Un exemple déplorable de découverte des sciences

La découverte des sciences aux cours des séances de travaux pratiques permet aux élèves des  sections scientifiques de s’initier à la démarche expérimentale et par la même d’acquérir une nouvelle forme de raisonnement. Des séances bien préparé et un enseignant guidant et encourageant les élèves sont pour cela nécessaire. Cela n’a pas été le cas pour la première séance de travaux pratique de la nouvelle classe de première scientifique de mon enfant.

L’enseignant de sciences physique a fourni aux élèves un sujet d’optique sous la forme d’une photocopie de qualité médiocre avec un petit schéma du montage expérimental. Les élèves devaient ensuite réaliser les travaux, sans avoir de droit de solliciter l’enseignant pour des explications en cas d’incompréhension , alors que ceux-ci n’avaient pas encore suivi le cours et donc étaient des novices dans cette discipline. La réponse à toute question était censée se trouver dans l’énoncé. Les élèves devaient alors relire plusieurs fois celui-ci jusqu’à trouver la réponse cherchée. Encore eut-il fallu que l’énoncé ne comporte pas d’erreur, ce qui était le cas avec une définition erronée de la « focale ».

Découvrir une nouvelle discipline au travers d’expériences sans avoir reçu les cours peut avoir un intérêt pour initier les jeunes à la démarche expérimentale à partir du moment où ceux-ci disposent d’un support de qualité les guidant dans leurs démarches, ce qui n’était pas le cas, et d’un enseignant jouant son rôle en guidant les élèves, non pas en restant assis derrière son bureau. Si ces conditions ne sont pas remplies, des élèves 16 ans qui sont encore novices en sciences, seront nécessairement perdus et feront face au découragement. Ils ne prendront alors pas goût à la discipline qu’ils étaient censés découvrir.

A ne pas en douter, certains auront su rechercher l’information dans leur livre à défaut des explications du professeur et auront su mener à bout leurs travaux pratiques. L’objectif serait-il donc de distinguer cette minorité et de la sélectionner ? Le reste de la classe serait alors sans intérêt ?

Téléphone portable

Arrivé au lycée, l’usage du téléphone portable par les élèves pendant les cours, dans la classe de seconde de mon enfant, s’est bien généralisé.

Au delà du fait que cet usage puisse perturber le fonctionnement de la classe, et détourne l’élève lui-même des apprentissages en focalisant son attention sur son téléphone, le comportement de ces élèves n’est que la copie exacte de celui des adultes, lesquels ne savent plus se passer de cette extension d’eux même, quelque soit les circonstances (professionnelles, loisir, privé …).

Les enseignants eux-même n’échappent pas à la règle. Cela commence par les enseignants du primaire qui expliquent à leurs élèves que leur téléphone portable peut être amené à sonner pour permettre à leurs enfants de les joindre pendant que ceux-ci font classe. Cela continue au collège par d’autres enseignants, qui pendant que les élèves effectuent des exercices en classe, pianotent sur leur téléphone caché sous leur bureau (jeune adolescents, effectuant mes devoirs, je faisais la même chose avec la bande dessinée que je coinçais entre mes genoux et le bureau, pour faire croire à ma mère que je travaillais). Un jour, un téléphone sonnant dans une classe de cinquième, l’enseignant protesta, jusqu’à se rendre compte que c’était son propre téléphone qui sonnait. Plutôt que de l’éteindre et de s’excuser du dérangement, l’enseignant sortit de classe pour répondre. Profitant de l’occasion, les élèves chahutèrent.

Je n’ai pas encore connaissance d’ élèves utilisant leurs téléphone portable dans les classes de primaire et de collège. La peur de la sanction doit sans doute encore faire son effet.

Mais avec de tels exemples comportements d’adultes référent, arrivé à l’âge du lycée, les élèves ne prennent plus de gants et ne se gênent plus pour gérer leurs relations privées pendant la classe.  De tels comportement de la part des enseignants, même s’ils sont le reflets de notre société, révèlent de manière flagrante un manque de formation des enseignants à l’art d’enseigner. Le système de concours Capes et Agrégation ne leur permettent pas de recevoir cette formation.

