Qui parle pendant les exposés ?

La présentation d’un exposé par les élèves est une occasion rare pour eux d’appréhender l’art difficile de la communication orale devant une assistance, pour peu que l’enseignant voit l’intérêt de ce type d’exercice au delà de la simple transmission de savoir. Ce n’est pas évident à 12 ou 13 ans de maitriser sa communication verbale et non verbale, de savoir gérer les réactions de l’assistance, savoir capter son attention ou la retrouver si elle est perdue. C’est même un exercice d’une importance capitale, car peu d’adulte le maitrise et ont donc des difficultés à rendre un message audible devant une assistance. On ne peut donc que saluer tout exercice proposé par les enseignants conduisant les élèves à se mettre en avant, face à un auditoire. Cela peut être un exposé, la présentation d’une poésie ou un chant …

Difficile est la présentation d’un exposé lorsque les élèves sont agités, car peu à cet âge auront suffisamment d’autorité naturelle. Encore plus difficile est la présentation d’un exposé lorsque le principal perturbateur est l’enseignant lui même. C’est ce qui est arrivé à mon enfant cette semaine.

Il avait à préparer un exposé sur un auteur pour le cours de français. Ce travail lui a demandé un certain travail personnel effectué avec l’assistance de sa mère (distorsion dans les chances de réussites entre élèves, compte tenu de l’aide que mon enfant obtient et que les autres élèves livrés à eux même n’obtiennent pas). Il avait préparé un poster et avait envie de le présenter à ses camarades de classe. Or, lors de la présentation, il a été sans cesse interrompu par l’enseignant qui avait besoin de donner des informations complémentaires sur cet auteur. Certaines de ces informations étaient pourtant prévue dans la suite de l’exposé. Il aurait très bien pu apporter des compléments à la fin de l’exposé, mais très certainement étant trop attaché à sa position de seul transmetteur de savoir devant la classe, il ne pouvait laisser la parole à mon enfant pendant plus d’une minute.

Comme à son habitude, la classe n’était pas intéressée par cet étalage de savoir et maintenait dans la classe une ambiance de cours de ferme avec multitude de bruits d’animaux (hennissements, bruits stridents, psalmodie du mot « hindu » (une mode bizarre de pré adolescent bébête ?) ). La classe n’étant pas attentive, l’enseignant a reproché à mon enfant de ne pas savoir obtenir le silence de la classe. Ainsi, celui s’est retrouvé dans la position de simple auxiliaire préposé à la discipline.

L’exercice qui aurait pu être une expérience enrichissante pour mon enfant s’est ainsi transformé en calvaire pour lui.

L’enseignant qui au travers ce type d’exercice où les élèves peuvent être valorisés aurait pu trouver un moyen pour re mobiliser sa classe, n’a pas su sortir de son rôle traditionnel de vecteur de transmission de savoirs, malheureusement aussi vite oubliés par les élèves qu’entendus.

Evaluations nationales de fin de 5ième

Les évaluations nationales expérimentales de fin de 5ième avait donné lieu à un programme de révision corsé lors des dernière vacances scolaires. Elles ont eu lieu lundi 14 et mardi 15 mai, pendant une durée de 6 heures.

Cela me parait totalement insensé de demander à des élèves de 12-13 ans d’être en examen pendant une durée aussi longue. Je ne peux croire que l’objectif recherché est de repérer les difficultés des élèves et de disposer d’un outil de pilotage pour l’éducation nationale. Il s’agissait surtout, comme l’on expliqué certains enseignants aux élèves de disposer d’éléments de comparaison entre établissements et pouvoir prouver que le collège privé de la ville n’est pas meilleur. Il s’agissait aussi pour l’ancien gouvernement de Nicolas Sarkozy de mettre en place un examen de fin de cinquième en vue d’écarter les élèves les moins bons, de les envoyer vers des filière professionnalisantes avec apprentissage avant 16 ans et ainsi mettre fin au collège unique. Le véritable objectif recherché est la sélection et le classement des élèves et l’élimination des élèves les moins bons qui se trouvent également être les élèves perturbateurs, ceux qui ayant perdu toute espoir de réussir se construisent dans l’opposition au modèle voulu par les adultes.

