Le stress du projet de technologie à trouver

Terminale Sciences et Techniques Sanitaire et Social – ST2S. Le projet de technologie compte pour une part prépondérante dans le bac (coefficient 7). Il consiste en l’étude et l’analyse d’un projet d’action de préférence réel mené par une association dans le domaine sanitaire ou social, comme la mise en place d’une banque alimentaire, une sortie pour les enfants les plus démunis. Ce projet est mené en groupe de 3 ou 4 élèves. Les élèves doivent analyser comment un structure/association met en place un plan d’action pour améliorer la santé ou le bien être social des populations. Ils doivent situer le projet dans une politique sanitaire et/ou sociale et présenter le besoin. Ils doivent montrer leur compréhension de la démarche projet.

Hélas, c’est aux élèves de trouver l’association qui a mené un projet intéressant, pour ensuite tenter de trouver un interlocuteur qui leurs expliquera la démarche projet suivie pour ensuite travailler le sujet en classe.

Les professeurs n’aident en rien à trouver une association. Tout le travail de recherche s’effectue en dehors du temps scolaire.

A moins d’avoir des relations que l’on peut solliciter, il faut alors courir les forums d’associations, questionner son entourage, effectuer des recherches sur internet, tenter de trouver le bon contact, contacter via facebook, email, téléphone. En gros partir à la pêche à la ligne. Trouver un sujet intéressant déjà traité par une association s’avère un véritable parcours du combattant et si possible original par rapports aux sujets traités les années précédentes. On se demande comment les élèves peuvent parvenir à s’en sortir seuls, sans parents bien informés, très investis et sans doute issus de catégories socio-professionnelles favorisées. C’est comme une recherche d’emploi avant l’heure !

Certains groupes imaginent pouvoir reprendre le travail d’un groupe de l’année précédente croyant naïvement que les professeurs seront dupes. Mais même sans chercher à reprendre les travaux de leurs prédécesseurs, beaucoup traiteront des sujets bateau.

Mais pourquoi faut-il même dans une filière technologique demander à des élèves de se comporter en futurs chef de projet ? Est-ce là vraiment leur vocation à tous ? Et pourquoi avant le bac ? Pourquoi imposer aux élèves de trouver eux même des cas pratiques intéressants à étudier ? Ne serait-il pas plus motivant pour eux de leurs faire découvrir dans les divers domaines qui les intéressent des cas pratiques, avec visite de terrain, rencontre de professionnels ? Tout le monde sait très bien que les premiers de cordées ne se trouvent pas dans ces classes. Alors pourquoi leur imposer un tel programme ? Pourquoi encore une fois de plus introduire une telle injustice entre élèves bien nés (avec parents qui peuvent les aider) et les autres ? Ne manque-t-on pas de vocation dans les métiers d’infirmiers, du social … A quoi cela rime-t-il ?

Apprend-t-on travailler en groupe dans les TPE/AI de première ?

Autre établissement, autre filière, 3 ans après mon article « L’oral de TPE, un jeu de massacre« , force est de constater le manque d’intérêt des professeurs pour les travaux de groupe touchant à plusieurs disciplines et nécessitant donc une concertation entre professeurs.

Que cela s’appelle TPE (Travaux Personnels Encadrés) ou AI (Activité Interdisciplinaire), l’objectif recherché est le même. Il s’agit pour les élèves, sur un thème pluridisciplinaire d’effectuer un travail en groupe sur plusieurs mois qui se conclut par une soutenance devant un jury. Ce type de travaux présente de nombreuses vertus. Les élèves apprennent à travailler en groupe, à organiser leur travail sur une période longue, à décloisonner leurs connaissances, à rechercher des informations, à prendre contact avec des professionnels, à élaborer une présentation powerpoint et à exposer devant un jury …

Hélas, dans la réalité, certains enseignants trop habitués à fonctionner de manière cloisonnée et ne souhaitant effectuer autre chose que de la transmission verticale de savoirs, ne voient pas la multitude d’objectifs pédagogique des TPE ou AI. Lorsque vient leur tour d’encadrer les séances de travaux en classe, ils ne s’intéressent pas aux différents groupes, passent leur temps derrière leur bureau à corriger des copies ou autre, plutôt que d’aider les élèves à s’organiser, les guider dans leur travail, vérifier la bonne implication de l’ensemble du groupe ou encore les guider dans l’utilisation de l’ordinateur, domaine où les inégalités entre les élèves dues au milieu familial sont énormes.

