L’oral des TPE, un jeu de massacre

L’oral des travaux pratiques encadrés (TPE) qui ont tant mobilisé les élèves de première de septembre à mars, est enfin passé. Ces travaux ont représenté une masse de travail considérable (voir l’article « TPE : travaux pénibles encadrés ou pas« ). Avec un travail de qualité, original, ayant investigué différents aspects, mis en place une véritable démarche expérimentale, une présentation orale prévue comme une interview et bien préparée, tous les atouts étaient réunis pour réussir la présentation orale.

Sauf que, le sujet n’intéressait pas un des examinateurs. Pendant la présentation, il a exprimé son désintérêt en adoptant des attitudes manifestant son profond ennui. Il est vrai qu’il avait déjà subit une matinée complète de présentations. Cet oral intervenait après la pause déjeuné, au moment de la sieste digestive. Ces circonstances atténuantes ne justifient cependant pas une telle attitude irrespectueuse vis à vis des élèves et de leur travail.

Lorsque ce fut le tour des examinateurs de poser des questions, celui ayant manifesté son ennui s’est déchaîné sur des questions de cours. Cours que les élèves n’avaient pas encore eu et qu’apparemment, ils étaient censés avoir découverts tous seuls pour devenir des experts. Avant l’épreuve de l’oral et après relecture d’une version de travail de leur rapport, un de leur professeur leurs avait demandé de retirer tous les aspects qui justement faisaient trop cours, afin que soit surtout mis en évidence le travail expérimental. Et voilà que les question de l’oral du TPE ne portent que sur des aspects de cours. Ce qui nous conduit à la question suivante : la liberté pédagogique des examinateurs leur permet-elle d’interroger les élèves sur n’importe quoi, alors que le sujet du TPE était très précisément cadré et ne portait pas sur les aspects de cours ?

L’autre examinateur, bien plus bienveillant, n’osa pas intervenir, car le sujet du TPE ne portait pas sur sa discipline scientifique. Ce qui introduit une seconde question. Alors qu’on demande aux élèves d’effectuer un travail original interdisciplinaire, les examinateurs doivent donc impérativement restés cloisonnés dans leur discipline ? Étrange paradoxe !

Aucune des questions ne porta sur le sujet du TPE en lui même. C’était pourtant à des questions sur leur travail que les élèves s’étaient préparés. Il fut alors facile pour cet examinateur de déstabiliser les élèves avec ses questions de cours en leurs donnant l’impression que leur travail était de mauvaise qualité. En réalité, cet examinateur a montré sa profonde médiocrité en ne s’intéressant pas au travail des élèves. Il s’est rabattu sur la solution de facilité qui consiste à poser des questions sur ce que soi-même on connaît bien et éviter de s’avancer sur les champs de la connaissance que l’on ne maîtrise pas. Cherche-t-on à former des encyclopédies sur pattes ou bien des futurs scientifiques ?

D’autres groupes d’élèves passés avec le même jury ne connurent pas le même sort, car leurs sujets intéressa plus le jury. Serait-on donc face à une génération d’examinateurs Facebook qui s’amusent à « liker » ou pas les sujets ? Des personnes qui s’attendent de passer un bon moment face à un groupe d’élèves, comme lorsque l’on va au cinéma ?

Un jury consciencieux ne devrait pas juger en fonction de ses affinités et de ses propres goûts, mais évaluer de manière impartiale le travail effectué et son sérieux. Cela ne fut pas le cas. On ne mesure pas les dégâts de telles expériences négatives sur les élèves qui en sont sortis profondément découragés, avec un sentiment de dévalorisation.

A nous parents, il a fallu beaucoup de dialogue pour rétablir la vérité. Mais tous les parents ne peuvent ou ne savent pas rattraper les dégâts occasionnés par l’institution scolaire ! 

Liberté pédagogique ou dictature pédagogique ?

La récente réforme du collège a mis en lumière l’attachement du corps enseignant à sa liberté pédagogique. Cette liberté pédagogique permet des initiatives qui donnent le plaisir d’apprendre aux élèves et/ou leurs donnent confiance en eux-même.

Mentionnons l’utilisation du théâtre à l’école primaire dans le cadre de l’apprentissage du français, permettant également aux élèves d’améliorer leur diction et leur expression corporelle, l’introduction d’une transversalité entre histoire/géographie et travail en français, l’utilisation du chant pour apprendre l’anglais.

