Le scandale de l’histoire de l’art au brevet des collège

Voici une illustration du rôle des familles dans la réussite de leurs compétiteurs à l’épreuve de l’histoire de l’art, épreuve pour laquelle la préparation en classe fut minime et requièrant un important travail personnel au domicile.

Notre champion familiale étant bien préparé et bien entouré, il réussit l’épreuve haut la main. Il revint néanmoins déçu par les questions qui lui furent posés, révélant que les enseignants membre du jury avait manifestement à peine pris connaissance des sujets autres que ceux qu’ils avaient proposés. La réussite ne fut pas au rendez vous pour tous les élèves. Certains avaient commencé à préparer en catastrophe l’épreuve le week-end avant. Un camarade de classe s’y mit la nuit d’avant. Pour ce dernier, l’épreuve fut chaotique. Il fut interrompu dans sa présentation qui ne devait pas être convaincante pour passer aux questions. Ses réponses n’étant pas à la hauteur, il fut interrogé sur tous les autres artistes du programme pour lui tenter de lui donner une chance de se rattraper, ce qu’il ne parvint pas à faire.

Nous voyons là une inégalité flagrante et choquante. Les élèves biens suivis par leurs parents réussissent, tandis que les autres, s’ils manquent d’un minimum de maturité, sont condamnés à échouer. A 14-15 ans, les élèves sont des adolescents et non des adultes. Beaucoup ont d’autres préoccupations que le travail scolaire. Dans cette phase de construction de la personnalité, certains pensent à tout autre chose. De plus, le cerveau de l’adolescent n’a pas la maturité requise pour lui permettre de se projeter dans le temps et planifier son travail tout seul. Cela explique que des élèves insuffisamment coachés par leurs parents s’y prennent au dernier moment avec le résultat que l’on connaît.

Admettons un instant qu’à cette âge, l’acquisition de compétences liés à la recherche d’informations, la préparation d’un support de présentation et son exposé soit un enjeu important du socle des connaissances à acquérir en fin de collège. Comment se fait-il alors que les élèves ne reçoivent aucune aide à l’intérieur du collège ? Que pas même un enseignant ne fasse des points d’étape pour vérifier l’avancement de chaque élève dans son travail et lui fournisse des conseils ? Que l’on attende le jour de l’épreuve pour constater la dérive de certains élèves et la sanctionner par une mauvaise note ?

Une commission occulte de l’éducation nationale a dû un jour estimer qu’il fallait introduire l’histoire de l’art au brevet des collèges, mais a oublié d’allouer des moyens à la préparation. Aucun enseignant n’est responsable de l’histoire de l’art et aucun temps n’a été accordé aux différents enseignants plus préoccupés par le fait de boucler leurs propres programmes.

Cette épreuve que personne ne prend au sérieux ne sert donc qu’à trier les élèves. Ce tri est effectué non pas en fonction du mérite des élèves (désolé pour notre champion familial), mais en fonction des capacités des parents et ce que ceux-ci peuvent leurs apporter. Cette injustice est tellement énorme qu’elle fini par paraître normal. Mais pourquoi alors s’étonner que tant d’élèves décrochent et que les tests internationaux PISA jugent notre école inefficace ?

Comment faire découvrir la littérature à des élèves de troisième

La littérature française est riche d’auteurs prestigieux. Tous les découvrir dans l’année de troisième est impossible. Mais comme il parait vraiment indispensable que les élèves de troisième acquièrent une culture humaniste ou au moins l’apparence de la culture, le professeur de mon enfant leurs fait apprendre par cœur des listes d’auteurs et d’œuvres majeures, du XVIIième siècle au XX ième siècle. Ainsi apprend-t-on en une phrase que le XVIII est le siècle des lumières et le XIX siècle celui du romantisme, sans comprendre vraiment ce que cela signifie. Pour pouvoir passer l’épreuve de l’évaluation sanction, certains auront recours à la traditionnelle antisèche et d’autres se bourreront tant bien que mal le cerveau pour oublier tout de suite après. Voici une méthode mnémotechnique originale mise en place par l’un d’entre eux : SANG / IVG / PSG …

