78,6 % (en 2016) de chaque classe d’âge arrivant chaque année au baccalauréat représente une quantité importante de jeunes cherchant par la suite à poursuivre des études supérieures. Le système Admission Post Bac (APB) permet de manière efficace pour toutes les formations supérieures de remplir leurs établissements, en prenant dans la mesure du possible des désiratas exprimés des futurs étudiants. Lors de la constitution de la liste ordonnée de vœux, les futurs étudiants sont très bien informés sur les filières (statistiques, critères recherchés, si la filière est en tension). Même dans les mails automatiques reçus par la suite, des explications sont délivrées. Voici un extrait d’un mail automatique reçu de automatique@admission-postbac.fr le 22 mai 2017.
Rappel important
Classez l’ensemble de vos vœux dans l’ordre de vos préférences, c’est-à-dire en fonction de vos souhaits et de votre projet professionnel, sans autocensure. Il s’agit d’un classement unique pour toutes les formations (licence, DUT, STS, CPGE, etc.), hors formations en apprentissage.ATTENTION : Il est important de bien réfléchir à la composition de sa liste de vœux et à son classement définitif.
En effet, lors des phases de propositions d’admission (à partir du 08 juin) , toute proposition qui pourra vous être faite (c’est-à-dire la meilleure possible, par rapport à l’ordre de vos vœux) annulera les vœux moins bien classés dans votre liste.
Par ailleurs, une formation non classée ne pourra évidemment pas vous être proposée.
Enfin, si vous postulez sur une formation de licence non sélective dont les capacités d’accueil sont insuffisantes pour satisfaire toutes les candidatures, un traitement automatisé critérisé est mis en place pour départager l’ensemble des candidats et déterminer ceux qui bénéficient d’une proposition d’admission.L’algorithme tient compte de l’académie du candidat, de l’ordre de ses vœux et de sa situation de famille et, si nécessaire, d’un tirage au sort. Ainsi, sur ces formations, il convient de bien appréhender qu’une licence dite « en tension » n’est proposée que si elle est classée dans les premiers vœux du candidats, voire pour la PACES et les licences les plus demandée (STAPS, droit et psychologie) si elle est le voeu n°1.
Et en fonction des vœux exprimés, le système APB envoie des messages du type « Compte tenu de votre profil, votre projet de poursuite d’études paraît pertinent. Avis favorable pour cette orientation. Ceci est un mail automatique, merci de ne pas y répondre. » et bien sûr, d’autres messages décourageant les projets des futurs bacheliers n’ayant pas les prérequis attendus.
Malheureusement, un système informatique, tout aussi bien conçu soit il, ne résoudra pas les problèmes liés à l’arrivée de générations toujours plus nombreuses au baccalauréat. Dans les années à venir, avec l’arrivée de la génération du baby boom de l’an 2000 au niveau du bac, les formations non sélectives font faire face à de grosses difficultés pour accueillir ce flot chaque année plus important d’étudiants, parmi lesquels nombreux seront ceux qui se retrouveront en situation d’échec.
Il y a eu erreur sur les objectifs. Tout d’abord d’avoir décrété il y a plus de trente ans que 80% d’une classe d’âge devait avoir le bac (Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’éducation nationale en 1985) et dans l’adhésion à la « stratégie de Lisbonne » lors du conseil Européen de Lisbonne en mars 2000 pour faire de l’Union Européenne, donc de la France « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale». En voulant devenir une économie de la connaissance, l’éducation nationale s’est peut être trop focalisée sur la connaissance académique.
Il y a aujourd’hui trop de jeunes qui veulent poursuivre des études supérieures académiques, trop par rapport aux capacités d’accueil et trop par rapport à ce que notre économie peu créatrice en emplois, malgré l’accélération de la reprise, peut absorber. On peut donc conclure que la natalité dynamique de la France comparée à celle de nos voisins, en particulier l’Allemagne, qui était présentée comme un atout économique, n’en est plus vraiment un vu l’ampleur du gâchis en cours et qui ne va pas manquer à s’amplifier.
La valorisation des formations professionnelles est la seule voie qui permettra de donner un avenir à tous nos jeunes. Cette valorisation doit passer par la mise en place de filières supérieurs d’études à l’instar de ce qui se fait en Allemagne et en Suisse pour les bacheliers des bacs pros, où ils ne seront pas concurrencés par les bacheliers généraux.
Mais pour cela, il faudrait remettre en cause notre système éducatif élitiste, reconnaître que l’on peut réussir en passant par la filière professionnelle et donner la possibilité à ceux qui passent par cette filière d’avoir ensuite une véritable évolution professionnelle. La part élitiste de notre système éducatif peut-il seulement être sérieusement remise en cause par des gens qui en sont les purs produits, tels l’ancien et nouveau président de la république (François Hollande et Emmanuel Macron et leurs ministres de l’éducation nationales respectifs (Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Michel Blanquer) ?
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