Tout bébé apprend sa langue maternelle au contact de ses parents, en cherchant à comprendre ce que ceux-ci lui disent et mû par l’envie d’apprendre. Les jeunes enfants ayant une plus grande capacité à apprendre les langues, la tendance est de leurs faire débuter le plus tôt possible cet apprentissage.
En école maternelle, l’apprentissage peut prendre la forme d’une découverte par le chant, une activité ludique. A l’école primaire, trop souvent malheureusement, l’accent est mis sur l’apprentissage d’un vocabulaire de base, et pas suffisamment dans la pratique orale. Les chansons sont quelquefois utilisées, mais certaines paroles apprises par mes enfants étaient trop complexe pour leur âge. La tendance à l’apprentissage par cœur s’accentue au collège, où les élèves doivent apprendre des listes de verbes irréguliers, de vocabulaire et même des définitions de mots. Il faut néanmoins reconnaître qu’animer une heure de cours de langue avec un effectif important d’élèves n’offre pas beaucoup de possibilités pédagogiques. Faire participer tous les élèves d’une classe pendant une heure de cours de langue relève de l’exploit.
Comme les programmes spécifient sans doute que l’oral a une place importante, une nouvelle forme d’évaluation a été inventée, la compréhension orale par écrit. Un extrait sonore est passé aux élèves plusieurs fois et ceux-ci doivent répondre à des questions par écrit. Ledit extrait sonore étant en langage courant avec une intonation propre à une région, souvent dans un parlé rapide et des expressions complexes à comprendre, les élèves ne peuvent réussir que médiocrement.
Enfin, à l’arrivée au lycée, la pratique orale consiste à préparer chez soi un sujet de type dissertation, comme de définir le bonheur au travers des extraits d’œuvres vus en classe, avant de l’exposer devant tout la classe.
Ainsi, en fin de parcours secondaire, même en travaillant de manière assidue et en ramenant de bon résultats scolaires, il est ainsi tout à fait possible d’avoir des élèves qui ne savent pas s’exprimer dans la langue qu’ils ont apprise, même pour les faits de la vie quotidienne.
C’est ainsi que malgré tous les plans d’actions gouvernementaux et la prise de conscience de l’importance des langues étrangères dans la vie professionnelle, les français restent médiocres. Ce n’est pas parce qu’ils ont le cerveau construit différemment de nos voisins européens, mais parce qu’on leur a rarement donné l’occasion d’avoir des échanges oraux sur des sujets simples et plaisants. Parce qu’avant de pouvoir faire un développement argumenté sur un sujet complexe, il faut pouvoir s’exprimer sur des choses simples. L’apprentissage des langues, à l’exception des petites classes, s’effectue d’une manière encore trop scolaire et ne fait pas appel à l’envie d’apprendre et le plaisir d’échanger.
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