SANG
– S : Saint Exupéry
– A : Anouilh
– N : Nothomb
– G : Giono
 
PSG
– P : Proust
– S : Sartre
– G : Giono

(…). Convenons qu’il s’agit d’une méthode efficace pour obtenir une bonne note. Parions cependant que tout sera oublié deux semaines après l’évaluation. Sans être un grand expert en pédagogie, on peut supposer qu’il n’est pas certain que cela soit la bonne manière pour donner envie à des adolescents de découvrir toute cette littérature. En tout cas, le professeur de français peut dormir tranquille, il a atteint ses objectifs et il va boucler son programme pour la fin de l’année !

Celui-ci a mis en place une seconde méthode pour faire découvrir des auteurs de la littérature française. Plutôt que d’aborder un auteur en particulier pendant les cours, ce qui prend trop de temps, on utilise les vacances de printemps pour demander aux élèves d’écrire une bibliographie complète sur l’un d’entre eux, avec des instructions précises. Sauf pour ceux qui se sont contenté d’une copie de Wikipédia (et ils ont bien fait), ce travail qui devait être ramassé à la rentrée, a représenté 3 à 4 heures de travail. De retour de vacances, l’enseignant a dû se rendre compte que ramasser les copies lui demanderait un travail conséquent de correction. Il a donc opté pour une évaluation type QCM, plus rapide à corriger. Objectif atteint : un grand auteur du XIX siècle a été abordé. Ceux qui ont effectué le travail sérieusement ont cependant l’impression de s’être fait avoir et n’ont pas le sentiment que leur travail ait été respecté.

Au travers de ces méthodes pédagogiques inadaptées, inspirées peut être des classes préparatoires, il est impossible de faire aimer la littérature française et donner envie aux élèves les plus travailleurs de la découvrir. Si certains d’entre eux la découvriront tout de même, cela sera grâce à leur milieu familial et non grâce à au collège. Ne parlons pas de tous les autres élèves, tous ceux qui surnagent ou ceux qui ont décrochés depuis longtemps.

Déloyauté pour l’épreuve d’histoire de l’art du brevet des collège

Comment juger autrement que déloyal et injuste l’agissement d’un enseignant, qui la semaine avant les vacances scolaires décide purement et simplement de remplacer un des sujets d’histoire de l’art qu’il avait donné pour l’épreuve du brevet des collèges et que certains avaient commencé à traiter, voir avaient terminé de traiter ?

De quelle faute sont responsables ces quelques élèves, pour voir leurs travaux ainsi envoyés aux oubliettes ? N’avaient-ils pas le droit de vouloir s’avancer pour se libérer l’esprit pendant les vacances ?

Il s’agit d’une décision qui illustre à quel point les élèves sont soumis à l’arbitraire et l’absence totale de contre pouvoir au sein du collège face à de tels agissements.

Officiellement, les sujets avaient été donnés avant les vacances de février.

Et maintenant l’histoire de l’art pour le brevet des collèges

A peine les épreuves de brevet blanc, de validation des compétences informatique sous la forme d’un exposé de Science de la Vie et de la Terre sous powerpoint, de présentation orale du rapport de stage de troisième avec un support powerpoint, enfin passés, voilà nos futurs candidats au brevet des collèges contraints à préparer leurs présentations pour l’épreuve de l’histoire des arts.

Étrangement, cette discipline n’étant portée par aucun enseignants (on aurait logiquement pu penser que les enseignants de musique et arts plastiques en soient responsables), les élèves ne reçoivent quasiment aucun enseignement. Comme la discipline est tout de même au brevet des collèges, les enseignants d’histoire et géographie, français, musique, art plastique et même mathématique doivent fournir des sujets pour l’épreuve. En théorie, les cinq sujets devaient être fournis aux élèves avant les vacances de février. Les objets d’étude devaient être étudié en classe et les élèves ne devraient avoir qu’à réviser ces objets d’étude pour l’épreuve d’oral.

