La cantine

L’âge des enfants du collège varie de 11 à 15 ans, tout comme leur corpulence, surtout à une période de leurs vie où ceux-ci deviennent adolescents et grandissent beaucoup.

L’assiette des enfants elle par contre ne varie pas. Les plus jeunes et les plus petits ont l’obligation de manger la même chose que les plus grands. Les dames de cantines sont là pour vérifier que tous prennent tous l’entrée, le plat et le dessert. Aucune possibilité de demander une assiette moins remplie ne leur est laissée, ni la possibilité de ne pas prendre un plat ou un dessert qu’ils ne mangeront pas.

Ce n’est pourtant ignoré de personne que les assiettes trop remplies et les plats qui ne plaisent pas vont terminer à la poubelle. Si l’enfant n’a pas faim au moment du repas et souhaite emporter un morceau de pain ou une clémentine, cela lui est également interdit. Il n’est par contre pas interdit au personnel de la cantine ou aux surveillants de récupérer dans les plateaux ce qui n’a pas été mangé. Heureusement, car cela fait un peu moins de gâchis.

On constate une fois de plus que le droit de l’enfant à s’autodéterminer est bafoué. En vain veut-on l’obliger à tout manger, car il abandonne le surplus et ce qui ne lui convient pas à la poubelle.

Il peut constater de lui-même le gâchis généré  ce et suivant le bon exemple qu’il a sous les yeux, il n’hésitera pas gâcher à son tour.

Enfin, il vit une distorsion de droits, puisque adultes et enfants n’ont pas les mêmes droits quant aux aliments pouvant sortir de la cantine. Devenu plus grand et plus fort, il sera également tenté d’imposer sa loi puisqu’il a subit celle des adultes étant enfant.

Un bon exemple d’instruction civique au collège au quotidien !

Automaticité des sanctions : décret publié au JO du 24 juin 2011

Bravo, Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale pour la créativité dont vous faites preuve en matière d’éducation ! Priorité à la productivité des chefs d’établissement !

Extrait du Décret n° 2011-728 du 24 juin 2011 relatif à la discipline dans les établissements d’enseignement du second degré :

« A l’égard des élèves, [le chef d’établissement] est tenu, dans les cas suivants, d’engager une procédure disciplinaire, soit dans les conditions prévues à l’article R. 421-10-1, soit en saisissant le conseil de discipline :
« a) Lorsque l’élève est l’auteur de violence verbale à l’égard d’un membre du personnel de l’établissement ;
« b) Lorsque l’élève commet un acte grave à l’égard d’un membre du personnel ou d’un autre élève.
« Il peut prononcer sans saisir le conseil de discipline les sanctions mentionnées à l’article R. 511-14 ainsi que les mesures de prévention, d’accompagnement et les mesures alternatives aux sanctions prévues au règlement intérieur.

Dans certains cas, le chef d’établissement pourra donc décider seul. On ne saisit cependant pas très bien dans quels cas celui-ci pourra décider seul. Sans doute faudra-t-il se référer au règlement intérieur de l’établissement.

Rien ne garanti que l’élève sanctionné puisse faire valoir son droit à la défense. Il est présumé coupable et pourra encore moins tenter de prouver son innocence, ou faire valoir des circonstances ou un contexte qui pourraient faute d’excuser, au moins expliquer un acte répréhensible.

Rien ne garanti que la sanction soit proportionnelle à la gravité de la faute. Le sentiment d’injustice qu’éprouvent déjà certains élèves sanctionnés risque d’être renforcé par un sentiment d’arbitraire. Le chef d’établissement saura-t-il prendre le temps pour expliquer le sens de la sanction et offrir à l’élève des voies de rachat ?

L’ordre et la discipline, le rapport de force pour assurer la stabilité de l’établissement priment sur la sanction éducative et réparatrice. Ce n’est pas ce décret  qui stoppera l’escalade dans les transgressions de certains élèves.

Élèves et enseignants ne peuvent être égaux. Les enseignants incarnent l’autorité. L’autoritarisme n’est cependant pas un bon modèle pour les établissements scolaires, à moins que le bon modèle social pour ce gouvernement ne soit justement les régimes autoritaires … du genre entreprise ?

 

Une punition disproportionnée

Un élève pas particulièrement difficile a discuté en classe. 4 heures de colles lui sont infligées !

