Des larmes pour commencer les vacances

Je pouvais espérer vendredi 08 mars au soir, de retrouver mon enfant content d’être en vacances. Il était en larmes, car une avalanche de devoirs lui est tombé dessus. Mentionnons entre autre, un devoir maison en mathématique, un exposé sur un personnage de la mythologie, un livre à lire, un travail s’y rapportant et une rédaction.

Il était confronté au sentiment que même avec la meilleure volonté du monde, il ne saurait y faire face. Nous avons bien été obligé de l’aider pour qu’il surmonte cette peur de ne pas être à la hauteur.

Jusqu’à aujourd’hui, cela représente une journée complète de devoir et cela n’est pas fini.

Je ne comprends pas cette volonté de vouloir pousser les élèves au maximum de leurs possibilités. Quel hypocrisie que de penser que tous les élèves pourront répondre à des exigences aussi élevées : tous les parents n’auront pas la possibilité ou la capacité à apporter l’aide nécessaire. On risque là de décourager certains élèves.

Quel est ce collège qui stress à ce point les enfants qui ont le défaut de vouloir être à la hauteur, de ne pas décevoir et que l’on peut pousser à en faire toujours plus ?  L’épuisement guette ce genre d’enfants qui ne savent pas prendre suffisamment de recul.

Dans un monde en constante accélération, les enfants on le droit d’avoir une vraie coupure pour décompresser. Les devoirs sont nécessaires, mais il convient de rester dans la bonne mesure.

Une mise sous tension permanente

Au premier jour de collège à la rentrée de septembre 2010, les enfants fraichement arrivés de CM2 furent bien accueillis.

Mais au deuxième jour, le désenchantement était au rendez-vous avec une avalanche de règlements :

  • règlement du collège
  • règlement du carnet de correspondance
  • règlements spécifiques à certaines matières …

Tous ces règlements sont très instructifs pour comprendre que l’école primaire est bien finie et que dorénavant on ne badine plus avec la discipline. Malheureusement, mis à part des interdits et des obligations pour les élèves, les multiples règlements ne sont pas très précis sur les droits des élèves .

Puis est rapidement arrivée l’avalanche de devoirs et d’évaluations sans coordination aucune entre les enseignants, les menaces si le travail n’est pas satisfaisant (une heure de colle dans certaines matières si le travail n’est pas à la hauteur), les risques de sanction pour des motifs futiles (pour une minute de retard, quant les enfants doivent traverser tout le collège pour se rendre d’une salle de classe à l’autre).

Enfin, certains élèves, les plus âgés du collège, profitent de leur position d’aînés pour écraser les plus jeunes (invitation à manger par terre à la cantine).

Tous ces faits ont conduit à une mise sous tension rapide de mon enfant dans les deux premières semaines qui ont suivi la rentrée scolaire. Il mangeait moins aux repas, était pâle et au bord des larmes le soir, se réveillait tôt le matin, était en permanence fatigué.

Le personnel du collège oublie que les élèves arrivant de CM2 n’ont que 11 ans, qu’ils sont des enfants qui entrent brutalement dans un monde d’adolescents et qu’ils ont besoin d’être accompagnés. Les rapports distants qu’entretiennent la plupart des enseignants ne les aident pas. A 11 ans, les enfants ne savent pas encore organiser leur travail et ne sont donc pas efficaces. On ne peut avoir vis à vis d’eux les mêmes exigences qu’avec des élèves de 3ième.

Nous avons rapidement essayé à aider notre enfant à prendre du recul, à mieux s’organiser, à acquérir des méthodes de travail. Petit à petit, celui-ci apprend à s’adapter. Nous lui avons appris à rédiger des fiches (chose que personnellement je n’ai commencé à faire qu’au lycée), lorsque les informations à retenir étaient dispersées sur plusieurs supports. Nous avons même été obligés de ré écrire certains cours sous forme de fiches synthétiques lorsque ceux-ci étaient mal structurés, voir incompréhensibles.

Mais qu’en est-il des autres enfants qui n’ont pas la même chance que le mien, d’avoir des parents disponibles et capables de l’aider ? Que sont-ils devenus pendant cette période cruciale ? Ont-ils décrochés ?