La place des délégués de parents d’élèves au conseil d’adminsitration

Le cas d’un professeur « tire au flanc » (voir article du 16/10/2013) a été soumis lors du premier conseil d’administration du collège par les délégués de parents d’élèves.

La réponse du principal de l’établissement, rapportée par les délégués a été lapidaire. Celui-ci a évoqué le droit de réserve pour ne pas s’exprimer. Face à une question embarrassante, les délégués de parents d’élèves et donc les parents n’ont pas le droit à avoir une explication ? C’est une solution bien commode que d’évoquer un soi disant droit de réserve. Cela ressemble plutôt à une solidarité mal placée du corps enseignant vis à vis d’un des leurs mis en cause. Bien que parents de nos enfants et donc co-éducateurs, cette attitude du principal de l’établissement montre une fois de plus, que bien qu’ayant une place dans les conseils d’administration, les délégués de parents d’élèves y sont présents pour la forme et ne sont pas considérés comme partenaires.

Après les vacances d’automne, le principal est passé dans certaines des classes dans lesquels enseigne cet enseignant pour expliquer que ce dernier est tombé gravement malade et donc était en arrêt maladie jusqu’à nouvel ordre. Pour ne pas pénaliser les élèves, il fournirait les cours manqués par internet (attendons de voir).

Nous avons eu là droit à une opération de communication directement dirigée vers les classes des élèves dont les parents s’étaient plaints de la situation. Le principal finit par expliquer les absences répétées par des problèmes de santé. Il est bien sûr impossible de savoir si ces problèmes de santé sont avérés. Ce qui est cependant avérés, c’est que les problèmes de santé n’expliquent pas les retards répétés (par exemple pour cause de conversation prolongée avec un autre enseignant) ni les cours non préparés, sans structures ou répétés sur plusieurs séances.

Circulez, il n’y a rien à voir !

Cas d’un professeur tire au flanc

Mon enfant  est cette année soumis à un cas exceptionnel de professeur  « tire au flanc ». Cet enseignant n’a pour ainsi dire  assuré qu’un cours sur deux depuis le début de l’année. Il est régulièrement en retard de 10 minutes et les cours paraissent improvisés. D’une fois sur l’autre, les élèves ont l’impression de revoir tout le temps la même chose,  de faire du sur place. Le cours est sans structure, aucune progression n’est mise en place. Et pourtant, un professeur pourrait donner le change en se contentant de suivre le livre. Au moins les élèves apprendraient quelque chose ! Dans le cas présent, ce n’est même pas le cas.

On peut s’interroger sur les moyens que l’éducation national a à sa disposition pour mettre fin aux dégâts que ce type d’enseignants, heureusement ultra minoritaires, infligent aux élèves. Pour la direction de l’établissement, les absences sont injustifiées et à part demander des sanctions financières, elle semble démunie face au cas. Les délégués de parents d’élèves finiront pas protester auprès de l’inspection d’académie, mais pour quel résultat ? On enverra l’enseignant continuer ses dégâts ailleurs ?

On peut s’interroger également sur la manière de recruter de l’éducation nationale, tellement axée sur la réussite à des concours qu’elle en oublie de vérifier que les candidats disposent d’une véritable aptitude à enseigner et surtout l’envie de transmettre. Concernant notre enseignant, il ne fait donc pas de doutes qu’il possède les connaissances académiques requises, mais pour une raison inconnue, il prend son travail pour une occupation et ne se soucie aucunement des élèves.

Recherche d’un stage

A vos marques, prêt, partez !

La course à la recherche d’un stage à effectuer au cours de la classe de 3ième, fin janvier, est engagée. Ceux qui n’auront pas trouvé de stage auront droit à un stage au sein du collège avec le personnel de cantine ou de ménage. Voilà une perspective qui devrait motiver nos chères têtes blonde pour s’activer dés maintenant dans cette recherche.