Nous sommes arrivés à un système scolaire où l’évaluation des élèves devient plus importante que les apprentissages. Comment comprendre autrement que mon enfant n’ait pas eu à se rendre au collège ce mercredi 16 mai,  afin de permettre aux enseignants de corriger les évaluations ?

La victoire de François Hollande aux élections présidentielles laisse espérer la fin des évaluations nationales et un coup d’arrêt dans cette réforme à petit pas de l’école vers une école de plus en plus sélective. Il paradoxal que cet espoir soit porté par une personne qui est sortie vainqueur de la compétition scolaire, puisque ancien élève d’HEC et de l’ENA.

Comment faire tourner en bourrique un enseignant

Au début de la séance, lorsque l’enseignant veut vous faire effectuer une évaluation, affirmez que celui-ci ne vous a pas prévenus. Comme l’information n’est pas reportée dans le cahier de texte de la classe, l’enseignant ne pourra pas vérifier. De plus personne dans la classe n’osera témoigner en faveur de l’enseignant, de peur de passer pour un intellectuel (un intellectuel est un élève qui participe, réussit plutôt bien et ne fait pas partie de ceux qui ont décrochés ou sont blasés, démotivés ou qui ne veulent pas paraitre comme tel). Peut-être constatant dans l’ensemble des élèves affirmant ne pas avoir été prévenus quelques élèves figurant dans son estime, l’enseignant acceptera de reporter l’évaluation au lendemain.

Ensuite, mettez vous à plusieurs pour faire régner un bruit de fond pendant toute l’heure de cours, par exemple  en imitant des bruits d’animaux.

Discutez avec votre voisin, voir encore mieux, chamaillez vous avec lui.

Si vous souhaitez suivre ledit cours, essayez de vous assoir au premier rang, sinon, vous n’entendrez rien.

L’enseignant ne sachant plus où donner de la tête, lorsque la fin du cours arrive, profitez d’un moment d’inattention pour voler à l’enseignant une photocopie de l’évaluation prévue pour ce jour.

Remettez la à un faux cancre, mais bon élève voulant passer pour tel et demander lui d’effectuer cette évaluation et de mettre à disposition le soir même les résultats sur Facebook au plus grand nombre (bien sûr, comme vous êtes encore un peu jeune et ne réfléchissez pas encore beaucoup, omettez de lui conseillez d’utiliser un compte anonyme.

Le lendemain, essayez de vous assoir à côté du faux cancre si vous n’avez pas pu consulter Facebook. Pensez vous vraiment que l’enseignant ne sera pas étonné des résultats exceptionnels de la classe ? Mais vous aurez réponse à tout.

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Voilà encore un exemple malheureux illustrant le comportement auquel aboutit un enseignement exclusivement centré sur la transmission des savoirs, les apprentissages à coup d’évaluations qui démotivent et découragent une partie des élèves, les devoirs trop nombreux qui permettent à ceux dont les parents s’investissent mieux que les autres de prendre un avantage sur leurs camarades dans la compétition scolaire. On arrive à une situation satisfaisante pour personne, ni pour les élèves qui n’apprennent pas, ni pour les enseignants se retrouvant dans cette situation extrêmement éprouvante pour eux.

Fête du travail au collège

Pendant que nous adultes pouvons profiter d’une journée de congé et d’une journée de beau temps, nos enfants effectuent des devoirs qui leurs ont été donnés du lundi 30 avril pour mercredi 02 avril. Ces devoirs ont occupé mon enfant pendant 1,5h.

Précisons que les devoirs donnés avant les vacances scolaires pour ce début de semaine était déjà conséquents : une révision complète du programme de mathématique et de français, des révisions en sciences de la vie et de la terre (SVT), en anglais pour des évaluations programmées pour cette semaine, un devoir maison en physique / chimie et un autre en histoire / géographie, ainsi que des séries d’exercices dans plusieurs matières, un exposé à préparer en SVT, un livre à lire en français, ainsi qu’une fiche de lecture à rédiger . Tout ce travail  demandé a nécessité plus d’une journée de travail individuel pendant les vacances (hors temps de lecture, je précise).

Je me demande comment a bien pu se passer la rentrée scolaire des élèves qui n’ont pas été aussi bien organisés (merci les parents) que mon enfant, et qui ont tendance à reporter au dernier moment les devoirs. Certain ont passé un agréable premier mai à tenter de rattraper le temps. D’autres ont très certainement laissé tombé. Précisons que toute la journée du mercredi est travaillée, pour rattraper le pont de l’ascension.

