Qui parle pendant les exposés ?

La présentation d’un exposé par les élèves est une occasion rare pour eux d’appréhender l’art difficile de la communication orale devant une assistance, pour peu que l’enseignant voit l’intérêt de ce type d’exercice au delà de la simple transmission de savoir. Ce n’est pas évident à 12 ou 13 ans de maitriser sa communication verbale et non verbale, de savoir gérer les réactions de l’assistance, savoir capter son attention ou la retrouver si elle est perdue. C’est même un exercice d’une importance capitale, car peu d’adulte le maitrise et ont donc des difficultés à rendre un message audible devant une assistance. On ne peut donc que saluer tout exercice proposé par les enseignants conduisant les élèves à se mettre en avant, face à un auditoire. Cela peut être un exposé, la présentation d’une poésie ou un chant …

Difficile est la présentation d’un exposé lorsque les élèves sont agités, car peu à cet âge auront suffisamment d’autorité naturelle. Encore plus difficile est la présentation d’un exposé lorsque le principal perturbateur est l’enseignant lui même. C’est ce qui est arrivé à mon enfant cette semaine.

Il avait à préparer un exposé sur un auteur pour le cours de français. Ce travail lui a demandé un certain travail personnel effectué avec l’assistance de sa mère (distorsion dans les chances de réussites entre élèves, compte tenu de l’aide que mon enfant obtient et que les autres élèves livrés à eux même n’obtiennent pas). Il avait préparé un poster et avait envie de le présenter à ses camarades de classe. Or, lors de la présentation, il a été sans cesse interrompu par l’enseignant qui avait besoin de donner des informations complémentaires sur cet auteur. Certaines de ces informations étaient pourtant prévue dans la suite de l’exposé. Il aurait très bien pu apporter des compléments à la fin de l’exposé, mais très certainement étant trop attaché à sa position de seul transmetteur de savoir devant la classe, il ne pouvait laisser la parole à mon enfant pendant plus d’une minute.

Comme à son habitude, la classe n’était pas intéressée par cet étalage de savoir et maintenait dans la classe une ambiance de cours de ferme avec multitude de bruits d’animaux (hennissements, bruits stridents, psalmodie du mot « hindu » (une mode bizarre de pré adolescent bébête ?) ). La classe n’étant pas attentive, l’enseignant a reproché à mon enfant de ne pas savoir obtenir le silence de la classe. Ainsi, celui s’est retrouvé dans la position de simple auxiliaire préposé à la discipline.

L’exercice qui aurait pu être une expérience enrichissante pour mon enfant s’est ainsi transformé en calvaire pour lui.

L’enseignant qui au travers ce type d’exercice où les élèves peuvent être valorisés aurait pu trouver un moyen pour re mobiliser sa classe, n’a pas su sortir de son rôle traditionnel de vecteur de transmission de savoirs, malheureusement aussi vite oubliés par les élèves qu’entendus.

Comment faire tourner en bourrique un enseignant

Au début de la séance, lorsque l’enseignant veut vous faire effectuer une évaluation, affirmez que celui-ci ne vous a pas prévenus. Comme l’information n’est pas reportée dans le cahier de texte de la classe, l’enseignant ne pourra pas vérifier. De plus personne dans la classe n’osera témoigner en faveur de l’enseignant, de peur de passer pour un intellectuel (un intellectuel est un élève qui participe, réussit plutôt bien et ne fait pas partie de ceux qui ont décrochés ou sont blasés, démotivés ou qui ne veulent pas paraitre comme tel). Peut-être constatant dans l’ensemble des élèves affirmant ne pas avoir été prévenus quelques élèves figurant dans son estime, l’enseignant acceptera de reporter l’évaluation au lendemain.

Ensuite, mettez vous à plusieurs pour faire régner un bruit de fond pendant toute l’heure de cours, par exemple  en imitant des bruits d’animaux.

Discutez avec votre voisin, voir encore mieux, chamaillez vous avec lui.