Sauf que ces têtes blondes ne savent pas comment s’y prendre et sont bien jeunes pour se débrouiller toutes seules. C’est donc leurs parents qui ont l’obligation de s’activer et aider leurs jeunes à trouver le stage. Il sera intéressant, dans quelques mois de faire le bilan des stages trouvés en fonction des catégories sociaux-professionnelles des parents. Il n’y a pas besoin d’être grand divin pour prévoir que les stages trouvés refléteront les inégalités de naissance.  Ce qui bien dommage pour une école qui se veut républicaine et affirme vouloir donner les mêmes chances à tous.

Concernant mon enfant, le stage est trouvé. Cela n’a pas été très long, ni très compliqué. Il m’a juste fallu activer mon réseau de relations et demander.

Nous avons là une seconde illustration des inégalités des chances des élèves. Les parents qui comme moi disposent d’un réseau de relations à qui demander et qui osent le faire favorisent leurs enfants. Pour certaines familles, le simple fait de demander n’est pas une chose aisée. La recherche d’un stage sera pour les élèves un petit aperçu de la recherche d’emploi. Ceux qui trouvent les meilleurs postes ou tout simplement un travail ne seront pas nécessairement les plus compétents, mais ceux qui disposent d’un réseau de relations ou de piston.

Quelles sont finalement les finalités de ces stages ?

Les aider à se déterminer dans leurs choix d’orientation ? Je doute que de la manière dont cela se passe, la plupart des élèves soient plus avancés après leur stage. Au mieux sauront-ils ce qu’ils ne veulent pas faire.

Leurs permettre de découvrir le monde du travail ? Pourquoi pas, mais là encore, tout dépendra du stage trouvé.

Leurs faire découvrir qu’ils ne sont pas égaux pour l’accès aux stages et plus tard à l’emploi et qu’il faut être bien né en plus d’avoir des bons résultats à l’école pour avoir un stage/travail intéressant ? Rendez vous au mois de février pour connaître leurs ressentis.

La gestion des émotions

Les formations en entreprise autour de la communication m’ont maintes fois démontré à quel point le métier d’enseignant ne s’improvise pas et ne saurait se suffire de connaissances académiques et une aptitude à faire de brillants exposés, aspects que les concours de recrutement des enseignants mesurent parfaitement.

Il n’y a pas seulement, dans une salle de classe, un enseignant face à ses élèves. Il y a également un objet relation à bâtir, dans lequel tous sont coauteurs. Une relation fonctionnera si un accord équitable est accepté par tous sur le mode de fonctionnement, y compris la manière d’exprimer les émotions. Celles-ci, celles de l’enseignant ou celles des élèves qui se traduisent par des comportements de désintérêts ou perturbateurs, minent cette relation.

L’enseignant doit bien se connaître et se reconnaître par la connaissance de ses forces et faiblesses pour ne pas être dépendant du regard des autres. Il doit s’accepter avec ses qualités et défauts, ne pas ambitionner de cours parfait afin de ne pas se créer des enjeux démesurés et doit savoir lâcher prise. La prise de distance lui permettra d’éviter la remontée de pensées négatives (« je n’y arrive pas« , « je suis nul« , « ils se moquent de moi« , « cela ne les intéresse pas » …) qui le conduisent dans une attitude défensive et de non ouverture. Il doit se mettre dans l’état d’esprit que le temps d’une classe n’est qu’un vaste jeu où chacun veut sa part de valorisation pour se sentir exister. Face à ce jeu permanent, le problème de l’enseignant est de parvenir à recentrer la classe sur son objectif de transmission de savoir, alors que les élèves, pour être réceptifs, doivent avoir leurs cerveaux libre de toute émotion. Le cerveau est incapable de raisonner et de recevoir le message de l’enseignant, si celui-ci est encombré d’émotions. Le rôle de l’enseignant est donc aussi d’aider les élèves de se libérer de ses émotions et enfin pouvoir recevoir les enseignements.