D’autres, au lycée, mettent en place des séances spécifiques pour les élèves rencontrant des difficultés pour leur permettre de revenir sur des points particuliers ou de comprendre les nouvelles exigences et comment travailler.

Il arrive malheureusement que la liberté pédagogique conduise à des exigences supplémentaires pour les élèves qui ne peuvent être discutées.

Pour palier à l’absence de temps ou de moyens, un professeur de sciences demande aux élèves de collège de télécharger des logiciels pédagogiques et d’effectuer des  travaux pratiques à domicile ou encore demande à terminer le compte rendu non finalisé en classe. Cela pourrait s’envisager si les élèves n’étaient pas livrés à eux même pendant ces travaux et obtenaient tous le même niveau d’information. Merci aux parents qui peuvent aider et tant pis pour les autres élèves.

D’autres demandent d’apprendre des définitions par cœur, car pour certains, rien ne vaut le bon apprentissage par cœur comme méthode d’enseignement. Encore faudrait-il que les élèves parviennent au préalable à une compréhension globale, au moyen  de schémas ou d’une synthèse, que nous parents devons effectuer au domicile. Et encore en langue, faudrait-il que les élèves sachent utiliser à l’oral tous ces verbes irréguliers et ce vocabulaire appris par cœur dans la douleur. Mais ceux-ci, après avoir consacré toute leur d’énergie à cette apprentissage, n’ont plus de temps pour l’oral.

Que dire de cet enseignant de mathématique qui n’interroge que les meilleurs élèves et de préférence les garçons, réputés meilleurs d’après des préjugés anciens et s’énervant lorsque les élèves n’ayant pas compris demandent des explications complémentaires ? Inutile de parler des difficultés des élèves en conseils de classe pour s’entendre expliquer que les exigences sont plus élevés en première S qu’en seconde et que c’est tout à fait normal.

Pourquoi vouloir, pour le bac français d’élèves de filière scientifique, présenter une liste exagérément longue d’œuvres, leur demander non seulement de lire ces œuvres pas toujours intéressantes à leur âge, mais aussi de réaliser des travaux personnels pour établir la bibliographie, écrire un résumé … et en classe se contenter de dicter un commentaire à apprendre. Et sans doute parce que les élèves sont censés voir les méthodologies des commentaires littéraires et de dissertation en classe de seconde, estimer qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur le sujet malgré la demande des élèves. Malheur au délégué des élèves qui a osé aborder la question, car il est maintenant dans le collimateur de l’enseignant.

Les conseils de classes ne servent malheureusement pas à aborder ce type de sujets, car ces enseignants particulièrement exigeants, tout puissant dans leurs classe pour juger nos élèves, ne supportent pas de voir les délégués de parents d’élèves ou des élèves aborder des questions d’ordre pédagogique. Ils ne rendent compte qu’à l’inspecteur d’académie qui ne les inspecte que rarement et ne doit pas être en mesure de voir réellement ce qui se passe. Il n’y a pas vraiment de contre pouvoir aux abus que nous pouvons constater. Cette liberté se transforme malheureusement certaines fois en dictature pédagogique.

Les cours privé de soutien ont de l’avenir avec l’éducation nationale, pour ceux dont les parents ont les moyens !

Dérapage de l’autorité

Voici une anecdote qui illustre malheureusement à quel pont l’école républicaine transmet si mal les valeurs républicaines et démocratiques à nos jeunes citoyens en devenir collégiens.

Après qu’un élève eut écrit des insultes sur une table à destination  d’un de ses professeurs, l’intervention du professeur principal fut demandée par l’enseignant intéressé. Un tel acte ne pouvait pas rester sans réactions. Malheureusement, la réponse pédagogique ne fut pas à la hauteur de ce que nous pouvions attendre.

Après avoir sermonné les élèves, le professeur principal tenta de connaître le responsable du délit. Face au mutisme de la classe, un comportement habituel dans un groupe d’élèves de ce niveau de maturité et de cet âge, l’enseignant tenta une méthode inspirée des régimes dictatoriaux. Il demanda aux élèves de dénoncer le coupable sur un bout de papier anonyme. Bien entendu, la méthode fut un échec, puisqu’il ne permit pas de découvrir le coupable, certains élèves n’hésitèrent pas à procéder à des dénonciation calomnieuses. Malgré l’intervention du Conseillé Pédagogique d’Éducation (CPE), le coupable ne fut pas trouvé. Bien dans l’embarras, le professeur principal décida alors d’une punition collective de l’ensemble de la classe, qui fut convoquée pour une heure de colle.

