La place du sport au collège

La découverte des activités sportives au collège est un enjeu de santé publique pour les enfants et adolescents, à l’heure où tant de jeunes n’ont que peu d’activités physiques et ont des problèmes de surpoids. Les bienfaits sur l’individu d’une pratique sportive tout au long de la vie sur la santé et le bien être ne sont pas à discuter. Du point de vue de la collectivité, une pratique régulière diminue les dépenses de santé.

Quelle est alors l’utilité de grilles de notation rigides pour évaluer les performances des élèves dans les différentes disciplines qu’ils découvrent ? Quelle utilité à multiplier les notes dans les différentes activités sportives que les élèves pratiquent au cous de l’année ? Chaque élève possède des aptitudes différentes et peut être doué au ping-pong mais n’avoir aucune aptitude à la course à pied ou vice versa. Certains s’épanouiront plus facilement dans des sports collectifs et d’autres dans les sports individuels. Chaque sport  cultive des  aptitudes différentes. Certains développent des capacités cardio-respiratoires d’autres une force physique, d’autres encore la souplesse, une importante coordination motrice quand les gestes techniques sont complexes, d’autres seront axés sur l’esprit collectif. Certains développement plus que d’autre un esprit d’engagement. La diversité est telle que chaque élève devrait pouvoir trouver une activité sportive dans laquelle il pourrait s’épanouir.

La mesure de la performance n’a de sens que lorsque l’individu s’engage dans la voie de la compétition et  cherche donc à se parfaire dans le sport qu’il a choisi. Au sein de l’école, le sport, encore justement appelé Éducation Sportive et Physique, doit concourir à la découverte de différents sports, ceux qu’il est possible de pratiquer sur dans le secteur géographique de l’établissement scolaire, afin que les élèves persistent dans une activité sportive à la fin de la scolarité obligatoire. L’objectif du sport au collège est  avant tout de découvrir et non de détecter et former de futurs champions. Ce rôle est dévolu aux clubs de sports. La mesure de la performance sportive des élèves n’a donc aucun sens dans le cadre de l’école. Les critères qui devraient compter pour évaluer les élèves sont leur niveau d’implication, le fair-play, la progression et pourquoi pas, pour une part mineure la performance.

On constate hélas une véritable dérive, à l’identique dans le sport que dans les autres matières régaliennes, avec une multiplications de notes , une propension à noter les élèves à dès la première occasion, à édicter des barèmes de notation rigides pour justifier les notes. Elles conduisent à des appréciations désastreuses sur les bulletins scolaires de la part de professeurs en mal de reconnaissance de la part de leurs pairs, qui au lieu de valoriser les élèves pour les aptitudes qu’ils ont, aptitudes forcément différentes de leurs camarades, peuvent les dévaloriser et les faire passer pour mauvais. Mauvais ne devrait pas exister en sport, compte tenu des critères qui devraient guider l’évaluation.

L’évaluation des résultats de l’Éducation Physique et Sportive à l’école ne semble avoir jamais été effectuée.  Il suffit pourtant d’observer l’évolution des effectifs en fonction de l’âge dans les clubs sportifs. L’affluence est importante à l’âge primaire, décroît à l’âge collège. A l’âge lycée, ne persistent dans les clubs que les jeunes les plus motivés. Après le bac, c’est le grand vide, même les sportifs prometteurs arrêtent leur sport. Les jeunes  donnent ensuite la priorité à leurs études, les amis, l’insertion professionnelle … et prennent du poids !

Un beau gâchis.