Et lorsque vient l’épreuve de l’oral, certains, peu intéressés par les exposés chuchotent entre eux,  rient de leurs plaisanteries plutôt que d’adopter une attitude neutre et impartiale. Et lorsque leur attitude est irréprochable, les questions de certains montrent leur absence d’intérêt pour les sujets présentés. Ainsi, demander la définition d’une notion de mathématique se justifie dans une évaluation de mathématiques, mais n’a rie à faire dans un oral de ce type ou toute autre question cherchant à évaluer des connaissances générales.

En instituant les TPE ou AI, les concepteurs des programmes scolaires ont visé un objectif louable, cependant inatteignable et générant au contraire encore plus d’inégalités entre les élèves, entre ceux qui accompagnés de leurs parents vont acquérir des compétences comportementales et des savoirs faire et ceux qui ne bénéficieront que d’un soutien lointain de professeurs peu motivés. La cause est à rechercher dans leur formation universitaire trop académique, au cours de laquelle ils ont engrangés des connaissances, mais n’ont pas eux même appris à travailler en groupe et à décloisonner leurs connaissances. Ainsi, si l’on souhaite former les jeunes à travail collaboratif et leur permettre de s’intégrer dans le monde du travail, il faudrait tout d’abord penser à revoir en profondeur le mode de formation des enseignants.

D’un apprentissage de l’allemand à visée trop élitiste

Pourquoi, face à une population d’élèves avec majoritairement des lacunes importantes véhiculées depuis le collège, vouloir poursuivre des objectifs inatteignables ? Vouloir apporter des éléments de culture ou de géographie de l’Allemagne est sans doute justifié pour les classes « euro » constituées d’élèves ayant un meilleurs niveau. Il serait plus judicieux de poursuivre un objectif bien plus sage, celui de donner à chaque élève l’aptitude à tenir une conversation simple. Or en classe de première de mon deuxième enfant, peu d’élèves en sont capables. Peu comprennent également ce qu’explique le professeur en allemand. Les sujets abordés n’intéressent aucun élèves (l’histoire de la Ruhr, Berlin …). Les photocopies utilisées sont de très mauvaise qualité, rendant la lecture malaisée, le vocabulaire des textes est complexe et nécessite un usage intensif d’un traducteur en ligne. Tout cela est bien décourageant et ne fait que véhiculer un message subliminal : nul tu es, nul tu resteras.

Pourquoi ne pas étudier des thèmes qui soient plus proches des préoccupations et centres d’intérêts des élèves ? Ils seraient bien plus stimulés. C’est vraiment étrange que les professeurs d’anglais aient plus cette préoccupation que les professeurs d’allemand.

Pourquoi ne aborder des textes plus simples qui donnent aux élèves le sentiments d’être capable de réussir, pour ensuite les amener doucement vers plus de complexité ?

Pourquoi, plutôt que de les abreuver de vocabulaire qu’ils sont incapables d’utiliser et retenir au delà de la prochaine évaluation, ne pas les faire travailler chez eux sur des exercices de grammaire et de construction de phrases ? Tout cela est supposé avoir été vu les années précédentes. Mais dans la réalité, les bases n’ont jamais été posées de manière solide. Revoir des bases en affirmant qu’il s’agit de révisions et justifier par la même qu’on y passe peu de temps est méconnaître que pour rendre les bases d’une langue solide il est indispensable de revenir en permanence sur les bases, répéter et encore répéter.