Ainsi, pendant que le président de la république fêtait la fête la « vrai fête du travail », les enseignants de la classe de mon enfant apprennent à quelques élèves à devenir de vrais travailleurs méritant sachant travailler même le premier mai sans rechigner

Vive la France forte qui élimine les plus faibles !

Election présidentielle : une occasion de stopper le saccage de l’éducation

Avant le premier tour des élections présidentielles qui nous attend ce week-end, les français peuvent déciller les yeux s’ils s’en donnent la peine et prendre conscience du sens du projet éducatif de l’UMP. Suffisamment d’articles ont été publiés ces jours ci.

Dans « École, les moyens attribués renforcent les inégalités » (Le Monde 12/04/2012), on peut constater grâce à la Cours des Comptes comment l’État alloue les moyens, non pas en fonction des résultats aux très utiles évaluations nationales, ni en fonction d’un taux de réussite ou d’échec, mais de manière à donner plus à ceux qui ont toujours reçu, les Parisiens et quelques autres. Nous avons vu apparaitre ces dernières années les indicateurs mesurables dans l’éducation nationale, mais bizarrement, ceux-ci ne servent pas à établir des critères partagés de répartition des moyens.

Alors que 80 000 postes ont été supprimés dans l’éducation national, nous découvrons un brin amusés comment les enseignants sont devenus une marchandise (voir l’article du 18/04/2012 « cherche prof sur leboncoin.fr : la FCPE stupéfaite« ). Afin de palier à l’absence d’enseignants remplaçants, deux collèges Lorrains ont eu la malheureuse initiative  de tenter d’en trouver sur leboncoin.fr. Officiellement, la méthode est désapprouvée. Ce genre d’initiative va cependant dans le sens d’une augmentation de l’autonomie des établissements et la transformation des chefs d’établissements en chefs d’entreprise qui pourront à leur guise recruter. Ce qui revient à permettre bons établissements à recruter les bons professeurs pour les meilleurs élèves, induisant ainsi une augmentation de la fracture entre élèves de milieux socio-culturels favorisés au détriment des autres.

Que penser de la proposition n° 17 du candidat Nicolas Sarkozy « pour une France forte » de «ne plus accepter qu’un seul enfant rentre au collège sans savoir lire, écrire et  compter, en prenant systématiquement en charge les élèves de maternelle ou de CP  en grande difficulté» ? Comment compte-t-il s’y prendre, alors que le même Nicolas Sarkozy, président, s’est employé pendant son mandat à réduire les effectifs du RASED (réseau d’aide aux enfants en difficultés, voir l’article Faire et défaire le soutien scolaire du 29/03/2012) ? S’agit-il tout simplement d’écarter du collège les enfants en difficultés pour ne pas gêner la réussite des meilleurs élèves ?

Ajoutons à cette mixture l’assouplissement de la carte scolaire et la possibilité donnée aux parents de choisir leur établissement (voir l’article de Le Monde du 14/02/2012, « La carte scolaire, une réforme en trompe-l’œil ») pour éviter les mauvais élèves.

L’ensemble constitue un véritable projet de société censé répondre à l’angoisse des parents du socle électoral de l’UMP. Dans une société où il est de plus en plus difficile de se faire une place, en témoigne les taux records de chômage des jeunes, la peur du déclassement social touche toutes les couches sociales. Les parents angoissés par la possibilité que leurs enfants n’aient pas le même statut social qu’eux-même veulent avoir la possibilité de mettre en œuvre toutes les stratégies pour garantir le maintient de leurs enfants dans la même caste sociale qu’eux même. Comme les bonnes places sont rares, le processus de sélection se doit de commencer le plus tôt possible, dés l’entrée au collège. Pour sortir gagnant de la compétition scolaire, l’enfant doit être affecté dans le bon établissement et dans la bonne classe en choisissant les bonnes options. Les bons établissements doivent pour cela avoir la liberté de proposer des projets pédagogiques séduisants et de recruter les meilleurs enseignants. Il faut également que l’ensemble des élèves en mesure de disputer les épreuves ultimes ne soient pas trop nombreux et donc organiser un mode de sélection reposant sur la capacité des parents à s’investir dans la scolarité de leurs enfants. Tous admettront ainsi que les heureux gagnants ne doivent leur réussite qu’à leur mérite.