Les élèves se sentant dévalués et humiliés de ne pas comprendre ou réussir vont chercher à se valoriser autrement, au détriment du professeur de de la quiétude de la classe. Si l’enseignant ne sait pas recevoir cette émotion et ne sait pas distribuer encouragements et valorisation aux élèves les moins talentueux (le système des notes n’y aide pas particulièrement) et ceux souffrant d’un déficit de reconnaissance (la classe n’est pas seule en cause, l’environnement joue également un rôle), sa classe peut vite devenir un enfer.

D’autres élèves connaissent les tourments de la peur de se tromper et craignent plus que tout le regard des autres élèves et celui du professeur. Ceux-ci peuvent être tentés de se replier sur eux-même en réaction de protection. Ces élèves doivent être rassurés et protégés des moqueries. Leur droit à l’erreur doit être reconnu, ils doivent savoir qu’ils ne risquent pas de réprimandes. Alors seulement ils tenteront de raisonner et pourront constater qu’eux aussi peuvent réussir.

Le catalogue des émotions est un vaste champ d’exploration nécessitant des avis plus experts. Ce rapide exposé permet de comprendre qu’il est impossible de chercher à solliciter des cerveaux dont la capacité de raisonner n’est pas disponible pour cause d’émotions diverses et variées. Enseigner nécessite donc beaucoup de tact, de bienveillance, de capacité d’écoute, mais aussi de connaissance de soi même pour ne pas être victime de son propre conditionnement émotionnel, prendre le temps de répondre aux différentes attitudes des élèves et éviter les réactions épidermiques. Ce métier nécessite de l’empathie, une vraie ouverture aux élèves pour comprendre leurs émotions et les aider à s’en libérer afin que leurs capacités de raisonnement soient libres de toute autre interférence. Prendre le temps n’est pas une perte de temps. Mieux vaut pour un enseignant réduire ses objectifs afin que l’essentiel soit reçu dans de bonnes conditions plutôt que de vouloir être trop exhaustif dans des connaissances que les élèves ne seront pas en mesure de recevoir.

A quel moment le cursus de formation des enseignants les prépare-t-ils à gérer les émotions ?

 

Rythme scolaires et brevet des collèges

Les vacances d’été ont commencé pour les élèves des classes de 6ième, 5 ième et 4ième fréquentant les collèges centres d’examen pour le brevet des collège, le mardi 25 juin au soir, au lieu du vendredi 5 juillet, comme prévu dans le calendrier de l’éducation nationale. De toute évidence, nos experts en rythmes scolaires de l’éducation nationale n’ont pas trouvé la solution à ce problème. Après avoir fait rattraper deux demi journées pour prix de l’allongement des vacances d’automne, comment allonger le temps scolaire de manière à décompresser le rythme des apprentissages, tout en maintenant le sacro-saint rituel du brevet des collège, nécessitant des locaux vide d’élèves ?

Le journal « Le Monde » a opportunément publié un article « Le coût caché du bac : 1,5 milliard d’euros« , dans son édition du 11/06/2013, tirant ces informations d’un calcul effectué par le syndicat des chefs d’établissements, le SNPDEN, alimentant ainsi le débat sur une réforme du baccalauréat, en préconisant un examen plus simple et resserré sur les matières principales et privilégiant le contrôle continu. Tout comme le brevet des collège, l’organisation du baccalauréat entraîne la suppression des cours.

Le même débat devrait avoir lieu pour le brevet des collèges, dont on ne connaît pas le coût, mais dont les deux principales raisons d’être sont d’une part, un entraînement aux examens et concours à venir, puisqu’il faut bien formater les élèves au système de sélection méritocratique français et d’autre part, un des derniers moyens dont disposent les enseignants qui ont abusé de la matraque des évaluations, pour motiver les élèves à travailler. Toute l’année de 4ième, certains enseignants n’ont cessé de débiter leurs litanies sur le brevet des collèges.  Ce rabâchage commence pour certains élèves dés la classe de CM1, à l’école primaire, comme c’est le cas de mon second enfant, actuellement en classe de CM2. Le résultat est par ailleurs totalement négatif, inaudible pour certains déjà désabusés et source de stress pour ceux qui, trop à la recherche de la reconnaissance de professeurs névrosés, veulent bien faire. Ainsi, mon enfant en classe de 4ième, malgré un début anticipé des vacances d’été, loin de se réjouir, est envahi par des pensées négatives et angoissantes sur le brevet des collège, bien que celui-ci soit un bon élève.

