Djihadisme : quelle rôle de l’école républicaine ?

Que plusieurs centaines de jeunes français soient à un moment ou un autre partis en Syrie, Irak ou ailleurs pour prendre part au djihad interroge. Tout comme le fait que des français et non des agents de l’étranger aient commis les attentats contre Charlie Hebdo et le supermarché Cacher.

La simple dénonciation du terrorisme, comme quelque-chose d’affreux, ne suffit pas. Il s’est trouvé des enfants pour estimer que le journal Charlie Hebdo l’avait bien cherché en ayant blasphémé contre le prophète Mahomet. Les médias nous ont montré des réactions intelligentes dans quelques établissements scolaires, où des débats ont été organisés afin de faire exprimer cette parole et surtout pour rappeler nos principes laïcs. Le blasphème n’existe pas en droit français, on ne saurait interdire ou limiter la critique sous des motifs de respect des religions, les préceptes religieux peuvent servir de fil conducteur aux individus à titre privé, mais aucune loi divine ne peut s’imposer à tous. Enfin, un enseignant montré en exemple effectuait une lecture d’image des fameuses caricatures, chose que beaucoup  de jeunes ne savent faire, pour faire prendre conscience qu’en l’occurrence était critiqué les extrémistes qui récupéraient la religion musulmane. La preuve est donc apportée que l’instruction civique peut avoir à l’école une vrai consistance et qu’il suffit de s’en donner les moyens et ne pas se limiter comme souvent à l’apprentissage des institutions et des règles. Les cours d’histoire pourraient également être un lieu de réflexion. Les élèves apprennent qu’il y a eu une reconquista en Espagne, des croisades (nos guerres saintes), l’inquisition, les guerres de religion. Mais nos professeurs d’histoire se donnent-ils les moyens de faire prendre conscience aux élèves du résultat de la récupération d’une religion (en l’occurrence le catholicisme) à des fins politiques ? Toute récupération politique d’une quelconque religion se traduit par la mise en place d’un projet totalitaire. La récupération de la religion musulmane n’échappe pas à la règle.

La première réponse que peut donc apporter l’école se situe dans la manière d’enseigner. Il faut arrêter de considérer les élèves comme des pages blanches d’un cahier de connaissances à remplir, transformer certaines matières telles que l’instruction civique, l’histoire géographie et privilégier la compréhension des faits, aiguiser l’esprit critique.

La quantité de jeunes s’étant à moment radicalisés et qui ont été tentés par les sirènes du djihadisme pose la question du profil de ceux-ci. De nombreux témoignages nous ont montré des familles chez lesquelles rien de prédisposaient leurs jeunes à la radicalisation. Ces jeunes ont effectué des rencontres qui les ont influencés ou l’ont été par internet. Mais cette influence porte ses fruits chez certains à cause de leur fragilité particulière. Incapacité à maîtriser leurs émotions, image négative de soi, sentiment d’être exclu, mal être.

L’école républicaine, toute axée qu’elle est sur la méritocratie et la sélection de nos élites joue un rôle majeur dans cette fragilisation. Dans un système hypercompétitif, où les élèves apprennent à coup d’évaluations, sont matraqués de devoirs et sont orientés en fonction de leurs notes, on favorise les élèves bien nés, dont les parents ont la capacité matérielle et intellectuelle d’aider leurs enfants. La ségrégation géographique et sociale est une réalité, mais dans une école qui se targue de respecter le principe d’égalité des chances, le principal facteur d’inégalité entre les élèves provient de cette capacité des parents à leurs apporter un soutien scolaire au bon moment. Finalement, les élèves se retrouvent sélectionnés en fonctions des capacités de leurs parents. Un jeune qui se retrouve dans une voie de garage et qui adulte n’aura pas d’autres horizons que des petits boulots peut en concevoir une certaine amertume. N’ayant pas réussi, il vivra avec une blessure à son amour propre. De tels jeunes, l’école en produit malheureusement de grande quantité.

Il n’est donc pas étonnant, qu’en présence de points de fixation sur la scène internationale telle que la Syrie et l’Irak aujourd’hui, certains jeunes à la recherche d’un sens à leur vie et rêvant d’un système de valorisation échouent dans les sectes djihadistes. Cette porte est plus honorable pour eux que la délinquance dans laquelle certains tombaient auparavant.