Nous avons là le projet sur le long terme de transformation d’une école déjà pas très républicaine en une école ségrégative, reproductrice des statuts sociaux des parents. En générant la frustration, l’école générera toujours plus de violence dans la société. En misant tout sur la sélection et le supposé mérité de celui qui travaille plus, l’école générera des comportements toujours plus individualistes, contre productifs quant-il s’agit de travailler ensemble. En formatant les élèves et évitant le brassage des personnes, le système scolaire empêchera l’émergence d’idées novatrices.

En rejetant maintenant le projet présidentiel de l’UMP, il est encore temps d’éviter notre dérive vers une société se délitant.

2 jours d’exclusion pour un crépage de chignion

Deux élèves de la classe de 5ième de mon enfant, habituellement bonnes copines se sont battues. La sanction a été immédiate, elles ont été exclues deux jours de l’établissement.

Je suis choqué par la disproportion entre les faits et la sanction, l’absence de dialogue avec les enfants, la négation du droit à la défense et à la représentation : pas de délégués de parents d’élèves, pas de délégués des élèves. Une sanction vite prise et qui se veut exemplaire: l’ordre et bonne marche de l’établissement avant tout. Apprenons nous à nos enfants les règles de fonctionnement d’une démocratie ou d’une dictature ?

Ces deux filles se regardent actuellement en chien de faïence,  ce qui indique clairement un ressentiment important entre elles, qu’un dialogue initié par un adulte aurait permis de faire diminuer. Espérons pour elles que l’amitié reprendra le dessus et que le désir de vengeance s’estompera avec le temps.

J’ai moi aussi été collégien et je n’ai jamais eu connaissance de telles sanctions d’exclusion. Je me suis moi-même déjà battu contre un ami et également une fois contre un persécuteur qui par la suite m’a respecté. Nous avions juste eu droit à quelques remontrances ! Il me semble que l’âge du collège correspond à un âge où les personnalités se construisent, où l’égo a quelques soucis pour s’affirmer, où l’on ne sait pas encore très bien dialoguer et faire attention à l’autre. Cela peut provoquer quelques étincelles, il n’y a là rien de nouveau.

A quelle époque vivions nous pour les rapports entre enfants et adultes soient à ce point dégradés ?

Travailler en groupe : le comportement de nos élèves est-il plus évolué que ceux des rats ?

L’objectif recherché par les enseignants donnant des travaux à effectuer en groupe est louable, puisqu’il s’agit d’apprendre aux élèves à travailler ensemble, à s’organiser, à rechercher de l’information, la trier … Cet objectif d’autant plus important que dans le monde du travail, nous dépendons tous de nos collègues pour la réalisation de notre travail, d’où la nécessité du « bien travailler ensemble » pour atteindre les objectifs communs de l’entreprise, être efficace, productif, innovateur. Nous vivons tous les jours les effets délétères d’un individualisme forcené qui conduit certains à privilégier leurs propres intérêts et conduisant d’autres à la démotivation sans que le management des entreprises élevé dans le même moule élitiste et individualiste n’y trouve à redire.

Cependant, comme le programme est suffisamment chargé et que le temps manque, ce travail en groupe est effectué exclusivement en dehors du temps scolaire, donc sans encadrement des enseignants ou sous l’encadrement des quelques parents d’élèves qui estiment nécessaire de s’y investir.

Comment les enfants parviendront-ils à apprendre à mieux travailler que nous même puisque cet apprentissage du travailler ensemble n’est pas pris en charge par l’école ?

A chaque fois que mon enfant a dû effectuer des travaux en groupe, nous avons pu constater que sur 4 élèves associés pour l’occasion, il s’en trouve à chaque fois un qui se sentira investi du projet, qui apportera les idées, tentera de répartir les rôles et fera finalement la plus grande partie du travail. Le second, sera de bonne volonté et fera ce qu’on lui demande, mais n’aura pas de rôle moteur. Enfin les deux derniers apporteront une contribution symbolique et ne feront finalement pas grand chose, mais bénéficieront du travail des autres.