ABCD de l’égalité en cours de sport

Alors que le ministre de l’éducation national, Benoît Hamon opère un replis, espérons nous tactique, sur la mise en œuvre de l’ABCD de l’égalité, en vue de remplacer cette expérimentation par un « plan d’action », il subsiste des pratiques sexistes en cours de sport qui cantonnent les filles dans une position d’infériorité.

Que dire d’un enseignant de sport qui n’intervient pas dans la constitution des équipes en sport collectif, laissant les garçons prendre le dessus, conduisant les filles à se retrouver dans les équipes les plus faibles ? Que penser de lui, lorsque celui-ci ne s’intéresse qu’aux meilleurs et n’effectue aucun arbitrage des équipes qu’il juge moins intéressantes ? Les sports d’équipes sont un espace d’apprentissage de la cohésion de groupe, où l’individualisme n’a pas sa place. De fortes individualités, généralement masculines qui ne savent pas s’appuyer sur leurs camarades, entre autre féminins, ne feront pas gagner leur équipe, bien au contraire. C’est au professeur d’intervenir, de modérer les ardeurs et de relativiser les enjeux. C’est au professeur d’agir lorsqu’il constate que des élèves ne peuvent prendre part au jeu car jamais la balle ne leur est passée. IL ne doit pas laisser faire lorsque dans une équipe une remplaçante se trouve pendant toute la durée du match sur la touche, réclamant de pouvoir entrer et participer au jeu. Facile pour lui de voir ladite élève avant le match et lui dire qu’il aurait bien aimé la voir plus souvent à l’action pendant l’année et qu’il espère qu’à l’occasion de ce dernier match, elle montrera ce qu’elle est capable de faire !

Ce professeur ne se rend même pas compte que par sa manière d’agir, il amplifie les inégalités entre garçons et filles et qu’il fait accepter aux filles des rôles subalternes tandis qu’il valorise excessivement les garçons.

Espérons que le plan d’action de Benoît Hamon visera plus particulièrement les professeurs de sport masculins pour les former et leurs faire prendre conscience de leurs agissements dans le conditionnement des rôles masculins / féminins.

Cas d’un professeur tire au flanc

Mon enfant  est cette année soumis à un cas exceptionnel de professeur  « tire au flanc ». Cet enseignant n’a pour ainsi dire  assuré qu’un cours sur deux depuis le début de l’année. Il est régulièrement en retard de 10 minutes et les cours paraissent improvisés. D’une fois sur l’autre, les élèves ont l’impression de revoir tout le temps la même chose,  de faire du sur place. Le cours est sans structure, aucune progression n’est mise en place. Et pourtant, un professeur pourrait donner le change en se contentant de suivre le livre. Au moins les élèves apprendraient quelque chose ! Dans le cas présent, ce n’est même pas le cas.

On peut s’interroger sur les moyens que l’éducation national a à sa disposition pour mettre fin aux dégâts que ce type d’enseignants, heureusement ultra minoritaires, infligent aux élèves. Pour la direction de l’établissement, les absences sont injustifiées et à part demander des sanctions financières, elle semble démunie face au cas. Les délégués de parents d’élèves finiront pas protester auprès de l’inspection d’académie, mais pour quel résultat ? On enverra l’enseignant continuer ses dégâts ailleurs ?

On peut s’interroger également sur la manière de recruter de l’éducation nationale, tellement axée sur la réussite à des concours qu’elle en oublie de vérifier que les candidats disposent d’une véritable aptitude à enseigner et surtout l’envie de transmettre. Concernant notre enseignant, il ne fait donc pas de doutes qu’il possède les connaissances académiques requises, mais pour une raison inconnue, il prend son travail pour une occupation et ne se soucie aucunement des élèves.

La gestion des émotions

Les formations en entreprise autour de la communication m’ont maintes fois démontré à quel point le métier d’enseignant ne s’improvise pas et ne saurait se suffire de connaissances académiques et une aptitude à faire de brillants exposés, aspects que les concours de recrutement des enseignants mesurent parfaitement.