Tout comme le baccalauréat dont la seule utilité n’est d’être qu’un tampon permettant la poursuite d’études supérieures mais ne décidant en rien de la filière qui sera poursuivie, puisque grâce au système informatique APB (Admission Post Bac), les futurs bacheliers savent avant le bac dans quelles universités ou écoles ils sont reçus, le brevet des collèges ne conditionne pas l’orientation après la classe de troisième qui s’effectue sur la base des résultats des élèves au cours de leur année.

Pourquoi alors immobiliser une période aussi longue (1,5 semaine) pour une finalité effective si faible ? Pourquoi ne pas réformer le brevet des collège pour que celui-ci soit principalement attribué sur la base des résultats obtenus en cours d’année (c’est ainsi que je l’ai obtenu) et ne réduire l’examen  ?

De peur de fâcher le corps des enseignants arque boutés sur un système anxiogène, les parents angoissés par l’avenir de leurs enfants, s’accrochent à  la fausse garantie qu’offre ces examens (baccalauréat et brevet des collèges), notre gouvernement n’ose attaquer de front une véritable refondation de l’école qui s’intéresse au bien être des élèves, condition indispensable pour assurer la réussite du plus grand nombre.

Développer l’esprit d’équipe et la coopération par le sport

Rien de tel que les sports d’équipe pour développer chez les élèves l’esprit d’équipe et de coopération. Rien de tel, sauf lorsque les professeurs de sports ont la tête ailleurs.

Tout commence par la constitution des équipes. Si on laisse aux élèves l’initiative de les constituer, ils se regroupent par affinité et rejettent ceux qu’ils considèrent moins bons. La technique de désigner un capitaine est encore pire, puisque les derniers à ne pas être choisis connaîtrons un fort sentiment de dévalorisation.

Chaque sport possède ses règles dont le professeur de sport doit garantir le bon respect. Ainsi au volley, une équipe doit effectuer une rotation dans les positions de chacun des joueurs à chaque fois que le service est récupéré. Si on n’y prend garde, les meilleurs cherchent à s’attribuer les meilleurs places et vont empêcher les autres de jouer, ne leurs donnant ainsi pas l’occasion de progresser.

Enfin, il est des comportements qui se doivent d’être proscrits, tel que les jeux personnels, mais aussi les réflexions blessantes et désobligeantes. Tous n’ont pas les mêmes dons et certains élèves tout à leurs problèmes d’égos et la recherche d’auto-valorisation vont dénigrer les autres :

  • « alors tu ne tiens pas debout », pour un élève qui tombe bousculé par un gabarit de 10 à 20 kg de plus
  • « Attrapes tes balles » sur le ton du reproche
  • « T’es vraiment nul »
  • « T’as vu cette équipe, on va les éclater ! »

Le sport est une école de vie, où l’apprentissage du respect des autres, en commençant par les membres de son équipe, la mise en place de stratégies coopératives, le dépassement de soi, sont des enjeux bien plus importants que la seule victoire. Hélas, si on ne les y aide pas, les élèves aborderont souvent le sport que comme un pourvoyeur de valorisation personnelle, dans une recherche effrénée de la victoire à tout prix et s’il le faut en dénigrant les autres.

Rythme scolaires : rattrapage par1/2 journée le mercredi

On remarquera que l’actuelle ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, n’échappe pas à la méthode d’ajustement des paramètres qui conduisent à taxer notre gouvernement d’absence de vision politique sur un certain nombre de sujets.

