Alors que les évaluations sont trop perçues comme un moyen de contrôle des élèves permettant soit de les gratifier soit de les sanctionner, un changement est peut être en cours.
D’un côté, le gouvernement organise actuellement une conférence sur les évaluations des élèves, avec un jury qui devrait se prononcer pour la mi décembre 2015 sur la manière de transformer les évaluations pour quelles deviennent un outil au services des apprentissages et de la réussite de tous.
De l’autre, on peut noter de la part de quelques enseignants des changements de pratiques dans la manière d’évaluer. Par ordre croissant d’intérêt :
- quelques uns prennent à cœur de vérifier que les consignes de l’évaluation sont bien comprises et sont ouverts aux questions des élèves ;
- un autre fait recommencer l’évaluation jusqu’à ce que les élèves obtiennent un résultat convenable ;
- l’enseignant le plus novateur a identifié dans sa matière un ensemble de compétences à acquérir d’ici à la fin de l’année et utilise les évaluations pour informer les élèves du niveau atteint (d’ailleurs, ceux-ci sont invités à s’auto-évaluer), sans d’ailleurs utiliser des notes mais avec des codes couleurs.
Nous aimerions ne plus voir des enseignants, qui tel cet enseignant de Sciences Économiques et Sociales, qui en début année demande en évaluation à des élèves de seconde, n’ayant pour la majorité aucune culture économique, le nom de la société ayant racheté Altstom, ou ce que veut dire INSEE ! Le résultat, visible sur l’extranet Pronote, n’est comme on pouvait s’y attendre, pas très glorieux. Quel dommage de commencer une année scolaire par un à priori négatif pour les élèves, dans une matière qui est si essentielle à la formation des citoyens de demain.
Souhaitons que cette conférence apporte un véritable changement, que les évaluations cessent d’être pour une minorité un moyen de gratification, une sanction et une source d’angoisse pour la plupart.
Petit bémol néanmoins, la conférence devra aussi réfléchir sur « Comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?« . Cette question (n°5) révèle que le système éducatif aura du mal de se passer des évaluations comme moyen de sélection. Pour que la réforme soit complète, un énorme travail de revalorisation des filières technologique et technique doit encore être effectué. Un pays tel que la Suisse doit, entre autre, à son système de formation professionnelle proche des entreprises, d’avoir une des économies les plus compétitive du monde. La majeure partie des élèves (3 sur 5) y choisi une orientation en filière professionnelle. Ils conservent la possibilité de poursuivre des formations supérieures à l’issue de leur formation initiale.
Une revalorisation des filières professionnelles en France éviterai de baser l’orientation sur une sélection par les notes et surtout rendrait confiance en l’avenir à nos jeunes qui pourraient mieux maîtriser leur destinée.
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