Réformes du lycée et des bacs généraux, parcoursSup donneront ils un avenir à tous les lycéens ?

La refondation de l’école qui devait être un des grands chantier du précédent quinquennat de gauche va rapidement se retrouver envoyée aux oubliettes par les réformes engagées par le président Macron, faute aux différents gouvernements du président Hollande de n’avoir pas voulu s’attaquer aux vrais problèmes de l’école qui conditionnent la totalité de la scolarité, à savoir l’orientation dans les études supérieures et donc la sélection.

Il a suffit que le système scolaire se retrouve au bord de l’implosion avec la massification de l’accès au baccalauréat pourtant voulu par toutes les politiques éducatives et la saturation des universités contraintes de faire appel au tirage au sort, ainsi qu’une élection présidentielle pour qu’un président et un gouvernement réformateur engagent simultanément trois grandes réformes, celle de l’orientation dans les études supérieures avec ParcourSup, la réforme du lycée général avec la disparition des filières scientifique, littéraire, économique et sociale ainsi que la réforme du baccalauréat général.

Hélas, ces trois réformes sont lancées sans véritable débat démocratique sur le système éducatif que nous souhaitons voir émerger et surtout avec l’absence d’explications de la nouvelle architecture du système scolaire qui se met en place. On peut mesurer toute l’habilité du gouvernement qui applique les méthodes de conduite du changement bien connues dans le monde de l’entreprise. Mais est-ce vraiment démocratique ?

Lors de la présentation du nouveau système d’affectation des lycéens dans les établissements d’études supérieures, on nous parlait de vérification de pré requis, d’attendus, puis de classement, progressivement pour amener l’idée qu’une sélection à l’entrée de l’université, pourtant taboue il y a encore quelque mois, est devenue nécessaire. Cette sélection s’effectuera, à ne pas en douter à l’aide de l’outil informatique. Comment en effet, une université pourra examiner avec une équipe humaine une masse de candidatures quant les futurs lycéens pourront émettre dix vœux non hiérarchisés ? Comment une équipe pédagogique pourra-t-elle par exemple examiner 8500 candidatures pour 200 places (chiffres moyen pour une filière STAPS avant ParcourSup) si ce n’est en faisant appel à une procédure informatique pour effectuer un triage? Comment le nouveau système ParcourSup sera-t-il capable d’effectuer ce classement alors que chaque université / licence pourra définir un ensemble d’attendus et que les délais de refonte de la procédure informatique sont très cours ? Certains critères, comme évaluer la pertinence d’un engagement associatif ou de la réalité de résultats sportifs ne peuvent pas même être évalués de manière informatique. On peut craindre que chaque formation supérieure n’utilise ParcourSup comme une grosse base de donnée avec toutes les notes des bacheliers depuis la première, les appréciations des enseignants transformées également en notes et que les différents établissements. Chaque établissement extraira les informations qui l’intéresse et développera ses propres algorithmes informatique pour trier les futurs étudiants et en retour indiquer à ParcourSup les étudiants retenus. Les commentaires, lettres de motivations, expériences extra-scolaires ne serviront qu’à départager les candidats qui se disputeront les dernières places. Cette réforme permet donc non seulement de mettre en œuvre une sélection à l’entrée de l’université, mais elle donne en plus la liberté à chaque établissement de définir ses propres critères, rendant cette procédure de sélection peu compréhensible pour la plupart des futurs étudiants et leurs familles. Y aura-t-il un critère de pondération des résultats du lycéens en fonction de l’établissement d’origine qui lui aussi peut être noté ? Ne risque-t-on pas d’accentuer le phénomène de fuite de certains lycées ?

La refonte des séries générales du lycée avec la disparation de celles-ci va conduire les lycéens à se poser des questions sur leur avenir beaucoup plus tôt, dés la fin de la seconde puisqu’ils leur faudra choisir en première trois spécialités et en classe de terminale, deux spécialités. Les lycéens devront, à ne pas en douter, effectuer les bons choix pour, le bac en poche pouvoir postuler dans les filières supérieures désirées. Ce n’est pas à l’âge de 15 ans qu’un jeune est capable d’étudier le lien entre différents attendus à l’entrée des établissements supérieurs et les spécialités qu’il peut choisir. Seuls ceux dont les parents sont suffisamment avertis parviendront à tirer leur épingle du jeu.

La réforme du bac semble quant à elle donner une belle part aux lettres et sciences humaines qui se trouvent dans le tronc commun, au détriment des enseignements de spécialité (25% de la note ?). Cette réforme avantagera les élèves avec des facilités d’expression à l’écrit comme à l’oral, tout comme l’introduction d’un d’oral de maturité ou grand oral. Le lycéen présenterait un projet mené sur deux années en 20 minutes dont 10 consacrées à l’argumentation. Il n’y a bien sûr rien de plus positif que d’apprendre aux jeunes de fonctionner dans une démarche projet et de leur apprendre à s’exprimer en public. Il s’agit là de compétences de savoir faire et savoir être qui sont requises dans le monde professionnel. Elles avantages cependant grandement les familles qui possèdent les codes comportementaux et relationnels et les transmettent à leurs enfants, donc disons le clairement les familles des classes sociales supérieures, ce qui n’est pas très équitable.