L’allemand serait-il considéré comme une langue élitiste, réservée pour les meilleurs ? Que fait-on de tous les autres ? Avec de telles méthodes, inutile de faire un énième plan après avoir constaté que les élèves sont nuls en langues étrangères et décréter qu’il faille débuter l’apprentissage des langues étrangères dés la maternelle.

La révolution digitale au collège pour le bonheur des paresseux

Que faire lorsqu’arrivé à l’échéance du troisième trimestre et qu’en tant que professeur tendance geek vous n’avez pas attribué suffisamment de notes dans votre matière ?

Avec Pronote, rien de plus simple maintenant ! L’éducation nationale pourvoit à vos déficiences et met à votre disposition la possibilité de concocter un i-Devoir sous forme de QCM, accessible par l’élève à partir de Pronote.

Ensuite, inutile de procéder à une quelconque correction, puisque le système le fait pour vous.

Nous avons découvert avec surprise cette nouvelle manière d’évaluer les élèves début juin, en pensant tout d’abord que mon fils, en classe de cinquième n’avait qu’un devoir à réaliser sur un site, sans se douter que celui-ci était noté et également sans se douter qu’à partir du moment où le questionnaire était débuté, il ne pouvait être interrompu et devait être terminé dans les 10 minutes.

Constatant que le sujet du questionnaire n’avait pas été abordé en cours, nous avons voulu effectuer des recherches pour pouvoir mener à bien le travail demandé. Mais le temps imparti étant passé, il fut impossible de reprendre le questionnaire. Malgré un mot d’excuses au professeur, mon fils reçut un zéro qui fit dégringoler sa moyenne dans cette matière et lui valut une appréciation de « travail moyen » sur le bulletin du troisième trimestre.

Beaucoup d’autres élèves furent confrontés au même problème, en témoigne la moyenne de la classe, très basse. Par ailleurs, est-on vraiment certain que toutes les familles ont un ordinateur et un accès à internet ? Mais ni le mot que nous avons fait passé à l’enseignant, ni la vie de classe organisée avant le conseil de classe où les élèves ont pu remonter le problème, ni les délégués d’élèves ou de parents d’élèves, ni les autres professeurs ont pu y changer quoique cela soit. Le professeur, tout aussi paresseux soit-il reste tout puissant et maître de ses notations.

Le plus choquant et que l’éducation nationale conçoive et mette à disposition de tels outils de d’évaluation des élèves, sous couvert de digitalisation. La vocation du collège et du lycée n’est pas de noter, trier, classer, mais mais d’éduquer nos enfants !

Un mauvais usage de Pronote

L’espace Pronote sur internet est pour les élèves et leurs parents un bon outil pour suivre la scolarité, les résultats scolaires et surtout les devoirs à effectuer, maintenant que l’outil est largement adopté par la communauté éducative. Nous avons vu également apparaître cette année scolaire des ENT (Environnement Numérique de Travail), incluant Pronote, mais largement inutilisé pour le moment, mis à part une rubrique Actualité. Les usages se développeront sans doute dans les années à venir, puisque nous sommes dans une phase de mutation dû à la digitalisation.

Il n’est néanmoins pas certain que malgré l’extension de l’usage des smartphones que tous les parents d’élèves soient tous si à l’aise avec ces nouveaux outils. Les analphabètes du digital n’oseront pas, tout comme hier, les analphabètes de la lecture/écriture, avouer qu’ils sont incapables d’utiliser ces nouveaux outils.

Certains professeurs donnent les devoirs à effectuer de manière succinte et attendent de leurs élèves que ceux-ci aillent sur Pronote pour avoir le détail. On peut comprendre qu’en classe de seconde, les professeurs commencent à opérer de cette manière car il s’agit là aussi d’une éducation des élèves d’âge adolescent à l’usage de ces outils. Les élèves en classe de 5ième sont néanmoins bien trop jeunes et n’ont pour la plupart pas suffisamment de maturité. Pour ceux-ci, les parents ont toujours un rôle primordial dans le suivit des devoirs. C’est pourquoi, il reste indispensable que les devoirs donnés soient correctement reportés dans les agendas des élèves, car tous les parents ne savent pas utiliser Pronote.