L’école de la république, en ne renonçant pas à son système méritocratique et en ne cherchant pas la réussite de tous les élèves offre malheureusement à ces sectes nombre de candidats potentiels. La refondation de l’école (pas celle en cours hélas) doit donc être l’axe majeur pour que l’on ne vive plus de tels attentats qui nous ont endeuillés.

Dérapage de l’autorité

Voici une anecdote qui illustre malheureusement à quel pont l’école républicaine transmet si mal les valeurs républicaines et démocratiques à nos jeunes citoyens en devenir collégiens.

Après qu’un élève eut écrit des insultes sur une table à destination  d’un de ses professeurs, l’intervention du professeur principal fut demandée par l’enseignant intéressé. Un tel acte ne pouvait pas rester sans réactions. Malheureusement, la réponse pédagogique ne fut pas à la hauteur de ce que nous pouvions attendre.

Après avoir sermonné les élèves, le professeur principal tenta de connaître le responsable du délit. Face au mutisme de la classe, un comportement habituel dans un groupe d’élèves de ce niveau de maturité et de cet âge, l’enseignant tenta une méthode inspirée des régimes dictatoriaux. Il demanda aux élèves de dénoncer le coupable sur un bout de papier anonyme. Bien entendu, la méthode fut un échec, puisqu’il ne permit pas de découvrir le coupable, certains élèves n’hésitèrent pas à procéder à des dénonciation calomnieuses. Malgré l’intervention du Conseillé Pédagogique d’Éducation (CPE), le coupable ne fut pas trouvé. Bien dans l’embarras, le professeur principal décida alors d’une punition collective de l’ensemble de la classe, qui fut convoquée pour une heure de colle.

Pour l’institution, la morale parait sauve et l’équilibre retrouvé, puisque la réprobation face à un comportement irrespectueux exprimée. Pour nous parents d’élèves, au contraire, cette anecdote illustre un énorme défit de l’institution dans la formation de nos jeunes. Difficile d’en vouloir aux adultes investis de l’autorité de l’institution, qui sont par ailleurs des personnes attentives aux élèves et bienveillantes ! Comment  peuvent alors survenir de tels dérapages de l’école républicaine : incitation à la dénonciation anonyme conduisant à des dénonciations calomnieuse, punition collective au mépris du principe de présomption d’innocence, fondement de la justice française ? Les leçons qu’en tirent nos jeunes ne sont pas celles que nous espérons. Ils apprennent que le plus fort rend la justice, que l’on ne risque rien à dénoncer autrui, qu’il est possible de réitérer des insultes vis à vis des enseignants, à partir du moment où le statut de celui qui insulte dans la classe lui assure l’impunité.

Cette anecdote illustre une fois de plus l’absence de formation pédagogique de nos enseignants. A aucun moment, leur formation ne les amener à réfléchir à ce genre de situation, d’un point de vue morale et pratique. Il existe des méthodes d’investigation pour découvrir la vérité qui ne bafouent pas à ce point les principes fondamentaux de notre république.

Téléphone portable

Arrivé au lycée, l’usage du téléphone portable par les élèves pendant les cours, dans la classe de seconde de mon enfant, s’est bien généralisé.

Au delà du fait que cet usage puisse perturber le fonctionnement de la classe, et détourne l’élève lui-même des apprentissages en focalisant son attention sur son téléphone, le comportement de ces élèves n’est que la copie exacte de celui des adultes, lesquels ne savent plus se passer de cette extension d’eux même, quelque soit les circonstances (professionnelles, loisir, privé …).

Les enseignants eux-même n’échappent pas à la règle. Cela commence par les enseignants du primaire qui expliquent à leurs élèves que leur téléphone portable peut être amené à sonner pour permettre à leurs enfants de les joindre pendant que ceux-ci font classe. Cela continue au collège par d’autres enseignants, qui pendant que les élèves effectuent des exercices en classe, pianotent sur leur téléphone caché sous leur bureau (jeune adolescents, effectuant mes devoirs, je faisais la même chose avec la bande dessinée que je coinçais entre mes genoux et le bureau, pour faire croire à ma mère que je travaillais). Un jour, un téléphone sonnant dans une classe de cinquième, l’enseignant protesta, jusqu’à se rendre compte que c’était son propre téléphone qui sonnait. Plutôt que de l’éteindre et de s’excuser du dérangement, l’enseignant sortit de classe pour répondre. Profitant de l’occasion, les élèves chahutèrent.