Ces réformes engagées par  le gouvernement Philippe apportent bien une réponse à la massification de l’accès des jeunes au baccalauréat et l’affluence dans les filière supérieures. Sous couvert de méritocratie, elles ne paraissent néanmoins pas équitables car elles favoriseront les élèves des familles des classes sociales supérieures qui sauront naviguer dans ce système scolaire remanié. Le gouvernement se donne bonne conscience en mettant en place une année de remise à niveau pour ne pas remettre en cause le principe du droit de l’accès à des études supérieures à tout bachelier. On peut craindre néanmoins que tout comme aujourd’hui, les échecs et les abandons resteront aussi nombreux. Ces réformes ne répondent pas à l’enjeu de former correctement toute une classe d’âge de manière à ce que chacun puisse s’insérer professionnellement. Il ne s’agit pourtant pas que d’un droit, mais aussi d’un enjeu économique. D’autres exemples existent cependant et la France a bien tort de ne pas vouloir s’en inspirer.

Les Hautes Écoles Spécialisées (HES) en Suisse, correspondant à des université professionnelles proposent de nombreuses spécialités et forment une part croissante des étudiants du supérieur en Suisse. Les jeunes qui choisissent, au cours de leur scolarité, une voie professionnelle avec un apprentissage peuvent par la suite accéder aux HES, alors qu’en France, les bac technologiques et les bacs professionnels sont fortement concurrencés pour l’accès aux IUT et BTS par les lycéens des bac généraux. Ils ont peu de chance de réussite à l’université, surtout en ce qui concerne les bac pro. Ces HES répondent bien aux besoin des PME locales et offrent à leurs étudiants une insertion professionnelle rapide. Il n’est pas rare que ceux-ci trouvent plus rapidement du travail que les étudiants sortis de l’université, obtiennent un meilleur salaire et accèdent plus à des postes de responsabilité (lire Le Monde Campus du 03.03.2018, « En Suisse, les universités pro sont plébiscitées« ). Une partie de la prospérité de la Suisse provient de son système de formation. Or nous constatons que les réformes engagées par l’actuelle gouvernement ne concerne pas les bac technologiques et bac professionnelles. Ces bacs devraient être valorisés ainsi que leurs débouchés. Mais plutôt que d’engager une réforme qui insistera plus de jeunes à s’orienter dans ces filières, le gouvernement préfère gérer la massification de l’accès des jeunes au baccalauréat et introduire des règles de sélection qui favoriseront les élèves des classes sociales supérieures dont les familles sauront guider leurs enfants. Ce n’est pas en favorisant les beaux parleurs que l’on formera des jeunes qui posséderont des compétences professionnelles pointues. Là bien est le problème de la France qui préfère former des gens qui feront faire plutôt qui savent faire eux même. Il y a là peut être une explication du décrochage économique industriel de la France, qui n’a pas su innover et reste spécialisé dans du moyen de gamme, mais nous préférons ne pas bousculer la hiérarchie sociale existante.

Neige, neige, snapchat, réseaux sociaux et fake news

Lors de fortes chutes de neige de cette semaine en région Île de France, la communication de l’académie relayant l’interdiction pour les autocar de circuler et conseillant aux parents de garder leurs enfants chez eux a été rapidement récupérée par des lycéens et transmise à leurs camarades par le biais des réseaux sociaux. Les élèves constituent aujourd’hui des groupes sur les réseaux sociaux, comme Snapchat dans le cas d’un de mes enfants. L’information vraie ou non y circule très vite. C’est ainsi que confronté à l’affirmation de l’absence de cours le lendemain, nous avons chercher à vérifier la véracité de la nouvelle.

A l’heure des réseaux sociaux, les établissement scolaires ne sont pas démunis pour communiquer avec les parents et relayer une information urgente : SMS, site Pronote, site de l’établissement scolaire, Espace Numérique de Travail (ENT). Sur aucun de ces support, nous n’avons trouvé l’information au début de l’épisode neigeux. A force de chercher, nous avons fini par trouver la recommandation de l’académie sur son site, à l’origine de la fausse nouvelle (fake new).

Le lendemain, au lycée, il n’y avait effectivement que très peu d’élèves présents. Les professeurs qui étaient parvenus à venir, peu motivés à enseigner ou faire travailler une classe réduite ont renvoyé les élèves chez eux. Il faut bien comprendre que dans cet épisode, de nombreux élèves auraient tout de même pu venir au lycée, mais confortés par leurs camarades de classe sur Snapchat, ont sauté sur l’occasion pour s’offrir une journée de repos. Certains élèves habitent effectivement trop loin et ne pouvant prendre les transports scolaires ne pouvaient raisonnablement pas venir. Mais tous ceux habitant à proximité qui n’avaient qu’à prendre leurs souliers se sont bien abstenus de se déplacer.

