Comment en est-on arrivé là ?

Classe de première d’une filière technologique sanitaire et social d’un lycée de banlieue. Une filière très intéressante avec de vrais débouchés professionnels (infirmière, les métiers du social). Mais des élèves qui n’ont aucune motivation. Orientés par défaut ? N’ayant pas pris conscience de l’intérêt des métiers qu’ils peuvent exercer et de leur utilité sociale ? Certains croient pouvoir suivre des études universitaires type psychologue. D’autres se projettent même pas dans l’avenir. Ils ont pour le moment un statut, lycéen, mais ne se figurent pas que tout à une fin. Sans doute ont-ils l’idée que par défaut, ils se retrouveront dans les rangs de la fac, où après un statut de lycéen, ils auront un statut d’étudiant, sans avoir compris que la réforme parcourSup avait instauré une sélection. Quant bien même ils parviendraient dans une université quelconque, quel sera leurs projets ? Ils poursuivront une chimère inatteignable, vu que dés la classe de première ils ne travaillent plus. Une grande majorité passe son temps à discuter, tente de négocier un report des évaluations, préfère ne pas rattraper des cours dans leur matière principale dans laquelle ils ont subit une absence prolongée de professeur … Ils arriveront au bac et auront malgré tout leur bac, car l’institution scolaire le leur donnera pour se débarrasser d’eux. Mais ils n’auront pas les prérequis pour suivre des études supérieures, ou même tout simplement des études, car ils n’auront pas mis à profit leurs années de lycée pour apprendre à travailler, apprendre à apprendre, apprendre les bons  codes comportementaux … Certains se retrouveront bien dans des filières supérieures mais seront ces élèves qui tenteront chaque année une filière différente, pour finalement abandonner pour de bon et se retrouver sur le marché du travail à enchaîner les petits boulots précaires.

Mais qu’ont donc ces élèves et leurs parents dans la cervelle ? Ils ne s’agit pourtant pas de jeunes qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche et dont papa grand directeur pourra toujours trouver un boulot bien payé grâce à ses relations. Non les familles en question ne vivent pas dans l’opulence et certains travaillent dur pour y arriver. Mais pourquoi ne savent-elles pas transmettre la valeur du travail à leurs jeunes ? Pourquoi ces jeunes ne comprennent-ils pas que l’école est leur seule et unique chance d’avoir un avenir intéressant et un métier décent  ?

Comment en est on arrivé là, à cet échec flagrant de l’école républicaine ? Cet école, à force de trop vouloir former correctement une élite a oublié tout ces jeunes qui ne rentrent pas dans le moule. Elle n’a pas su leur donner une motivation à apprendre car sa pédagogie a été basée sur l’apprentissage par la peur des notes, entraînant une démotivation de ceux qui n’avait pas le stimulus de la satisfaction de la bonne note pour vouloir rechercher des satisfactions du même ordre par un investissement personnel. Le plaisir à l’école est l’apanage des bons élèves. Ceux qui se sentent en échec trouvent d’autres sources de satisfaction en perturbant la classe. L’école républicaine en survalorisant les filières générales et les métiers « intellectuels » a détourné une masse d’élèves d’autres métiers passionnants et utiles à la société car mal valorisés. Du coup, quant ces élèves se retrouvent orientés dans ces filières, ils ne se rendent pas compte de leur chance et restent sur des rêves de réussite sociale inspirés du modèle dominant ou sur leur amertume de s’être retrouvés là où ils ne souhaitaient pas être. Et pourtant, aucun chemin de vie n’est droit quant on est pas un héritier de grande famille. La vie est faites d’opportunités qu’il faut savoir saisir. Mais pour cela, ce qui importe c’est savoir apprendre et se former au cours de la vie, ce qui n’est pas le cas de tous ces élèves qui choisissent le chemin de la paresse.

Toutes les réformes éducatives échouent à donner une motivation, un sens aux années d’école, une envie d’apprendre et surtout du plaisir.

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Apprend-t-on travailler en groupe dans les TPE/AI de première ?

Autre établissement, autre filière, 3 ans après mon article « L’oral de TPE, un jeu de massacre« , force est de constater le manque d’intérêt des professeurs pour les travaux de groupe touchant à plusieurs disciplines et nécessitant donc une concertation entre professeurs.