Pourquoi, alors qu’une véritable réflexion sur les rythmes scolaires a été engagée, faire récupérer ainsi par demies journées l’allongement des vacances scolaires d’automne ? Il devient évident que les programmes sont trop chargés et conduisent à une concentration des enseignements sur des période trop courte, à cause de vacances d’été trop longues, à contre-courant de tous les autres pays d’Europe. Ainsi, puisqu’en absence de réduction, pour le moment, des vacances d’été, nos têtes pensantes n’ont pas trouvé d’autres solution que de perpétuer le bricolage inventé par la droite, qui consistait l’année dernière à faire rattraper le pont du week-end de l’ascension au  offert aux parents partisans des vacances dans les bouchons.

Le rattrapage en question n’a été que théorique pour un certain élèves comme rapporté dans l’article de Le Monde du 04 juin 2013 « Bricolages scolaires pour le rattrapage de la Toussaint ». La solution qui a été retenue dans le collège de mon aîné en classe de 4 ième, a consisté à organiser un brevet blanc d’histoire de l’art pour les élèves de 3ième, le 22 mai. Cela a ainsi dispensé un certain nombre d’enseignants de rattraper des heures de cours et aux collège de gérer une lourde logistique. A l’école primaire de mes autres enfants, le rattrapage était cependant effectif.

Celui-ci a été effectué au détriment des autres activités de mes enfants. Certaines de ces activités sont certes ludiques (culturelles et sportives), mais une autre est d’ordre paramédicale. Nous parents, nous nous sommes organisés pour gérer le mercredi de nos parents et nous voilà confrontés à des technocrates qui se permettent de décider de notre emploi du temps et de ceux de nos enfants. Leur droit à pouvoir disposer de leur temps libre n’est pas respecté.

Attendons de voir si ce gouvernement ira au bout de la réforme des rythmes scolaires et  aura le courage de raccourcir la durée des vacances d’été, mettra fin à ces médiocres petits bricolages, ou bien il sera perméable au multiples lobbys et reculera sur ce sujet. Je reste sceptique, tant la crainte d’un impact économique négatif d’une telle décision est prégnantes chez les lobbys et nos élus, alors que celle-ci pourrait permettre de réduire la pression pesant sur nos enfants.

Jeunes turbulents dans les trains

L’usage des transports en commun fini par confronter chacun de nous à des groupes de jeunes extrêmement bruyants, chahutant, éventuellement fumant dans la wagon de tête ou de queue, essentiellement.

C’est ce qui nous est arrivé ce dimanche, alors que nous étions en famille. Le groupe en question n’avait aucune intention agressive à l’égard des autres voyageurs. Il se comportait juste en maître du territoire, comme si les autres voyageurs n’existaient pas. Leur attitude maintenait sans cesse notre attention en éveille, suscitant en nous une tension relative à l’éventualité d’une agression physique que ceux-ci n’avait pourtant pas l’intention de commettre. Les cris, les invectives qu’ils poussaient et ce chahut constituait un manque de respect vis à vis des autres voyageurs.

Il était cependant intéressant de noter que ceux-ci utilisaient un langage très pauvre et qui à ne pas en douter, ne peut que constituer un frein puissant à leur future intégration dans le monde du travail, en plus de leurs non maîtrise des codes comportementaux élémentaires de la vie en société. Ils avaient leurs propres codes lesquels leurs permettant de se valoriser entre eux.

Un des jeunes de ce groupe était connu de vue  de mon enfant qui est collège. En effet, celui-ci était l’année précédente en classe de troisième et réputé pour mettre le bazar. On peut donc dire que le collège a échoué à apprendre à ce jeune en question à respecter autrui, à lui donner la possibilité de s’exprimer correctement. Sans doute que les cours de morale laïque voulues par notre ministre de l’éducation nationale sont censés répondre à cette problématique comportementale. On peut fortement douter de l’efficacité d’une telle politique (voir l’article « Morale laïque : un populisme petit bourgeois de gauche »).

