Neige au collège

Étrangement, ce lundi 6 février, les élèves n’avaient pas le droit de se rendre dehors lors des récréations et de la pause du midi, alors que cette interdiction n’est pas mise en œuvre dans les écoles primaires.

Par contre, lorsque le temps est juste froid ou pluvieux, les élèves doivent rester dehors lors de la pause de midi. Aucune salle n’est mis à leur disposition. Tant pis pour eux si ceux-ci ont froid.

Quelle est la logique d’une telle mesure d’interdiction ? Cela  ne peut être pour le bien-être des élèves, puisque les adultes ne s’en préoccupent pas lorsqu’il fait juste froid ou qu’il pleut. La décision est sans doute motivée par la crainte de voir les élèves jouer avec la neige, s’amuser à glisser et le risque de chutes et fractures. Pourtant, il n’y a rien de choquant à ce que ceux-ci s’adonnent aux plaisirs de la neige, puisque nous autre adultes en avons fait de même autrefois. Si personne ne souhaite tomber et se faire mal, le risque de chute est assumé par tous ceux qui s’adonnent aux plaisirs des jeux de neige.

Serions nous dans une société a telle point judiciarisée pour qu’il se trouve des parents d’élèves pour porter plainte contre le collège si sa progéniture s’est brisée une jambe en jouant à glisser ? Une telle interdiction est perçue par les élèves comme injuste et arbitraire.

Ce sentiment d’arbitraire s’est trouvé renforcé le mardi 7 février, car sans explications, les élèves étaient cette fois si autorisés à se rendre dehors. Sans doute qu’il est plus défavorable pour le collège d’avoir à gérer l’ouverture de salles et le maintient en poste de surveillants que de supporter un risque de contentieux relatifs à d’hypothétiques fractures de la jambe.

Dépression ?

Un des enseignants de mon enfant est absent depuis une semaine et nous présumons que celui-ci effectue une dépression. Il s’agit d’un enseignant de langue particulièrement bienveillant vis à vis des élèves et qui aurait voulu effectuer un cours vivant.

Hélas, la classe étant très agitée, il lui est difficile de faire classe. Dans celle de mon enfant, seuls quatre élèves tentent de participer. Les autres font régner un brouhaha.

A l’annonce de l’absence de l’enseignant, quelle n’a pas été la satisfaction des autres élèves de la classe ! Ceux-ci ne semble plus percevoir l’utilité de l’apprentissage des langues. Ils ne perçoivent pas les souffrances qu’ils peuvent infliger ni la méchanceté de leurs chahuts.

Comment en est-on arrivé à ce résultat déplorable ? Des enfants qui ont perdu toute motivation et sens du respect et ce malgré l’implication de l’enseignant !

On ne peut bien sûr pas écarter que certains de ces enfants aient des problèmes comportementaux liés à des soucis familiaux ou une mauvaise éducation familiale. Mais cela ne peut pas concerner la quasi totalité d’une classe, tout au plus quelques individus. Le comportement de ces enfants est avant tout le résultat du système éducatif actuel et de ce discours ambiant néfaste sur « le retour de l’autorité ». Car à force de vouloir assurer la tranquillité de la classe par la force, on obtient le résultat inverse. Lorsque de tels enfants sont confrontés à un enseignant qui ne manie pas la matraque, ils perdent vite toute inhibition et vont inverser le rapport de force. Si leur socialisation s’est effectuée sous la loi du plus fort, ils appliquent de même la loi du plus fort vis à vis des enseignants ne fonctionnant pas avec le même autoritarisme que leurs collègues.

De plus, compte tenu de l’absence de formation des enseignants à la pédagogie, la psychologie de l’enfant, aux techniques de communication et de gestion de groupes, on peut comprendre que la situation de certains enseignants peut vite dégénérer.

Le bulletin scolaire

Le bulletin scolaire au collège n’a pas pour seule fonction d’informer les parents et les élèves sur leur état d’avancement dans l’acquisition des connaissances, mais également de situer leurs niveaux dans la classe et de donner une indication du niveau de celle-ci.

