« Des milliers de bacheliers toujours sans université » (Le Monde du vendredi 14 août 2015). Mais pas d’inquiétude, le ministère rappelle qu’après les 3 tours du système informatique d’affectation Admission Post Bac (APB), un quatrième tour est prévu, pour que chacun puisse trouver une place dans son académie d’ici le 15 septembre.
7500 bacheliers qui n’ont toujours pas de place représentent tout de même un sérieux problème. La véritable finalité d’APB est révélée par cet échec. Il s’agit plus de remplir les diverses formations supérieures pour qu’elles justifient de leur existence que d’assurer à tous ces bacheliers un avenir. On peut d’ailleurs parier que ces 7500 bacheliers se retrouveront dans des formations qu’ils n’ont pas choisies et qu’une proportion importante d’entre eux tenteront l’année suivante une autre formation et sortiront du système sans diplôme. Mais, ce fait comme la quantité importante de bacheliers qui commencent des études supérieures à l’université sans aboutir à un diplôme leurs permettant de travailler, ne doivent pas intéresser le ministère de l’éducation nationale, puisque la solution à ce problème serait d’augmenter les moyens des université.
Augmenter les moyens juste pour que les universités puissent absorber plus de bacheliers dans les premières années n’a aucun sens, si ceux-ci sont voués à l’échec après plusieurs redoublements. Ils auront beau avoir passés plusieurs années à l’université, ils ne vivront que de petits boulots type serveur chez Mc-Do. Il est inutile de former tant de jeunes dans les filières générales pour les envoyer ainsi à l’échec. Mais il y a une sorte de tropisme pour les études intellectuelles jugées plus nobles qui détourne beaucoup de jeunes de formations professionnelles plus techniques où beaucoup aurait plus de chances de réussite et de bonne insertion sur le marché du travail.
Le système de formation de la Suisse ne conduit pas tant de jeunes vers l’université et la plupart n’hésitent pas à se diriger vers les formations professionnelles et les apprentissages leur donnant un haut degré de qualification dans leurs métiers respectifs, quitte à rejoindre les filières générales par la suite, car des passerelles existent. Ce système a fait ses preuves et fait de la Suisse un des pays les plus compétitifs du monde, malgré le coût de sa main d’œuvre et de sa devise.
Mais, bon, chez nous, c’est juste politiquement gênant d’avoir 7500 bacheliers qui ne savent pas quoi faire à la rentrée. Leur avenir sur le marché du travail nous intéressera plus tard. Cela révèle le haut degré de cynisme de notre ministère de l’éducation.
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