Une expérience menée par Didier DESOR, professeur à Université Henri Poincaré, à Nancy et décrite sur le site de France 5 apporte matière à réflexion : 6 rats sont placés dans une cage et devront à un moment de l’expérience plonger pour pouvoir accéder à leur nourriture. Une hiérarchie va s’établir entre entre les six rats. Il se trouvera 3 rats qui ne plongerons jamais et récupérerons les croquettes recherchées par les 3 autres rats. Une répartition des rôles s’opère. Cependant, un rat ne nait pas dominant ou dominé. Il suffit en effet de changer un rat ravitailleur de groupe et de ravitailleur, celui-ci peut devenir voleur. Pour les rats, ce comportement permet la survie du groupe et permet d’exploiter les compétences de chacun.

Parions qu’un enfant actif dans un groupe est susceptible de devenir passif dans un autre groupe, tout comme les rats, si son éducation ne lui donnait pas un sens des responsabilités et l’envie de s’investir pour mener à bien un projet. Mais la plupart agirons comme les rats de l’expérience. De fait, dans les société humaines, les enfants devenus adultes se retrouveront dans des rôles passifs ou des rôles où se sentant trop investis ils porteront plus qu’ils ne doivent ou encore dans des rôles de domination. En fin de compte, ils n’auront pas appris à mettre en place une émulation créatrice entre eux, ils n’auront pas appris à effectuer des choix collectifs et raisonnés, ils n’auront pas appris à se répartir les rôles de manière équitable et en fonction des capacités de chacun. Enfin ils ne trouveront pas d’intérêt à ce qu’ils entreprennent, à part l’argent et la reconnaissance par le pouvoir.

Ces comportements rapportés à l’échelle de la société sont une catastrophe dans un pays qui pour rester compétitif veut miser sur l’innovation et l’économie de la connaissance.

Sans véritable apprentissage à l’école du « travailler ensemble », nous ne valons pas mieux que les rats en terme d’intelligence sociale.

Commentaires sur le requisitoire de la cours de comptes contre la réforme de la formation des enseignants

Le rapport de la cours des comptes dont Le Monde se fait l’écho (voir l’article « Réquisitoire contre la réforme des enseignants » du jeudi 9 février) a le mérite de d’exprimer de manière audible ce que savent bon nombre de parents d’élèves et spécialistes de l’éducation, à savoir que les réformes engagées lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy n’ont pas amélioré la qualité de l’enseignement, bien au contraire. Il s’agit d’une sanction pour ce gouvernement qui mérite d’être commentée.

La mastérisation de la formation des enseignants et la suppression des instituts universitaire de formation des maitres ne répond pas aux besoins des élèves. Ceux-ci n’ont pas besoin d’avoir des grosses têtes ayant un niveau de compétence élevé dans leurs matières respectives, mais avant toute chose de professeurs sachant transmettre leur savoir, capable de gérer des classes hétérogènes, comprenant la psychologie des enfants et des jeunes …

Ce gouvernement n’a su que faire la promotion du retour de l’autorité « pour que les élèves qui veulent travailler puissent travailler ». Il tente de réorganiser l’école de manière à ce que les parents aient « la liberté » de placer leurs élèves dans les bons établissements, voir le privé. Sa majorité présidentielle cherche à remplacer la formation des enseignants par des établissements privés au travers de la proposition de loi du député UMP Jacques Grosperrin. Inutile d’être devin, l’étape suivante sera de donner la possibilité aux établissements scolaire de recruter eux-même leurs enseignants. Ainsi, les bons établissements auront les bons professeurs et les autres les mauvais.

Pour ce donner bonne conscience, ce gouvernement a mis en place un système permettant à quelques élèves brillants des banlieues d’accéder aux meilleurs classes préparatoires. Ce faisant il conforte les vainqueurs de la compétition scolaire dans leur sentiment de mériter l’accession sociale que leurs donnent leurs hauts diplômes. Ceux-ci peuvent ainsi s’estimer plus méritant que tout ceux qui ont été éliminés car n’étant pas dans les bons établissements et face aux bons professeurs. C’est ainsi que l’on aboutit à une caste de personnes formatés de manière identique, placés aux postes de décision au sein des entreprises et des administrations.

Le projet de société de ce gouvernement est tellement limpide que personne ne le dénonce : cette droite ne cherche qu’à contenter sa base électorale. Celle-ci, inquiète des risques de déclassement pesant sur sa progéniture, veut pouvoir bénéficier d’un système scolaire élitiste permettant à ses enfants de gagner la compétition scolaire et se maintenir dans sa caste sociale.