Y apparaissent en plus de la moyenne dans chaque matière avec une précision au centième, les notes les plus basses et les plus élevées de la classe, ainsi que la moyenne de la classe.

Nous pouvons ainsi discuter en tant que parents d’élèves sur le niveau présumé élevé ou bas de classe. Nous pouvons féliciter notre enfant lorsqu’il se retrouve « numéro un »  dans un certain nombre de matière, lui faire remarquer que dans d’autres matières un effort doit être fourni pour que l’élève se situe au prochain trimestre dans le top de la classe. Ou bien, nous pouvons nous rassurer de la moyenne un peu faible de notre enfant lorsque celle-ci se rapproche des autres enfants, ou encore estimer qu’un plan d’action est nécessaire pour remonter la pente.

Nous voyons bien qu’est de fait mis en place un système qui permet de classer les élèves dans la classe de manière officieuse, puisque aucun classement ne nous est communiqué. A ne pas en douter, grâce à l’informatisation du bulletin scolaire, la mise en place d’un classement est le but recherché. Si celui-ci n’est pas en place dans la base note du collège, un petit traitement sous tableur Excel peut facilement faire l’affaire.

Je ne  vois pas d’autres justifications dans la délivrance de moyennes par matières avec une précision au centième que l’établissement d’un tel classement. Etant donné que la délivrance officielle d’un classement est perçue comme rétrograde, les établissement on trouvé une parade. Ils la remplacent par la délivrance des « félicitations » du chef d’établissement, distinction permettant de distinguer les bons élèves de la masse. C’est ainsi que des élèves se trouvent à courir après cette distinction trimestre après trimestre, plutôt qu’après une première place. En dépend sans doute la possibilité d’être affecté en seconde dans un bon lycée.

Le collège n’évolue donc pas. Il régresse même par rapport à l’époque où j’étais moi-même  collégien. La note devient plus qu’avant l’outil de classement et de sélection des élèves et non pas l’outil permettant à l’élève et à ses parents de situer le niveau d’avancement de l’élève dans son apprentissage.

Humiliation – propos rapportés

Un ancien élève de collège m’a rapporté une scène qui mérite d’être rapporté sur ce blog.

En cours de langue, un élève particulièrement faible a été interrogé par son professeur sur la conjugaison d’un verbe au tableau. N’en connaissant pas la conjugaison, il a été interrogé sur la conjugaison de ce même verbe en français. Son niveau en français étant très faible, il n’a pas su répondre. Le professeur a laissé littéralement sécher l’élève au tableau. Celui-ci était au bord de l’explosion, tellement il se sentait humilié. La classe percevait bien la situation, mais pas le professeur. La classe a demandé unanimement au professeur de mettre fin à cette situation.

Cette humiliation aurait très bien pu se retourner contre le professeur qui se serait retrouvé agressé par l’élève humilié. On peut imaginer la suite : émotion dans la communauté éducative, discours politique sur les conditions d’enseignement et sur l’absence de respect de l’autorité …

Or dans cette histoire, c’est la classe qui s’est comportée en adulte et non l’enseignant. Ce dernier a fait preuve d’un manque de respect et de professionnalisme grave. On ne mesure pas les dégâts que peuvent causer ce type de comportement sur des jeunes déjà fragilisés.

La cantine

L’âge des enfants du collège varie de 11 à 15 ans, tout comme leur corpulence, surtout à une période de leurs vie où ceux-ci deviennent adolescents et grandissent beaucoup.

L’assiette des enfants elle par contre ne varie pas. Les plus jeunes et les plus petits ont l’obligation de manger la même chose que les plus grands. Les dames de cantines sont là pour vérifier que tous prennent tous l’entrée, le plat et le dessert. Aucune possibilité de demander une assiette moins remplie ne leur est laissée, ni la possibilité de ne pas prendre un plat ou un dessert qu’ils ne mangeront pas.