Si vous souhaitez suivre ledit cours, essayez de vous assoir au premier rang, sinon, vous n’entendrez rien.

L’enseignant ne sachant plus où donner de la tête, lorsque la fin du cours arrive, profitez d’un moment d’inattention pour voler à l’enseignant une photocopie de l’évaluation prévue pour ce jour.

Remettez la à un faux cancre, mais bon élève voulant passer pour tel et demander lui d’effectuer cette évaluation et de mettre à disposition le soir même les résultats sur Facebook au plus grand nombre (bien sûr, comme vous êtes encore un peu jeune et ne réfléchissez pas encore beaucoup, omettez de lui conseillez d’utiliser un compte anonyme.

Le lendemain, essayez de vous assoir à côté du faux cancre si vous n’avez pas pu consulter Facebook. Pensez vous vraiment que l’enseignant ne sera pas étonné des résultats exceptionnels de la classe ? Mais vous aurez réponse à tout.

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Voilà encore un exemple malheureux illustrant le comportement auquel aboutit un enseignement exclusivement centré sur la transmission des savoirs, les apprentissages à coup d’évaluations qui démotivent et découragent une partie des élèves, les devoirs trop nombreux qui permettent à ceux dont les parents s’investissent mieux que les autres de prendre un avantage sur leurs camarades dans la compétition scolaire. On arrive à une situation satisfaisante pour personne, ni pour les élèves qui n’apprennent pas, ni pour les enseignants se retrouvant dans cette situation extrêmement éprouvante pour eux.

Travailler en groupe : le comportement de nos élèves est-il plus évolué que ceux des rats ?

L’objectif recherché par les enseignants donnant des travaux à effectuer en groupe est louable, puisqu’il s’agit d’apprendre aux élèves à travailler ensemble, à s’organiser, à rechercher de l’information, la trier … Cet objectif d’autant plus important que dans le monde du travail, nous dépendons tous de nos collègues pour la réalisation de notre travail, d’où la nécessité du « bien travailler ensemble » pour atteindre les objectifs communs de l’entreprise, être efficace, productif, innovateur. Nous vivons tous les jours les effets délétères d’un individualisme forcené qui conduit certains à privilégier leurs propres intérêts et conduisant d’autres à la démotivation sans que le management des entreprises élevé dans le même moule élitiste et individualiste n’y trouve à redire.

Cependant, comme le programme est suffisamment chargé et que le temps manque, ce travail en groupe est effectué exclusivement en dehors du temps scolaire, donc sans encadrement des enseignants ou sous l’encadrement des quelques parents d’élèves qui estiment nécessaire de s’y investir.

Comment les enfants parviendront-ils à apprendre à mieux travailler que nous même puisque cet apprentissage du travailler ensemble n’est pas pris en charge par l’école ?

A chaque fois que mon enfant a dû effectuer des travaux en groupe, nous avons pu constater que sur 4 élèves associés pour l’occasion, il s’en trouve à chaque fois un qui se sentira investi du projet, qui apportera les idées, tentera de répartir les rôles et fera finalement la plus grande partie du travail. Le second, sera de bonne volonté et fera ce qu’on lui demande, mais n’aura pas de rôle moteur. Enfin les deux derniers apporteront une contribution symbolique et ne feront finalement pas grand chose, mais bénéficieront du travail des autres.

Une expérience menée par Didier DESOR, professeur à Université Henri Poincaré, à Nancy et décrite sur le site de France 5 apporte matière à réflexion : 6 rats sont placés dans une cage et devront à un moment de l’expérience plonger pour pouvoir accéder à leur nourriture. Une hiérarchie va s’établir entre entre les six rats. Il se trouvera 3 rats qui ne plongerons jamais et récupérerons les croquettes recherchées par les 3 autres rats. Une répartition des rôles s’opère. Cependant, un rat ne nait pas dominant ou dominé. Il suffit en effet de changer un rat ravitailleur de groupe et de ravitailleur, celui-ci peut devenir voleur. Pour les rats, ce comportement permet la survie du groupe et permet d’exploiter les compétences de chacun.

