Cela sent la fin de l’année

Premier week-end sans devoirs depuis le début de l’année. Il reste pourtant 2 semaines d’école. Nous avons connu tant de week-end surchargés de devoirs que cette situation parait étrange. Ainsi donc, puisqu’il n’y a plus de notes, il n’est plus nécessaires de donner des devoirs à effectuer à la maison. Quel est donc le véritable objectif des devoirs à la maison ? Favoriser l’apprentissage ou bien l’évaluer ?

Certes, cette période de l’année permet aux enfants de dé-stresser et permet à tous d’envisager des activités permettant d’apprendre autrement à l’école. Mais quel intérêt y-a-t-il à passer pendant la totalité d’un cours  un film documentaire ? L’utilisation de l’audiovisuel est bienvenue, à condition de ne pas rester béa devant un film pendant tout le cours. Encore faudrait-il que l’enseignant prévoit du temps pour faire réagir les enfants et revenir sur certains aspects intéressant du film.

Les dés sont jetés, chacun sait s’il passe en 5ième ou redouble. Est-il donc inutile donc  de revenir sur ce qui a posé à certains problème pendant l’année ? Inutile de travailler sur les points faibles pour repartir sur de bonnes bases en septembre ?

Pourquoi tant concentrer la charge de travail puisqu’il reste 2 semaines ?

Ouf, c’est la fin de notes

La fin de l’année approche. Les bulletins de notes devant être remplis avant une certaine date, la fin des notes a été décrétée pour le 06 juin.

Nous observons en conséquence une forte baisse de la pression reposant sur les élèves.

Dans certaines matières, le programme est terminé, alors qu’il reste encore trois semaines. Fallait-il pour autant que l’année scolaire fût une course contre le temps ? Il eut été plus judicieux de laisser le temps aux élèves de comprendre plutôt que de s’astreindre à vouloir à tout prix terminer le programme. Comme si « terminer le programme » devenait un objectif plus important que d’assurer par 100 % des élèves une bonne compréhension de 80% du programme. Cette volonté de terminer le programme à tout prix ne peut se comprendre que dans un système élitiste visant à assurer que les élèves les meilleurs ne prennent pas de retard.

Mon enfant  rapporté des propos d’enseignant insistant sur la nécessité de travailler jusqu’à la fin de l’année, comme si ceux-ci étaient inquiets des effets du relâchement de pression sur l’assiduité des élèves. Là où je suis surpris, c’est que certains de ce mêmes enseignants trouvent d’eux-même d’autres manières de faire travailler les élèves, comme en français où des activités de théâtre leurs sont proposées.

Ce qui prouve bien que l’on peut faire travailler les élèves et les motiver autrement qu’à coups de matraque.

Apprendre l’anglais (mal)

Alerte, la fin de l’année approche et le programme d’anglais n’est pas terminé, la faute en revenant aux absences fréquentes.

Donc vite, on balance un cours d’anglais sur le prétérit, sans se soucier si les élèves comprennent ou non. Comme d’habitude, mon enfant se plains de n’avoir pas compris, l’enseignant écrit dans tous les sens sur son tableau noir, le cours rapporté sur le cahier nécessite une synthèse (bien entendue effectuée par les parents) pour pouvoir être appris.

Il paraît que les français ne sont pas bon en langues. En tout cas, cela ne risque pas de s’améliorer si les enfants ne parlent pas un minimum et se contentent d’apprendre leurs leçons en bachotant.

Face sombre ou face claire ?

Si un certain nombre de pratiques constatées dans le collège fréquenté par mon enfant me paraissent contestables, il en est d’autres qui sont de nature à remotiver les élèves et méritent d’être saluées. Le paradoxe provient du fait que les mêmes enseignants peuvent à la fois avoir des exigences élevées de nature à conduire certains élèves à l’échec et en même temps faire preuve d’initiatives excellentes. Ainsi, en cette fin d’année scolaire, les élèves sont amenés à faire du théâtre et à jouer devant leurs camarades. Mon enfant y a trouvé un plaisir qui m’a ravi.

Lors de la fête du collège, nous avons pu observer qu’avec leurs faibles moyens, des enseignants arrivaient à mettre en œuvre des petits projets.