Je n’ai pas encore connaissance d’ élèves utilisant leurs téléphone portable dans les classes de primaire et de collège. La peur de la sanction doit sans doute encore faire son effet.

Mais avec de tels exemples comportements d’adultes référent, arrivé à l’âge du lycée, les élèves ne prennent plus de gants et ne se gênent plus pour gérer leurs relations privées pendant la classe.  De tels comportement de la part des enseignants, même s’ils sont le reflets de notre société, révèlent de manière flagrante un manque de formation des enseignants à l’art d’enseigner. Le système de concours Capes et Agrégation ne leur permettent pas de recevoir cette formation.

Du changement en vue sur les évaluations ?

Alors que les évaluations sont trop perçues comme un moyen de contrôle des élèves permettant soit de les gratifier soit de les sanctionner, un changement est peut être en cours.

D’un côté, le gouvernement organise actuellement une conférence sur les évaluations des élèves, avec un jury qui devrait se prononcer pour la mi décembre 2015 sur la manière de transformer les évaluations pour quelles deviennent un outil au services des apprentissages et de la réussite de tous.

De l’autre, on peut noter de la part de quelques enseignants des changements de pratiques dans la manière d’évaluer. Par ordre croissant d’intérêt :

  • quelques uns prennent à cœur de vérifier que les consignes de l’évaluation sont bien comprises et sont ouverts aux questions des élèves ;
  • un autre fait recommencer l’évaluation jusqu’à ce que les élèves obtiennent un résultat convenable ;
  • l’enseignant le plus novateur a identifié dans sa matière un ensemble de compétences à acquérir d’ici à la fin de l’année et utilise les évaluations pour informer les élèves du niveau atteint (d’ailleurs, ceux-ci sont invités à s’auto-évaluer), sans d’ailleurs utiliser des notes mais avec des codes couleurs.

Nous aimerions ne plus voir des enseignants, qui tel cet enseignant de Sciences Économiques et Sociales, qui en début année demande en évaluation à des élèves de seconde, n’ayant pour la majorité aucune culture économique, le nom de la société ayant racheté Altstom, ou ce que veut dire INSEE ! Le résultat, visible sur l’extranet Pronote, n’est comme on pouvait s’y attendre, pas très glorieux. Quel dommage de commencer une année scolaire par un à priori négatif pour les élèves, dans une matière qui est si essentielle à la formation des citoyens de demain.

Souhaitons que cette conférence apporte un véritable changement, que les évaluations cessent d’être pour une minorité un moyen de gratification, une sanction et une source d’angoisse pour la plupart.

Petit bémol néanmoins, la conférence devra aussi réfléchir sur « Comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?« . Cette question (n°5) révèle que le système éducatif aura du mal de se passer des évaluations comme moyen de sélection.  Pour que la réforme soit complète, un énorme travail de revalorisation des filières technologique et technique doit encore être effectué. Un pays tel que la Suisse doit, entre autre, à son système de formation professionnelle proche des entreprises, d’avoir une des économies les plus compétitive du monde. La majeure partie des élèves (3 sur 5) y choisi une orientation en filière professionnelle. Ils conservent la possibilité de poursuivre des formations supérieures à l’issue de leur formation initiale.

Une revalorisation des filières professionnelles en France éviterai de baser l’orientation sur une sélection par les notes et surtout rendrait confiance en l’avenir à nos jeunes qui pourraient mieux maîtriser leur destinée.

Pas de réforme des rythmes scolaires au lycée

Il est vraiment étonnant de constater comment le problème des rythmes scolaires inadaptés des élèves d’écoles primaire a tant occupé le débat dans l’année passée, sans qu’une seule fois ne soit évoqué celui des collégiens et lycéens. Pourtant de bonne conditions d’apprentissage sont également nécessaires pour ces catégories d’élèves.