Ce jeune n’est que le fruit d’un système scolaire qui ne sait  faire autre chose que trier les élèves, séparer le bon grain de l’ivraie, qui matraque les élèves d’évaluations et basé sur un système de transmission vertical du savoir. Un tel système produit beaucoup d’échec et de découragement. En l’absence de valorisation par l’école et des parents, un jeune recherchera une valorisation auprès de ses pairs en développant de tels comportements que nous avons subis dans le train. Si de plus, la seule régulation dont sont capable les adultes au sein du collège est l’usage de ce que l’on nomme « l’autorité », mais que l’on confond avec la force pure, alors le jeune en question agira toujours en fonction des rapports de force. Si lui et ses camarades peut établir un rapport de force qui lui est favorable, il en profitera et cela se fera au détriment des autres voyageurs dans le train.

Quant au respect, il estime certainement ne pas en devoir aux autres, puisque le collège l’a amené à l’échec et l’a jeté.

 

 

 

Morale laïque : un populisme petit bourgeois de gauche

Et que propose Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale pour palier l’absence grandissante de solidarité entre les individus, de coopération et de tolérance ? Il n’a de meilleure idée que d’instaurer un enseignement traditionnel, avec transmission de savoir du professeur vers les élèves, de la morale laïque, avec un horaire et des examens.

A quelle besoin répond cette réforme ? « Nous vivons une crise économique et une crise sociale mais aussi une crise intellectuelle et morale. Nous sommes dans une société de la liberté qui doit réfléchir à ses modèles, où l’équilibre entre les droits et les devoirs est rompu. Le lien entre l’individu et le commun est défait. Tout le monde partage cette analyse … » (Vincent Peillon, interviewé par Le Monde, édition du mardi 23 avril 2013).

Je partage en partie cette analyse, même si celle-ci est très incomplète sur les causes de cette crise que nous vivons. Ce sont bien les politiques de droite, mais de gauche aussi, qui nous ont installé dans un monde libéral basé sur une concurrence déloyale, où notre pays doit subir un quadruple dumping : dumpings fiscal, social, environnemental et monétaire. Ce mode de mise en concurrence déstructure la société, en installant de fait une concurrence entre les individus pour l’emploi, pour accéder au logement, aux services et loisirs. Les parents s’en trouvent déstabilisés dans leurs quotidiens et leurs personnalités ce qui impacte par ricochet les enfants.  Dans une société angoissée pour l’avenir des enfants, la pression reposant sur eux a fortement augmentée. En dehors de la réussite à l’école, point de salut ! L’école est restée ce qu’elle a toujours été, un système méritocratique qui sélectionne puis récompense les meilleurs élèves. Seuls ces derniers se trouvent valorisés et gardent confiance en eux. L’école ne répond pas aux besoins de reconnaissance des autres élèves. Ils vont donc naturellement la rechercher ailleurs. Ils la trouvent dans leurs groupes ou bandes, en commençant par perturber les classes, puis raillant les plus faibles, en faisant souffrir ceux qui ne sont pas comme eux. Leurs références ne sont plus les valeurs gargarisantes de la république, mais celles qu’ils se fabriquent entre eux. Les meilleurs, cultivant l’excellence et imbus de leurs mérites deviennent des personnalités individualistes, incapables de travailler sur un mode coopératif et de prendre en compte des opinions divergentes de la leur.

L’école est un lieu où se forgent des mentalités et des manières d’être qui perdurent ensuite à l’âge adulte. Vouloir donc s’appuyer sur cette dernière pour une mettre en place une véritable éducation citoyenne n’est pas en soi illogique. Cette intention est cependant totalement vouée à l’échec si elle se concrétise par une transmission de savoir verticale traditionnelle du professeur vers l’élève, déconnectée du vécu des élèves.

Or la morale laïque voulue par le ministre ne peut qu’être déconnectée de ce vécu dans une école qui croit être républicaine mais qui ne reconnaît aux élèves que des obligations et aucun droits.