Que cela s’appelle TPE (Travaux Personnels Encadrés) ou AI (Activité Interdisciplinaire), l’objectif recherché est le même. Il s’agit pour les élèves, sur un thème pluridisciplinaire d’effectuer un travail en groupe sur plusieurs mois qui se conclut par une soutenance devant un jury. Ce type de travaux présente de nombreuses vertus. Les élèves apprennent à travailler en groupe, à organiser leur travail sur une période longue, à décloisonner leurs connaissances, à rechercher des informations, à prendre contact avec des professionnels, à élaborer une présentation powerpoint et à exposer devant un jury …

Hélas, dans la réalité, certains enseignants trop habitués à fonctionner de manière cloisonnée et ne souhaitant effectuer autre chose que de la transmission verticale de savoirs, ne voient pas la multitude d’objectifs pédagogique des TPE ou AI. Lorsque vient leur tour d’encadrer les séances de travaux en classe, ils ne s’intéressent pas aux différents groupes, passent leur temps derrière leur bureau à corriger des copies ou autre, plutôt que d’aider les élèves à s’organiser, les guider dans leur travail, vérifier la bonne implication de l’ensemble du groupe ou encore les guider dans l’utilisation de l’ordinateur, domaine où les inégalités entre les élèves dues au milieu familial sont énormes.

Et lorsque vient l’épreuve de l’oral, certains, peu intéressés par les exposés chuchotent entre eux,  rient de leurs plaisanteries plutôt que d’adopter une attitude neutre et impartiale. Et lorsque leur attitude est irréprochable, les questions de certains montrent leur absence d’intérêt pour les sujets présentés. Ainsi, demander la définition d’une notion de mathématique se justifie dans une évaluation de mathématiques, mais n’a rie à faire dans un oral de ce type ou toute autre question cherchant à évaluer des connaissances générales.

En instituant les TPE ou AI, les concepteurs des programmes scolaires ont visé un objectif louable, cependant inatteignable et générant au contraire encore plus d’inégalités entre les élèves, entre ceux qui accompagnés de leurs parents vont acquérir des compétences comportementales et des savoirs faire et ceux qui ne bénéficieront que d’un soutien lointain de professeurs peu motivés. La cause est à rechercher dans leur formation universitaire trop académique, au cours de laquelle ils ont engrangés des connaissances, mais n’ont pas eux même appris à travailler en groupe et à décloisonner leurs connaissances. Ainsi, si l’on souhaite former les jeunes à travail collaboratif et leur permettre de s’intégrer dans le monde du travail, il faudrait tout d’abord penser à revoir en profondeur le mode de formation des enseignants.

Fracture numérique

Génération Y, Digital Natives sont des concepts faisant croire que les jeunes d’aujourd’hui, étant suffisamment jeunes lors de l’essor de l’informatique grand public, des tablettes  et autres smartphones, ont une maîtrise suffisante des outils informatiques. Bien des jeunes maîtrisant le smartphone et présent sur un ou plusieurs réseau social ne connaissant pas les outils bureautiques, sont incapable de rédiger un document word ou de manier un tableur type excel ou encore d’effectuer une présentation dans powerpoint ou encore apte à rechercher des informations pertinentes sur internet, bien qu’ils y soient insisté par l’éducation nationale à partir du collège. C’est ainsi que des élèves de première demandent que leur soit transmis dans le cadre d’un travail commun des photos de chaque page d’un document numérique, plutôt que le document numérique lui-même !

L’école échoue à initier correctement les jeunes aux outils informatiques. Est-ce par manque de formation des professeurs ou plutôt d’une incapacité à s’auto former ? Au collège, les professeurs de technologie pourraient être référent en la matière, mais force est de constater que ceux qui ont enseigné à mes enfants n’étaient pas à la hauteur. Quant des travaux de groupe sont entrepris en classe et que l’outil informatique est utilisé, les professeurs encadrant se placent aussi bien souvent dans une position de spectateur plutôt que de formateur. Sans doute que professeur est un métier plus noble que formateur. C’est à notre contact que mes enfants ont acquis une bonne maîtrise des outils informatiques et pas à l’école. Le plus jeune utilise un réseau social (discord) avec quelques camarade de classes avec qui il travaille. Il échange avec eux  pour des loisirs ou des besoins de coordination dans le cadre d’un travail. En entreprise, nous utilisons Skype, Planner et autres Teams … (et oui, le changement dans les méthodes de travail est très rapide). Ces quelques élèves-ci sauront utiliser plus tard tous les outils informatiques, mais il ne s’agit que d’une minorité favorisée.