Ce n’est pourtant ignoré de personne que les assiettes trop remplies et les plats qui ne plaisent pas vont terminer à la poubelle. Si l’enfant n’a pas faim au moment du repas et souhaite emporter un morceau de pain ou une clémentine, cela lui est également interdit. Il n’est par contre pas interdit au personnel de la cantine ou aux surveillants de récupérer dans les plateaux ce qui n’a pas été mangé. Heureusement, car cela fait un peu moins de gâchis.

On constate une fois de plus que le droit de l’enfant à s’autodéterminer est bafoué. En vain veut-on l’obliger à tout manger, car il abandonne le surplus et ce qui ne lui convient pas à la poubelle.

Il peut constater de lui-même le gâchis généré  ce et suivant le bon exemple qu’il a sous les yeux, il n’hésitera pas gâcher à son tour.

Enfin, il vit une distorsion de droits, puisque adultes et enfants n’ont pas les mêmes droits quant aux aliments pouvant sortir de la cantine. Devenu plus grand et plus fort, il sera également tenté d’imposer sa loi puisqu’il a subit celle des adultes étant enfant.

Un bon exemple d’instruction civique au collège au quotidien !

Ouf c’est la fin des notes du premier trimestre

Enfin, la fin des notes a été décrétée, depuis ce vendredi 25 novembre. La lourde machine administrative du collège doit maintenant gérer les conseils de classe et les bulletins. En conséquence, la dernière semaine a été un sprint permanent, car tous les enseignants avaient des évaluations à soumettre à leur élèves. Aucun ne se figure cependant  la pression qui s’exerce sur les élèves, la quantité de travail à abattre et la fatigue générée chez les moins forts.

On en arrive à une situation étrange où les élèves, lorsqu’ils protestent, s’entendent rétorquer par les enseignants qu’ils doivent bien remplir les bulletin scolaires.

Nous avons donc là la preuve que la finalité de ce système d’évaluation n’est pas de mesurer les difficultés des enfants pour les aider à progresser par la suite, mais de remplir des bulletins scolaires et d’établir un système de triage des élèves en vue des sélections à venir.

SOS Education : SOS, le vrai projet éducatif de l’UMP

Ayant pour cheval de bataille la problématique de la violence à l’école, l’association « SOS Éducation », vitrine de  l’UMP (141 députés de l’UMP soutiennent cette association) énonce 8 propositions d’un autre temps, énumérées ci-dessous, mais que l’on peut consulter sur son site (voir aussi une présentation de l’association sur Wikipedia).

La lecture de ces propositions est édifiante et permet de comprendre comment après 10 années de pouvoir exercé par la droite, nous en sommes arrivés à une telle rupture entre l’institution et les élèves (une enquête de l’AFEV- Association de la Fondation Étudiante pour la Ville, révèle que sur un panel de 760 enfants interrogés en 2010, 73,3 % n’aiment pas l’école). Encore faut-il comprendre quel est l’idéologie sous-jacente que l’UMP distille au fil des années au travers de ses réformes incrémentales et les débats qu’elle organise dans les médias sur l’autorité, la bonne école d’autrefois, la violence à l’école.

Voici ces 8 propositions commentées :

1- faire respecter l’autorité des professeurs. Entre autre l’association réclame le droit pour eux de donner des « zéro de conduite » et le pouvoir de décider de passer dans la classe supérieure.

Traduction : l’UMP veut protéger les enfants de son électorat et faire en sorte que les mauvais soient écartés.

2- Former les professeurs à l’application de la discipline

Un confusion de plus entre autorité et autoritarisme, pas très étonnant de la part de personnes n’ayant pour référentiel l’entreprise et ne connaissant probablement pas d’autres types de relations humaines que les relations de force et de pouvoir. Ces mêmes personnes ne semblent même pas conscientes des effets délétères qu’un tel type de management peut avoir sur la motivation des salariés dans l’entreprise et celle des enfants à l’école.

