scolaires ne sont pas démunis pour communiquer avec les parents et relayer une information urgente : SMS, site Pronote, site de l’établissement scolaire, Espace Numérique de Travail (ENT). Sur aucun de ces support, nous n’avons trouvé l’information au début de l’épisode neigeux. A force de chercher, nous avons fini par trouver la recommandation de l’académie sur son site, à l’origine de la fausse nouvelle (fake new).

Le lendemain, au lycée, il n’y avait effectivement que très peu d’élèves présents. Les professeurs qui étaient parvenus à venir, peu motivés à enseigner ou faire travailler une classe réduite ont renvoyé les élèves chez eux. Il faut bien comprendre que dans cet épisode, de nombreux élèves auraient tout de même pu venir au lycée, mais confortés par leurs camarades de classe sur Snapchat, ont sauté sur l’occasion pour s’offrir une journée de repos. Certains élèves habitent effectivement trop loin et ne pouvant prendre les transports scolaires ne pouvaient raisonnablement pas venir. Mais tous ceux habitant à proximité qui n’avaient qu’à prendre leurs souliers se sont bien abstenus de se déplacer.

Avec un jour de retard, la communication officielle du lycée a fini par arriver sur le site Pronote. Espérons que la communauté éducative analysera cet épisode et prendra conscience de la nécessité de communiquer suffisamment rapidement sur les supports dont elle dispose (site officiel de l’établissement, Pronote …) pour contrer les effets de la prochaine propagation de fausses nouvelles.

Tromperie sur le nouveau brevet des collèges ?

Nous avions cru qu’avec la réforme du collège, le nouveau brevet des collèges allait être allégé, faisant une place plus importante au contrôle continu.

Si l’épreuve de présentation orale d’histoire de l’art est bien supprimée, elle est remplacée par une épreuve orale de présentation d’un des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI). Il y a trois ans, mon aîné avait eu un travail personnel considérable de préparation de cette épreuve. Cette année, mon cadet se retrouve dans la même situation avec l’épreuve d’EPI, à savoir devoir préparer une présentation orale. Le sujet de l’EPI était vraiment intéressant et l’EPI a été l’objet d’un travail entre plusieurs enseignants au cours de l’année. Il est cependant regrettable que cela doivent se conclure par une épreuve du même type que la précédente, génératrice d’une charge de travail importante, alors qu’une appréciation du travail sur l’année aurait pu suffire.

Si nous ne connaissons pas encore le contenu exact des futures épreuves, nous pouvons constater l’apparition des sciences de la vie et de la terre, de la physique et de la technologie, dans des épreuves distinctes ou combinées, sans que l’on sache très bien encore. Il est par contre certain que la charge de travail a brusquement augmentée. En effet, les vacances de printemps ont été agrémentées de révisions de l’ensemble des programmes de sciences de la vie et de la terre et de physique, depuis la classe de cinquième. Un brevet blanc attend les élèves au retour des vacances, pour leur rappeler de pas trop se reposer pendant leurs vacances.

Si cette réforme parait avoir du bon avec l’introduction d’une pluridisciplinarité, un peu plus de travail en groupe, on peut fortement regretter que tout doivent toujours se traduire par des notes et des épreuves de brevet des collèges.

Voyage scolaire ou bac blanc ?

Quoi de plus raisonnable que de proposer un voyage scolaire d’une semaine, des sorties tous les soirs avec retour au logement après minuit et une semaine après la fin du voyage, organiser un bac blanc d’une durée également une semaine ?

Les élèves sont revenus enchantés de leur voyage, mais fatigués. Après une semaine d’une parenthèse agréable, il leur fallait se replonger dans la réalité d’un travail soutenu. Mais la plupart, trop fatigués n’en n’ont pas été capables. Il s’en est suivit des résultats jugés décevants au bac blanc. Ceux-ci ont été mis sur le compte d’un manque de travail, mais personne ne semble avoir fait le lien avec le voyage scolaire qui rendait impossible la bonne préparation des élèves. Certaines épreuves étaient également d’une complexité supérieure à ce qui est habituellement demandé pour un bac. Est-ce dans une optique élitiste ou juste par plaisir de de concocter des épreuves complexes ?

Ce bac blanc, censé entraîner les élèves au vrai bac  est en fin de compte bien plus important que le bac lui-même, puisque ces les notes vont alimenter le système Admission Post Bac (APB). L’orientation des élèves sera déterminée avant l’épreuve du bac, même si les réponses ne seront connues des élèves qu’après.

Peu de temps avant le conseil de classe du second trimestre, l’enseignant de mathématique, voulant secouer ou réveiller ses élèves leurs a soumis une évaluation complexe deux jours après une nouvelle leçon insuffisamment assimilée par les élèves. Il s’agit apparemment d’une pratique que survient dans d’autres établissements qui se prennent pour des antichambre de sélection des élèves pour les classes préparatoires.

Voilà des élèves d’une terminale S, dans un lycée qui a un soucis particulier pour son classement, à qui l’on n’offre pas les meilleurs chances de succès. Ceux-ci doivent tout mener de front, un voyage scolaire, une cadence de travail élevée et obtenir de bons résultats pour pouvoir s’orienter dans filières sélectives qui augmenteront le prestige du lycée et de leurs enseignants. On ne comprend pas qu’au moment où les élèves doivent saisir leurs choix dans le système informatique ABP, leurs professeurs ne leurs offrent pas les meilleures conditions de réussite. Les notes de ce second trimestre seront déterminantes pour l’orientation des élèves souhaitant se diriger vers une filière sélective.