Il n’y a pas seulement, dans une salle de classe, un enseignant face à ses élèves. Il y a également un objet relation à bâtir, dans lequel tous sont coauteurs. Une relation fonctionnera si un accord équitable est accepté par tous sur le mode de fonctionnement, y compris la manière d’exprimer les émotions. Celles-ci, celles de l’enseignant ou celles des élèves qui se traduisent par des comportements de désintérêts ou perturbateurs, minent cette relation.

L’enseignant doit bien se connaître et se reconnaître par la connaissance de ses forces et faiblesses pour ne pas être dépendant du regard des autres. Il doit s’accepter avec ses qualités et défauts, ne pas ambitionner de cours parfait afin de ne pas se créer des enjeux démesurés et doit savoir lâcher prise. La prise de distance lui permettra d’éviter la remontée de pensées négatives (« je n’y arrive pas« , « je suis nul« , « ils se moquent de moi« , « cela ne les intéresse pas » …) qui le conduisent dans une attitude défensive et de non ouverture. Il doit se mettre dans l’état d’esprit que le temps d’une classe n’est qu’un vaste jeu où chacun veut sa part de valorisation pour se sentir exister. Face à ce jeu permanent, le problème de l’enseignant est de parvenir à recentrer la classe sur son objectif de transmission de savoir, alors que les élèves, pour être réceptifs, doivent avoir leurs cerveaux libre de toute émotion. Le cerveau est incapable de raisonner et de recevoir le message de l’enseignant, si celui-ci est encombré d’émotions. Le rôle de l’enseignant est donc aussi d’aider les élèves de se libérer de ses émotions et enfin pouvoir recevoir les enseignements.

Les élèves se sentant dévalués et humiliés de ne pas comprendre ou réussir vont chercher à se valoriser autrement, au détriment du professeur de de la quiétude de la classe. Si l’enseignant ne sait pas recevoir cette émotion et ne sait pas distribuer encouragements et valorisation aux élèves les moins talentueux (le système des notes n’y aide pas particulièrement) et ceux souffrant d’un déficit de reconnaissance (la classe n’est pas seule en cause, l’environnement joue également un rôle), sa classe peut vite devenir un enfer.

D’autres élèves connaissent les tourments de la peur de se tromper et craignent plus que tout le regard des autres élèves et celui du professeur. Ceux-ci peuvent être tentés de se replier sur eux-même en réaction de protection. Ces élèves doivent être rassurés et protégés des moqueries. Leur droit à l’erreur doit être reconnu, ils doivent savoir qu’ils ne risquent pas de réprimandes. Alors seulement ils tenteront de raisonner et pourront constater qu’eux aussi peuvent réussir.

Le catalogue des émotions est un vaste champ d’exploration nécessitant des avis plus experts. Ce rapide exposé permet de comprendre qu’il est impossible de chercher à solliciter des cerveaux dont la capacité de raisonner n’est pas disponible pour cause d’émotions diverses et variées. Enseigner nécessite donc beaucoup de tact, de bienveillance, de capacité d’écoute, mais aussi de connaissance de soi même pour ne pas être victime de son propre conditionnement émotionnel, prendre le temps de répondre aux différentes attitudes des élèves et éviter les réactions épidermiques. Ce métier nécessite de l’empathie, une vraie ouverture aux élèves pour comprendre leurs émotions et les aider à s’en libérer afin que leurs capacités de raisonnement soient libres de toute autre interférence. Prendre le temps n’est pas une perte de temps. Mieux vaut pour un enseignant réduire ses objectifs afin que l’essentiel soit reçu dans de bonnes conditions plutôt que de vouloir être trop exhaustif dans des connaissances que les élèves ne seront pas en mesure de recevoir.

A quel moment le cursus de formation des enseignants les prépare-t-ils à gérer les émotions ?

 

Jeunes turbulents dans les trains

L’usage des transports en commun fini par confronter chacun de nous à des groupes de jeunes extrêmement bruyants, chahutant, éventuellement fumant dans la wagon de tête ou de queue, essentiellement.

C’est ce qui nous est arrivé ce dimanche, alors que nous étions en famille. Le groupe en question n’avait aucune intention agressive à l’égard des autres voyageurs. Il se comportait juste en maître du territoire, comme si les autres voyageurs n’existaient pas. Leur attitude maintenait sans cesse notre attention en éveille, suscitant en nous une tension relative à l’éventualité d’une agression physique que ceux-ci n’avait pourtant pas l’intention de commettre. Les cris, les invectives qu’ils poussaient et ce chahut constituait un manque de respect vis à vis des autres voyageurs.

