Pourquoi rendre les maths difficiles au brevet des collèges ?

Le brevet des collèges s’est terminé vendredi 27 juin par l’épreuve d’histoire-géographie. Même si cette dernière épreuve ne présentait pas grand intérêt à cause de questions zappant sur une multitude de sujets, alors que cette année était riche en événements (centenaire du déclenchement de la première guerre mondiale, soixante dixième anniversaire du débarquement, Europe avec les élections européennes), elle ne présentait pas de difficultés particulières, tout comme l’épreuve de français.

L’épreuve de mathématique était par contre d’un niveau de difficultés bien supérieur et très difficile à mener à bien dans le délai de deux heures, même pour des élèves ayant eu, au cours de l’année de troisième des résultats scolaires excellents.A titre de comparaions, la plupart des élèves étaient sortis de la salle d’examen au bout d’une heure d’épreuve d’histoire / géographie. J’entends déjà les professeurs nous expliquer que les élèves doivent apprendre à gérer leur temps. Mais pourquoi une telle divergence entre l’épreuve des mathématiques et les autres épreuves ?

Le brevet des collèges poursuit normalement un objectif certificateur des élèves en fin de classe de troisième. Il atteste de la maîtrise par les élèves d’un socle commun de connaissances. Cependant, l’épreuve de mathématique vise un objectif complémentaire qui ne peut pas être affiché. Elles restent la matière reine sur laquelle se base la sélection des élites, d’abord au lycée, puis ensuite par le biais des classes préparatoires. Il convient donc de commencer à préparer des maintenant nos chérubins à devenir des bêtes de concours. Enfin pas tous, juste une minorité.

Les bons conseils du conseiller d’orientation

Connaissez vous le site les métiers.net, site internet créé en 2003 à l’initiative du Conseil Régional Île de France, destiné à aider les 12/25 ans dans leur choix d’orientation scolaire et professionnelle ? Ce site propose un test gratuit permettant aux jeunes de déterminer à partir de leurs goûts le type de métier qui leur convient le mieux et une large palette de professions.

Il semblerait que certains conseillers d’orientations qui reçoivent au cours du dernier semestre les élèves de troisième ne le connaissent pas. C’est une bonne chose que de demander à tous les élèves de prendre rendez vous avec le conseiller. Mais si ce rendez vous ne sert qu’à prendre connaissance des notes de l’élève pour lui signifier quelle orientation il ne peut pas prendre ou à l’inverse expliquer à un élève qui ne s’est pas encore déterminé, qu’il peut s’orienter vers le lycée général, l’élève n’aura pas avancé dans la maturation d’un projet de vie personnel. Il n’aura non plus pas compris l’intérêt de son implication dans sa scolarité, laquelle ne vise pas l’obtention de bonnes notes, mais bien la préparation d’un projet de vie. Tous le monde sait-il bien qu’en fonction du projet de vie, la fréquentation d’un lycée général n’est pas la meilleure solution, même en ayant un bon dossier scolaire ? Il serait temps d’arrêter d’orienter les élèves en fonction de leur niveau scolaire. Un élève qui souhaite s’orienter à terme vers un métier artistique ne doit surtout pas poursuivre en lycée général, mais s’orienter vers un bac ST2A (sciences et techniques des arts appliqués). Les passerelles ne sont pas évidentes et peuvent nécessiter de coûteuses remises à niveau dans des écoles payantes !

Le chef d’établissement s’était pourtant bien impliqué dans une réunion d’information pour expliquer l’importance de l’orientation et ses subtilités, la nécessité d’avoir un projet en cohérence avec son niveau scolaire. L’absence d’implication sérieuse du conseiller d’orientation annule tous ses efforts et est préjudiciable pour nombre d’élèves. Elle conduit directement à des cas d’élèves qui se trouvent sans orientation pour la rentrée, d’autres avec des orientations qui ne leurs conviennent pas et vont occuper les commissions d’appels,  rester dans incertitude quant à leur orientation pendant tout l’été, pour dans le pire des cas, retourner pour une année supplémentaire au collège, aigris.

On attend des ces conseillers qu’ils aient un minimum d’intérêt pour les jeunes qui reçoivent. Passer son temps à répondre à des appels téléphonique, comme c’est arrivé à mon enfant, n’est pas une marque d’intérêt, ni même de respect. Si un accompagnement est bien prévu, celui-ci reste largement insuffisant. Demander à chaque élève de procéder au test du site « les métiers.net » pour en parler ensuite avec le conseiller d’orientation serait un bon début.