Vive la concertation, déluge d’évaluations en début de terminale

Un sujet récurrent est celui de l’organisation du temps de travail personnel des élèves. Quatre semaines après la rentrée en classe de terminal S, le rythme de croisière est pris dans toutes les disciplines. L’avancement est tel que les évaluations sont organisées par chaque enseignant dans sa propre matière, ce à quoi, il n’y a rien à redire. Sauf que celles-ci arrivant toutes en même temps, la charge de travail sur le week-end est devenue trop importante. L’équivalent de 16 heures de travail ont été nécessaires sur les samedi et dimanche, ce qui constitue en soit une négation du droit au repos et à la déconnexion, dont, nous adultes insérés dans le monde professionnel avons le droit.

Certes, les apprentissages nécessitent un investissement personnel impliquant de consacrer du temps le WE. Mais demander à un jeune de 17/18 ans de consacrer autant d’énergie et de temps revient à lui demander de sacrifier sa jeunesse pour mériter d’avoir demain un travail. Aux yeux de certains, ce fort investissement est certainement justifié par la filière, terminale scientifique, considérée hélas comme voie royale vers les classes préparatoires puis les écoles les plus prestigieuses. C’est une forme de chantage qui conduit à fabriquer une génération de stressés, alors que tous les élèves ne souhaitent pas forcement une orientation vers les filières de prestige. S veut dire Scientifique et non Sélection.

Il serait souhaitable qu’une concertation s’établissent entre enseignants pour mieux répartir dans le temps les évaluations et respecter le droit au repos des élèves (est-ce un droit ?).

Souhaitons qu’après ce passage difficile, les évaluations des différentes disciplines se répartirons d’elles-même dans le temps. Rien de totalement certains, puisque des vacances de Noël fort occupées ont été promises aux élèves, avant le bac blanc de début janvier 2017.

Jours fériés, le repos n’est pas pour tous

Quel paradoxe que de constater que les français aspirent de plus en plus à profiter des week-ends de l’ascension et de la pentecôte et dans le même temps observer combien nos enfants sont surchargés de travail par les enseignants du collège et du lycée, pour ces fameux week-ends. Le droit au repos ne vaut que pour les adultes, et ne concernerait pas collégiens et lycéens.

Pourquoi fermer les établissements scolaires le vendredi de l’ascension qui n’est pas un jour férié, alors que nous parents devons travailler, si c’est pour sous-traiter à la maison le travail qui ne peut être effectué dans l’intervalle à l’école ? La fin de l’année approche, c’est bientôt l’arrêt des notes, la quantité de notes dans chaque matière n’est pas pas suffisante pour pouvoir établir un bulletin scolaire ? Alors vite, vite, donnons un travail noté à effectuer à la maison, un paquet de révisions pour quelques évaluations qui tomberont toutes la semaine après la pentecôte, surtout ne nous concertons pas avec nos collègues. Ainsi, nous aurons atteint nos objectifs en fin d’année : avoir bouclé le programme et avoir trié les élèves du meilleur au plus mauvais.

Et pendant ce temps là, pendant que nos élèves travaillent, profitons du soleil, partons en masse en week-ends. Il y a là une forme indécence.

Une fausse note dans la réforme des collèges : les classes bilangues

Voilà un an, je défendais sur ce blog la réforme des collèges qui devait rendre le collège moins élitiste grâce à la suppression des classes bilangues, permettre aux élèves de faire appels à diverses compétences et disciplines dans le cadre des travaux interdisciplinaires et pratiques (voir Réforme du collège : pas d’inquiétude, la sélection continuera !), tout en affirmant que cette réforme ne mettait pas fin à la pédagogie de la terreur de la note comme méthode d’apprentissage. Je rappelais que face à une masse de devoir croissante, l’aptitude des parents à apporter une aide était primordiale et constituait la principale source d’inégalités.

Cette réforme introduira de gros changements dans les manières de travailler des enseignants et l’organisation du collège. Nous verrons à la rentrée scolaire 2016-2017 ce qu’il en sera.

Mais dores et déjà, les classes bilangues anglais/allemand, anglais/espagnol …  ne disparaissent pas pour les classes de 6ième. Après la fronde des professeurs de langue, la ministre de l’éducation nationale a effectué une marche arrière, mais en instaurant une condition. Pour pouvoir maintenir de telles classes ouvertes, il faut que les élèves venant de l’école primaire aient pratiqué en première langue de l’allemand, de l’espagnol ou une autre langue. Dans ce cas, seulement, il est possible de proposer une classe bilangue à ces élèves. On peut féliciter la ministre de l’éducation nationale pour son sens de l’équité. Ainsi, si pour des raisons familiales, vous auriez souhaité que votre enfant puisse à l’école primaire apprendre une autre langue que l’anglais et que l’école ne le proposait pas, il ne peut en théorie intégrer cette fameuse classe bilangue. Mais comme certaines de ces classes ne feront pas le plein d’effectif, vous pourrez peut-être faire acte de candidature au moyen d’une lettre de motivation, pour faire inscrire votre enfant dans cette classe. On peut douter que beaucoup de parents qui feront acte de candidature le fasse pour des raisons familiales et culturelles (surtout dans le cas de l’allemand), mais surtout pour donner les meilleurs chances à leur enfant de se trouver dans une bonne classe.

Si ce biais peut-être à peu près évité dans certains collèges grâce à la constitution de classes mélangées, il faut savoir que ces élèves auront la possibilité de se retrouver plus tard regroupés au lycée en classe de seconde. C’est en tout cas ainsi que cela se pratique dans le lycée de notre secteur. Ainsi la ministre de l’éducation nationale a accepté de maintenir un moyen permettant aux parents les plus avertis d’orienter leurs enfants dans la voie la plus élitiste à terme et donc leurs donner de meilleures chances de réussite qu’aux autres.

Voilà un fameux raté pour une refondation de l’école voulue par le président de la république.