Avec un jour de retard, la communication officielle du lycée a fini par arriver sur le site Pronote. Espérons que la communauté éducative analysera cet épisode et prendra conscience de la nécessité de communiquer suffisamment rapidement sur les supports dont elle dispose (site officiel de l’établissement, Pronote …) pour contrer les effets de la prochaine propagation de fausses nouvelles.

Un mauvais usage de Pronote

L’espace Pronote sur internet est pour les élèves et leurs parents un bon outil pour suivre la scolarité, les résultats scolaires et surtout les devoirs à effectuer, maintenant que l’outil est largement adopté par la communauté éducative. Nous avons vu également apparaître cette année scolaire des ENT (Environnement Numérique de Travail), incluant Pronote, mais largement inutilisé pour le moment, mis à part une rubrique Actualité. Les usages se développeront sans doute dans les années à venir, puisque nous sommes dans une phase de mutation dû à la digitalisation.

Il n’est néanmoins pas certain que malgré l’extension de l’usage des smartphones que tous les parents d’élèves soient tous si à l’aise avec ces nouveaux outils. Les analphabètes du digital n’oseront pas, tout comme hier, les analphabètes de la lecture/écriture, avouer qu’ils sont incapables d’utiliser ces nouveaux outils.

Certains professeurs donnent les devoirs à effectuer de manière succinte et attendent de leurs élèves que ceux-ci aillent sur Pronote pour avoir le détail. On peut comprendre qu’en classe de seconde, les professeurs commencent à opérer de cette manière car il s’agit là aussi d’une éducation des élèves d’âge adolescent à l’usage de ces outils. Les élèves en classe de 5ième sont néanmoins bien trop jeunes et n’ont pour la plupart pas suffisamment de maturité. Pour ceux-ci, les parents ont toujours un rôle primordial dans le suivit des devoirs. C’est pourquoi, il reste indispensable que les devoirs donnés soient correctement reportés dans les agendas des élèves, car tous les parents ne savent pas utiliser Pronote.

Enfin, pour terminer, si on doit habituer les élèves à un environnement digital, ce n’est pas pour autant qu’il faut tomber dans les excès et utiliser Pronote comme un outil de sollicitation des élèves à distance. Il arrive hélas que certains professeur oubliant de donner des devoirs les postent au cours du week-end sur Pronote. Si l’élève à une obligation d’assiduité et de travail, il est tout de même en droit d’organiser son week-end comme il l’entend. Ce n’est pas le respecter que de lui rajouter un travail alors qu’il pensait en avoir fini et pouvoir disposer du reste de son temps.

ParcourSup, une réforme de premier de la classe pour les premiers de la classe

APB est mort, vive ParcourSup !

Pendant de trop nombreuses années, le système informatique  Admission Post Bac (APB) a permis aux gouvernement successifs de se masquer le besoin d’une réforme du système d’orientation des lycéens sortant du bac, puisqu’un système informatique pourvoyait à l’affectation des lycéens dans les différentes filières supérieures. Il a fallu l’arrivée d’une classe d’âge nombreuse en juin 2017 au bac pour que le système craque, avec de nombreux jeunes n’ayant pas d’affectation en septembre et surtout le recours au tirage au sort dans de nombreuses licences soudainement en tension.

Adieu donc APB et ses 24 choix que les lycéens se devaient de hiérarchiser en cours d’année de terminal. Plus de critères géographiques pour demander une filière supérieure. Avec le nouveau système ParcourSup, les élèves de terminal devront déterminer 10 choix d’orientation qui seront tous classés au même niveau. On ne  comprend pas encore quel sera le poids des appréciations du conseil de classe portant sur chacun des 10 choix de chaque élève dans le processus d’orientation, quels seront les prérequis qui seront examinés par les universités pour décider quels candidats retenir et lesquels refuser. Il n’est non plus pas certain que les enseignants du secondaire aient réellement les moyens d’émettre un avis motivé pour chacun des souhaits émis, ou tout simplement le temps. La volonté d’impliquer plus les enseignants dans l’orientation est sans doute louable, mais faute de formation adéquate, il n’est pas certains que ceux-ci soient de bon conseil.

Beaucoup de modalités posent encore question. Mais dores et déjà émerge une certitude. Si chaque élève peut émettre 10 choix non hiérarchisés et qu’à partir de ces choix, les universités effectuent leurs courses (leur sélection ?), les meilleurs élèves de terminal seront reçus sur tous leurs choix, donc à plusieurs endroits en même temps. Après désistement sur les places non retenues, les élèves en attente pourront ensuite recevoir une ou plusieurs propositions. On ne sait aujourd’hui combien de vagues seront nécessaires pour remplir les universités, ni combien de temps sera nécessaire pour arriver au bout du processus.