A l’âge de 15 ans, il est excessif de demander à un élève ne suivant aucune option (ex latin) de suivre dans la même journée 8h de cours, d’avoir la même qualité d’attention toute la journée et pour finir, de consacrer encore au minimum une heure à ses devoirs, alors que d’autres journées sont par ailleurs étrangement creuses, avec des cours se terminant à 14h. On leur demande d’être aussi performants que des adultes. Or, même ceux-ci ont des moments de la journée où ils sont moins performants, comme après les repas, où sous l’effet de la digestion, ils sont sujets à l’endormissement. De plus, les formations suivies dans le cadre de l’entreprise ne dépassent que rarement 6h, justement car notre aptitude à être concentrés longtemps n’est pas extensible. Pourquoi, alors, celle de nos enfants devrait-elle meilleure ?

Est-ce pour les habituer aux grosses révisions des études supérieures que toutes les évaluations sont programmées la dernière semaine avant les vacances scolaires ? Chaque enseignant pourra expliquer, qu’arrivant à la fin d’un cycle, il est normal que ces évaluations soient programmées à ce moment. Il n’empêche que cela fait beaucoup. Nous adultes, avons notre week-end pour nous reposer et nos enfants devraient pendant ce temps consacrer une journée à travailler ? Ce n’est pas ainsi que l’on fera réussir le plus grand nombre.

Sans passer par une réforme complexe, il y aurait de petites mesures qui permettrait d’améliorer les conditions d’apprentissages et d’éviter une accumulation trop rapide de fatigue.

Tout d’abord, reconnaître aux élèves quelques droits élémentaires, comme une durée maximum de cours par journée. 8h dans une même journée sont le résultat d’un arbitrage en leur défaveur pour régler des problèmes d’organisation.

Ensuite, demander aux enseignants de se coordonner pour les obliger à étaler les évaluations dans le temps et éviter une telle concentration, malheureusement habituelle avant les vacances.

Remettre l’intérêt de l’élève au cœur de l’organisation du temps scolaire peut se faire à moindre frais avec un quelques règles intégrées dans le mode de fonctionnement de l’établissement.

Pénurie de professeurs de mathématiques

Trois semaines sans professeurs de mathématique à la rentrée en classe de seconde ! A la réunion de rentrée parents professeurs, nous avons appris que la situation du lycée n’était pas isolée, loin sans faut puisqu’au cela serait une centaines de professeurs de mathématiques qui manqueraient en cette rentrée 2014-2015 sur l’académie. Cette situation pose plusieurs questions.

La première, comme se fait-il que grâce à l’enchantement des grandes vacances, d’une année scolaire à l’autre, une centaine de professeurs de mathématiques viennent à manquer  ? Serait-ce donc seulement l’effet de l’arrivée de la génération bébé an 2000 au lycée ? L’explication parait un peu courte. On peut supposer que d’une année sur l’autre, les postes manquants sont pourvus par des contrats à durée déterminée, ceux-ci prenant fin à la fin de l’année scolaire. Et lorsque se présente la nouvelle année scolaire, le temps que l’administration  engage de nouvelles procédures de recrutement, quelques semaines sont déjà perdues pour les élèves, mais quelles économies pour le budget de l’éducation nationale ! Les anciens précaires ne sont certainement pas tous disponibles pour une nouvelle année, en tout cas pas ceux qui n’appréciant pas d’être jetés en fin d’année ont pris les devant pour trouver un autre emploi.

L’académie ne serait donc pas capable d’avoir une gestion prévisionnelle de ses ressources ? En serions nous encore à l’époque d’une gestion à la petite semaine ? Les deux mois d’été ne suffirait dont pas à l’administration pour préparer la rentrée ? Faudrait-il rallonger  la durée des vacances d’été des élèves pour donner le temps à l’administration d’organier la nouvelle année scolaire ? Il serait peut-être temps de donner plus d’autonomie aux chefs d’établissements, que ceux-ci puissent prendre en charge eux même le recrutement des enseignants manquants. Celui-ci ne pourrait qu’être que de meilleur qualité, vu qu’il n’est pas certain que, dans la précipitation, les candidats aient toujours un véritable entretien de recrutement, passé le cap de l’examen des candidatures sur CV. Et  donner la possibilité d’offrir une véritable perspective de carrière à ceux qui font leurs preuves.