Parions qu’un enfant actif dans un groupe est susceptible de devenir passif dans un autre groupe, tout comme les rats, si son éducation ne lui donnait pas un sens des responsabilités et l’envie de s’investir pour mener à bien un projet. Mais la plupart agirons comme les rats de l’expérience. De fait, dans les société humaines, les enfants devenus adultes se retrouveront dans des rôles passifs ou des rôles où se sentant trop investis ils porteront plus qu’ils ne doivent ou encore dans des rôles de domination. En fin de compte, ils n’auront pas appris à mettre en place une émulation créatrice entre eux, ils n’auront pas appris à effectuer des choix collectifs et raisonnés, ils n’auront pas appris à se répartir les rôles de manière équitable et en fonction des capacités de chacun. Enfin ils ne trouveront pas d’intérêt à ce qu’ils entreprennent, à part l’argent et la reconnaissance par le pouvoir.

Ces comportements rapportés à l’échelle de la société sont une catastrophe dans un pays qui pour rester compétitif veut miser sur l’innovation et l’économie de la connaissance.

Sans véritable apprentissage à l’école du « travailler ensemble », nous ne valons pas mieux que les rats en terme d’intelligence sociale.

Humiliation – propos rapportés

Un ancien élève de collège m’a rapporté une scène qui mérite d’être rapporté sur ce blog.

En cours de langue, un élève particulièrement faible a été interrogé par son professeur sur la conjugaison d’un verbe au tableau. N’en connaissant pas la conjugaison, il a été interrogé sur la conjugaison de ce même verbe en français. Son niveau en français étant très faible, il n’a pas su répondre. Le professeur a laissé littéralement sécher l’élève au tableau. Celui-ci était au bord de l’explosion, tellement il se sentait humilié. La classe percevait bien la situation, mais pas le professeur. La classe a demandé unanimement au professeur de mettre fin à cette situation.

Cette humiliation aurait très bien pu se retourner contre le professeur qui se serait retrouvé agressé par l’élève humilié. On peut imaginer la suite : émotion dans la communauté éducative, discours politique sur les conditions d’enseignement et sur l’absence de respect de l’autorité …

Or dans cette histoire, c’est la classe qui s’est comportée en adulte et non l’enseignant. Ce dernier a fait preuve d’un manque de respect et de professionnalisme grave. On ne mesure pas les dégâts que peuvent causer ce type de comportement sur des jeunes déjà fragilisés.

Education civique très scolaire

En classe de 5ième débute l’éducation civique. En tant que parents citoyens, nous nous sommes dit que l’instruction civique se vivrait en classe au travers d’échanges dans la classe entre les élèves et l’enseignant, au cours desquels les enfants apprendraient le respect mutuel et l’écoute de l’autre. Il n’en n’est rien. L’approche est très scolaire. L’accent est comme d’habitude porté sur la transmission de savoir par l’enseignant avec obligation pour les élèves d’avoir un cahier bien tenu, avec de belles définitions à apprendre par cœur.

A la lecture du cahier avec un regard d’adulte, il n’y  rien à redire sur le contenu. Il convient cependant de se mettre au niveau d’élèves de 12 ans.

Prenons le cas des discriminations.

Définition : « inégalité de traitement d’une personne« . Pour illustrer : « La moitié des plaintes pour discrimination adressées à la HALDE concerne la discrimination à l’embauche. Grâce à la méthode du testing (fait de comparer comment sont traitées les personnes différentes pour vérifier s’il existe un comportement discriminatoire), on sait que les discrimination les plus fréquentes ont pour origine …« .

Cependant « HALDE », « embauche », « CV », « emploi » sont des notions encore un peu lointaines pour des élèves de 12 ans. Ils n’ont du coup rien compris et bien sûr, ils n’ont pas osé le signaler à l’enseignement pour qui l’objectif principal est de faire le cours dans les délais. Le soir, un camarade de classe de mon enfant qui n’avait également rien compris nous a téléphoné pour effectuer un exercice à rendre pour le lendemain. Les explications de mon enfant étant confuses, j’ai moi-même apporté les explications.

