Les élèves de première expérimentent depuis peu les Épreuves Communes de Contrôle Continu (E3C) du nouveau baccalauréat institué par la réforme Blanquer.
Cette réforme a été justifiée par la lourdeur de l’ancien bac aux épreuves toujours plus nombreuses et qui mobilisait dans les lycées l’ensemble du mois de juin au détriment des enseignements pour les élèves de la seconde à la terminale. L’ancien bac mobilisait beaucoup de ressources et d’argent pour une finalité contestable, puisque l’orientation des élèves était décidée avant le baccalauréat et finalement le bac n’était alors plus qu’un sésame venant valider une orientation décidée sur la base des résultats scolaire des élèves.
La réforme Blanquer était censée poursuivre un objectif de simplification. Sur ce point, les premiers retours des lycées devant organiser ses épreuves semblent montrer le contraire. Chaque établissement est libre d’organiser dans la période actuelle les épreuves quant il le souhaite, favorisant la diffusion des sujets par ceux ayant déjà passé les épreuves sur Instagram et introduisant une rupture d’égalité. Les sujets sont choisis dans une banque numérique, les copies doivent être numérisées avant d’être corrigées et les professeurs corrigeant les copies n’ont pas le temps d’annoter les copies, ce qui ne permettra pas aux élèves de progresser à partir de leurs erreurs.
De plus, ces épreuves introduisent un stress important chez les élèves qui reçoivent comme pour le bac des convocations et y sont préparés comme pour le bac. On peut alors se demander pourquoi ces épreuves sont considérées comme des épreuves de contrôle continu plutôt que nommées partiels comme à l’université ? Probablement, le terme de « partiels » ne passerait pas si bien dans la communication gouvernementale.
Ces épreuves poursuivent également la finalité de revaloriser le bac, puisque les notes de ces épreuves seront dans Parcoursup avant le début du processus de sélection. En conséquence, l’élève de première n’a plus droit à l’erreur. Dorénavant, ce n’est plus au moment du bac que le lycéen doit être prêt, mais dés la fin de la seconde !
Il devra savoir faire les bons choix, choisir les bonnes options pour la première et dés son année de première, il se doit de réussir pour avoir un bon dossier dans Parcoursup. Il n’a plus le droit d’être jeune, de se tromper, trébucher, chercher son chemin.
Quelle monde préparons nous à nos jeunes ?