La seconde question est de savoir pourquoi chaque année, les postes ouverts au concours ne peuvent être pourvus faute de candidats, alors que la France s’enorgueillit de sa médaille Fields et de l’excellence de son école française de mathématique. Pourquoi un tel manque de vocations ? Une explication tient au fait que les mathématiques sont un des vecteurs essentiels de la sélection des élites. Les meilleurs élèves en mathématique s’orientent naturellement en classe préparatoire pour préparer les concours d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieurs. Un élève ou étudiant bon en mathématique aura  beaucoup d’autres possibilité de choix de métier, bien mieux reconnus et rémunérés que simple professeur de mathématique en lycée ou collège (exception faite des professeurs de classe préparatoire).

Contenu du fait que les connaissances en mathématiques sont très en deçà du niveau demandé au concours, on peut se demander si il n’y a pas une forme distorsion entre les compétences demandées au concours et celles réellement requises pour enseigner. Ces fameux concours du capes et de l’agrégation se contente d’attester d’un très bon niveau en mathématique des enseignants, mais pas du tout de leur aptitude à enseigner à des élèves. Il serait alors plus intelligent de revoir le mode de recrutement et de demander aux futurs enseignants d’avoir une véritable formation en pédagogie, quitte à avoir un niveau moins élevé en mathématique. Il devrait ainsi être possible d’élargir la base de recrutement des futurs professeurs de mathématique.

La dernière question est de savoir si la pénurie est équitablement partagée au sein de l’école républicaine ou si certains s’en sortent mieux. Et, là, on peut se rendre compte qu’il existe bien au lycée des classes élites, qui elles  bien leurs professeurs de mathématique. Pour ceux qui ne le savent pas encore, pour en faire partie, il faut dés la classe sixième faire bilingue anglais/allemand, ou encore classe européenne à partir de la classe de quatrième, ou encore jouer sur les bonnes options. Attention, ne pas faire toutes ces options et être un excellent élève (moyenne dans toutes les matières au dessus de 18 en classe de troisième) ne garantit pas d’être dans la classe élite. Il faut s’être plié au système pour avoir le droit de faire partie de l’élite.

Si il y avait un minimum de justice, la pénurie serait partagée par tous et l’on réduirait la durée d’enseignement de toutes les classes pour que toutes aient le droit de faire des mathématiques. Mais la course à la réussite est déjà engagée et il ne faudrait pas réduire les chances des élèves des classes élites d’un établissement au détriment de ceux des autres établissements. Chaque lycée tient à son classement.

 

ABCD de l’égalité en cours de sport

Alors que le ministre de l’éducation national, Benoît Hamon opère un replis, espérons nous tactique, sur la mise en œuvre de l’ABCD de l’égalité, en vue de remplacer cette expérimentation par un « plan d’action », il subsiste des pratiques sexistes en cours de sport qui cantonnent les filles dans une position d’infériorité.

Que dire d’un enseignant de sport qui n’intervient pas dans la constitution des équipes en sport collectif, laissant les garçons prendre le dessus, conduisant les filles à se retrouver dans les équipes les plus faibles ? Que penser de lui, lorsque celui-ci ne s’intéresse qu’aux meilleurs et n’effectue aucun arbitrage des équipes qu’il juge moins intéressantes ? Les sports d’équipes sont un espace d’apprentissage de la cohésion de groupe, où l’individualisme n’a pas sa place. De fortes individualités, généralement masculines qui ne savent pas s’appuyer sur leurs camarades, entre autre féminins, ne feront pas gagner leur équipe, bien au contraire. C’est au professeur d’intervenir, de modérer les ardeurs et de relativiser les enjeux. C’est au professeur d’agir lorsqu’il constate que des élèves ne peuvent prendre part au jeu car jamais la balle ne leur est passée. IL ne doit pas laisser faire lorsque dans une équipe une remplaçante se trouve pendant toute la durée du match sur la touche, réclamant de pouvoir entrer et participer au jeu. Facile pour lui de voir ladite élève avant le match et lui dire qu’il aurait bien aimé la voir plus souvent à l’action pendant l’année et qu’il espère qu’à l’occasion de ce dernier match, elle montrera ce qu’elle est capable de faire !

Ce professeur ne se rend même pas compte que par sa manière d’agir, il amplifie les inégalités entre garçons et filles et qu’il fait accepter aux filles des rôles subalternes tandis qu’il valorise excessivement les garçons.