Il était cependant intéressant de noter que ceux-ci utilisaient un langage très pauvre et qui à ne pas en douter, ne peut que constituer un frein puissant à leur future intégration dans le monde du travail, en plus de leurs non maîtrise des codes comportementaux élémentaires de la vie en société. Ils avaient leurs propres codes lesquels leurs permettant de se valoriser entre eux.

Un des jeunes de ce groupe était connu de vue  de mon enfant qui est collège. En effet, celui-ci était l’année précédente en classe de troisième et réputé pour mettre le bazar. On peut donc dire que le collège a échoué à apprendre à ce jeune en question à respecter autrui, à lui donner la possibilité de s’exprimer correctement. Sans doute que les cours de morale laïque voulues par notre ministre de l’éducation nationale sont censés répondre à cette problématique comportementale. On peut fortement douter de l’efficacité d’une telle politique (voir l’article « Morale laïque : un populisme petit bourgeois de gauche »).

Ce jeune n’est que le fruit d’un système scolaire qui ne sait  faire autre chose que trier les élèves, séparer le bon grain de l’ivraie, qui matraque les élèves d’évaluations et basé sur un système de transmission vertical du savoir. Un tel système produit beaucoup d’échec et de découragement. En l’absence de valorisation par l’école et des parents, un jeune recherchera une valorisation auprès de ses pairs en développant de tels comportements que nous avons subis dans le train. Si de plus, la seule régulation dont sont capable les adultes au sein du collège est l’usage de ce que l’on nomme « l’autorité », mais que l’on confond avec la force pure, alors le jeune en question agira toujours en fonction des rapports de force. Si lui et ses camarades peut établir un rapport de force qui lui est favorable, il en profitera et cela se fera au détriment des autres voyageurs dans le train.

Quant au respect, il estime certainement ne pas en devoir aux autres, puisque le collège l’a amené à l’échec et l’a jeté.

 

 

 

Qui parle pendant les exposés ?

La présentation d’un exposé par les élèves est une occasion rare pour eux d’appréhender l’art difficile de la communication orale devant une assistance, pour peu que l’enseignant voit l’intérêt de ce type d’exercice au delà de la simple transmission de savoir. Ce n’est pas évident à 12 ou 13 ans de maitriser sa communication verbale et non verbale, de savoir gérer les réactions de l’assistance, savoir capter son attention ou la retrouver si elle est perdue. C’est même un exercice d’une importance capitale, car peu d’adulte le maitrise et ont donc des difficultés à rendre un message audible devant une assistance. On ne peut donc que saluer tout exercice proposé par les enseignants conduisant les élèves à se mettre en avant, face à un auditoire. Cela peut être un exposé, la présentation d’une poésie ou un chant …

Difficile est la présentation d’un exposé lorsque les élèves sont agités, car peu à cet âge auront suffisamment d’autorité naturelle. Encore plus difficile est la présentation d’un exposé lorsque le principal perturbateur est l’enseignant lui même. C’est ce qui est arrivé à mon enfant cette semaine.

Il avait à préparer un exposé sur un auteur pour le cours de français. Ce travail lui a demandé un certain travail personnel effectué avec l’assistance de sa mère (distorsion dans les chances de réussites entre élèves, compte tenu de l’aide que mon enfant obtient et que les autres élèves livrés à eux même n’obtiennent pas). Il avait préparé un poster et avait envie de le présenter à ses camarades de classe. Or, lors de la présentation, il a été sans cesse interrompu par l’enseignant qui avait besoin de donner des informations complémentaires sur cet auteur. Certaines de ces informations étaient pourtant prévue dans la suite de l’exposé. Il aurait très bien pu apporter des compléments à la fin de l’exposé, mais très certainement étant trop attaché à sa position de seul transmetteur de savoir devant la classe, il ne pouvait laisser la parole à mon enfant pendant plus d’une minute.