Pour l’institution, la morale parait sauve et l’équilibre retrouvé, puisque la réprobation face à un comportement irrespectueux exprimée. Pour nous parents d’élèves, au contraire, cette anecdote illustre un énorme défit de l’institution dans la formation de nos jeunes. Difficile d’en vouloir aux adultes investis de l’autorité de l’institution, qui sont par ailleurs des personnes attentives aux élèves et bienveillantes ! Comment  peuvent alors survenir de tels dérapages de l’école républicaine : incitation à la dénonciation anonyme conduisant à des dénonciations calomnieuse, punition collective au mépris du principe de présomption d’innocence, fondement de la justice française ? Les leçons qu’en tirent nos jeunes ne sont pas celles que nous espérons. Ils apprennent que le plus fort rend la justice, que l’on ne risque rien à dénoncer autrui, qu’il est possible de réitérer des insultes vis à vis des enseignants, à partir du moment où le statut de celui qui insulte dans la classe lui assure l’impunité.

Cette anecdote illustre une fois de plus l’absence de formation pédagogique de nos enseignants. A aucun moment, leur formation ne les amener à réfléchir à ce genre de situation, d’un point de vue morale et pratique. Il existe des méthodes d’investigation pour découvrir la vérité qui ne bafouent pas à ce point les principes fondamentaux de notre république.

Le scandale de l’histoire de l’art au brevet des collège

Voici une illustration du rôle des familles dans la réussite de leurs compétiteurs à l’épreuve de l’histoire de l’art, épreuve pour laquelle la préparation en classe fut minime et requièrant un important travail personnel au domicile.

Notre champion familiale étant bien préparé et bien entouré, il réussit l’épreuve haut la main. Il revint néanmoins déçu par les questions qui lui furent posés, révélant que les enseignants membre du jury avait manifestement à peine pris connaissance des sujets autres que ceux qu’ils avaient proposés. La réussite ne fut pas au rendez vous pour tous les élèves. Certains avaient commencé à préparer en catastrophe l’épreuve le week-end avant. Un camarade de classe s’y mit la nuit d’avant. Pour ce dernier, l’épreuve fut chaotique. Il fut interrompu dans sa présentation qui ne devait pas être convaincante pour passer aux questions. Ses réponses n’étant pas à la hauteur, il fut interrogé sur tous les autres artistes du programme pour lui tenter de lui donner une chance de se rattraper, ce qu’il ne parvint pas à faire.

Nous voyons là une inégalité flagrante et choquante. Les élèves biens suivis par leurs parents réussissent, tandis que les autres, s’ils manquent d’un minimum de maturité, sont condamnés à échouer. A 14-15 ans, les élèves sont des adolescents et non des adultes. Beaucoup ont d’autres préoccupations que le travail scolaire. Dans cette phase de construction de la personnalité, certains pensent à tout autre chose. De plus, le cerveau de l’adolescent n’a pas la maturité requise pour lui permettre de se projeter dans le temps et planifier son travail tout seul. Cela explique que des élèves insuffisamment coachés par leurs parents s’y prennent au dernier moment avec le résultat que l’on connaît.

Admettons un instant qu’à cette âge, l’acquisition de compétences liés à la recherche d’informations, la préparation d’un support de présentation et son exposé soit un enjeu important du socle des connaissances à acquérir en fin de collège. Comment se fait-il alors que les élèves ne reçoivent aucune aide à l’intérieur du collège ? Que pas même un enseignant ne fasse des points d’étape pour vérifier l’avancement de chaque élève dans son travail et lui fournisse des conseils ? Que l’on attende le jour de l’épreuve pour constater la dérive de certains élèves et la sanctionner par une mauvaise note ?

Une commission occulte de l’éducation nationale a dû un jour estimer qu’il fallait introduire l’histoire de l’art au brevet des collèges, mais a oublié d’allouer des moyens à la préparation. Aucun enseignant n’est responsable de l’histoire de l’art et aucun temps n’a été accordé aux différents enseignants plus préoccupés par le fait de boucler leurs propres programmes.