Nous n’allons pas tarder à découvrir surpris qu’au milieu des Digital Natives, nous avons une nouvelle forme d’analphabétisme numérique qui s’est développé installant une fracture supplémentaire dans la société, cette fois-ci numérique entre ceux qui savent et ceux qui, trop honteux pour l’admettre, cacheront leur ignorance. L’école se retrouve une fois de plus incapable de rétablir un minimum d’égalité entre les élèves, à la fois à cause du préjugés que les jeunes Digital Natives connaissent forcément tout et à cause du fait qu’aucun enseignant se sente réellement investi à former les élèves.

Des quotas de punis pour remplir les colles ?

En cas d’absence d’un professeur, trou dans l’emploi du temps, ou réorganisation  de dernière minute de celui-ci, la permanence est le lieu de tout les dangers. Mieux vaut éviter ce lieu et se rendre au CDI (centre de documentation de d’information) du collège, plutôt que de se retrouver sous la coupe d’un surveillant, entassé dans une salle trop petite, obligé de travailler et avec interdiction de dessiner et surtout de communiquer avec son voisin. On peut comprendre le soucis des surveillants d’éviter que la permanence ne se transforme en foire. Cependant, distribuer des heures de colle comme sanctions à tour de bras à chaque fois qu’il y a suspicion d’un écart d’un élève est vécu comme une  injustice, permise par le rapport de force dont profite l’adulte. Le sentiment d’injustice est renforcée par le fait que la parole de l’élève n’est  pas même écoutée et donc prise en compte. S’il ose tenter une explication, il est sitôt menacé d’une heure de colle supplémentaire car se rend coupable de crime de lèse majesté vis à vis de l’autorité. Pire est la situation lorsque la sanction tombe sans que l’adulte n’ait la preuve du délit. Par exemple, communiquer avec son voisin par gestes n’est pas la preuve d’une communication orale. L’élève se sent alors soumis à l’arbitraire de l’autorité.

Cet arbitraire introduit un insupportable soupçon. Puisque les colles sont encadrés par les mêmes surveillants, ne cherchent-ils pas à les remplir en distribuant des sanctions ?

Ce n’est pas ainsi que l’école formera les futurs citoyens et fera partager aux élèves les valeurs de la république. Rien ne sert de vouloir mettre en place un nouveau service national si l’école ne devient pas le lieu où cette citoyenneté s’apprend et se vit, ce qui suppose aussi que les élèves puissent faire valoir leurs droits.

 

La filière technologique, le grand absent de la réforme du lycée ?

La génération d’élèves actuellement seconde va connaitre la réforme du lycée général et devra choisir pour la rentrée de septembre 2019, 3 enseignements de spécialité et plus que deux l’année suivante en terminal. Ces choix conditionneront la suite de leurs études, car les établissements d’enseignement supérieur sélectionneront en fonction des options choisies. Les jeunes auront intérêt à avoir dés 15 ans une idée plus précise du métier qu’ils souhaitent exercer plus tard. Il est à craindre qu’un jeune puisse moins chercher sa voie dans les années à venir qu’aujourd’hui.

Cette réforme des lycées s’articulera avec la réforme engagée l’année dernière de l’accès à l’enseignement supérieur, Parcousup. Cependant, les filière technologiques n’étant pas concernées par cette réforme des lycées, on peut craindre que les critères de sélection des établissements d’enseignement supérieur laissent de côté les enseignements de spécialité suivis dans ces filières. Si les établissements supérieurs privilégient maths, physique, chimie pour les sciences et des « têtes bien faites », avec capacité d’analyse, rédactionnelles, esprit logique pour les filières généralistes, on peut craindre que les bacheliers technologiques  qui auront développés d’autres compétences ne trouvent pas leur place et se trouvent de plus concurrencés sur leur propre terrain par des élèves supposés avoir un avantage grâce à leurs connaissances académique et aptitudes au travail scolaire. On a été, à titre d’exemple, extrêmement surpris lors d’une journée portes ouvertes dans une école d’infirmière proche de Paris d’entendre la responsable vanter les qualités des bacheliers littéraires, alors que  la filière sanitaire et sociale est censée le mieux préparer à ce métier.