A quant la mise en place d’un code protecteur des enfants réclamé par entre autre par la FCPE ? Mentionnons le droit à la défense, au respect de la parole de l’enfant, l’interdiction de sanctions abusives, la mise en place de médiation scolaire, le droit au temps libre, le droit à des pauses déjeunées d’une durée raisonnable, le droit à la santé avec des toilettes en nombre suffisant et poids de cartable ne mettant pas en danger le dos des enfants, le droit de ne pas toujours savoir, le droit de se tromper et de pouvoir recommencer sans être enfoncé et dévalorisé par le système de notation.

Revoir la manière d’enseigner, introduire des modes de travail coopératifs, réguler les rapports des élèves entre eux (médiation en cas de conflit, travailler sur des mises en situation dans des groupes de parole) nécessite de réinventer le métier d’enseignant et conduit donc à vaincre un fort conservatisme enseignant. Pour un ministre, c’est bien plus facile de conceptualiser une soit disante morale laïque qui s’apprendrait sur les bancs de l’école. Cela ressemble à la morale chrétienne du Moyen-Age, où il fallait souffrir pour mériter le paradis, pendant que l’aristocratie et le clergé s’enrichissait allègrement. Aujourd’hui, il faudrait aux élèves accepter en souriant la sélection, l’échec et la dévalorisation de soi, sans même la promesse du paradis, pour maintenir un système scolaire qui sous couvert de méritocratie permets aux inégalités sociales de se perpétuer de génération en génération.

Face à des enjeux aussi importants que la solidarité, la tolérance et la coopération entre les individus, la morale laïque que veut instaurer ce gouvernement ressemble, par le simplisme du remède qu’il veut apporter, à un populisme petit bourgeois de gauche, qui ne veut pas remettre en cause le rôle de l’école dans la cristallisation des inégalités sociales de naissance.

Narcissisme exaspéré, un effet délétère sur la classe

On lira avec beaucoup d’intérêt l’article publié dans Le Monde du 22 mars 2013  : Marcel Gauchet : « Une pédagogie vraiment éclairée est à inventer » qui liste un ensemble de qualités qu’un professeur doit avoir pour exercer son métier : « Un professeur, idéalement, doit être à la fois meneur de groupe, comédien, psychologue, avec en plus des connaissances approfondies sur ce qu’il enseigne. En même temps, c’est le métier de l’humain par excellence. Le métier qui permet à chaque enfant de développer son humanité« . On se rapportera également aux articles publiés sur le sujet sur ce blog (catégories : pédagogie/savoir être).

Au delà des qualités dont un professeur doit aujourd’hui disposer pour pouvoir enseigner dans de bonnes conditions, il doit pouvoir comprendre la dynamique de groupe qui anime une classe. Les années se suivant et ne se ressemblant pas nécessairement, les professeurs font face à des classes avec lesquelles il est agréable de travailler, lesquelles ne sont pas nécessairement des classes excellentes et d’autres années, sont confrontées à des classes impossible à gérer, dans lesquelles une partie conséquente de la classe, sous l’impulsion de quelques meneurs, rendent la vie du reste de la classe et des enseignants infernale.

Si les limites fixées au moyen de sanctions sont à un moment donné nécessaires, il est tout aussi important de chercher à comprendre les interactions entre les élèves conduisant à de tels débordements. Les problèmes extérieurs à l’école(familiaux, violence …) portés par certains élèves, la perte de motivation, les difficultés scolaires conduisant au décrochage sont autant de causes qui peuvent amener des élèves à devenir perturbateurs. Mais on ne peut comprendre les mécanismes qui conduisent des élèves à devenir des perturbateurs actifs sans s’intéresser à leurs recherches effrénées de valorisation.

Un bon élève se trouve valorisé par ses bonnes notes et le regard positif que portent sur lui ses enseignants et ses parents. D’autres éléments de valorisation peuvent être recherchés dans le sport ou dans la reconnaissance par les pairs.  Un certain nombre d’élèves ne trouvent cependant pas des éléments de valorisation dans leurs résultats scolaires et peut-être ne trouvent-ils pas des éléments de valorisation dans leurs familles. Ils rechercheront alors à être valorisés face à leurs pairs.