Cette épreuve que personne ne prend au sérieux ne sert donc qu’à trier les élèves. Ce tri est effectué non pas en fonction du mérite des élèves (désolé pour notre champion familial), mais en fonction des capacités des parents et ce que ceux-ci peuvent leurs apporter. Cette injustice est tellement énorme qu’elle fini par paraître normal. Mais pourquoi alors s’étonner que tant d’élèves décrochent et que les tests internationaux PISA jugent notre école inefficace ?

Déloyauté pour l’épreuve d’histoire de l’art du brevet des collège

Comment juger autrement que déloyal et injuste l’agissement d’un enseignant, qui la semaine avant les vacances scolaires décide purement et simplement de remplacer un des sujets d’histoire de l’art qu’il avait donné pour l’épreuve du brevet des collèges et que certains avaient commencé à traiter, voir avaient terminé de traiter ?

De quelle faute sont responsables ces quelques élèves, pour voir leurs travaux ainsi envoyés aux oubliettes ? N’avaient-ils pas le droit de vouloir s’avancer pour se libérer l’esprit pendant les vacances ?

Il s’agit d’une décision qui illustre à quel point les élèves sont soumis à l’arbitraire et l’absence totale de contre pouvoir au sein du collège face à de tels agissements.

Officiellement, les sujets avaient été donnés avant les vacances de février.

Les exposés, le rôle des parents, PISA

Dans le collège fréquenté par mes enfants, il semble y avoir une sorte de projet d’établissement ayant attrait au travail des élèves en petits groupes. Face aux mauvais résultats réitérés en décembre 2013 de la France aux tests internationaux PISA de l’OCDE, certains ont pensé avec raison que pour construire une société moderne, il était nécessaire de développer des compétences sociales et de travail en groupe. Ces types de compétences se retrouvent relativement rarement chez les adultes qui aujourd’hui sont plus intéressés par la défense de leurs intérêts privés et leurs propre valorisation au sein de l’entreprise que de parvenir ensemble à réaliser un projet commun, chose que j’ai moi-même observé, alors que je travaillais en mode projet. J’ai pu observer combien d’énergie (surtout mon énergie) pouvait être dépensée en pure perte quand la motivation n’est pas au rendez vous ou que chacun travaille en fonction de ses propres intérêts.

En parents censés, nous attendrions donc que cette apprentissage se fasse au sein du collège, sous la supervision du personnel du collège et qu’éventuellement une partie de la mise en application soit effectuée au domicile. Tel n’est pas le cas, de la classe de sixième à la classe de troisième. Les enseignants se contentent de fournir les sujets, de donner des directives et  de fournir une date à laquelle le travail doit être rendu et éventuellement exposé devant la classe.

Les jeunes sont livrés à eux même et ne bénéficient d’aucun soutien de leurs professeurs. Ceux-ci interviennent, selon leurs habitudes, qu’en toute fin de processus, pour sanctionner le travail par une note.

Mon ainé s’est retrouvé dans un groupe dans lequel ses deux autres partenaires n’avait pas l’intention de porter leur part du travail et qui se sont largement reposés. A chaque fois que mon ainé cherchait à les réunir, ceux-ci se défilaient. Difficile de rendre un travail censé être collectif qu’avec son nom ! Mon enfant a tiré une expérience très négative du travail en groupe : aucune émulation, aucun plaisir partagé, que du stress face à travail qui n’avançait pas. Les enseignants ne peuvent intervenir face à une telle situation, puisque ayant tout sous traité sur la sphère privée, ils ne pouvaient rien voir, rien entendre, rien dire.

Mon deuxième enfant a eu dans un premier temps un poster à réaliser à domicile. Ne pensez pas que les enseignants aient expliqués comment réaliser un poster. Un bon poster ne s’improvise pas. Des techniques permettent de le rendre  attrayant pour le regard et susciter l’intérêt du public. Là encore, aucun enseignant n’était présent pour expliquer quoi que cela soit. Pas même l’enseignant d’art plastique à qui pourrait revenir cet enseignement. La tache nous est revenue tout entière à nous parents. Depuis, le poster a été rendu, les enfants n’ont pas présenté leurs travaux devant leurs camarades. Pour le moment, nous n’avons plus eu de nouvelle de ce travail, vieux de 2 mois.