Il est à craindre qu’avec les réformes engagées, la valorisation des autres voies que la filière générale comme voie de réussite n’attende encore et que persiste dans l’opinion qu’en dehors de la filière générale, il n’y ait point de salut.

Blocage des lycées, un problème d’éducation

Quel exemple déplorable ont pu avoir les plus radicaux des gilets jaunes sur les jeunes lycéens, qui par mimétisme ont reproduit les comportements violents de leurs aînés !

Jamais la violence physique ni les dégradations ne peuvent être considérés comme des modes d’action légitimes dans une société démocratique. Le conflit doit s’exprimer dans le respect de l’autre et dans le débat d’idées contradictoire. Si une pression à l’encontre des décideurs est nécessaire, les rapports de force ne doivent pas dégénérer en actes de vandalisme et de violence. Cette expression doit rester dans le cadre de la loi. Exiger la démission d’un président démocratiquement élu, ayant certes bénéficié d’un vote républicain contre l’extrême droite, mais confirmé par le raz de marée électoral des élections législatives obtenus par son parti, Les Républicains en Marche, revient à espérer un putsch et à remettre en cause les fondements de notre société démocratique.

Les jeunes apprennent bien en éducation civique le fonctionnement de nos diverses institutions, mais il est à craindre que tout comme leurs aînés, ils ne sachent faire le lien entre leur vote ou leur non vote (57,36% d’abstention au second tour des législatives de 2017) et la politique menée ensuite par le gouvernement qui tire sa légitimité de ces élections.  On ne vote pas selon une humeur ou mode et ceux qui choisissent de s’abstenir choisissent de laisser les autres décider à leur place. Un électeur qui se respecte étudie les programmes électoraux, cherchent à s’informer auprès de médias sérieux qui organisent le débat contradictoire plutôt que de chercher son inspiration sur les réseaux sociaux et enfin se prononce ensuite en son âme et conscience.

Que demandent les lycéens ? Une abrogation de Parcoursup et de la réforme des lycées généraux, revendications relativement vagues. Ils expriment une crainte diffuse d’un bac n’ayant pas la même valeur selon l’établissement d’origine (réputé ou non). C’est malheureusement oublier que le bac ne sert pas à sélectionner. Depuis Parcoursup, se sont les notes de classe de première et terminales qui servent à la sélection. Rien n’empêchent les établissements du supérieurs à mettre en œuvre une pondération des notes en fonction du classement des lycées. Hélas, vouloir l’abrogation de Parcoursup revient à vouloir le rétablissement du système Admission Post Bac, encore plus mauvais, car il conduisait à une généralisation du tirage au sort, face à la massification des accès aux supérieur d’une classe d’âge plus nombreuse. Derrière la réforme du lycée avec le choix d’options à la fin de la seconde générale se cache un projet de rationaliser l’offre de formation sur un périmètre géographique donné (périmètre qui peut être étendu en zone rural). Afin de faire face à la pénurie d’enseignants dans certaine disciplines, celles-ci ne pourront toutes être proposée dans tous les établissements, même s’agissant des disciplines classiques (lire la chronique de Philippe Askenazy « Réforme du bac et «territoires périphériques» » dans Le Monde du 14/12/2014). Le choix des options reviendra à faire éclater la carte scolaire et  risque de renforcer la concurrence entre établissements. Certains élèves auront ainsi droit à des lycées élite et d’autre se retrouveront dans des établissements de relégation, selon un soit disant mérite. M. Blanquet, ministre de l’éducation nationale s’est bien abstenu d’expliquer la philosophie de son projet.

Mais quand avons nous entendus les lycéens bloqueur critiquer tous ces aspects de ces réformes autrement qu’en les rejetant en bloc ? A quel moment ont ils demandés à ce que les algorithmes de sélection soient rendus publics et auditables et demandés l’interdiction de l’utilisation du classement des lycées dans les algorithmes ? A quel moment ont-ils dénoncé la volonté du gouvernement de ne pas offrir toutes les options « classiques » dans tous les lycées  risquant de conduire à une concurrence entre établissements pour recruter les meilleurs élèves ?