Dans la réalité,un seul objet d’étude a été  abordé en classe, mais doivent faire de la part des élèves de recherches complémentaires. Les autres sujets n’ont été fournis que très récemment et les élèves devront là aussi se débrouiller tout seuls.

Dans cette liste de 5 sujets, l’élève doit en choisir un sur lequel il préparera un exposé avec un support sous powerpoint une fois de plus. Il est précisé très sérieusement que l’élève devra « approfondir et dépasser ce qui a été étudié en classe », ce qui ne devrait pas être trop difficile, puisque aucun  des sujets n’a été sérieusement étudié en classe. L’élève devra également se préparer à répondre à des questions sur les autres sujets.

Voilà donc du travail en perspective pour les prochaines vacances de printemps ! Notre élève de troisième qui avait peur de s’ennuyer aura la possibilité de penser tous les jours à son cher collège, ses chers professeurs et son brevet, compte tenu de l’ampleur du travail qui l’attend.

Quels sont élèves qui réussiront et se distingueront dans cette formidable épreuve académique du brevet des collèges ?

Seuls réussiront  les élèves dont la famille peut intervenir en support ou a pu apporter un soutien, tant dans la formation à la recherche d’information, la préparation des présentations sous powerpoint, l’entraînement à la présentation orale et qui ont un accès à cette culture que le collège prétend pompeusement transmettre aux jeunes.

Cette épreuve d’histoire de l’art n’est finalement qu’un moyen supplémentaire pour permettre aux familles accédant au savoir de voir distingués leurs enfants au détriment des autres, indépendamment de la réelle aptitude  des autres élèves. Ainsi se met en place les orientations futures par cette  forme de sélection cachée  qui veut faire croire qu’elle distingue les élèves les plus méritants, alors que leur principal mérite est leur naissance. Dans cette affaire, on se fiche donc bien de faire réussir le plus grand nombre.

Hadopi en cours de musique

Connaissez vous le célèbre compositeur Hadopi ? Heu non la loi du même nom ? Apparemment, tous les professeurs de musique ne la connaissent pas.

Il s’est trouvé un enseignant, qui voulant faire découvrir des auteurs contemporains que lui-même n’avait pas en sa possession, demanda aux élèves de chercher sur YouTube, des morceaux de musique et de les enregistrer sur une clé USB pour le cours d’après.

Les morceaux étaient bien disponibles sur YouTube, mais en streaming, c’est à dire qu’il est possible de les écouter, mais pas de les télécharger. Pour télécharger, il fallait payer, ou bien trouver une solution de téléchargement forcément illégale.

Au cours d’après, seuls deux élèves avaient récupérés les morceaux de musique, dont l’un grâce une subtilité permettant d’enregistrer un flux audio, subtilité qui ne serait à priori pas du téléchargement.

Les autres faisaient remarquer au professeur de musique que le téléchargement était illégal ! La réponse de l’enseignant « vous vous foutez de ma tête, cela fait partie du travail de l’élève que d’aller dans une médiathèque pour rechercher les morceaux demandés ».

Au fait, là où nous habitons, il n’y a pas de médiathèque.

Un exemple parmi d’autre qui démontre que les enseignants n’ont plus aucune limite.

Bonnes vacances (reposez-vous bien)

« Enfin !

Brevet blanc, diapos, oral de stage et autres contrôles…

On va bien s’amuser et se reposer avec tous ces devoirs.

Merci les professeurs ! (chacun rajoute sa couche) » (citation d’un élève de troisième au début des vacances de février).