Pour un de mes enfants, nous avons également eu droit à la réalisation d’un diaporama en groupe, encore une fois chez nous et pas au collège. Je suppose que les enseignants pensent qu’à l’aire du tout numérique, du téléphone portable des tablettes et des i-machins, tout le monde est à l’aise avec ces technologies, enfants compris, puisqu’il y a des ordinateurs à l’école primaires et que donc tous les parents sans exception sont en mesure d’aider leurs enfants à réaliser un diaporama !

Lors d’une dernière expérience de travail en groupe conséquent à réaliser dans un délai de 2 semaines, nous avions à tort un peu trop pris les choses en charge, paniqués que nous étions sur la possibilité pour notre enfant à tout gérer en si peu de temps en plus du travail habituel demandé. Les partenaires de notre enfant n’étaient pas cette fois ci des tires au flan, bien au contraire. Ils ne savaient pas pour autant travailler en groupe, deux d’entre eux passaient leur temps à se chamailler. Ils ont tous apportés leurs problèmes d’égos, voulant imprimer leur marque au projet.

Cela fini par faire tout de même beaucoup de choses qui reposent sur nous parents et je dois dire que nous ressentons un véritable ras-le-bol face à cette avalanche de travail à réaliser au domicile en groupe. On assiste là à un véritable transfert de tâches des enseignants vers nous les parents, sans que nous ayons pour autant le droit de nous exprimer. En matière de pédagogie, les parents d’élèves n’ont pas leur mot à dire, même au travers leurs délégués.

Dans cette avalanche, nous voyons surtout une immense injustice faite à 90 % des élèves dont les parents ne maitrisent pas toute cette culture. En déléguant ainsi sur les parents cet apprentissage qui devrait être effectué à l’école, les enseignants rendent l’école encore plus élitiste. Ce mode de fonctionnement permet de très bien former 5 à 10 % des élèves, de les pousser vers l’excellence, mais revient à jeter tous les autres, tous ceux qui, tout aussi intelligents, n’ont pas la chance d’avoir des parents disponibles et capables de les aider.

Le système méritocratique français ne sélectionne pas les élèves les plus intelligents, comme voudraient le faire croire tous ses défenseurs. Il sélectionne les élèves dont les parents sont les mieux formés et les plus à même d’aider leur progéniture.

Tous les experts du monde pourront déblatérer autant qu’ils veulent sur les mauvais résultats aux tests PISA de la France. On pourra parler de rythme scolaire, du mode de notation, de formation des enseignants, de pédagogie, de tous ces sujets importants. Aussi longtemps que tant sera demandé aux parents, on ne rétablira jamais un minimum d’équité entre les élèves.

Tous les élèves n’ont pas les mêmes chances de réussir, parce que l’école de la république en demande trop aux parents.

Recherche d’un stage

A vos marques, prêt, partez !

La course à la recherche d’un stage à effectuer au cours de la classe de 3ième, fin janvier, est engagée. Ceux qui n’auront pas trouvé de stage auront droit à un stage au sein du collège avec le personnel de cantine ou de ménage. Voilà une perspective qui devrait motiver nos chères têtes blonde pour s’activer dés maintenant dans cette recherche.

Sauf que ces têtes blondes ne savent pas comment s’y prendre et sont bien jeunes pour se débrouiller toutes seules. C’est donc leurs parents qui ont l’obligation de s’activer et aider leurs jeunes à trouver le stage. Il sera intéressant, dans quelques mois de faire le bilan des stages trouvés en fonction des catégories sociaux-professionnelles des parents. Il n’y a pas besoin d’être grand divin pour prévoir que les stages trouvés refléteront les inégalités de naissance.  Ce qui bien dommage pour une école qui se veut républicaine et affirme vouloir donner les mêmes chances à tous.

Concernant mon enfant, le stage est trouvé. Cela n’a pas été très long, ni très compliqué. Il m’a juste fallu activer mon réseau de relations et demander.

Nous avons là une seconde illustration des inégalités des chances des élèves. Les parents qui comme moi disposent d’un réseau de relations à qui demander et qui osent le faire favorisent leurs enfants. Pour certaines familles, le simple fait de demander n’est pas une chose aisée. La recherche d’un stage sera pour les élèves un petit aperçu de la recherche d’emploi. Ceux qui trouvent les meilleurs postes ou tout simplement un travail ne seront pas nécessairement les plus compétents, mais ceux qui disposent d’un réseau de relations ou de piston.

Quelles sont finalement les finalités de ces stages ?