Que penser alors ? Sommes nous face à des personnes qui mettent volontairement en œuvre une stratégie d’enseignement sélective et élitiste ? Je ne pense pas. J’ai plutôt l’impression que certaines de ces pratiques ont depuis toujours été mises en œuvre, malgré le questionnement menées par des chercheurs, syndicats, associations … Ces anciennes pratiques sont sans doutes celles reproduites par l’enseignant alors que lui même était élève. Le discours politique sur le retour de l' »Autorité » et sur le « Socle » des connaissances indispensables n’a pas aidé au questionnement.

La manière de gérer une classe, comment se comporter face à des élèves difficiles et perturbateurs, comment motiver et intéresser les élèves ne paraissent pas être enseigné aux élèves enseignants. Leur formation semble être essentiellement axée sur les savoirs au détriment de l’art d’enseigner.

Au final, ces pratiques que j’ai pu contester dans mes précédents articles me semblent être mises en œuvre par des enseignants qui n’ont pas conscience des effets néfastes sur le développement de l’enfant. Ceux-ci, en fin de compte, ne cherche qu’à exercer leur métier du mieux qu’il le peuvent.

Il n’en reste pas moins qu’il est urgent de leurs fournir les outils pédagogiques qui permettront d’amener le plus grand nombre à la réussite et à façonner le citoyen de demain. A l’heure des réduction budgétaires, le gouvernement ne semble malheureusement pas considérer que la formation initiale et la formation continue des enseignants soit une priorité. Malheureusement, tout repose sur des initiatives individuelles et trop isolées.

Commentaires sur la valeur ajoutée des établissements

Il est donc possible de classer les lycées et donc les collèges en fonction de leur valeur ajoutée (voir sur dans l’édition du 31 mars 2011 ou sur lemonde.fr : Ces lycées qui permettent aux élèves de se dépasser), c’est-à-dire sur leur capacité à amener tous les jeunes à la réussite.

L’article permet de s’interroger sur ce qui permet de casser « une logique de l’échec scolaire lié au milieu d’origine » et permet de garder espoir. Les établissements parvenant à maintenir le principe de l’égalité des chances existent. Ils ont su inventer d’autres manières de faire, à moyen égaux. Je cite des éléments de l’article :

– tenir la main des gamins, multiplier l’offre. Des études pendant la journée, l’aide aux devoirs […], des stages de méthodologie […]

– écoute et respect du jeune pour lui demander ensuite de se mettre au travail

– un cadre rigoureux

– expliquer la sanction

– substitution au conseil de discipline une commission de vie scolaire

– rencontres parents / professeurs,  enseignants n’hésitant pas téléphoner aux parents

– des contrats moraux …

(voir aussi quelques idées intéressantes dans le commentaire de Gaëtan CALMES dans Une logique d’entreprise dans les établissements scolaires ?)

On voit bien qu’une des clés du problème se trouve dans la relation des élèves avec leurs enseignants. Certains parviennent à amener les enfants et les jeunes à la réussite, même si ceux-ci sont difficiles. Ce n’est pas qu’une question de moyens.

Si les journalistes du journal Le Monde ont su faire cet exercice (voir Bac 2010 : le palmarès des lycées ), on peut supposer que les académies et le ministère de l’éducation national peuvent en faire de même.

Puisque le diagnostic peut être posé établissement par établissement, puisque des solutions ont été mises en place, qu’attendons nous alors ? Qu’attend notre ministre de l’éducation nationale pour faire changer les pratiques des établissements à valeur ajoutée faible ou négative ? Qu’attend-t-il pour donner aux enseignants en difficulté dans leur pratique les outils pédagogiques et comportementaux nécessaires ? Il ne suffit pas d’avoir une tête remplie de connaissances pour savoir les transmettre. Savoir transmettre demande de l’expérience, mais aussi du savoir être. Le savoir être pour un enseignant est un ensemble de pratiques comportementales lui permettant d’avoir l’attitude appropriée face à une classe, en toutes circonstances, mais aussi d’avoir la réponse adéquate lorsque les difficultés arrivent. Mentionnons entre autre : savoir identifier dans un groupe les alliés sur lesquels l’enseignant peut s’appuyer, les septiques, les perturbateurs , savoir agir sur les perturbateurs sans que ceux-ci ne se sentent agressés (par exemple : ne pas entrer dans son périmètre de sécurité, respecter une distance minimale) …

Certains possèdent le savoir être de manière innée. Mais d’autres ont besoin de l’acquérir. Certains parviendront à l’acquérir au bout de quelques années devant une classe. Malheureusement, les difficultés seront telles pour d’autres qu’ils n’y parviendront pas. Tous peuvent cependant être formés pour progresser dans leur pratique quotidienne !

