Pas d’apprentissages sans notes : une perte de sens

Jeudi 21 juin : arrêt des notes , mardi 26 juin, dernière journée de classe pour mon enfant qui est en 5ième, pour cause de brevet des collèges.

Dans l’intervalle, élèves et enseignants sont démotivés. A part regarder des films en classe, ceux-ci ne font plus grand chose. Quelques rares enseignants comme celui de mathématique donne encore des devoirs, ce qui ne va pas sans poser des problèmes. En effet, quelques rares élèves les font et bien maladroitement sont montrés en exemple par leur professeur. Ceux-ci se trouvent alors traités d’intellectuels et furieux d’être distingués de leurs pairs.

En cours d’anglais, les élèves ont réussi à faire pression sur l’enseignant qui n’en pouvant plus, les a laissés regarder un film d’horreur. Tous les élèves devait affirmer devant leurs pairs que le film leur plaisait pour ne pas paraitre faible. Pourtant, mon enfant en pleurait le soir, tant sa sensibilité avait été heurtée.

Je constate que les apprentissages cessent en même temps que les évaluations et les notes. On ne saurait donc plus enseigner à nos enfants sans cette contrainte. Celles-ci disparaissant, plus aucune motivation ne subsiste. Les élèves n’apprennent pas pour s’enrichir et se construire, mais pour les notes. Le plaisir d’apprendre et de découvrir est absent, ce qui n’est pas étonnant puisque tout apprentissage doit se conclure par une évaluation. Or être évalué, s’est être jugé, ce qui n’est jamais très agréable. Les enseignants, épuisés par leur année à faire la police face à des élèves ayant perdu toute motivation dés la sortie de l’école primaire, lâchent prise. Certains d’entre eux manquent des cours sans se justifier.

Officiellement les vacances scolaires débutent le samedi 7 juillet. C’est donc deux semaines et demi d’enseignement qui sont perdues en pure perte à l’heure où s’instaure un débat sur les rythmes scolaires. Avant de débattre de la durée des vacances scolaires, il serait judicieux de remédier à ce gâchis, provoqué par l’organisation du brevet des collèges.

On peut s’étonner qu’à l’heure de la recherche d’économies budgétaires, aucune évaluation de l’utilité du brevet des collèges et de son coût ne soit effectuée et rendue publique. Quelle est l’utilité de ce brevet, puisqu’il ne sert pas de sésame pour l’orientation ? Il n’existe que pour faire fonctionner au mieux un système basé sur les évaluations et contraindre les élèves au travail. Sa véritable raison d’être est d’entrainer une minorité d’élèves à passer les concours, colonne vertébrale de la méritocratie à la française.