Le collège : une dictature laïque

Il est particulièrement étonnant d’expliquer le siècle des Lumières à nos enfants, du refus de l’absolutisme de droit divin, de la liberté d’expression tout en émettant des règlements intérieurs qui restreignent les libertés de nos enfants.

La liberté d’expression est limitée dans le règlement intérieur :  « l’exercice de ces droits ne doit pas porter atteinte aux activités d’enseignement, au contenu des programmes et l’obligation d’assiduité« . En clair, les élèves n’ont pas le droit d’émettre un avis sur la manière d’enseigner et la pertinence de certains enseignements.

Concernant la liberté de réunion, celle-ci est « subordonnée à l’autorisation du chef d’établissement et doit respecter les principes du service public d’enseignement« . Cette prescription figurant dans un règlement intérieur à destination des élèves se traduit ainsi : le chef d’établissement est dépositaire de ces principes non expliqués et non exprimés. Il a donc tout le loisir d’en donner l’interprétation qu’il souhaite.

Le droit d’affichage au sein de l’établissement requiert également « l’autorisation du chef d’établissement […]« . Quant aux conditions de création et de fonctionnement des associations, elles doivent « respecter les codes et règles en vigueur« . Encore une fois, les élèves qui lise avec beaucoup d’assiduité un tel règlement assommant à lire ne trouveront nulle part l’information sur les codes et règles en vigueur. Nous comprenons encore une fois que le chef d’établissement est seul dépositaire de ces codes et règles en qu’en conséquent il peut leur donner l’interprétation qu’il souhaite.

Finalement toutes les libertés mentionnées dans le règlements intérieur sont bridées par le bon vouloir du chef d’établissement, en vertu des principes du service public d’enseignement, des codes et règles en vigueur. Celui-ci est le seul dépositaire de ces principes, codes et règles qui ne sont pas portés  la connaissance des élèves et de leurs parents. Il a toute possibilité de leur donner la signification qu’il souhaite et donc de brider les libertés de nos enfants, comme le ferai un souverain absolu de droit divin. Notre république laïque a donc créée des chefs d’établissements absolus de droit non pas divin mais républicain.  Où se trouve la différence avec nos rois de France ? Les collèges ont le mode de fonctionnement de dictatures laïques. Certains souverains sont éclairés, mais pas tous. Les élèves ne disposent d’aucun contre pouvoir.

Enseignement de la musique au collège

Ouvrir les horizons culturels des élèves, conforter la dimension artistique de la culture humaniste en enseignant la musique au collège est en soit une intention louable. Leur faire découvrir d’autres musiques que celles qu’ils écoutent, les enrichis. Acquérir quelques notions musicales au travers du chant peut leur faire découvrir le sens de l’harmonie.

Il est cependant illusoire de vouloir faire des collégiens des musiciens. Une heure par semaine est insuffisant et la musique n’est pas une vocation pour la majeur partie des élèves. Il existe des écoles de musique pour ceux qui ont une vocation.

Pourquoi vouloir alors à tout prix enseigner au collégiens la lecture des notes de musiques, le rythme et la flute ? Quel est l’objectif recherché ? Un tel enseignement nécessitant de la part des élèves non musiciens des efforts disproportionnés pour répondre aux exigences des professeurs de musique ne fait que provoquer un rejet de cet enseignement. Ce type de discipline ne peut intéresser les élèves que si les cours de musiques sont un moment de plaisir partagé. Sans quoi, tout sera rapidement oublié dés la fin du collège par les élèves non musiciens.

Le site de l’éducation nationale mentionne dans ses objectifs : « Développer sa capacité à observer des œuvres, pratiquer une activité artistique. Les élèves découvrent, par l’analyse d’œuvres d’art, la diversité des genres, des styles et des périodes. Ils acquièrent progressivement le goût de l’expression personnelle et de la création, les moyens de comprendre le phénomène de la création en musique, en arts plastiques, en architecture, dans le domaine des images. »

Dans le chapitre des moyens, est écrit : « Les élèves écoutent des œuvres musicales variées : chansons, pièces instrumentales, œuvres classiques. Ils apprennent à les analyser, à interpréter certains de leurs éléments, approfondissent leur culture musicale et acquièrent des connaissances techniques (solfège, chant ou pratique d’un instrument). »

Autant on ne peut que souscrire aux objectifs poursuivis, autant on peut contester les moyens employés : l’acquisition de connaissances techniques, solfège, pratique d’un instrument. Avec les pédagogie centrée sur l’apprentissage par la contrainte, les évaluations et les réprimandes à l’égard des élèves non doués pour la musique, les objectifs louables annoncés ne seront jamais atteins pour la majorité des élèves. Ils ne feront que rejeter plus tard cette forme de culture que l’on a voulu leur faire découvrir au collège. Ainsi enseigné, la musique est une perte de temps pour les élèves.

Si l’objectif du collège est de classer les élèves afin de les orienter, quelle est la nécessité de l’apprentissage de la musique ? Les autres matières enseignées qui elles serviront dans la suite de la scolarité y pourvoient déjà suffisamment.

Si l’objectif du collège est de former les citoyens de demain, alors oui, la musique a un intérêt dans la mesure où seulement elle contribue à la culture humaniste des élèves. Malheureusement, cela fait longtemps que cet objectif, bien que affirmé haut et fort est bafoué quotidiennement au collège.