Le bulletin scolaire au collège n’a pas pour seule fonction d’informer les parents et les élèves sur leur état d’avancement dans l’acquisition des connaissances, mais également de situer leurs niveaux dans la classe et de donner une indication du niveau de celle-ci.
Y apparaissent en plus de la moyenne dans chaque matière avec une précision au centième, les notes les plus basses et les plus élevées de la classe, ainsi que la moyenne de la classe.
Nous pouvons ainsi discuter en tant que parents d’élèves sur le niveau présumé élevé ou bas de classe. Nous pouvons féliciter notre enfant lorsqu’il se retrouve « numéro un » dans un certain nombre de matière, lui faire remarquer que dans d’autres matières un effort doit être fourni pour que l’élève se situe au prochain trimestre dans le top de la classe. Ou bien, nous pouvons nous rassurer de la moyenne un peu faible de notre enfant lorsque celle-ci se rapproche des autres enfants, ou encore estimer qu’un plan d’action est nécessaire pour remonter la pente.
Nous voyons bien qu’est de fait mis en place un système qui permet de classer les élèves dans la classe de manière officieuse, puisque aucun classement ne nous est communiqué. A ne pas en douter, grâce à l’informatisation du bulletin scolaire, la mise en place d’un classement est le but recherché. Si celui-ci n’est pas en place dans la base note du collège, un petit traitement sous tableur Excel peut facilement faire l’affaire.
Je ne vois pas d’autres justifications dans la délivrance de moyennes par matières avec une précision au centième que l’établissement d’un tel classement. Etant donné que la délivrance officielle d’un classement est perçue comme rétrograde, les établissement on trouvé une parade. Ils la remplacent par la délivrance des « félicitations » du chef d’établissement, distinction permettant de distinguer les bons élèves de la masse. C’est ainsi que des élèves se trouvent à courir après cette distinction trimestre après trimestre, plutôt qu’après une première place. En dépend sans doute la possibilité d’être affecté en seconde dans un bon lycée.
Le collège n’évolue donc pas. Il régresse même par rapport à l’époque où j’étais moi-même collégien. La note devient plus qu’avant l’outil de classement et de sélection des élèves et non pas l’outil permettant à l’élève et à ses parents de situer le niveau d’avancement de l’élève dans son apprentissage.
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