Encore un bel exemple d’un report de la charge d’enseignement sur les parents. Une fois de plus, tant pis pour les élèves dont les parents ne sauront ou ne pourront apporter des explications compréhensibles.

Au chapitre des moyens employés dans la lutte contre les discriminations au collège, on lit : « dans le socle commun : «compétence sociale et civique le respect de soi et des autres»« .

Là, nous découvrons que les compétences sociales et civique s’apprennent par cœur ! Nous savons surtout que ce mode d’apprentissage s’apparente à du bachotage et que les évaluations passées, tout sera oublié par les enfants. La sensibilisation des enfants au grave problèmes de la discrimination et du racisme est ratée.

Le recrutement des enseignants

A ne pas en douter, les enseignants recrutés pour enseigner en collège disposent de toutes les connaissances requises. En témoigne le programme des concours du CAPES par exemple, qui peuvent être consultés sur le site de l’éducation nationale.

Sans être un grand spécialiste, on peut tout de même se demander si un tel niveau de compétences est indispensable pour enseigner à des élèves de collège. Voici à titre d’exemple une petite image illustrant un sujet de mathématique au CAPES.

Certes, très intéressant, mais sans doute pas très utile pour des collégiens.

Intéressons nous maintenant au parcours de nos futurs enseignants. Pour pouvoir se présenter au concours externe il faut, à la date de publication des résultats d’admissibilité justifier :

  • d’un master,
  • ou d’un titre ou diplôme sanctionnant un cycle d’études postsecondaires d’au moins cinq années, acquis en France ou dans un autre État, et attesté par l’autorité compétente de l’État considéré,
  • ou d’un diplôme conférant le grade de master, conformément aux dispositions de l’article 2 du décret du 30 aout 1999 (exemples: DESS, DEA, diplôme d’ingénieur…)

Des qualifications sont exigées à la nomination :

  • un certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur de deuxième degré (CLES2)
  • un certificat informatique et internet de niveau 2 « enseignant » (C2i2e)

A ne pas en douter, le niveau requis est sérieux. Les candidats admissibles auront tous les savoirs requis.

Le contenu des épreuves d’admission est instructif (voir à titre d’exemple la présentation des épreuves de la section mathématique) :

«Première épreuve
Les sujets portent sur les programmes de mathématiques du collège, du lycée et des sections de techniciens supérieurs. Le candidat expose un plan d’étude détaillée puis développe une partie de ce plan d’étude, choisie par le jury. L’épreuve se termine par un entretien portant sur ce développement, puis sur d’autres aspects relevant du sujet choisi.
(…)
Deuxième épreuve
La première partie de l’épreuve s’appuie sur un dossier fourni par le jury, portant sur un thème des programmes de mathématiques du collège, du lycée ou des sections de techniciens supérieurs. Ce thème est illustré par l’énoncé d’un exercice, pouvant être complété par des extraits de manuels, des productions d’élèves ou des passages des programmes officiels. Le candidat expose ses réponses aux questions posées dans le dossier et propose, en motivant ses choix, plusieurs exercices s’inscrivant dans le thème du dossier. Cette première partie se termine par un entretien, portant sur l’exposé du candidat, en particulier sur les exercices qu’il a proposés, aussi bien en ce qui concerne leur résolution que les stratégies mises en oeuvre.»

Les candidats qui réussissent aux épreuves orales démontrent leur savoir faire en matière de maitrise de la communication orale indispensable pour faire cours.

Cela est certain, le concours du CAPES permet de garantir que nos enseignants disposent des savoirs requis et du savoir faire (faire cours devant une assemblée).

Mais pour le moment, on ne voit pas la trace de nécéssité de disposer de quelques compétences en pédagogie ou sur la manière de gérer les individus et un groupe pas forcément homogène (le savoir être).