Les aider à se déterminer dans leurs choix d’orientation ? Je doute que de la manière dont cela se passe, la plupart des élèves soient plus avancés après leur stage. Au mieux sauront-ils ce qu’ils ne veulent pas faire.

Leurs permettre de découvrir le monde du travail ? Pourquoi pas, mais là encore, tout dépendra du stage trouvé.

Leurs faire découvrir qu’ils ne sont pas égaux pour l’accès aux stages et plus tard à l’emploi et qu’il faut être bien né en plus d’avoir des bons résultats à l’école pour avoir un stage/travail intéressant ? Rendez vous au mois de février pour connaître leurs ressentis.

Un cours annulé par erreur, une absence injustifiée dans Pronote

En cas d’absence programmée des enseignants, les parents sont censés être avertis à l’avance par le biais du carnet de correspondance, qui en retour doit être signé. L’information peut également être trouvée sur le système Pronote accessible à partir du site internet du collège.

L’erreur est cependant humaine et des imprévus peuvent survenir, ce qui se comprend aisément. Ce que nous ne comprenons cependant pas, c’est qu’en cas d’information erronée de la part du collège sur un cours qui devait être annulé mais qui ne l’est pas en fin de compte, un billet d’absence soit demandé aux élèves absents. Les élèves, par la voix de leur délégué ont fait bien fait valoir que ceux-ci n’était pas responsables car ils n’étaient pas à l’origine de l’erreur. L’argument avait été accepté, mais pour le respect de la « procédure » le billet d’absence tout de même demandé, avec un motif « information erronée ».

A notre grande surprise, cette absence s’est transformée en mention d’absence « absence injustifiée » dans le système Pronote.

Si la nécessité de tracer cette absence est une exigence importante pour le collège,  elle peut être répertoriée comme absence justifiée (la codification existe dans Pronote). Mais dans ce cas, nous attendrions de la part du collège la même rigueur dans le traçage des absences des enseignants sur Pronote. Certaines absences sont bien répertoriées, mais pas toute. De plus, il devrait être possible pour les élèves et leurs parents de de justifier une absence. Telle n’a pas été le cas, notre intervention a été royalement ignorée, ce qui nous conforte dans l’idée que le collège nous cantonne à l’extérieur et ne reconnaît aux parents aucuns droits.

Cet exemple illustre malheureusement l’absence de valeur donnée à la parole des jeunes, même lorsque celle-ci est étayée par des preuves attestant l’absence de faute de leurs part. La procédure est plus importante que l’équité ! Pronote est un outil de suivi certainement intéressant, mais il semble bien que ses concepteurs aient oubliés la possibilité pour les élèves et leurs parents de faire valoir leur droit de rectification.

Extrait du droit de rectification sur le site de la CNIL »

Toute personne peut faire rectifier des informations qui la concernent

  • Toute personne peut faire rectifier,compléter,actualiser,verrouiller ou effacer des informations qui la concernent lorsque ont été décelées des erreurs, des inexactitudes ou la présence de données dont la collecte, l’utilisation, la communication ou la conservation est interdite.
  • Le droit de rectification constitue un complément essentiel du droit d’accès.
  • Lorsque des modifications sont apportées aux données concernant une personne qui a exercé son droit de rectification, le responsable du traitement doit justifier, sans frais pour la personne qui en a fait la demande, des opérations qu’il a effectuées.

On se demande quelle est l’utilité de l’instruction civique dans les collèges de la République qui bafouent ainsi les droits élémentaires. Voilà encore un bien mauvais exemple pour des jeunes dont la personnalité se structure.

 

La place des parents dans la réusssite de leurs enfants

En ces temps de réflexion sur la « refondation de l’école » lancée par le gouvernement Ayrault, et espérons le, sur la formation des enseignants, les méthodes pédagogiques d’enseignement, l’aide personnalisée aux élèves en difficulté, l’augmentation des  moyens (…), il convient d’aborder le sujet de la place des parents afin de bien mesurer l’importance de ceux-ci dans la réussite ou le décrochage de leurs enfants et en conséquence prendre conscience d’un facteur essentiel d’inégalité entre les élèves.

Si nous tentions de lister les facteurs qui contribuent à la réussite d’un élève, nous pourrions évoquer les capacités propres de chaque élève, sa motivation, le milieu familial, les fréquentations de l’élève, le contexte scolaire (travailleur, paresseux ou dissipé), la capacité des enseignants à animer une classe et à transmettre leur savoir. Cependant, ne pas aborder un moment la place des parents nous ferait passer à côté d’un facteur essentiel de réussite des élèves.