Alors qu’avec la crise économique actuelle, l’incapacité de la France à innover est pointée, il serait judicieux d’effectuer une corrélation entre cette incapacité et la formation : autosuffisance et formatage mental des élites, élimination des personnalités non conforme (celles qui sont le plus susceptibles d’innover), exacerbation de la compétition au détriment du travailler ensemble.

Le risque pour cette droite de voir les cartes rebattues à chaque génération est trop grand (le fils de maçon devenant ingénieur, le fils d’ingénieur devenant maçon).

Le surveillant tout puissant

La semaine dernière, deux élèves s’amusaient à glisser dans le collège. Passe un surveillant qui leurs demandent de lui remettre leurs carnets. Ceux-ci ne comprennent pas et répondent qu’ils n’ont rien fait de mal. Le surveillant continue d’exiger leurs carnets et pour toute explication leurs fait savoir qu’il peut faire pression sur le conseil de discipline.  En prime, il tord le poignet d’un des élèves.

Trois élèves font la queue ensemble pour entrer dans la cantine. Ils ne sont pas alignés par deux. Survient le même surveillant qui exige des trois élèves qu’ils aillent à la fin de la queue car ceux-ci n’étaient pas correctement alignés.

Il y a plusieurs mois de cela, un conseil de discipline a prononcé une mesure d’exclusion avec sursis à l’encontre d’un élève qui avait donné un coup de pied à ce même surveillant, pour un motif qui nous est inconnu.

Au travers de la perception de mon enfant, nous avons l’impression que ce surveillant, un jeune homme d’une vingtaine d’année, confond sa mission avec celle d’un garde chiourme et prend un certain plaisir à exercer son pouvoir. Bien que non concerné par les faits relatés, mon enfant en tire un profond sentiment d’injustice et d’arbitraire.

Arbitraire d’un surveillant qui s’autorise à brimer les élèves, injustice d’une communauté d’adulte qui ne porte aucun crédit à la parole de l’enfant. Certes, une réponse éducative est nécessaire fasse à un élève qui porte un coup de pied à un surveillant, mais avant de définir la sanction, il me parait nécessaire de comprendre le contexte et ce qui a conduit à l’acte. La justice française ne fonctionne pas différemment lorsqu’elle juge un prévenu. Le collège si. Il parait que le collège est un espace de citoyenneté.

 

 

Neige au collège

Étrangement, ce lundi 6 février, les élèves n’avaient pas le droit de se rendre dehors lors des récréations et de la pause du midi, alors que cette interdiction n’est pas mise en œuvre dans les écoles primaires.

Par contre, lorsque le temps est juste froid ou pluvieux, les élèves doivent rester dehors lors de la pause de midi. Aucune salle n’est mis à leur disposition. Tant pis pour eux si ceux-ci ont froid.

Quelle est la logique d’une telle mesure d’interdiction ? Cela  ne peut être pour le bien-être des élèves, puisque les adultes ne s’en préoccupent pas lorsqu’il fait juste froid ou qu’il pleut. La décision est sans doute motivée par la crainte de voir les élèves jouer avec la neige, s’amuser à glisser et le risque de chutes et fractures. Pourtant, il n’y a rien de choquant à ce que ceux-ci s’adonnent aux plaisirs de la neige, puisque nous autre adultes en avons fait de même autrefois. Si personne ne souhaite tomber et se faire mal, le risque de chute est assumé par tous ceux qui s’adonnent aux plaisirs des jeux de neige.

Serions nous dans une société a telle point judiciarisée pour qu’il se trouve des parents d’élèves pour porter plainte contre le collège si sa progéniture s’est brisée une jambe en jouant à glisser ? Une telle interdiction est perçue par les élèves comme injuste et arbitraire.

Ce sentiment d’arbitraire s’est trouvé renforcé le mardi 7 février, car sans explications, les élèves étaient cette fois si autorisés à se rendre dehors. Sans doute qu’il est plus défavorable pour le collège d’avoir à gérer l’ouverture de salles et le maintient en poste de surveillants que de supporter un risque de contentieux relatifs à d’hypothétiques fractures de la jambe.