Espérons que le plan d’action de Benoît Hamon visera plus particulièrement les professeurs de sport masculins pour les former et leurs faire prendre conscience de leurs agissements dans le conditionnement des rôles masculins / féminins.

Quelle utilité du brevet des collèges et du bac ?

L’article du journal Le Monde daté du mardi 17 juin 2014 « Un examen qui ne sert plus ni à évaluer ni à orienter » instruit sur les coûts du bac, estimé à 2000 € par le syndicat des proviseurs (SNPDEN), en prenant en compte les quatre semaines de cours perdues, et pose la question de l’efficacité de cette investissement de la nation (1,5 milliards d’euros chaque année). L’attribution en masse de ce diplôme s’est faite au détriment de la qualité. Il ne garantit plus grand chose et les filières post bac les plus recherchées ne s’y trompent pas. Elles sélectionnent leurs candidats sur dossier, livret scolaire ou concours. Les autres étudiants n’ont même pas la garantie de réussir à l’université, puisque la moitié des reçus au bac échouent dans les deux années qui suivent.

A quoi sert alors le bac ? « (…) le bac évalue surtout la capacité à «bachoter», ce qui n’est pas intellectuellement le plus formateur« .  « C’est comme si le bac certifiait à tour de bras pour faire passer dans le supérieur » (Le Monde du 17/06/2014).

Alors, pourquoi ne pas réformer le bac ? Pour le journal Le Monde, il s’agit d’un rite de passage auquel le pays reste farouchement attaché.

Souhaitons que cette belle analyse soit un jour  également effectuée au sujet du brevet des collèges, qui a mis les élèves hors de l’établissement à compter du 24 juin cette année et conduit à une démobilisation des enseignant une semaine auparavant, même en classe de troisième, où au lieu de préparer le dit examen, on s’amuse et visionne des films qui n’ont rien à voir avec les matières enseignées !

Pour moi, le paradoxe réside dans le fait que le bac, tout comme le brevet des collèges ne sont pas des examens sélectifs qui visent en apparence à certifier un niveau d’études des jeunes, mais en fait préparent aux concours de l’enseignement supérieur et de l’administration public, dont ceux de l’enseignement. Il faut en effet devenir une bête de travail et avoir une grosse capacité à  «bachoter» pour réussir la plupart de ces concours. Cela demande un investissement considérable à tous les candidats qui souhaitent avoir de sérieuses chances de réussir. Pour pouvoir produire une quantité de candidats suffisante pour faire fonctionner ce système sélectif, la préparation doit commencer très en amont. Celle-ci commence avec le brevet des collèges, puis se poursuit trois ans plus tard avec l’épreuve du bac. Un élève qui aura acquis les méthodes de travail pour ingurgiter tout le savoir qu’on lui demandera de régurgiter lors de ces épreuves pourra ensuite postuler à tous ces concours qui lui permettront d’accéder à un statut social enviable : ingénieur des grandes écoles, médecin, commercial, manager, fonction publique, enseignant …. Ayant eu le mérite de réussir à un moment de sa vie un concours, le valeureux candidat  devient méritant à vie. Il peut se reposer sur le statut acquis après de rudes efforts. Ne souhaitant pas que les avantages sociaux qu’il a acquis de haute lutte puisse être dilués par une quantité trop importante de personnes ayant progressé dans leur vie professionnelle, sans passer par la voie royale du concours, notre ancien candidat s’organisera en corporation, syndicat, réseau pour empêcher ces intrus venir le concurrencer sur le marché du travail.

La clé de voûte est le concours. Mais pour que le système méritocratique fonctionne pleinement, il a besoin du brevet des collèges et du bac qui préparent une minorité d’une classe d’âge à passer ces épreuves sélectives (10 % ?). Tant pis pour tous les autres élèves qui n’en tire qu’un bénéfice symbolique.

Ce n’est donc pas « le pays qui reste farouchement attaché à son «bachot» », mais les élites conservatrices qui veulent préserver leurs avantages sociaux et permettre à leurs progénitures d’accéder au même statut social, en justifiant leur mérite par la réussite aux concours, qui empêchent toute réforme.

Pourquoi rendre les maths difficiles au brevet des collèges ?