Pour se sentir être, et pour ne pas se retrouver seul, l’appartenance à un groupe devient pour beaucoup d’élèves une nécessité. Elle passe alors par l’acceptation de contraintes imposées par les leaders du groupe. Ainsi un élève ordinairement doux peut être amené à donner une gifle à un élève n’appartenant pas au groupe pour prouver son allégeance. De manière classique, on identifiera de préférence un élève en situation de faiblesse et on le persécutera. Cela passera par des railleries, des moqueries et l’exclusion. Un jeu particulièrement pervers est d’intégrer dans le groupe le camarade ordinairement exclu à un moment donné, puis de l’exclure à nouveau, dans le but de le faire souffrir. L’exclu peut être amené à s’excuser de ne pas être comme les autres et à s’humilier. Ce type de jeu de persécution d’autrui est très courant et ne devient visible aux yeux des adultes que lorsqu’il prend la forme de violences physiques. Il commence néanmoins bien avant les premiers coups  et produit des effets délétères avant de se traduire par des violences physiques.

Un groupe d’élèves  se fréquentant tout au long de sa scolarité finit ainsi  par contaminer un ensemble suffisamment important d’élèves pour que les rapports entre élèves soient essentiellement guidés par le besoin narcissique de reconnaissance et que règne une mauvaise ambiance d’ensemble, avec des groupes opposés, des souffres douleurs et des élèves qui perturberont pour se faire valoir.

De fait, la communauté éducative ferait bien de s’intéresser aux interactions entre élèves dans les cours de récréation en vue de pacifier les rapports entre les élèves. Cela doit nécessairement passer par la mise en place d’un système de médiation pour résoudre les conflits entre élèves et favoriser un processus de réparation face aux fautes commises plutôt que des sanctions systématiques. Les élèves doivent apprendre à mettre des mots sur leurs émotions et à écouter leurs camarades. Ce qu’on appelle instruction civique devrait être axé sur l’apprentissage du vivre ensemble. Celui-ci ne peut pas  se résumer qu’à l’apprentissage de règles de conduite, mais nécessite aussi d’apprendre à prendre en compte l’autre et de comprendre la souffrance que l’on peut lui infliger. Il existe des techniques tel que le théâtre de rue ou encore les jeux de rôles qui permettent de mettre en scène des situations de la vie quotidienne afin que les élèves parviennent à comprendre comment par leurs paroles, leurs gestes et attitudes, ils peuvent blesser leurs camarades et ce que l’on ressent lorsque l’on se retrouve à son tour exclu. Ensuite, le  vivre ensemble passe par la réalisation de projets communs valorisant pour le groupe.

Nous pouvons tous constater au quotidien qu’un certain nombre de parents sont défaillants dans l’éducation de leurs enfants. L’institution scolaire est cependant bien impuissante pour faire évoluer ces parents et les moyens de pression sont très limités. Il faut donc bien admettre que ce cantonner à un discours sur la responsabilité des parents ne permet pas d’éviter qu’il devienne difficile d’enseigner même dans certaines classes de CP ! Le discours traditionnel qui consiste à renvoyer la responsabilité sur les parents a démontré son échec.

L’enseignant ne peut certes pas tout. C’est une véritable équipe éducative composée aussi d’éducateurs  qui au travers d’un projet de vie de l’établissement parviendra  à redresser, au travers d’une éducation citoyenne, les défaillances éducatives de certains parents et permettra aux élèves à dépasser leur recherche de reconnaissance narcissique.

Cela ne sera qu’au prix d’une totale remise en cause des objectifs et moyens de l’école qu’il sera possible de pacifier les rapports entre élèves, reconstruire du lien, instaurer une ambiance chaleureuse et restaurer pour les professeurs de bonnes conditions d’enseignement.