Les dites vacances ont commencé pour l’élève en question par des poussées d’angoisse et des maux de ventre, devant la quantité de travail exigée. Il a fallu, en bons parents apprendre à l’élève en question à établir un planning des travaux à mener et à essayer de lui expliquer la nécessité de prioriser ses efforts. Quelle nécessité y-a-t-il de s’enfoncer dans le crâne les dates du programme d’histoire, à réviser pour le prochain brevet blanc, trop tôt, sachant d’expérience que notre cerveau trie les informations et oublie naturellement celles qui ne servent à rien ? Comme les élèves ne lisent pas suffisamment, c’est bien connu, il leurs faut lire en plus un livre de 300 pages, en vue d’une rédaction à la rentrée. A 14 ans, lorsque l’on a appris à toujours tout faire pour le mieux, il est difficile de faire la part des choses et de se fixer des limites. Difficile d’admettre qu’il n’est pas possible de répondre à toutes les exigences des professeurs, dont un certain nombre doivent considérer comme un gage de sérieux le fait d’inonder leurs élèves de travail pendant les vacances pendant qu’eux tranquillement profiterons des leurs.

Objecter que les enseignants ont du travail de préparation pendant leurs congés ne tient pas. D’une part, ceux-ci sont des adultes ayant choisi leur métier, alors que les élèves subissent une forte contrainte. D’autre part, demander à cet âge un travail scolaire de l’ordre d’1,5 à 2 h par jour, reviens à demander aux élèves à consacrer 3 jours à 4 jours de congés pour les devoirs, ce qui est excessif à 14 ans. C’est également méconnaitre le besoin humain des élèves d’avoir une véritable coupure, permettant de décompresser pour plus d’efficacité ensuite (la réforme des rythmes scolaire ne semble pas être passée par là). Rappelons que le droit du travail interdit à un employeur de demander à ses salariés de se rendre disponible ou de travailler pendant les vacances. Pourquoi alors nos enfants n’auraient-ils alors un droit équivalent ?

C’est aussi faire porter sur les parents des obligations excessives, risquer de générer des tensions dans certaines familles sur le thème des devoirs. Nous aussi, en tant que parents, nous en avons marre des devoirs tous les jours.

Le cas de cet élève n’est certes pas celui de la majorité des élèves qui insouciants comme on peut l’être à cet âge auront tendance à reporter le travail scolaire pour le dernier week-end des vacances et le bâclerons dans le peu de temps qu’il leur restera. Il leurs en coutera quelques mauvaises notes et une série de reproches qui achèveront de les démotiver.

Pour quels élèves travaillent donc ces enseignants ? Ne travaillent-ils que pour cette extrême minorité d’élèves qui a pris goût à la valorisation par les notes et qui ayant acquis un esprit de compétition, vont se préparer, tels des champions sous l’impulsions de leurs entraineurs de parents, aux futurs concours de sélection qui forment la base du système méritocratique français ? Mon élève de troisième, déjà trop stressé a tendance à brider ses choix d’orientation en fonction de la masse de travail qui lui sera demandé et ce malgré l’excellence de ses résultats scolaires.

Ce mode de fonctionnement de l’école, qui cherche à sélectionner les meilleurs et à les formater pour répondre toujours présent aux sollicitations de leurs futurs employeurs est dommageable pour toute la société. D’une part, il décourage beaucoup d’élèves, d’autre part, il favorise ceux dont les parents peuvent s’investir fortement. Enfin, il sélectionne les individus ayant une certaine forme d’intelligence (gros bachoteurs) à l’heure où une économie innovante aurait plutôt besoin de voir des personnes ayant avec des formes d’intelligences variées, collaborer ensemble pour innover.

 

PS : nous arrivons au dernier WE des vacances et les devoirs ne sont toujours pas terminés.