Il est tout à fait possible à partir des données de la session 2017 d’effectuer des simulations informatiques. L’éducation nationale connaît précisément les 24 vœux de chaque candidat de la session 2017, qui plus est par ordre de préférence. A partir de ces données, il est possible de simuler le nouveau processus ParcourSup et estimer le nombre de vague qui seront nécessaires pour remplir les universités et avoir une idée du temps nécessaire pour arriver au bout. Si ces simulations ont été effectuées et n’ont pas été rendues publiques, le gouvernement anticipe des difficultés à la rentrée de septembre 2018, mais ne veut pas le reconnaître. Si ces simulations n’ont pas été effectuées, elles révèlent un grave amateurisme de ce gouvernement d’experts, car alors, il risque de découvrir en septembre 2018 des difficultés qu’il n’avait pas prévues.

Il est à craindre que beaucoup de jeunes passent avec leurs parents un été 2018 pleins d’angoisses. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des enfants premier de la classe qui pourront être les premiers à choisir et passer d’agréables vacances d’été. Les autres seront condamnés à attendre le déroulement des différentes vagues et ne pourront qu’ensuite préparer la rentrée (inscription, recherche de logement ….).

Compte tenu du fait que la classe d’âge arrivant au bac sera toujours aussi nombreuse, le nouveau système ne permettra pas plus que l’ancien de trouver une place pour tous. Si les mécontents sont trop nombreux, une explosion sociale des jeunes est possible à la rentrée 2018, quant deviendra clair pour tous que cette réforme ne vise finalement qu’une chose : corriger un système de tirage au sort, insupportable l’élite techno qui nous gouverne et permettre aux meilleurs de choisir. Ce n’est qu’une réforme ÉLITISTE.

Super l’exposé et le travail de groupe !

Quel dommage qu’à chaque fois un exposé doit être réalisé, trop souvent la totalité du travail soit sous traitée au domicile. Aux parents qui s’y intéressent, qui ont le temps et l’aptitude à expliquer comment chercher des informations sur internet, synthétiser, rédiger un rapport (en troisième !), puis à entraîner leurs enfants à la présentation orale. La coordination d’élèves qui ne sont pas nos enfants s’avère bien plus difficile. Impossible de demander à un élève qui ne veut pas contribuer de travailler. Il peut s’avérer encore plus difficile à se coordonner avec des parents qui comme nous ont une idée précise mais forcément divergente de ce qu’il faut faire.

Le summum a été atteint lorsque un de mes enfants, après avoir raté son oral s’est vu attribuer une note médiocre, sans que l’enseignant qui avait formulé de nombreuses exigences sur le rapport écrit et le support de présentation ne prenne connaissance du travail rendu. Il s’est contenté de noter la prestation orale de chacun des élèves du groupe. En réalité, les élèves ne s’étaient jamais rencontré, ni au collège, ni au domicile. L’assemblage des contributions de qualité très hétérogène s’est effectuée chez nous. Celui qui parlait le mieux a ainsi pu s’adjuger le mérite d’un travail qu’il n’avait pas réalisé. L’enseignant s’est contenté de distribuer des notes sanctionnant un apprentissage où sa contribution d’enseignant a été nulle.

Insensible face à notre demande d’expliquer ce qui n’allait pas à notre enfant, l’enseignant resta inflexible sur sa notation et ne prit pas la peine de l’expliquer malgré sa promesse.

Voilà un apprentissage très instructif sur comment profiter des autres et à s’approprier leur travail.

fin d’APB, fin de la boucherie des études supérieures ?

La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) vient de mettre en demeure le gouvernement le 28 septembre 2017 de revoir le mode de fonctionnement du logiciel d’affectation des bacheliers dans enseignement supérieur, ABP (Admission Post Bac) afin de « cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme ».
Cette mise en demeure ainsi que le scandale des milliers de bacheliers n’ayant pas obtenu d’affectation ou ayant été affectés dans des disciplines qui ne les intéressent pas, ou encore administrativement affectés dans des filières mais empêchés de suivre les cours à cause de l’absence de place, l’utilisation de plus en plus répandue du tirage au sort pour sélectionner les bacheliers  à l’entrée des licences sous tension, a conduit la ministre le l’éducation nationale à vouloir réformer par la loi la procédure d’admission post bac. La discussion avec les syndicats de lycéens et d’étudiants opposés à toute sélection et à priori réticents à l’idée de la mise en place de la vérification de pré-requis à l’entrée de l’université, risque d’être difficile.