On pourrait espérer qu’une formation arriverait après leur admission pour faire acquérir aux enseignants un minimum de savoir être. Mais voici un extrait ce que l’on peut lire sur le site de l’éducation nationale :

«Stage, titularisation et première affectation

Une fois reçus au concours, les lauréats sont nommés professeur certifié stagiaire et affectés dans une académie où ils effectuent un stage d’un an dans un établissement. Pendant cette période, ils bénéficient d’un accompagnement et de formations organisées au cours de l’année scolaire. »

Là, on comprend que le savoir être ne semble pas une priorité et que nos pauvres enseignants se retrouvent parachutés devant une classe. Quant il sont chanceux, ils se retrouvent avec des élèves bien sages et le début de leur carrière se passe bien. D’autres, moins chanceux se retrouveront face à des classes difficiles et risqueront, après l’enthousiasme des débuts de carrière, la noyade.

A ne pas douter, la mastérisation de la formation des enseignants est une catastrophe, pas seulement pour les enseignants, mais aussi pour les élèves. Elle se traduit, encore plus qu’auparavant par un abandon de l’apprentissage du métier d’enseignant. Les résultats sur les populations d’élèves fragiles seront catastrophique.

Enseignants et savoir être : la régulation d’un groupe par le non verbal

Similitude entre la conduite de réunion et l’enseignement

Pour achever de convaincre les sceptiques sur les nécessités d’une bonne formation pour les enseignants afin que ceux-ci sachent adopter le comportement adéquat face à un groupe en fonction des circonstances, voici un tableau extrait de cette formation à la conduite de réunion que j’ai suivi voici quelques années.

Comment utiliser Conseil pour réguler, pour faire …
… taire un bavard …parler un silencieux …cesser un aparté
Le silence • Ne pas le questionner • Faire silence ou l’imposer au groupe • Faire silence
La voix • En surimpression
• Merci « jeune homme »
• En l’encourageant en aparté
• Lui poser une question fermée avec tous les éléments de la réponse
• Faire rire, citer l’un d’eux
Le regard • Ne pas le regarder • L’encourager du regard • Réprouver du regard
L’espace • Ne pas se placer dans son champ visuel • Se placer dans son espace et son champ visuel • Rester dans l’espace des bavards
Le geste • Mains en opposition pour arrêter le flot de paroles • Main en offrande pour donner la parole • Calmer avec la bouche en chemin d’œuf

Le rôle des parents

Un excellent article de Martine Laronche publié dans Le Monde du mardi 23/08/2011, « Les parents, garants d’une entrée sans stress » nous parle de l’indispensable accompagnement des enfants par leurs parents dès leur rentrée et en particulier du passage en classe de sixième :

«Le passage en sixième constitue une étape importante qui peut être déstabilisante pour les enfants. Patrice Bride, professeur d’histoire-géographie, a coordonné un numéro des Cahiers pédagogiques consacré à ce sujet (« L’entrée en sixième », septembre-octobre 2009, no 475). « Les vrais dangers ne sont pas où on le croit, comme, par exemple, se repérer dans les nouveaux locaux. La plus grande difficulté se situe du côté des apprentissages. L’enfant passe d’un professeur des écoles, qui a une vue d’ensemble de l’élève, à plusieurs professeurs de collège, beaucoup plus centrés sur le programme », explique-t-il. L’enfant va devoir s’adapter aux demandes de chacun, au fonctionnement de ses enseignants. Il va devoir décrypter leurs attentes, qui seront différentes. « Il faut faire parler les enfants de ce qui se passe en cours, à quel moment ils n’ont pas compris, les aider à hiérarchiser et à repérer ce qui est important ou pas pour chacun des professeurs », poursuit Patrice Bride. Et surtout ne pas faire à leur place mais les aider à acquérir une autonomie en s’organisant, en les faisant réfléchir, tester plusieurs stratégies de travail.

Stimuler sans stresser, donner l’envie d’apprendre et le goût de l’effort, l’aider à devenir autonome est un travail de longue haleine qui devra se poursuivre tout au long de l’année.»