Le brevet des collèges s’est terminé vendredi 27 juin par l’épreuve d’histoire-géographie. Même si cette dernière épreuve ne présentait pas grand intérêt à cause de questions zappant sur une multitude de sujets, alors que cette année était riche en événements (centenaire du déclenchement de la première guerre mondiale, soixante dixième anniversaire du débarquement, Europe avec les élections européennes), elle ne présentait pas de difficultés particulières, tout comme l’épreuve de français.

L’épreuve de mathématique était par contre d’un niveau de difficultés bien supérieur et très difficile à mener à bien dans le délai de deux heures, même pour des élèves ayant eu, au cours de l’année de troisième des résultats scolaires excellents.A titre de comparaions, la plupart des élèves étaient sortis de la salle d’examen au bout d’une heure d’épreuve d’histoire / géographie. J’entends déjà les professeurs nous expliquer que les élèves doivent apprendre à gérer leur temps. Mais pourquoi une telle divergence entre l’épreuve des mathématiques et les autres épreuves ?

Le brevet des collèges poursuit normalement un objectif certificateur des élèves en fin de classe de troisième. Il atteste de la maîtrise par les élèves d’un socle commun de connaissances. Cependant, l’épreuve de mathématique vise un objectif complémentaire qui ne peut pas être affiché. Elles restent la matière reine sur laquelle se base la sélection des élites, d’abord au lycée, puis ensuite par le biais des classes préparatoires. Il convient donc de commencer à préparer des maintenant nos chérubins à devenir des bêtes de concours. Enfin pas tous, juste une minorité.

Les bons conseils du conseiller d’orientation

Connaissez vous le site les métiers.net, site internet créé en 2003 à l’initiative du Conseil Régional Île de France, destiné à aider les 12/25 ans dans leur choix d’orientation scolaire et professionnelle ? Ce site propose un test gratuit permettant aux jeunes de déterminer à partir de leurs goûts le type de métier qui leur convient le mieux et une large palette de professions.

Il semblerait que certains conseillers d’orientations qui reçoivent au cours du dernier semestre les élèves de troisième ne le connaissent pas. C’est une bonne chose que de demander à tous les élèves de prendre rendez vous avec le conseiller. Mais si ce rendez vous ne sert qu’à prendre connaissance des notes de l’élève pour lui signifier quelle orientation il ne peut pas prendre ou à l’inverse expliquer à un élève qui ne s’est pas encore déterminé, qu’il peut s’orienter vers le lycée général, l’élève n’aura pas avancé dans la maturation d’un projet de vie personnel. Il n’aura non plus pas compris l’intérêt de son implication dans sa scolarité, laquelle ne vise pas l’obtention de bonnes notes, mais bien la préparation d’un projet de vie. Tous le monde sait-il bien qu’en fonction du projet de vie, la fréquentation d’un lycée général n’est pas la meilleure solution, même en ayant un bon dossier scolaire ? Il serait temps d’arrêter d’orienter les élèves en fonction de leur niveau scolaire. Un élève qui souhaite s’orienter à terme vers un métier artistique ne doit surtout pas poursuivre en lycée général, mais s’orienter vers un bac ST2A (sciences et techniques des arts appliqués). Les passerelles ne sont pas évidentes et peuvent nécessiter de coûteuses remises à niveau dans des écoles payantes !

Le chef d’établissement s’était pourtant bien impliqué dans une réunion d’information pour expliquer l’importance de l’orientation et ses subtilités, la nécessité d’avoir un projet en cohérence avec son niveau scolaire. L’absence d’implication sérieuse du conseiller d’orientation annule tous ses efforts et est préjudiciable pour nombre d’élèves. Elle conduit directement à des cas d’élèves qui se trouvent sans orientation pour la rentrée, d’autres avec des orientations qui ne leurs conviennent pas et vont occuper les commissions d’appels,  rester dans incertitude quant à leur orientation pendant tout l’été, pour dans le pire des cas, retourner pour une année supplémentaire au collège, aigris.

On attend des ces conseillers qu’ils aient un minimum d’intérêt pour les jeunes qui reçoivent. Passer son temps à répondre à des appels téléphonique, comme c’est arrivé à mon enfant, n’est pas une marque d’intérêt, ni même de respect. Si un accompagnement est bien prévu, celui-ci reste largement insuffisant. Demander à chaque élève de procéder au test du site « les métiers.net » pour en parler ensuite avec le conseiller d’orientation serait un bon début.