Pourtant le système informatique d’Admission Post Bac ne peut être rendu responsable de tous les maux, qui ont pour origine une massification de l’accès au bac voulues par les politiques éducatives couplée à une absence de vision claire des besoins des bacheliers et jeunes étudiants qui se retrouvent à l’université faute de mieux, à cause de l’inadéquation de leur formation de lycéens au marché du travail, de formations post bac de courte durée permettant d’avoir une formation qualifiante trop sélectives et de la croyance répandue que pour réussir sa vie il faut avoir suivi des études supérieures.  Par ailleurs, comme le système de formation est très académique et n’offre que des passerelles insuffisantes vers les études supérieures pour ceux qui ont acquis des compétences professionnelles, la reprise d’études est très difficile pour ces personnes ayant quittées les rangs de l’école depuis plusieurs années et souhaitant se former à l’université pour acquérir un diplôme reconnu. Ce qui pose également le problème de la reconnaissance excessive du diplôme sur le marché du travail au détriment des compétences et aptitudes professionnelles à partir d’un certain niveau de qualification. Mais qui a pour conséquence directe d’inciter toute une génération à vouloir s’inscrire à l’université pour obtenir ce niveau avant de débuter une carrière professionnelle. C’est ainsi que toute une classe d’âge se retrouve à encombrer les universités. Même si celles-ci accueillaient plus d’étudiants en licence, beaucoup se retrouvent éliminés des masters 3 ans plus tard et donc toujours avec un problème de devenir professionnel.

Ce n’est pas en s’attaquant uniquement à la réforme d’APB et introduisant peut-être des pré-requis à l’entrée des licences universitaires que l’on résoudra les problèmes de sur-affluence des étudiants dans les études supérieures. Une réforme qui ne répond pas aux véritables besoins des  jeunes bacheliers et étudiants, à savoir à terme avoir un métier qui leur permette de s’insérer dans le monde du travail sera une réforme cosmétique, comme toutes celles qui ont précédé.

Un gâchis humain

Pour la première fois, cette année, face à l’afflux toujours plus important de jeunes à l’université, conséquence d’une classe d’âge plus nombreuse (boom des naissances de l’an 2000) et d’une politique de massification de l’accès des jeunes aux bac, un tirage au sort a été opéré par le système informatique Admission Post bac (APB) pour l’entrée en première année de médecine. Face au tollé provoqué par cette première, le gouvernement fît pression sur les facultés de médecine pour repêcher un certain nombre de candidats malheureux.Il fallait, face à l’opinion publique continuer à faire croire que tous pouvaient accéder à l’université sans sélection, tout en masquant les diverses stratégies mises en oeuvres par les facultés de médecine pour décourager le plus rapidement possible le plus d’étudiants possibles et alléger des amphithéâtres surchargé.

En guise de discours d’accueil, les professeurs encouragent tous ceux qui n’ont pas obtenus de mention bien ou très bien au bac à s’orienter au plus vite vers d’autres études qui hélas sont également prises d’assaut. Le rythme imposé est tellement intense que ceux qui n’ont pas préparé les cours à l’avance ne peuvent pas suivre. D’après certains professeurs, c’est depuis la mi-juillet que les étudiants devraient être entrain de travailler. Certaines notions sont considérées déjà abordées lors des stages de pré-rentrée privés ou celui du tutorat. Les travaux dirigés doivent être préparés avant, car au cours de la séance, c’est une correction en mode accéléré qui est délivrée. Ce système est bien éloigné de celui des classes préparatoires, pourtant exigeantes et élitistes, mais au moins les savoirs sont transmis en cours par des professeurs et n’ont pas à être acquis avant le cours et une place plus importante y est accordée au raisonnement, tandis qu’en faculté de médecine, il s’agit avant tout d’apprendre par cœur une quantité phénoménale de savoirs et petits détails qui varient d’un professeur à l’autre.

Ainsi, dans un tel système, il ne suffit plus d’être un étudiant brillant pour réussir, mais il faut également avoir été averti des différents écueils, avoir suivi un stage de pré-rentré et passé une partie des vacances à travailler par soi-même et être un bourreau de travail. Sans quoi, même en ayant des capacité, un étudiant peut vite se retrouvé dépassé et découragé.

D’ici quelques semaines, sur les trois amphithéâtres, l’un sera fermé suites aux découragements, épuisements et abandons. On ne peut qu’être révolté par cet immense gâchis humain, et nous n’avons pas abordé dans cet article le cas des 70 % d’étudiants qui s’inscrivant pour la première fois à l’université (toutes disciplines confondues) n’obtiendront pas de licence. Si nos gouvernement sont trop cyniques pour pour ne pas prendre en compte les aspects humain, ils pourraient au moins chiffrer la perte financière d’une telle politique du découragement pour la collectivité. Former des jeunes jusqu’au bac et au delà, pour les envoyer dans des impasses, au lieu d’être un investissement fructueux pour la collectivité qui devrait normalement se traduire par du développement économique, des points de croissance du PIB, devient une perte financière et donc une aberration.