Il n’y aurait donc plus aucune proportion entre la gravité de l’acte et la sanction ? Pour un acte plus grave, un élève pourrait être sanctionné d’une punition plus légère pour peu que l’enseignant sanctionnant ne soit pas le même.

Que peuvent donc penser les élèves face à un tel arbitraire ?

La sanction perd tout son sens et les élèves doivent avoir une idée de la justice dans le monde des adultes bien peu glorieuse …

Avoir froid à l’heure du midi

Il faisait vraiment froid mardi 1 ier février, – 1°C. La pause méridienne de ce jour était de 2h30, temps que certains ont passé dehors, frigorifiés. Par temps de pluie, certains s’abritent sous les arbres.

Les enfants peuvent se rendre au CDI, mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Ceux qui n’ont pas de place peuvent prendre l’air, tant pis pour eux s’ils tombent malades, ils n’avaient qu’à arriver les premiers.

Un bel exemple du manque de bienveillance de la part du personnel du collège. Ou faut’il qualifier cela de manque de respect ?

Justice au collège

On peut convenir que tenir un collège d’une certaine taille ne soit pas une chose aisée et qu’un minimum de discipline est nécessaire.

Je constate cependant qu’à une époque où on entend surtout parler de problèmes d’irrespects de violence et du nécessaire retour de l’autorité, on a tendance à confondre autorité et autoritarisme. Un certain nombre de principes élémentaires de justice me semblent bafoués.

Des sanctions abusives.  De quel droit sanctionne-t-on un élève qui n’a pas effectué son travail, soit qu’il ait oublié, soit qu’il n’ait pas été motivé de le faire ? En quoi un manque d’assiduité perturbe-t-il le bon fonctionnement de la classe ? L’élève qui n’est pas assidu se sanctionne lui-même et hypothèque ses chances de réussite scolaire.

De quel droit inflige-t-on une heure de colle à un élève qui n’a pas obtenu la moyenne lors d’une évaluation ? L’élève est ainsi mis en demeure d’avoir toujours compris et d’être toujours performant.

Même question concernant les affaires oubliées : l’élève se doit-il d’être infaillible ?

Pourquoi impose-t-on aux élèves de travailler pendant les heures de permanence ?  En quoi un coloriage ou un pliage est susceptible de perturber ceux qui veulent travailler ?

Des sanctions disproportionnées.  En quoi l’oubli du cahier de texte de la classe est une faute à ce point grave pour qu’elle justifie une sanction automatique d’une heure de colle ? Un élève pris en flagrant délit de bavardage mérite-t-il sans pré-avis une heure de colle ? Et un bouchon qui tombe malencontreusement par terre doit-il valoir à l’élève responsable une punition ?

Non respect du droit à la défense.  L’automaticité de certaines sanctions (cas du cahier de texte oublié) retire à l’élève toute possibilité de s’expliquer et de bénéficier de circonstances atténuantes. De même, l’application de sanctions collectives (cas d’une classe bruyante) conduit à punir des élèves innocents qui vivront la situation comme une injustice.

Je doute que l’on prenne le temps d’entendre les fautifs et d’essayer de les comprendre, et qu’ensuite on prenne le temps de lui faire comprendre le sens de la sanction.

L’arbitraire dans les sanctions. L’enseignant semble le seul maitre du barême de la sanction (punition, une ou plusieurs heures de colles). Le Conseiller Principal d’Education (CPE) ne parait pas jouer son rôle de modérateur dans les sanctions infligées. Il n’existe aucun barême des sanctions dans les réglements, ni aucune précision sur le droit à la défense et au recours. S’agissant d’enfants et non d’adultes, on peut même se demander si ces droits existent vraiement pour eux.

Ces bonnes vieilles méthodes de l’école d’autrefois ressemblent à la méthode d’apprentissage par le stress. Face à la contrainte permanente, les réactions des élèves peuvent être soit une réaction de stress, soit une réaction de démotivation et de laisser aller qui mènera à l’échec scolaire. Ce n’est pas ainsi que l’on formera les citoyens de demain, en leur apprenant à se soumettre en permanence, en lui apprenant que le plus fort a forcément raison, qu’il suffit de devenir le plus fort pour imposer ensuite sa volonté.