Des quotas de punis pour remplir les colles ?

En cas d’absence d’un professeur, trou dans l’emploi du temps, ou réorganisation  de dernière minute de celui-ci, la permanence est le lieu de tout les dangers. Mieux vaut éviter ce lieu et se rendre au CDI (centre de documentation de d’information) du collège, plutôt que de se retrouver sous la coupe d’un surveillant, entassé dans une salle trop petite, obligé de travailler et avec interdiction de dessiner et surtout de communiquer avec son voisin. On peut comprendre le soucis des surveillants d’éviter que la permanence ne se transforme en foire. Cependant, distribuer des heures de colle comme sanctions à tour de bras à chaque fois qu’il y a suspicion d’un écart d’un élève est vécu comme une  injustice, permise par le rapport de force dont profite l’adulte. Le sentiment d’injustice est renforcée par le fait que la parole de l’élève n’est  pas même écoutée et donc prise en compte. S’il ose tenter une explication, il est sitôt menacé d’une heure de colle supplémentaire car se rend coupable de crime de lèse majesté vis à vis de l’autorité. Pire est la situation lorsque la sanction tombe sans que l’adulte n’ait la preuve du délit. Par exemple, communiquer avec son voisin par gestes n’est pas la preuve d’une communication orale. L’élève se sent alors soumis à l’arbitraire de l’autorité.

Cet arbitraire introduit un insupportable soupçon. Puisque les colles sont encadrés par les mêmes surveillants, ne cherchent-ils pas à les remplir en distribuant des sanctions ?

Ce n’est pas ainsi que l’école formera les futurs citoyens et fera partager aux élèves les valeurs de la république. Rien ne sert de vouloir mettre en place un nouveau service national si l’école ne devient pas le lieu où cette citoyenneté s’apprend et se vit, ce qui suppose aussi que les élèves puissent faire valoir leurs droits.