Voici mis en évidence l’importance de l’accompagnement des parents et la principale source d’inégalité entre les enfants. Elle réside dans la capacité des parents à accompagner correctement leurs enfants. Il n’est pas difficile comprendre que deux enfants de niveau scolaire et de motivation équivalentes ne réussiront pas de la même manière à l’entrée en sixième. Cela dépendra de la capacité des parents à accompagner leur enfant. Un des deux enfants peut très bien se retrouver submergé et en situation d’échec au bout du premier trimestre, tandis que le second arrivera à s’adapter, grâce à l’accompagnement des parents.

Tout le monde feindra de croire que seul le mérite de l’élève compte, alors que ce sont les parents qui font la différence. Comment peut-on encore parler d’égalité des chances dans le collège dit « républicain » ?

 

Enseignants et savoir être : identifier les différents types d’élèves

Similitude entre la conduite de réunion et l’enseignement

Voici maintenant une reformulation d’un extrait d’une formation à la conduite de réunion que j’ai suivi voici quelques années, appliquée à l’enseignement.

«Il est important d’identifier rapidement les [divers] profils d’un groupe, de façon à considérer et à valoriser chacun et à se préparer au comportement à adopter.

On peut distinguer trois grands groupes de types de profils :

Le survolté – l’humoriste – le bavard – le baratineur …

[Il s’agit d’élèves] qui mettent de l’ambiance dans le groupe, qui aident à l’animation à condition d’être encadrés et recadrés !

[L’enseignant doit] leur rappeler régulièrement « qui décide », « qui fait quoi », « qui anime », mais avec humour pour ne pas les faire basculer dans le groupe qui suit …

Le grognon – le contestataire – le « je sais toujours tout », …

[L’enseignant doit] écouter ce qu’ils ont à dire, les prendre en considération mais toujours en restant sur ses gardes. [Il se doit de rester] vigilant sur leurs propos et leurs attitudes et ne pas hésiter à intégrer dans [son] animation les réactions [de la classe] quant ce dernier est clairement en opposition avec [ce type d’élèves]. [L’enseignant a alors intérêt à] assoir son « autorité » et de recadrer les [élèves].

Ces [élèves] ont aussi besoin de se positionner dans le groupe. Les objections ou autres [comportements] ne sont que des demandes d’écoute et de reconnaissance la plupart du temps… Une fois rassurés sur leur prise en considération, leur comportement se canalise beaucoup plus facilement.

Le timide – l’inquiet – le distrait – le sage – le retardataire …

Ces [élèves] sont, en général, à la cause de [l’enseignant], par leur besoin en protection, en contact amical, notamment pour le timide et l’inquiet. Attention au retardataire qui peut cacher un profil de rebelle ! La façon dont il va s’asseoir et prendre part au groupe déterminera son comportement à venir. Le sage est plus en retrait, canalise son énergie sur l’analyse du groupe et des propos échangés. Le faire participer permet de recentrer les esprits ! L’indécis va souvent prendre parti pour l’expression du plus convaincant ! [L’enseignant ne doit] pas hésiter à le solliciter pour l’aider dans la clarification de sa pensée.

»

On voit bien que la conduite de réunions ne s’improvise pas. La dimension comportementale de l’animateur est fondamentale pour parvenir à faire face à tous les types de comportement du groupe. C’est pourquoi des formations de plusieurs journées sont organisées pour les salariés de certaines entreprises.

Je me demande ce que reçoivent les enseignants comme formation en la matière. Il ne fait pas de doute que ceux-ci ont toutes les connaissances requises pour enseigner aux élèves. Cependant, un certain nombre d’entre eux n’ont pas le savoir être requis pour gérer correctement une classe. Chanceux sont ceux qui ont ce savoir être de manière innée. Les autres pourraient très bien l’acquérir par le biais de formations.

 

 

Enseignants et savoir être : les styles d’enseignement

Similitude entre la conduite de réunion et l’enseignement

J’ai suivi, voici quelques années une formation  à la conduite de réunion en entreprise. Lors de cette formation, j’ai été étonné par les similitudes qu’il pouvait y avoir entre conduire une réunion et l’enseignement.

