D’un apprentissage de l’allemand à visée trop élitiste

Pourquoi, face à une population d’élèves avec majoritairement des lacunes importantes véhiculées depuis le collège, vouloir poursuivre des objectifs inatteignables ? Vouloir apporter des éléments de culture ou de géographie de l’Allemagne est sans doute justifié pour les classes « euro » constituées d’élèves ayant un meilleurs niveau. Il serait plus judicieux de poursuivre un objectif bien plus sage, celui de donner à chaque élève l’aptitude à tenir une conversation simple. Or en classe de première de mon deuxième enfant, peu d’élèves en sont capables. Peu comprennent également ce qu’explique le professeur en allemand. Les sujets abordés n’intéressent aucun élèves (l’histoire de la Ruhr, Berlin …). Les photocopies utilisées sont de très mauvaise qualité, rendant la lecture malaisée, le vocabulaire des textes est complexe et nécessite un usage intensif d’un traducteur en ligne. Tout cela est bien décourageant et ne fait que véhiculer un message subliminal : nul tu es, nul tu resteras.

Pourquoi ne pas étudier des thèmes qui soient plus proches des préoccupations et centres d’intérêts des élèves ? Ils seraient bien plus stimulés. C’est vraiment étrange que les professeurs d’anglais aient plus cette préoccupation que les professeurs d’allemand.

Pourquoi ne aborder des textes plus simples qui donnent aux élèves le sentiments d’être capable de réussir, pour ensuite les amener doucement vers plus de complexité ?

Pourquoi, plutôt que de les abreuver de vocabulaire qu’ils sont incapables d’utiliser et retenir au delà de la prochaine évaluation, ne pas les faire travailler chez eux sur des exercices de grammaire et de construction de phrases ? Tout cela est supposé avoir été vu les années précédentes. Mais dans la réalité, les bases n’ont jamais été posées de manière solide. Revoir des bases en affirmant qu’il s’agit de révisions et justifier par la même qu’on y passe peu de temps est méconnaître que pour rendre les bases d’une langue solide il est indispensable de revenir en permanence sur les bases, répéter et encore répéter.

L’allemand serait-il considéré comme une langue élitiste, réservée pour les meilleurs ? Que fait-on de tous les autres ? Avec de telles méthodes, inutile de faire un énième plan après avoir constaté que les élèves sont nuls en langues étrangères et décréter qu’il faille débuter l’apprentissage des langues étrangères dés la maternelle.