La fausse égalité des chances en 1ere année de médecine

Pour les heureux élus à l’entrée en première année de médecine, une dure année de labeur s’annonce, avec peu de vacances (juste noël) après la première partie du concours. Et en fin d’année, les candidats malheureux seront bien nombreux puisqu’en moyenne, 22 % seulement réussiront à passer en seconde année, à l’issue d’un concours très sélectif.

Dans la mythologie républicaine de la réussite au mérite, chaque candidat arrive au concours avec les même chances de réussites, puisque tous auront suivi les mêmes cours. Devraient mieux réussir les candidats doués des meilleurs facultés intellectuelles et qui ont le plus travaillé. Ceux qui sont arrivés dans ces études en n’ayant pas le bagage scientifique suffisant ont une chance quasi nulle de réussir.

Dans la réalité, travailler avec acharnement et être doué des meilleures aptitudes peut ne pas suffire pour réussir. Il faut également disposer des meilleurs conditions de travail et de la meilleure préparation au concours. Tout comme pour les sportif de haut niveau pouvant bénéficier de bons coach, les chances de réussites sont améliorées si avant sa rentrée, le futur étudiant effectue un stage de prérentrée avec un organisme privé et qu’ensuite en cours d’année, il poursuite en même temps que les cours à la faculté de médecine une prépa avec le même organisme privé. Lorsque les cours magistraux sont suivis par un bon millier d’étudiant répartis dans trois amphithéâtre, il ne faut s’attendre à pouvoir tout comprendre, surtout si quelques redoublants cherchant à réduire les chances de réussite des nouveaux bacheliers organisent un chahut.

Face à des enseignants qui à la fois donnent des cours magistraux et pour certains délivrent des support de cours lacunaires et préparent les épreuves de concours, l’expertise des prépa privés apportent à ceux qui peuvent payer des indications très précieuses, en plus d’un retour sur les cours délivrés en faculté. Elles expliquent les pièges classiques que ces enseignants aiment bien glisser dans les QCM (Questionnaires à Choix Multiples) des concours, comme par exemple détecter le QCM à ne pas faire, car infaisable en 3 minutes, lorsque 20 minutes sont en réalité nécessaires, ou comment éviter de faire le raisonnement jusqu’au bout pour deviner la bonne réponse à partir … Comme le compétiteurs avec leurs coachs, les étudiants y sont préparés pour répondre à ces QCM dans le moins de temps possible.

Afin de contre-balancer l’importance de ses organismes privés qui ne sont pas accessibles à tous compte tenu de leur prix, un tutorat basé sur le bénévolat d’étudiants des années supérieures est mis en place. Un stage de prérentrée est également organisé, mais pour 400 jeunes bacheliers seulement dans le même amphithéâtre, à comparer à 30 à 40 élèves par classe dans les prépas privé, avec des professeurs d’université ou agrégés.

La première année d’étude de médecine est donc comparable à un train dans lequel il n’y a pas suffisamment de place où toutes les places ne se valent pas. Les premières classes sont occupées par ceux qui peuvent payer. Les secondes par ceux qui suivront un tutorat et/ou pourront bénéficier de solidarités. Beaucoup occuperont les strapontins ou voyageront debout et risqueront de devoir quitter le train en cours de route. Chaque jour pour prendre le train, seront à l’heure, frais et disponibles ceux qui logent sur place, qui ont pu se payer un logement alors que les autres auront à subir la fatigue les transport en commun et ses retards (cas de la région Île de France).  Ce n’est pas grave, l’idéal républicain est sauf, on continue à faire croire que celui qui a le plus de mérite réussit le mieux, alors qu’en réalité, c’est bien une sélection par l’argent qui s’est organisée, avec la complicité active de professeurs d’université que l’on pourrait remplacer par des MOOC (massive open online course en anglais, des formations sur internet où l’on filme l’enseignant), si ceux-ci n’étaient pas chargés d’élaborer les concours de faculté de médecine en y plaçant leurs pièges favoris. C’est devenu un business lucratif où en se faisant rémunérer par les prépas privés, ceux-ci peuvent aller délivrer leurs précieux conseils.

Les bacheliers ne sont que de la viande

L’affluence de jeunes bacheliers est cette année telle que de nombreuses licences universitaires non sélectives, réputées ne pas être en tension l’année précédente et donc classées en pastille verte dans le système informatique Admission Post Bac (APB), ont connu pour la première fois un tirage au sort. Au 19 juillet, 87 000 candidats étaient encore en attente d’une place (LeMonde.fr) et attendaient le résultat de la procédure complémentaire. Ce chiffre serait en baisse par rapport à l’année précédente, mais témoigne de l’absence de places auquel un système informatique ne peut palier.

