Quelques enseignants classent leurs élèves, mauvais, médiocre, moyen, bon excellent. Pour peu qu’une évaluation soit réussite par un élève plutôt moyen fuse alors l’accusation de tricherie. L’évaluation en question n’était complexe et faisait appel plus à des connaissances qu’à du raisonnement. L’élève en question avait beaucoup travaillé et connaissait sa leçon. Les ingrédients de la réussite étaient donc réunis. Mais l’élève fut accusé de tricherie, car son résultat n’était pas en adéquation avec la perception de l’enseignant de son élève. N’ayant pu constater la triche et n’ayant pas de preuve, l’enseignant décida de ne pas compter l’évaluation, malgré les protestations de l’élève.
Deux semaines plus tard, sans préavis, l’élève en question dût à nouveau passer l’évaluation et le réussit une seconde fois. L’affaire aurait pu s’arrêter à ce point, car la preuve de la bonne foi de l’élève paraissait être apportée. Hélas non, l’enseignant jugea nécessaire d’accuser une nouvelle fois l’élève en conseil de classe. Précisons que l’ensemble des autres enseignants avait l’élève en estime, car bien qu’étant moyen, celui-ci a fourni de gros effort toute l’année, dans toutes les matières pour réussir. Ces efforts avaient déjà été gratifiés de félicitations lors de précédents conseils de classe.
Personne ne fut dupe, cependant ce fait divers souligne une distorsion dans les rapports entre professeurs et élèves et montre la difficulté pour un élève de faire valoir sa bonne foi dans une accusation où aucune preuve n’existe.
La présomption d’innocence ne semble pas un principe de notre démocratie partagé par tous.
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