Dans certaines entreprises, il existe un certain nombre de stages proposés aux salariés cadres pour travailler sur le savoir être.

Ce n’est pourtant pas une idée lumineuse que celle de penser que les enseignants devrait pouvoir bénéficier de ce genre de formation et qu’il serait bon de s’inspirer de ces établissements « qui font des petits miracles ».

Le plan Chatel pour redonner goût aux sciences : un plan pour rien

Le plan du ministre de l’Éducation National, Luc Chatel, visant à redonner le goût des sciences et réconcilier les jeunes Français avec les mathématiques (voir Le Monde du dimanche  30 – lundi 31 janvier) est bien vain. Encore un plan pour démontrer à son président et à l’opinion que l’on a mis en œuvre un plan d’action. Pour ceux qui ne sont pas habitués à cette subtile langue de bois que j’ai appris dans le monde de l’entreprise, on met en oeuvre un plan d’action lorsqu’un risque est détecté ou que celui-ci est avéré afin de réduire ce risque. Le plus important est de montrer que l’on a mis en œuvre un plan d’action et non de mettre en place un plan d’action efficace. Ainsi, on pourra toujours dire que l’on a tout essayé.

Tout sauf d’essayer d’apprendre les sciences différemment dès le collège. La prépondérance des apprentissages par cœur et la bonne exécution d’exercices est trop importante, alors que ce qui compte avant tout, c’est de développer chez l’enfant la curiosité, le plaisir de découvrir, l’esprit critique, la capacité à rechercher.

Rien d’étonnant à ce que les jeunes s’en détournent si la méthode d’apprentissage est le matraquage.

Rien d’étonnant à ce que les parents des mêmes jeunes les détournent des études scientifiques, si eux-même après avoir effectué des études scientifiques (hors écoles d’ingénieurs) se sont retrouvés sur le marché de l’emploi à un moment donné sans emploi, leurs illusions perdues. Rappelons à ce qui n’ont pas de mémoire qu’à la fin des années 1980, les études scientifiques étaient une bonne garantie de trouver un emploi à l’issue des études, choses qui a changé au début des années 1990 où l’on a découvert le chômage des diplômés.

Que peut-on penser des études scientifiques lorsque l’emploi que nous avons la chance d’avoir n’a rien à voir avec les études scientifiques que nous avons effectuées, ni avec nos rêves d’étudiant ?

Rien d’étonnant, si en dehors de l’excellence il n’y ait pas de salut (tout le monde ne peut pas être premier de la classe), que l’on ait pas envie que nos enfants suivent ce type de voie.

Le bon vieil apprentissage par coeur d’antan

L’apprentissage de poèmes, chants en classe de primaire renforce les capacités de mémorisation des enfants. Je ne vois cependant pas l’intérêt d’apprendre des leçons d’histoire géographie, sciences de la vie et de la terre, musique, arts plastiques, technologie, par cœur. Ne vaut-il pas mieux que l’enfant apprenne à reformuler avec ses propres mots ?

L’acquisition de connaissances et l’entrainement à la résolution des exercices me paraissent privilégiés par rapport à la compréhension, la manipulation de concepts, l’éveil de leur curiosité et de leur esprit critique. Dans des matières comme les arts plastiques, la musique, on stérilise leur créativité.

Ce n’est pas étonnant que les leçons soient ennuyeuses. Ces modes d’apprentissage favorisent les élèves ayant soit des facilités de mémorisation, soit une grosse capacité de travail, au détriment des autres élèves qui disposent d’une autre forme d’intelligence. Le seule forme d’intelligence qui vaille à l’école, c’est la mémorisation.