Ce manque de places introduit un niveau de compétition entre les jeunes bacheliers qui n’existait pas lorsqu’il y 30 ans je passais mon baccalauréat. Si je n’avais pas obtenu une filière sélective, j’avais une place assurée dans une des universités parisienne. APB présente un gros progrès par rapport au passé. Inutile d’avoir à monter une multitude de dossiers papier qu’il fallait alors envoyer par courrier. De nombreuses formations supérieures sont maintenant accessibles via ce système informatique et il suffit de classer correctement ses vœux. Cependant, même si l’information est accessible, toutes les familles ne s’impliquent pas de la même manière dans l’avenir de ses enfants, ni n’est capable de trouver cette information ou de la comprendre correctement. Cette inégalité lié à la famille devrait pouvoir facilement être gommée par une implication plus forte des conseillers d’orientation au sein des lycées. Hélas, ceux-ci n’ont pas toujours un rôle très actif (manque de temps, manque d’implication du lycée ? …), conduisant les mieux informés à mieux classer leurs choix et donc à mieux assurer leur avenir. Car contrairement à il y a 30 ans, l’affluence de jeunes bachelier est telle que la compétition ne se limite plus aux filière sélectives, mais finalement s’est étendu, malgré les apparences à l’ensemble des formations universitaires, malgré le refus de la sélection dans les filières non sélectives. C’est cette compétition qui a pour résultat 87 000 jeunes en attente d’affectation et on n’imagine pas le niveau d’angoisse de ces jeunes et de leurs familles, que nous ne connaissions pas il y a 30 ans.

Mon aîné n’a pas connu ce niveau d’angoisse, car chanceux, il a su dés le premier tour du système APB qu’il avait une place assurée en médecine après un tirage au sort qui n’avait jamais eu lieu les années précédentes. Apparemment les recalés du tirage au sort du premier tour auraient été repêchés, à cause de l’émotion suscitée dans l’opinion par ce premier tirage au sort. Peut-être que dans les universités où il n’y a que trois amphithéâtres pour suivre par visioconférence le cours d’un professeur, il y en aura désormais un quatrième d’ouvert ?

La procédure d’inscription effective a débuté le 20 juillet, car malgré un système informatique qui en théorie pourrait nous permettre de connaître l’affectation bien plus tôt, les facultés de médecine de l’Île de France se répartissent les bacheliers à mention, pour éviter que ceux-ci ne se concentrent dans les facultés Parisiennes. Attendre cependant le 20 juillet pour s’inquiéter du logement de son jeune lorsque celui-ci aura à faire face à des durées de transport en commun rendant impossible sa réussite dans ce type d’études qui nécessitent un très fort niveau d’engagement compte tenu du concours de fin de première année, conduit à risquer ne pas trouver du tout de logement. Car si les universités sont prises d’assaut, les logements le sont aussi. Nous avions largement anticipé et effectué nos recherches dés le mois d’avril. Mais après avoir trouvé la classe préparatoire qui sera suivit en parallèle de l’année universitaire (encore une belle hypocrisie) et le logement, nous étions dans l’angoisse de voir le premier choix d’affectation invalidé.

Quant à la procédure d’inscription, malgré ou grâce à sa digitalisation, elle est devenue d’une telle complexité, qu’elle nous a nécessité pas moins de cinq heures, pour tout d’abord comprendre ce qu’il y avait à faire dans les différents extranets de l’université, puis effectuer l’inscription et la création des différents comptes. On peut se demander comment font les familles qui ne sont pas suffisamment familiarisées avec les arcanes d’une telle bureaucratie et avec les procédures internet. Après s’être donné jusqu’au 20 juillet, les facultés de médecines ne laissent quant à elles qu’une semaine aux étudiants pour effectuer l’inscription, sans quoi elle est perdue. On peut légitimement se demander si les universités n’espèrent pas secrètement perdre quelques candidats mal armés face à une telle bureaucratie.

Si vous aviez le malheur de vouloir (ou devoir) partir en vacances en juillet, il vous fallait pour cela récupérer sous forme numérisée tous les documents nécessaires à l’inscription. Mais impossible de connaître à l’avance cette liste. Aucune université ne publie sur son portail internet une telle liste et même sur le tchat de l’université, il était impossible d’obtenir la réponse.  Sans doute que l’université considère que nous parents sommes à sa disposition pour l’alimenter en paperasse, alors que l’éducation nationale connaît déjà tout de nos enfants.

Ces procédures d’affectation et d’inscription à l’université nous donnent l’impression que nos enfants ne sont que de la viande. Même brillants bacheliers, ils peuvent être aisément remplacés par beaucoup d’autres brillants bacheliers, tant il y a de jeunes aujourd’hui qui veulent poursuivre des études supérieures. Et nous parents, nous sommes que les esclaves de ce système éducatif hypocrite, qui veut faire croire à la réussite au mérite quant tout n’est qu’affaire de connaissance de la complexité des rouages et d’argent.

Admission Post Bac – trop de jeunes bacheliers !