Les exposés, le rôle des parents, PISA

Dans le collège fréquenté par mes enfants, il semble y avoir une sorte de projet d’établissement ayant attrait au travail des élèves en petits groupes. Face aux mauvais résultats réitérés en décembre 2013 de la France aux tests internationaux PISA de l’OCDE, certains ont pensé avec raison que pour construire une société moderne, il était nécessaire de développer des compétences sociales et de travail en groupe. Ces types de compétences se retrouvent relativement rarement chez les adultes qui aujourd’hui sont plus intéressés par la défense de leurs intérêts privés et leurs propre valorisation au sein de l’entreprise que de parvenir ensemble à réaliser un projet commun, chose que j’ai moi-même observé, alors que je travaillais en mode projet. J’ai pu observer combien d’énergie (surtout mon énergie) pouvait être dépensée en pure perte quand la motivation n’est pas au rendez vous ou que chacun travaille en fonction de ses propres intérêts.

En parents censés, nous attendrions donc que cette apprentissage se fasse au sein du collège, sous la supervision du personnel du collège et qu’éventuellement une partie de la mise en application soit effectuée au domicile. Tel n’est pas le cas, de la classe de sixième à la classe de troisième. Les enseignants se contentent de fournir les sujets, de donner des directives et  de fournir une date à laquelle le travail doit être rendu et éventuellement exposé devant la classe.

Les jeunes sont livrés à eux même et ne bénéficient d’aucun soutien de leurs professeurs. Ceux-ci interviennent, selon leurs habitudes, qu’en toute fin de processus, pour sanctionner le travail par une note.

Mon ainé s’est retrouvé dans un groupe dans lequel ses deux autres partenaires n’avait pas l’intention de porter leur part du travail et qui se sont largement reposés. A chaque fois que mon ainé cherchait à les réunir, ceux-ci se défilaient. Difficile de rendre un travail censé être collectif qu’avec son nom ! Mon enfant a tiré une expérience très négative du travail en groupe : aucune émulation, aucun plaisir partagé, que du stress face à travail qui n’avançait pas. Les enseignants ne peuvent intervenir face à une telle situation, puisque ayant tout sous traité sur la sphère privée, ils ne pouvaient rien voir, rien entendre, rien dire.

Mon deuxième enfant a eu dans un premier temps un poster à réaliser à domicile. Ne pensez pas que les enseignants aient expliqués comment réaliser un poster. Un bon poster ne s’improvise pas. Des techniques permettent de le rendre  attrayant pour le regard et susciter l’intérêt du public. Là encore, aucun enseignant n’était présent pour expliquer quoi que cela soit. Pas même l’enseignant d’art plastique à qui pourrait revenir cet enseignement. La tache nous est revenue tout entière à nous parents. Depuis, le poster a été rendu, les enfants n’ont pas présenté leurs travaux devant leurs camarades. Pour le moment, nous n’avons plus eu de nouvelle de ce travail, vieux de 2 mois.

Pour un de mes enfants, nous avons également eu droit à la réalisation d’un diaporama en groupe, encore une fois chez nous et pas au collège. Je suppose que les enseignants pensent qu’à l’aire du tout numérique, du téléphone portable des tablettes et des i-machins, tout le monde est à l’aise avec ces technologies, enfants compris, puisqu’il y a des ordinateurs à l’école primaires et que donc tous les parents sans exception sont en mesure d’aider leurs enfants à réaliser un diaporama !

Lors d’une dernière expérience de travail en groupe conséquent à réaliser dans un délai de 2 semaines, nous avions à tort un peu trop pris les choses en charge, paniqués que nous étions sur la possibilité pour notre enfant à tout gérer en si peu de temps en plus du travail habituel demandé. Les partenaires de notre enfant n’étaient pas cette fois ci des tires au flan, bien au contraire. Ils ne savaient pas pour autant travailler en groupe, deux d’entre eux passaient leur temps à se chamailler. Ils ont tous apportés leurs problèmes d’égos, voulant imprimer leur marque au projet.

Cela fini par faire tout de même beaucoup de choses qui reposent sur nous parents et je dois dire que nous ressentons un véritable ras-le-bol face à cette avalanche de travail à réaliser au domicile en groupe. On assiste là à un véritable transfert de tâches des enseignants vers nous les parents, sans que nous ayons pour autant le droit de nous exprimer. En matière de pédagogie, les parents d’élèves n’ont pas leur mot à dire, même au travers leurs délégués.