3- ré-introduire la fonction pleine et entière du surveillant général. « (…) sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, de contrôler les entrées et les sorties, de prendre en charge les élèves punis et de s’assurer que les sanctions sont effectuées ».

L’école devient une véritable prison. Tous les élèves deviennent suspects et lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir contrevenu au règlement de l’établissement, ils sont présumés coupables. Pourquoi ne donnerait-on pas aussi un fouet au surveillant général ?

4- Créer de vrai cours de civisme. Apprendre « les règles de base de la vie en société : saluer et se tenir correctement, surveiller son langage, respecter ses engagements, arriver à l’heure, respecter les adultes ».

Le civisme à la sauce UMP est l’obéissance aveugle, quasi militaire. Le respect est à sens unique (dans le sens enfants –> autorité). Faire « respecter ses engagements » aux enfants signifie amener l’enfant à s’engager sur des choix qui ne sont pas forcément les siens et lui rappeler ensuite ses engagements. Cela nécessite des techniques de manipulation qu’il conviendra d’enseigner à nos professeurs pour leur éviter d’arriver à leurs fins trop brutalement (à coup de trique).

5- exclusion définitive à la troisième infraction grave, 6- supprimer la réintégration automatique après exclusion.

Bien sûr, personne n’explique à l’enfant le sens de la sanction et personne ne l’aide à comprendre le sens et les raisons de son acte pour l’aider à évoluer. Cela coûte trop cher aux finances de l’État. On envoie donc l’enfant dans la rue compléter sa formation. On pourrait tout  aussi bien l’envoyer directement en prison puisque statistiquement  un enfant sortant du système scolaire en échec à une probabilité non négligeable d’être un présumé futur délinquant.

7- Réinstaurer les internats spécialisés

Et surtout éviter que les bons élèves du socle électoral de l’UMP ne fréquentent ces élèves. Cultivons l’entre soit tant désiré. Au vu des propositions précédentes, on peut se demander qui devrait s’occuper de ces enfants là, des éducateurs et enseignants spécialisés ou des gardes chiourmes ?

8- rétablir prix et récompenses pour les élèves méritants

Ah, je croyais que les élèves devait avant tout travailler pour eux-même et non pour le morceau de sucre. Le plaisir d’apprendre pour l’UMP se trouve dans le goût de l’affirmation de soi et de sa suprématie aux autres.

 

On voit bien comment au travers d’un débat émotionnel sur la violence à l’école, l’UMP cherche à distiller dans l’opinion publique ses idées sur le rétablissement d’un examen d’entrée en sixième, la facilitation des redoublements, la sélection des élèves,  les cours de morale, la dénonciation des syndicats enseignants, la suppression du collège unique …

 

Ce que vise en fait ce parti politique est d’une part de garantir à la progéniture de son socle électoral de bonnes conditions d’études afin que celle-ci conserve, dans un contexte de compétition exacerbée,  ses chances à ne pas être déclassée socialement. Pour cela, il lui faut écarter les éléments perturbateurs à la réussite de ses enfants, afin ensuite de permettre au système élitiste de fonctionner au mieux.

D’autre part, elle cherche à appliquer à l’école son référentiel de management totalitaire qui correspond au monde de l’entreprise. L’objectif est de former des personnes qui soient dociles face à l’autorité et assimilent ses exigences sans critique.

Je doute cependant que c’est d’une telle formation dont ont besoin les citoyens en devenir que sont nos enfants. L’avenir de la France est une démocratie ouverte et non le système totalitaire mis en œuvre dans la plupart des entreprises. L’intérêt de notre économie n’est pas de former des perroquets qui savent répéter, recycler l’information et des exécutants ne réfléchissant pas, mais d’être capable de créer et d’innover.

L’école d’aujourd’hui tue toute envie, tout plaisir et du coup elle détruit la créativité des enfants. Elle les sélectionne et les formate. Ce ne sont pas avec de telles méthodes que notre société fera sa place à des personnes créatives et capables d’innover. Ces méthodes conservatrices permettent juste à une certaine classe sociale d’assurer un avenir à ses propres enfants.