Comme à son habitude, la classe n’était pas intéressée par cet étalage de savoir et maintenait dans la classe une ambiance de cours de ferme avec multitude de bruits d’animaux (hennissements, bruits stridents, psalmodie du mot « hindu » (une mode bizarre de pré adolescent bébête ?) ). La classe n’étant pas attentive, l’enseignant a reproché à mon enfant de ne pas savoir obtenir le silence de la classe. Ainsi, celui s’est retrouvé dans la position de simple auxiliaire préposé à la discipline.

L’exercice qui aurait pu être une expérience enrichissante pour mon enfant s’est ainsi transformé en calvaire pour lui.

L’enseignant qui au travers ce type d’exercice où les élèves peuvent être valorisés aurait pu trouver un moyen pour re mobiliser sa classe, n’a pas su sortir de son rôle traditionnel de vecteur de transmission de savoirs, malheureusement aussi vite oubliés par les élèves qu’entendus.

Comment faire tourner en bourrique un enseignant

Au début de la séance, lorsque l’enseignant veut vous faire effectuer une évaluation, affirmez que celui-ci ne vous a pas prévenus. Comme l’information n’est pas reportée dans le cahier de texte de la classe, l’enseignant ne pourra pas vérifier. De plus personne dans la classe n’osera témoigner en faveur de l’enseignant, de peur de passer pour un intellectuel (un intellectuel est un élève qui participe, réussit plutôt bien et ne fait pas partie de ceux qui ont décrochés ou sont blasés, démotivés ou qui ne veulent pas paraitre comme tel). Peut-être constatant dans l’ensemble des élèves affirmant ne pas avoir été prévenus quelques élèves figurant dans son estime, l’enseignant acceptera de reporter l’évaluation au lendemain.

Ensuite, mettez vous à plusieurs pour faire régner un bruit de fond pendant toute l’heure de cours, par exemple  en imitant des bruits d’animaux.

Discutez avec votre voisin, voir encore mieux, chamaillez vous avec lui.

Si vous souhaitez suivre ledit cours, essayez de vous assoir au premier rang, sinon, vous n’entendrez rien.

L’enseignant ne sachant plus où donner de la tête, lorsque la fin du cours arrive, profitez d’un moment d’inattention pour voler à l’enseignant une photocopie de l’évaluation prévue pour ce jour.

Remettez la à un faux cancre, mais bon élève voulant passer pour tel et demander lui d’effectuer cette évaluation et de mettre à disposition le soir même les résultats sur Facebook au plus grand nombre (bien sûr, comme vous êtes encore un peu jeune et ne réfléchissez pas encore beaucoup, omettez de lui conseillez d’utiliser un compte anonyme.

Le lendemain, essayez de vous assoir à côté du faux cancre si vous n’avez pas pu consulter Facebook. Pensez vous vraiment que l’enseignant ne sera pas étonné des résultats exceptionnels de la classe ? Mais vous aurez réponse à tout.

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Voilà encore un exemple malheureux illustrant le comportement auquel aboutit un enseignement exclusivement centré sur la transmission des savoirs, les apprentissages à coup d’évaluations qui démotivent et découragent une partie des élèves, les devoirs trop nombreux qui permettent à ceux dont les parents s’investissent mieux que les autres de prendre un avantage sur leurs camarades dans la compétition scolaire. On arrive à une situation satisfaisante pour personne, ni pour les élèves qui n’apprennent pas, ni pour les enseignants se retrouvant dans cette situation extrêmement éprouvante pour eux.

Travailler en groupe : le comportement de nos élèves est-il plus évolué que ceux des rats ?

L’objectif recherché par les enseignants donnant des travaux à effectuer en groupe est louable, puisqu’il s’agit d’apprendre aux élèves à travailler ensemble, à s’organiser, à rechercher de l’information, la trier … Cet objectif d’autant plus important que dans le monde du travail, nous dépendons tous de nos collègues pour la réalisation de notre travail, d’où la nécessité du « bien travailler ensemble » pour atteindre les objectifs communs de l’entreprise, être efficace, productif, innovateur. Nous vivons tous les jours les effets délétères d’un individualisme forcené qui conduit certains à privilégier leurs propres intérêts et conduisant d’autres à la démotivation sans que le management des entreprises élevé dans le même moule élitiste et individualiste n’y trouve à redire.