78,6 % (en 2016) de chaque classe d’âge arrivant chaque année au baccalauréat représente une quantité importante de jeunes cherchant par la suite à poursuivre des études supérieures. Le système Admission Post Bac (APB) permet de manière efficace pour toutes les formations supérieures de remplir leurs établissements, en prenant dans la mesure du possible des désiratas exprimés des futurs étudiants. Lors de la constitution de la liste ordonnée de vœux, les futurs étudiants sont très bien informés sur les filières (statistiques, critères recherchés, si la filière est en tension). Même dans les mails automatiques reçus par la suite, des explications sont délivrées. Voici un extrait d’un mail automatique reçu de automatique@admission-postbac.fr le 22 mai 2017.

Rappel important
Classez l’ensemble de vos vœux dans l’ordre de vos préférences, c’est-à-dire en fonction de vos souhaits et de votre projet professionnel, sans autocensure. Il s’agit d’un classement unique pour toutes les formations (licence, DUT, STS, CPGE, etc.), hors formations en apprentissage.

ATTENTION : Il est important de bien réfléchir à la composition de sa liste de vœux et à son classement définitif.
En effet, lors des phases de propositions d’admission (à partir du 08 juin) , toute proposition qui pourra vous être faite (c’est-à-dire la meilleure possible, par rapport à l’ordre de vos vœux) annulera les vœux moins bien classés dans votre liste.
Par ailleurs, une formation non classée ne pourra évidemment pas vous être proposée.
Enfin, si vous postulez sur une formation de licence non sélective dont les capacités d’accueil sont insuffisantes pour satisfaire toutes les candidatures, un traitement automatisé critérisé est mis en place pour départager l’ensemble des candidats et déterminer ceux qui bénéficient d’une proposition d’admission.L’algorithme tient compte de l’académie du candidat, de l’ordre de ses vœux et de sa situation de famille et, si nécessaire, d’un tirage au sort. Ainsi, sur ces formations, il convient de bien appréhender qu’une licence dite « en tension » n’est proposée que si elle est classée dans les premiers vœux du candidats, voire pour la PACES et les licences les plus demandée (STAPS, droit et psychologie) si elle est le voeu n°1.

Et en fonction des vœux exprimés, le système APB envoie des messages du type « Compte tenu de votre profil, votre projet de poursuite d’études paraît pertinent. Avis favorable pour cette orientation. Ceci est un mail automatique, merci de ne pas y répondre. » et  bien sûr, d’autres messages décourageant les projets des futurs bacheliers n’ayant pas les prérequis attendus.

Malheureusement, un système informatique, tout aussi bien conçu soit il, ne résoudra pas les problèmes liés à l’arrivée de générations toujours plus nombreuses au baccalauréat. Dans les années à venir, avec l’arrivée de la génération du baby boom de l’an 2000 au niveau du bac, les formations non sélectives font faire face à de grosses difficultés pour accueillir ce flot chaque année plus important d’étudiants, parmi lesquels nombreux seront ceux qui se retrouveront en situation d’échec.

Il y a eu erreur sur les objectifs. Tout d’abord d’avoir décrété il y a plus de trente ans que 80% d’une classe d’âge devait avoir le bac (Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’éducation nationale en 1985) et dans l’adhésion à la « stratégie de Lisbonne »  lors du conseil Européen de Lisbonne en mars 2000 pour faire de l’Union Européenne, donc de la France « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale». En voulant devenir une économie de la connaissance, l’éducation nationale s’est peut être trop focalisée sur la connaissance académique.

Il y a aujourd’hui trop de jeunes qui veulent poursuivre des études supérieures académiques, trop par rapport aux capacités d’accueil et trop par rapport à ce que notre économie peu créatrice en emplois, malgré l’accélération de la reprise, peut absorber. On peut donc conclure que la natalité dynamique de la France comparée à celle de nos voisins, en particulier l’Allemagne, qui était présentée comme un atout économique, n’en est plus vraiment un vu l’ampleur du gâchis en cours et qui ne va pas manquer à s’amplifier.

La valorisation des formations professionnelles est la seule voie qui permettra de donner un avenir à tous nos jeunes. Cette valorisation doit passer par la mise en place de filières supérieurs d’études à l’instar de ce qui se fait en Allemagne et en Suisse pour les bacheliers des bacs pros, où ils ne seront pas concurrencés par les bacheliers généraux.
Mais pour cela, il faudrait remettre en cause notre système éducatif élitiste, reconnaître que l’on peut réussir en passant par la filière professionnelle et donner la possibilité à ceux qui passent par cette filière d’avoir ensuite une véritable évolution professionnelle. La part élitiste de notre système éducatif  peut-il seulement être sérieusement remise en cause par des gens qui en sont les purs produits, tels l’ancien et nouveau président de la république (François Hollande et Emmanuel Macron et leurs ministres de l’éducation nationales respectifs (Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Michel Blanquer) ?