Poids du cartable : 11 kg

Le poids du cartable de mon enfant a atteins 11 kg ce vendredi 30 septembre. Le record est battu. Ce qui représente 1/3 du poids de mon enfant, certes de corpulence et taille plus petite que la moyenne des enfants de 12 ans. Cependant, sans être médecin, on peut douter que porter un tel poids toute la journée soit du meilleurs effet pour le dos des enfants et pour les comptes de la sécurité sociale.

On reste toujours dans le même débat (voir l’article sur ce blog : le poids des cartables) : est-il nécessaire d’avoir des cahiers aussi épais, est-ce que un système avec classeur et feuilles volantes ne serait pas plus adaptés ? Est-il vraiment nécessaire de faire emmener les livres au collège ? Les enseignants ne pourraient-ils pas utiliser d’autres supports ?

A quant les  tableaux numériques numériques dans toutes les classes ? Il éviterait aux élèves de porter leurs livres, puisque les professeurs pourraient aisément enrichir leurs cours avec des documents visuels.

Avant toute mise en œuvre de solution technologique,  un peu plus de bienveillance de la part des enseignants et de coordination entre eux serait fortement requis.

Education civique très scolaire

En classe de 5ième débute l’éducation civique. En tant que parents citoyens, nous nous sommes dit que l’instruction civique se vivrait en classe au travers d’échanges dans la classe entre les élèves et l’enseignant, au cours desquels les enfants apprendraient le respect mutuel et l’écoute de l’autre. Il n’en n’est rien. L’approche est très scolaire. L’accent est comme d’habitude porté sur la transmission de savoir par l’enseignant avec obligation pour les élèves d’avoir un cahier bien tenu, avec de belles définitions à apprendre par cœur.

A la lecture du cahier avec un regard d’adulte, il n’y  rien à redire sur le contenu. Il convient cependant de se mettre au niveau d’élèves de 12 ans.

Prenons le cas des discriminations.

Définition : « inégalité de traitement d’une personne« . Pour illustrer : « La moitié des plaintes pour discrimination adressées à la HALDE concerne la discrimination à l’embauche. Grâce à la méthode du testing (fait de comparer comment sont traitées les personnes différentes pour vérifier s’il existe un comportement discriminatoire), on sait que les discrimination les plus fréquentes ont pour origine …« .

Cependant « HALDE », « embauche », « CV », « emploi » sont des notions encore un peu lointaines pour des élèves de 12 ans. Ils n’ont du coup rien compris et bien sûr, ils n’ont pas osé le signaler à l’enseignement pour qui l’objectif principal est de faire le cours dans les délais. Le soir, un camarade de classe de mon enfant qui n’avait également rien compris nous a téléphoné pour effectuer un exercice à rendre pour le lendemain. Les explications de mon enfant étant confuses, j’ai moi-même apporté les explications.

Encore un bel exemple d’un report de la charge d’enseignement sur les parents. Une fois de plus, tant pis pour les élèves dont les parents ne sauront ou ne pourront apporter des explications compréhensibles.

Au chapitre des moyens employés dans la lutte contre les discriminations au collège, on lit : « dans le socle commun : «compétence sociale et civique le respect de soi et des autres»« .

Là, nous découvrons que les compétences sociales et civique s’apprennent par cœur ! Nous savons surtout que ce mode d’apprentissage s’apparente à du bachotage et que les évaluations passées, tout sera oublié par les enfants. La sensibilisation des enfants au grave problèmes de la discrimination et du racisme est ratée.

Le recrutement des enseignants

A ne pas en douter, les enseignants recrutés pour enseigner en collège disposent de toutes les connaissances requises. En témoigne le programme des concours du CAPES par exemple, qui peuvent être consultés sur le site de l’éducation nationale.

