Pour les heureux élus à l’entrée en première année de médecine, une dure année de labeur s’annonce, avec peu de vacances (juste noël) après la première partie du concours. Et en fin d’année, les candidats malheureux seront bien nombreux puisqu’en moyenne, 22 % seulement réussiront à passer en seconde année, à l’issue d’un concours très sélectif.
Dans la mythologie républicaine de la réussite au mérite, chaque candidat arrive au concours avec les même chances de réussites, puisque tous auront suivi les mêmes cours. Devraient mieux réussir les candidats doués des meilleurs facultés intellectuelles et qui ont le plus travaillé. Ceux qui sont arrivés dans ces études en n’ayant pas le bagage scientifique suffisant ont une chance quasi nulle de réussir.
Dans la réalité, travailler avec acharnement et être doué des meilleures aptitudes peut ne pas suffire pour réussir. Il faut également disposer des meilleurs conditions de travail et de la meilleure préparation au concours. Tout comme pour les sportif de haut niveau pouvant bénéficier de bons coach, les chances de réussites sont améliorées si avant sa rentrée, le futur étudiant effectue un stage de prérentrée avec un organisme privé et qu’ensuite en cours d’année, il poursuite en même temps que les cours à la faculté de médecine une prépa avec le même organisme privé. Lorsque les cours magistraux sont suivis par un bon millier d’étudiant répartis dans trois amphithéâtre, il ne faut s’attendre à pouvoir tout comprendre, surtout si quelques redoublants cherchant à réduire les chances de réussite des nouveaux bacheliers organisent un chahut.
Face à des enseignants qui à la fois donnent des cours magistraux et pour certains délivrent des support de cours lacunaires et préparent les épreuves de concours, l’expertise des prépa privés apportent à ceux qui peuvent payer des indications très précieuses, en plus d’un retour sur les cours délivrés en faculté. Elles expliquent les pièges classiques que ces enseignants aiment bien glisser dans les QCM (Questionnaires à Choix Multiples) des concours, comme par exemple détecter le QCM à ne pas faire, car infaisable en 3 minutes, lorsque 20 minutes sont en réalité nécessaires, ou comment éviter de faire le raisonnement jusqu’au bout pour deviner la bonne réponse à partir … Comme le compétiteurs avec leurs coachs, les étudiants y sont préparés pour répondre à ces QCM dans le moins de temps possible.
Afin de contre-balancer l’importance de ses organismes privés qui ne sont pas accessibles à tous compte tenu de leur prix, un tutorat basé sur le bénévolat d’étudiants des années supérieures est mis en place. Un stage de prérentrée est également organisé, mais pour 400 jeunes bacheliers seulement dans le même amphithéâtre, à comparer à 30 à 40 élèves par classe dans les prépas privé, avec des professeurs d’université ou agrégés.
La première année d’étude de médecine est donc comparable à un train dans lequel il n’y a pas suffisamment de place où toutes les places ne se valent pas. Les premières classes sont occupées par ceux qui peuvent payer. Les secondes par ceux qui suivront un tutorat et/ou pourront bénéficier de solidarités. Beaucoup occuperont les strapontins ou voyageront debout et risqueront de devoir quitter le train en cours de route. Chaque jour pour prendre le train, seront à l’heure, frais et disponibles ceux qui logent sur place, qui ont pu se payer un logement alors que les autres auront à subir la fatigue les transport en commun et ses retards (cas de la région Île de France). Ce n’est pas grave, l’idéal républicain est sauf, on continue à faire croire que celui qui a le plus de mérite réussit le mieux, alors qu’en réalité, c’est bien une sélection par l’argent qui s’est organisée, avec la complicité active de professeurs d’université que l’on pourrait remplacer par des MOOC (massive open online course en anglais, des formations sur internet où l’on filme l’enseignant), si ceux-ci n’étaient pas chargés d’élaborer les concours de faculté de médecine en y plaçant leurs pièges favoris. C’est devenu un business lucratif où en se faisant rémunérer par les prépas privés, ceux-ci peuvent aller délivrer leurs précieux conseils.
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