Dans cette avalanche, nous voyons surtout une immense injustice faite à 90 % des élèves dont les parents ne maitrisent pas toute cette culture. En déléguant ainsi sur les parents cet apprentissage qui devrait être effectué à l’école, les enseignants rendent l’école encore plus élitiste. Ce mode de fonctionnement permet de très bien former 5 à 10 % des élèves, de les pousser vers l’excellence, mais revient à jeter tous les autres, tous ceux qui, tout aussi intelligents, n’ont pas la chance d’avoir des parents disponibles et capables de les aider.

Le système méritocratique français ne sélectionne pas les élèves les plus intelligents, comme voudraient le faire croire tous ses défenseurs. Il sélectionne les élèves dont les parents sont les mieux formés et les plus à même d’aider leur progéniture.

Tous les experts du monde pourront déblatérer autant qu’ils veulent sur les mauvais résultats aux tests PISA de la France. On pourra parler de rythme scolaire, du mode de notation, de formation des enseignants, de pédagogie, de tous ces sujets importants. Aussi longtemps que tant sera demandé aux parents, on ne rétablira jamais un minimum d’équité entre les élèves.

Tous les élèves n’ont pas les mêmes chances de réussir, parce que l’école de la république en demande trop aux parents.

Prévention contre le tabagisme

Deux élèves pris en flagrant délit entrain de rouler une cigarette dans les toilettes par un surveillant ont écopé de 3 heures de colle et d’un signalement aux parents. Précisons qu’aucun collégien n’a été pris en flagrant délit de fumer dans l’enceinte du collège depuis longtemps.

Voilà les bonnes vielles méthodes pédagogiques mises en œuvre pour effectuer de la prévention contre le tabagisme ! Un bon coup de matraque, pas de dialogue et illico presto renvoie de la patate chaude aux parents défaillants.

Comme-ci la sanction allait dissuader ces jeunes de commencer à fumer. Les apparences sont sauves, l’autorité du collège restaurée.

Heureusement que la refondation de l’école est en cours !

L’absurdité des notes en sport

Pourquoi les enseignants tiennent-ils à ce point à l’évaluation des élèves par la note ? Note qui peut être vécue non comme une mesure de la progression, ni un encouragement, mais comme source de stress pour les élèves qui courent après la reconnaissance ou de démotivation pour ce qui se sentent sanctionnés par une mauvaise note.

A cette question, il me sera difficile de répondre. Par contre, à l’aide de l’exemple du sport au collège, il me sera aisé de montrer l’aberration  auxquelles nous arrivons aujourd’hui.

Lorsque moi-même j’étais collégien, le sport était la matière favorite de la majeure partie des élèves, car la seule note qui nous était délivrée était celle qui figurait dans le bulletin trimestriel. Cette note prenait en compte notre attitude en sport, nos efforts, notre progression et nos performances. Même en n’ayant aucune qualité sportive, ce qui peut arriver pour certains élèves, il était impossible d’avoir en dessous de la moyenne à partir du moment où l’élève faisait des efforts. N’ayant pas le sentiment d’être évalué en permanence, nous apprécions ce moment.

Aujourd’hui, la folie de la notation a atteint les professeurs de sports du collège de mes enfants qui comme les autres tiennent à évaluer chaque activité sportive. Certains vont même jusqu’à présenter des critères de notation pour démontrer la rigueur de leurs processus de notation et délivrer une note qui situera un élève parmi ses camarades.

Deux de mes enfants sont au collège. L’un à qui tout réussit, même le sport, mais qui fini par éprouver du stress à cause des notes, la peur de ne pas être à la hauteur et l’idée que se feront les autres ou le professeur.