Cependant, comme le programme est suffisamment chargé et que le temps manque, ce travail en groupe est effectué exclusivement en dehors du temps scolaire, donc sans encadrement des enseignants ou sous l’encadrement des quelques parents d’élèves qui estiment nécessaire de s’y investir.

Comment les enfants parviendront-ils à apprendre à mieux travailler que nous même puisque cet apprentissage du travailler ensemble n’est pas pris en charge par l’école ?

A chaque fois que mon enfant a dû effectuer des travaux en groupe, nous avons pu constater que sur 4 élèves associés pour l’occasion, il s’en trouve à chaque fois un qui se sentira investi du projet, qui apportera les idées, tentera de répartir les rôles et fera finalement la plus grande partie du travail. Le second, sera de bonne volonté et fera ce qu’on lui demande, mais n’aura pas de rôle moteur. Enfin les deux derniers apporteront une contribution symbolique et ne feront finalement pas grand chose, mais bénéficieront du travail des autres.

Une expérience menée par Didier DESOR, professeur à Université Henri Poincaré, à Nancy et décrite sur le site de France 5 apporte matière à réflexion : 6 rats sont placés dans une cage et devront à un moment de l’expérience plonger pour pouvoir accéder à leur nourriture. Une hiérarchie va s’établir entre entre les six rats. Il se trouvera 3 rats qui ne plongerons jamais et récupérerons les croquettes recherchées par les 3 autres rats. Une répartition des rôles s’opère. Cependant, un rat ne nait pas dominant ou dominé. Il suffit en effet de changer un rat ravitailleur de groupe et de ravitailleur, celui-ci peut devenir voleur. Pour les rats, ce comportement permet la survie du groupe et permet d’exploiter les compétences de chacun.

Parions qu’un enfant actif dans un groupe est susceptible de devenir passif dans un autre groupe, tout comme les rats, si son éducation ne lui donnait pas un sens des responsabilités et l’envie de s’investir pour mener à bien un projet. Mais la plupart agirons comme les rats de l’expérience. De fait, dans les société humaines, les enfants devenus adultes se retrouveront dans des rôles passifs ou des rôles où se sentant trop investis ils porteront plus qu’ils ne doivent ou encore dans des rôles de domination. En fin de compte, ils n’auront pas appris à mettre en place une émulation créatrice entre eux, ils n’auront pas appris à effectuer des choix collectifs et raisonnés, ils n’auront pas appris à se répartir les rôles de manière équitable et en fonction des capacités de chacun. Enfin ils ne trouveront pas d’intérêt à ce qu’ils entreprennent, à part l’argent et la reconnaissance par le pouvoir.

Ces comportements rapportés à l’échelle de la société sont une catastrophe dans un pays qui pour rester compétitif veut miser sur l’innovation et l’économie de la connaissance.

Sans véritable apprentissage à l’école du « travailler ensemble », nous ne valons pas mieux que les rats en terme d’intelligence sociale.

Humiliation – propos rapportés

Un ancien élève de collège m’a rapporté une scène qui mérite d’être rapporté sur ce blog.

En cours de langue, un élève particulièrement faible a été interrogé par son professeur sur la conjugaison d’un verbe au tableau. N’en connaissant pas la conjugaison, il a été interrogé sur la conjugaison de ce même verbe en français. Son niveau en français étant très faible, il n’a pas su répondre. Le professeur a laissé littéralement sécher l’élève au tableau. Celui-ci était au bord de l’explosion, tellement il se sentait humilié. La classe percevait bien la situation, mais pas le professeur. La classe a demandé unanimement au professeur de mettre fin à cette situation.

Cette humiliation aurait très bien pu se retourner contre le professeur qui se serait retrouvé agressé par l’élève humilié. On peut imaginer la suite : émotion dans la communauté éducative, discours politique sur les conditions d’enseignement et sur l’absence de respect de l’autorité …

Or dans cette histoire, c’est la classe qui s’est comportée en adulte et non l’enseignant. Ce dernier a fait preuve d’un manque de respect et de professionnalisme grave. On ne mesure pas les dégâts que peuvent causer ce type de comportement sur des jeunes déjà fragilisés.