Sans être un grand spécialiste, on peut tout de même se demander si un tel niveau de compétences est indispensable pour enseigner à des élèves de collège. Voici à titre d’exemple une petite image illustrant un sujet de mathématique au CAPES.

Certes, très intéressant, mais sans doute pas très utile pour des collégiens.

Intéressons nous maintenant au parcours de nos futurs enseignants. Pour pouvoir se présenter au concours externe il faut, à la date de publication des résultats d’admissibilité justifier :

  • d’un master,
  • ou d’un titre ou diplôme sanctionnant un cycle d’études postsecondaires d’au moins cinq années, acquis en France ou dans un autre État, et attesté par l’autorité compétente de l’État considéré,
  • ou d’un diplôme conférant le grade de master, conformément aux dispositions de l’article 2 du décret du 30 aout 1999 (exemples: DESS, DEA, diplôme d’ingénieur…)

Des qualifications sont exigées à la nomination :

  • un certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur de deuxième degré (CLES2)
  • un certificat informatique et internet de niveau 2 « enseignant » (C2i2e)

A ne pas en douter, le niveau requis est sérieux. Les candidats admissibles auront tous les savoirs requis.

Le contenu des épreuves d’admission est instructif (voir à titre d’exemple la présentation des épreuves de la section mathématique) :

«Première épreuve
Les sujets portent sur les programmes de mathématiques du collège, du lycée et des sections de techniciens supérieurs. Le candidat expose un plan d’étude détaillée puis développe une partie de ce plan d’étude, choisie par le jury. L’épreuve se termine par un entretien portant sur ce développement, puis sur d’autres aspects relevant du sujet choisi.
(…)
Deuxième épreuve
La première partie de l’épreuve s’appuie sur un dossier fourni par le jury, portant sur un thème des programmes de mathématiques du collège, du lycée ou des sections de techniciens supérieurs. Ce thème est illustré par l’énoncé d’un exercice, pouvant être complété par des extraits de manuels, des productions d’élèves ou des passages des programmes officiels. Le candidat expose ses réponses aux questions posées dans le dossier et propose, en motivant ses choix, plusieurs exercices s’inscrivant dans le thème du dossier. Cette première partie se termine par un entretien, portant sur l’exposé du candidat, en particulier sur les exercices qu’il a proposés, aussi bien en ce qui concerne leur résolution que les stratégies mises en oeuvre.»

Les candidats qui réussissent aux épreuves orales démontrent leur savoir faire en matière de maitrise de la communication orale indispensable pour faire cours.

Cela est certain, le concours du CAPES permet de garantir que nos enseignants disposent des savoirs requis et du savoir faire (faire cours devant une assemblée).

Mais pour le moment, on ne voit pas la trace de nécéssité de disposer de quelques compétences en pédagogie ou sur la manière de gérer les individus et un groupe pas forcément homogène (le savoir être).

On pourrait espérer qu’une formation arriverait après leur admission pour faire acquérir aux enseignants un minimum de savoir être. Mais voici un extrait ce que l’on peut lire sur le site de l’éducation nationale :

«Stage, titularisation et première affectation

Une fois reçus au concours, les lauréats sont nommés professeur certifié stagiaire et affectés dans une académie où ils effectuent un stage d’un an dans un établissement. Pendant cette période, ils bénéficient d’un accompagnement et de formations organisées au cours de l’année scolaire. »

Là, on comprend que le savoir être ne semble pas une priorité et que nos pauvres enseignants se retrouvent parachutés devant une classe. Quant il sont chanceux, ils se retrouvent avec des élèves bien sages et le début de leur carrière se passe bien. D’autres, moins chanceux se retrouveront face à des classes difficiles et risqueront, après l’enthousiasme des débuts de carrière, la noyade.

A ne pas douter, la mastérisation de la formation des enseignants est une catastrophe, pas seulement pour les enseignants, mais aussi pour les élèves. Elle se traduit, encore plus qu’auparavant par un abandon de l’apprentissage du métier d’enseignant. Les résultats sur les populations d’élèves fragiles seront catastrophique.