Pénurie de professeurs de mathématiques

Trois semaines sans professeurs de mathématique à la rentrée en classe de seconde ! A la réunion de rentrée parents professeurs, nous avons appris que la situation du lycée n’était pas isolée, loin sans faut puisqu’au cela serait une centaines de professeurs de mathématiques qui manqueraient en cette rentrée 2014-2015 sur l’académie. Cette situation pose plusieurs questions.

La première, comme se fait-il que grâce à l’enchantement des grandes vacances, d’une année scolaire à l’autre, une centaine de professeurs de mathématiques viennent à manquer  ? Serait-ce donc seulement l’effet de l’arrivée de la génération bébé an 2000 au lycée ? L’explication parait un peu courte. On peut supposer que d’une année sur l’autre, les postes manquants sont pourvus par des contrats à durée déterminée, ceux-ci prenant fin à la fin de l’année scolaire. Et lorsque se présente la nouvelle année scolaire, le temps que l’administration  engage de nouvelles procédures de recrutement, quelques semaines sont déjà perdues pour les élèves, mais quelles économies pour le budget de l’éducation nationale ! Les anciens précaires ne sont certainement pas tous disponibles pour une nouvelle année, en tout cas pas ceux qui n’appréciant pas d’être jetés en fin d’année ont pris les devant pour trouver un autre emploi.

L’académie ne serait donc pas capable d’avoir une gestion prévisionnelle de ses ressources ? En serions nous encore à l’époque d’une gestion à la petite semaine ? Les deux mois d’été ne suffirait dont pas à l’administration pour préparer la rentrée ? Faudrait-il rallonger  la durée des vacances d’été des élèves pour donner le temps à l’administration d’organier la nouvelle année scolaire ? Il serait peut-être temps de donner plus d’autonomie aux chefs d’établissements, que ceux-ci puissent prendre en charge eux même le recrutement des enseignants manquants. Celui-ci ne pourrait qu’être que de meilleur qualité, vu qu’il n’est pas certain que, dans la précipitation, les candidats aient toujours un véritable entretien de recrutement, passé le cap de l’examen des candidatures sur CV. Et  donner la possibilité d’offrir une véritable perspective de carrière à ceux qui font leurs preuves.

La seconde question est de savoir pourquoi chaque année, les postes ouverts au concours ne peuvent être pourvus faute de candidats, alors que la France s’enorgueillit de sa médaille Fields et de l’excellence de son école française de mathématique. Pourquoi un tel manque de vocations ? Une explication tient au fait que les mathématiques sont un des vecteurs essentiels de la sélection des élites. Les meilleurs élèves en mathématique s’orientent naturellement en classe préparatoire pour préparer les concours d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieurs. Un élève ou étudiant bon en mathématique aura  beaucoup d’autres possibilité de choix de métier, bien mieux reconnus et rémunérés que simple professeur de mathématique en lycée ou collège (exception faite des professeurs de classe préparatoire).

Contenu du fait que les connaissances en mathématiques sont très en deçà du niveau demandé au concours, on peut se demander si il n’y a pas une forme distorsion entre les compétences demandées au concours et celles réellement requises pour enseigner. Ces fameux concours du capes et de l’agrégation se contente d’attester d’un très bon niveau en mathématique des enseignants, mais pas du tout de leur aptitude à enseigner à des élèves. Il serait alors plus intelligent de revoir le mode de recrutement et de demander aux futurs enseignants d’avoir une véritable formation en pédagogie, quitte à avoir un niveau moins élevé en mathématique. Il devrait ainsi être possible d’élargir la base de recrutement des futurs professeurs de mathématique.

La dernière question est de savoir si la pénurie est équitablement partagée au sein de l’école républicaine ou si certains s’en sortent mieux. Et, là, on peut se rendre compte qu’il existe bien au lycée des classes élites, qui elles  bien leurs professeurs de mathématique. Pour ceux qui ne le savent pas encore, pour en faire partie, il faut dés la classe sixième faire bilingue anglais/allemand, ou encore classe européenne à partir de la classe de quatrième, ou encore jouer sur les bonnes options. Attention, ne pas faire toutes ces options et être un excellent élève (moyenne dans toutes les matières au dessus de 18 en classe de troisième) ne garantit pas d’être dans la classe élite. Il faut s’être plié au système pour avoir le droit de faire partie de l’élite.

Si il y avait un minimum de justice, la pénurie serait partagée par tous et l’on réduirait la durée d’enseignement de toutes les classes pour que toutes aient le droit de faire des mathématiques. Mais la course à la réussite est déjà engagée et il ne faudrait pas réduire les chances des élèves des classes élites d’un établissement au détriment de ceux des autres établissements. Chaque lycée tient à son classement.