Ce vendredi 14 décembre, le lycée de ma fille a été bloqué. Des élèves ont cru pouvoir faire s’enflammer un arbre, d’autre ont réussi à brûler une poubelle. Des fumigènes ont été lancés à l’intérieur de l’établissement et l’alarme incendie a été déclenchée. Et cela s’appelle une mobilisation. Une semaine s’est écoulée, sans que le moindre débat avec les enseignants ne soit engagé. Une bonne occasion manquée de vivre en condition réelle l’éducation civique ! Et pourtant c’est possible, puisque au lycée Stéphane-Hessel à Toulouse (cf Le Monde du 14/12/2018, « à Toulouse, le lycée Stéphane-Hessel s’indigne collectivement« ), la direction a ouvert ses portes aux contestataires, une AG a été organisée, les élèves mobilisés ont pu expliquer les raisons de leur mobilisation. Puis le blocage a été voté à bulletin secret et aucune violence n’y a été commise ! Que souhaite-t-on finalement : des futurs citoyens bons moutons qui se révolteront épisodiquement et ne sachant exprimer leurs attentes et basculeront dans la violence, comme des enfants qui ne sachant exprimer les raisons de leur colère se mettent à taper, ou des citoyens responsables capable de raison qui sauront s’opposer tout en faisant progresser leurs idées ?

La réforme du lycée général améliorera-t-elle le niveau de compétence des jeunes ?

Le manque de compétences affectent de nombreux secteurs de l’économie (voir Le Monde du 27 novembre 2018 : emplois cherchent candidats). De nombreux secteurs sont concernés, tel que l’informatique, la construction, le commerce, les services aux entreprises et aux particuliers … Les candidats ne disposent pas d’une technicité suffisamment pointue et certains métiers ne disposent plus de filières de formation. Divers motifs ont conduit à une perte d’attractivité de certains métiers : crise industrielle, incapacité de certains employeurs de revoir les conditions de travail et de rémunération ou de proposer de la formation. Mais avant tout manquent les compétences de base. Trop de jeunes sortent du système éducatif sans qualifications. « La part des gens sous-qualifiés est plus importante en France qu’ailleurs« , d’après le chef de la division emploi et revenus à l’OCDE, Stéphane Carcillo, cité par Le Monde.

La réforme du lycée menée par le ministre de l’éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, vise à rehausser le niveau du bac en rehaussant le niveau d’exigences dans un certain nombre de domaines, en donnant une plus grande place à la démonstration en mathématique, plus d’œuvres à étudier en français, une forte revalorisation de la dissertation, un grand orale qui favorisera les beaux parleurs … C’est une réforme qui vise à satisfaire les universités qui se plaignent des lacunes des jeunes étudiants arrivant en première année. Il s’agit d’une réforme conçue pour un lycée général dont les débouchés naturels sont l’université et les formations sélectives. Cette réforme n’est pas faites pour tous ces jeunes qui auraient vocation à s’orienter plutôt en filière technologique ou professionnelle, mais qui, faute de débouchés convaincants préfèrent s’orienter vers le lycée général. Quelle meilleur garantie qu’un bon bac général pour pouvoir obtenir l’orientation souhaitée, lorsque les places en IUT, BTS sont trustées par les bacheliers du lycée général, les licences professionnelles insuffisamment développées ?

Ce genre de réforme n’est pas prévue pour les élèves qui ont d’autres aptitudes que celles de suivre des études académiques et faute de ne pas revaloriser les voies technologiques et professionnelles, rien ne va rien changer pour les 100 000 jeunes qui sortent  chaque année du système éducatif sans aucune qualification, alors que tant de secteurs de l’économie ont besoin de candidats avec de solides compétences techniques, mais pas de ces compétences développées dans le lycée général. Une aberration de plus causée par l’enfermement dans un bulle idéologique des membres d’un gouvernement composés de gens sans doute tous brillants mais qui ne connaissent pas la réalité des classes sociales populaires et moyennes.