L’autre présente des difficultés de coordination motrice. Les activités sportives sont pour celui-ci une excellente manière d’améliorer sa coordination motrice. Des activités de raquette, telle que le ping-pong, qui au premier abord, peuvent paraître insurmontable, quant la plupart des élèves n’ont pas de difficultés particulières à taper dans une balle mis à part leur inexpérience, lui a apporté une grande satisfaction, quand après beaucoup d’efforts, nous sommes parvenus en jouant ensemble régulièrement à effectuer plusieurs échanges prolongés. Le professeur de sport a bien remarqué sa progression et son envie de réussir. Mais ses efforts se sont soldés par un malheureux 9,65 (notez la précision), tempéré par des encouragements sur le bulletin trimestriel et la reconnaissance que la note ne traduisait pas sa progression.

Mais si la note ne traduit pas les efforts, l’attitude, la progression de l’élève, que traduit-elle ? Sa place dans la classe ! Ce brave professeur de sport effectue la même confusion que de trop nombreux de ses collègues. Il confond compétition et évaluation. La compétition est présente dans le sport et conduit l’individu ou le groupe au dépassement de soi. Dans une course, il y a un premier et un dernier. Mais le dernier d’une course aux jeux olympiques est-il mauvais parce qu’il est arrivé dernier ? On peut très bien effectuer une performance personnelle et arriver le dernier ! Par une évaluation, le professeur est censé mesurer le niveau atteint par l’élève par rapport rapport à(des) objectif(s) clairement expliqués et pouvant être raisonnablement atteint par les élèves (cela suppose peut-être une individualisation des objectifs, ce que fait d’ailleurs un bon entraîneur sportif). Tout le monde peut atteindre ses objectifs, certains les dépasser plus que d’autres. Malheureusement, la note devient trop souvent une mesure de la performance comparée à celle des autres élèves de la classe. Quant un élève part d’en bas et ne dispose pas de dons particuliers, une note médiocre ne l’encouragera pas à poursuivre ses efforts.

Mon enfant m’a d’ailleurs exprimé sa révolte en demandant à quoi servait alors tout ses efforts ?

(A toi bien sûr, car tu te construis)

Désarroi

On trouve des enseignants motivés par l’amour de leur métier et des enfants, n’ayant d’autres objectifs que de les faire tous progresser. Hélas, certains de ces enseignants se trouvent débordés par leurs élèves. Que penser de cet enseignant, qui dans le soucis de faire réussir les élèves, leurs fait faire des exercices qui préparent l’évaluation à venir et après l’évaluation, a à cœur de procéder à une correction approfondie afin que chacun puisse comprendre et progresser ? Ne faisant pas preuve d’autoritarisme, la cacophonie règne dans son cours. Les uns et les autres passent leurs temps à se lancer des bouts de gomme. Et cet autre enseignante qui cherche à motiver et faire participer ses élèves en langue avec des supports adaptés à leur niveau, mais  refusant d’utiliser l’arme de la sanction, n’obtient d’eux que du brouhaha.

Nous sommes face à une génération d’élèves qui ont été, hélas, habitué au rapport de force et n’ont jamais découvert le plaisir d’apprendre. Dés que celui-ci est en leur faveur, ceux-ci en profitent. N’ayant d’autres préoccupations que l’affirmation de leur petite personnalité et n’ayant pas compris l’intérêt de l’école, ils passent leur temps à bavarder, à vouloir se valoriser face à leurs pairs et à s’amuser.

Tout aussi excellent que soient ces enseignants, ils ne peuvent finalement pas grand chose, si seuls eux tentent d’enseigner autrement. Les élèves ne retrouveront pas la motivation d’apprendre.

Tant que le collège voudra former une élite au détriment de sa vocation première de faire réussir le plus grand nombre d’élèves et tant que les méthode d’enseignement de l’ensemble du corps enseignant ne change pas (il faut sortir du schéma standard de transmission verticale des savoirs), ces quelques enseignants qui tentent une approche originale ne connaîtrons qu’un profond désarroi.