Je me permets de reprendre intégralement des morceaux de cette formation en remplaçant certains termes tel que « manager » par « enseignant », « entreprise » par « école » … De la sorte je souhaite rappeler que bien enseigner nécessite du savoir être en plus de connaissances (savoir) et techniques d’enseignement (savoir faire).

Ce premier article aborde les styles d’enseignements.

«Le style bureaucratique ou passif

[L’enseignant employant] ce style semble essentiellement intéressé par le fonctionnement administratif de [sa classe]. Peu concerné, tant par [la quantité d’informations qu’il transmet que par les élèves], il  ne cherche pas à imposer ou à proposer une direction, mais plutôt à gérer une situation quotidienne.

Son comportement est empreint de neutralité et de prise de risque minimal, il vise la rationalisation et des communications suffisantes ; sans plus.

Le style relationnel ou maternant

[Pour l’enseignant employant] ce style, les relations [avec les élèves] et la convivialité priment sur [l’apprentissage]. Son soucis constant est de plaire aux [élèves] et que [ceux-ci soient satisfait d’être présent en classe]. Il cherche à apaiser les conflits et se remet assez facilement en cause, ce qui peut parfois aller jusqu’à entamer sa confiance. Le climat [de la classe] s’en retrouve généralement renforcé. Néanmoins, une impression de manque d’autorité peut freiner [l’assimilation des connaissance]et, à terme, avoir des répercussion néfastes sur le climat [de la classe].

Le style négociateur

[L’enseignant employant] ce style est l’homme des compromis qui cherche à accommoder [les élèves] et [apprentissage]. Il hésite à faire une choix clair qui pourrait avantager une partie au détriment d’une autre.

Il aboutit à un maintient de popularité constante au détriment [de l’efficacité de son enseignement]. Les conflits sont en général peut fréquents dans ce contexte. En revanche, [les enseignements] n’en sortent pas toujours améliorées.

Le style directif ou dictatorial

[L’enseignant employant] ce style montre un intérêt quasi exclusif pour [la quantité d’enseignements transmis (le programme avant tout !)]. Les [élèves] lui importent peu en tant que tels. Seule compte leur utilité pour obtenir des résultats conformément [aux] directives.

Il est généralement tenace et possède une personnalité très affirmée. Il «fonce» et doute difficilement, ce qui ne l’incite pas à éviter les conflits. Sa méthode consiste alors plutôt à forcer l’obstacle à la réalisation de ses objectifs. Il surveille de près les réalisations et n’hésite pas à sanctionner dés que la situation lui paraît le réclamer. Il n’est, bien sûr, que peu réceptifs aux suggestions de ses [élèves].

Le style optimisateur

[L’enseignant employant] ce style a le souci constant de combiner l’impératif [des apprentissages] et l’intérêt pour les [élèves], ce qui constitue un véritable tour de force. Il doit en effet intégrer la dimension humaine dans les contraintes du contexte [des apprentissages].

Il vise donc plus une direction optimale qu’une réalité effective durablement constatée. Son souci permanent est de faire en sorte que l’implication des [élèves] dans la vie de [l’école] aboutisse à des [résultats] concrets et efficaces. Cela exige de lui d’une part, une aptitude à s’effacer pour laisser s’exprimer ses [élèves] et prendre en compte leurs préoccupations et leurs attentes, et d’autre part, une faculté d’imposer une direction positive, constructive, projective et cohésive pour maintenir une dynamique stimulante. Cela nécessite de grandes qualité d’adaptation et d’anticipation, donc une personnalité «solide», authentique. C’est le domaine de l’humanisme pragmatique et de l’exigence.

 Que retenir (…) ?

[L’animation d’une classe] doit être centrée à la fois sur [les apprentissages à acquérir] dans des délais et sur les enjeux humains. Ce résultat ne peut être atteint que par une dynamique humaine entretenue.

En ce sens, le style optimisateur semble particulièrement adapté [à l’animation d’une classe]. »