Hadopi en cours de musique

Connaissez vous le célèbre compositeur Hadopi ? Heu non la loi du même nom ? Apparemment, tous les professeurs de musique ne la connaissent pas.

Il s’est trouvé un enseignant, qui voulant faire découvrir des auteurs contemporains que lui-même n’avait pas en sa possession, demanda aux élèves de chercher sur YouTube, des morceaux de musique et de les enregistrer sur une clé USB pour le cours d’après.

Les morceaux étaient bien disponibles sur YouTube, mais en streaming, c’est à dire qu’il est possible de les écouter, mais pas de les télécharger. Pour télécharger, il fallait payer, ou bien trouver une solution de téléchargement forcément illégale.

Au cours d’après, seuls deux élèves avaient récupérés les morceaux de musique, dont l’un grâce une subtilité permettant d’enregistrer un flux audio, subtilité qui ne serait à priori pas du téléchargement.

Les autres faisaient remarquer au professeur de musique que le téléchargement était illégal ! La réponse de l’enseignant « vous vous foutez de ma tête, cela fait partie du travail de l’élève que d’aller dans une médiathèque pour rechercher les morceaux demandés ».

Au fait, là où nous habitons, il n’y a pas de médiathèque.

Un exemple parmi d’autre qui démontre que les enseignants n’ont plus aucune limite.

Bonnes vacances (reposez-vous bien)

« Enfin !

Brevet blanc, diapos, oral de stage et autres contrôles…

On va bien s’amuser et se reposer avec tous ces devoirs.

Merci les professeurs ! (chacun rajoute sa couche) » (citation d’un élève de troisième au début des vacances de février).

Les dites vacances ont commencé pour l’élève en question par des poussées d’angoisse et des maux de ventre, devant la quantité de travail exigée. Il a fallu, en bons parents apprendre à l’élève en question à établir un planning des travaux à mener et à essayer de lui expliquer la nécessité de prioriser ses efforts. Quelle nécessité y-a-t-il de s’enfoncer dans le crâne les dates du programme d’histoire, à réviser pour le prochain brevet blanc, trop tôt, sachant d’expérience que notre cerveau trie les informations et oublie naturellement celles qui ne servent à rien ? Comme les élèves ne lisent pas suffisamment, c’est bien connu, il leurs faut lire en plus un livre de 300 pages, en vue d’une rédaction à la rentrée. A 14 ans, lorsque l’on a appris à toujours tout faire pour le mieux, il est difficile de faire la part des choses et de se fixer des limites. Difficile d’admettre qu’il n’est pas possible de répondre à toutes les exigences des professeurs, dont un certain nombre doivent considérer comme un gage de sérieux le fait d’inonder leurs élèves de travail pendant les vacances pendant qu’eux tranquillement profiterons des leurs.

Objecter que les enseignants ont du travail de préparation pendant leurs congés ne tient pas. D’une part, ceux-ci sont des adultes ayant choisi leur métier, alors que les élèves subissent une forte contrainte. D’autre part, demander à cet âge un travail scolaire de l’ordre d’1,5 à 2 h par jour, reviens à demander aux élèves à consacrer 3 jours à 4 jours de congés pour les devoirs, ce qui est excessif à 14 ans. C’est également méconnaitre le besoin humain des élèves d’avoir une véritable coupure, permettant de décompresser pour plus d’efficacité ensuite (la réforme des rythmes scolaire ne semble pas être passée par là). Rappelons que le droit du travail interdit à un employeur de demander à ses salariés de se rendre disponible ou de travailler pendant les vacances. Pourquoi alors nos enfants n’auraient-ils alors un droit équivalent ?

C’est aussi faire porter sur les parents des obligations excessives, risquer de générer des tensions dans certaines familles sur le thème des devoirs. Nous aussi, en tant que parents, nous en avons marre des devoirs tous les jours.

Le cas de cet élève n’est certes pas celui de la majorité des élèves qui insouciants comme on peut l’être à cet âge auront tendance à reporter le travail scolaire pour le dernier week-end des vacances et le bâclerons dans le peu de temps qu’il leur restera. Il leurs en coutera quelques mauvaises notes et une série de reproches qui achèveront de les démotiver.

Pour quels élèves travaillent donc ces enseignants ? Ne travaillent-ils que pour cette extrême minorité d’élèves qui a pris goût à la valorisation par les notes et qui ayant acquis un esprit de compétition, vont se préparer, tels des champions sous l’impulsions de leurs entraineurs de parents, aux futurs concours de sélection qui forment la base du système méritocratique français ? Mon élève de troisième, déjà trop stressé a tendance à brider ses choix d’orientation en fonction de la masse de travail qui lui sera demandé et ce malgré l’excellence de ses résultats scolaires.

Ce mode de fonctionnement de l’école, qui cherche à sélectionner les meilleurs et à les formater pour répondre toujours présent aux sollicitations de leurs futurs employeurs est dommageable pour toute la société. D’une part, il décourage beaucoup d’élèves, d’autre part, il favorise ceux dont les parents peuvent s’investir fortement. Enfin, il sélectionne les individus ayant une certaine forme d’intelligence (gros bachoteurs) à l’heure où une économie innovante aurait plutôt besoin de voir des personnes ayant avec des formes d’intelligences variées, collaborer ensemble pour innover.

 

PS : nous arrivons au dernier WE des vacances et les devoirs ne sont toujours pas terminés.