En effet, des parents sachant accompagner leur enfant en difficulté l’aideront à se maintenir. Si cet élève se trouve dans un contexte scolaire difficile, des parents à l’écoute l’aideront à surnager. Si un enseignant est défaillant, soit qu’il ne parvient pas à tenir sa classe, soit qu’il ne parvient pas à rendre son enseignement intéressant et motivant, l’assistance des parents l’aidera à acquérir le minimum requis.

Dans un système scolaire demandant un fort investissement aux élèves en terme de masse importante de travail personnel dès la classe de sixième, sans transition aucune avec l’école primaire, des parents s’intéressant à ce qu’apprend leur enfant et s’enquérant des devoirs, lui donnent une chance supplémentaire de réussir, même si ceux-ci n’ont pas la capacité à aider aux devoirs.  Si les parents ont le temps, la pédagogie, la culture nécessaire pour suivre la progression de leur enfant, si ceux-ci peuvent lui transmettre des méthodes de travail et d’organisation du travail, choses que le collège toujours crispé dans la transmission des savoirs n’apporte pas, ils démultiplient alors les chances de réussite de leur enfant comparées à celles des autres élèves.

A l’extrême, certains parents mettent en œuvre des stratégies d’évitement des populations les plus défavorisées : déménagement dans le bon quartier, choix des bonnes options …

Au contraire, des parents ne disposant pas suffisamment de temps (parent seul, parents à horaires de travail décalés, rentrant tard …) ou  ceux vivant une situation conflictuelle voire violente, ne pourront pas favoriser la réussite de leur enfant.

Il serait temps de mesurer l’importance de cette place par une étude scientifique afin de comparer des groupes d’élèves comparables (capacités identiques, méthodes d’enseignement mises en œuvre identiques, contexte scolaire normal) et de faire évoluer le facteur parent. Une telle étude contribuerait à souligner l’importance des parents comme facteur d’inégalité dans les chances de chaque élève à réussir à l’école. Le raccourci communément employé est de considérer l’origine sociale comme facteur d’inégalité. Si la corrélation est exacte, le véritable facteur de causalité masqué par l’origine sociale est bien la capacité d’investissement des parents dans l’éducation de leurs enfants.

A partir du moment où ce facteur d’inégalité aura été mis en évidence de manière indiscutable, le débat pourra alors s’engager sur les moyens à mettre en œuvre afin de le réduire et de faire mériter à l’école l’appellation d' »École de la République ».

Le surveillant tout puissant

La semaine dernière, deux élèves s’amusaient à glisser dans le collège. Passe un surveillant qui leurs demandent de lui remettre leurs carnets. Ceux-ci ne comprennent pas et répondent qu’ils n’ont rien fait de mal. Le surveillant continue d’exiger leurs carnets et pour toute explication leurs fait savoir qu’il peut faire pression sur le conseil de discipline.  En prime, il tord le poignet d’un des élèves.

Trois élèves font la queue ensemble pour entrer dans la cantine. Ils ne sont pas alignés par deux. Survient le même surveillant qui exige des trois élèves qu’ils aillent à la fin de la queue car ceux-ci n’étaient pas correctement alignés.

Il y a plusieurs mois de cela, un conseil de discipline a prononcé une mesure d’exclusion avec sursis à l’encontre d’un élève qui avait donné un coup de pied à ce même surveillant, pour un motif qui nous est inconnu.

Au travers de la perception de mon enfant, nous avons l’impression que ce surveillant, un jeune homme d’une vingtaine d’année, confond sa mission avec celle d’un garde chiourme et prend un certain plaisir à exercer son pouvoir. Bien que non concerné par les faits relatés, mon enfant en tire un profond sentiment d’injustice et d’arbitraire.

Arbitraire d’un surveillant qui s’autorise à brimer les élèves, injustice d’une communauté d’adulte qui ne porte aucun crédit à la parole de l’enfant. Certes, une réponse éducative est nécessaire fasse à un élève qui porte un coup de pied à un surveillant, mais avant de définir la sanction, il me parait nécessaire de comprendre le contexte et ce qui a conduit à l’acte. La justice française ne fonctionne pas différemment lorsqu’elle juge un prévenu. Le collège si. Il parait que le collège est un espace de citoyenneté.