Enfin, pour terminer, si on doit habituer les élèves à un environnement digital, ce n’est pas pour autant qu’il faut tomber dans les excès et utiliser Pronote comme un outil de sollicitation des élèves à distance. Il arrive hélas que certains professeur oubliant de donner des devoirs les postent au cours du week-end sur Pronote. Si l’élève à une obligation d’assiduité et de travail, il est tout de même en droit d’organiser son week-end comme il l’entend. Ce n’est pas le respecter que de lui rajouter un travail alors qu’il pensait en avoir fini et pouvoir disposer du reste de son temps.

Super l’exposé et le travail de groupe !

Quel dommage qu’à chaque fois un exposé doit être réalisé, trop souvent la totalité du travail soit sous traitée au domicile. Aux parents qui s’y intéressent, qui ont le temps et l’aptitude à expliquer comment chercher des informations sur internet, synthétiser, rédiger un rapport (en troisième !), puis à entraîner leurs enfants à la présentation orale. La coordination d’élèves qui ne sont pas nos enfants s’avère bien plus difficile. Impossible de demander à un élève qui ne veut pas contribuer de travailler. Il peut s’avérer encore plus difficile à se coordonner avec des parents qui comme nous ont une idée précise mais forcément divergente de ce qu’il faut faire.

Le summum a été atteint lorsque un de mes enfants, après avoir raté son oral s’est vu attribuer une note médiocre, sans que l’enseignant qui avait formulé de nombreuses exigences sur le rapport écrit et le support de présentation ne prenne connaissance du travail rendu. Il s’est contenté de noter la prestation orale de chacun des élèves du groupe. En réalité, les élèves ne s’étaient jamais rencontré, ni au collège, ni au domicile. L’assemblage des contributions de qualité très hétérogène s’est effectuée chez nous. Celui qui parlait le mieux a ainsi pu s’adjuger le mérite d’un travail qu’il n’avait pas réalisé. L’enseignant s’est contenté de distribuer des notes sanctionnant un apprentissage où sa contribution d’enseignant a été nulle.

Insensible face à notre demande d’expliquer ce qui n’allait pas à notre enfant, l’enseignant resta inflexible sur sa notation et ne prit pas la peine de l’expliquer malgré sa promesse.

Voilà un apprentissage très instructif sur comment profiter des autres et à s’approprier leur travail.

Détournement de la finalité du sport au lycée

Voilà que les épreuves de sport pour le bac sont maintenant terminées en cette quatrième semaine du mois de mai. Les cours de sport prennent fin, puisque les jeux sont fait ! A quoi bon poursuivre cette activité puisque les notes sont données ? Et pourquoi en cette période de révision intensive pour les élèves, le sport ne pourrait servir aux lycéens qu’à se défouler, décompresser, bouger, prendre un moment de plaisir ? Cette finalité du sport semble totalement gommée. Seule compte la note. Nous sommes dans la suite logique de la pratique du sport au collège, ou peut être est-ce la pratique du sport au collège qui s’est modifiée au cours des années pour tendre à un objectif final, la note du bac (voir la place du sport au collège).

J’ai également été collégien et lycéen et je peux témoigner ici que nos professeurs n’avaient pas tant à cœur de nous noter sans cesse selon des grilles d’évaluation complexes. Bien plus que les performances de chacun, ce qui comptait le plus étaient l’engagement personnel et la progression. Le sport étaient l’activité où le plaisir pouvait avoir sa place et où notre relation plus décontractée aux professeurs n’était pas polluée par des appréciations incessantes. Il y avait bien des grilles de notations pour la bac basées sur les performances, mais les professeurs avaient une marge de manœuvre.

Aujourd’hui, le système éducatif a fini par générer des aberrations. En athlétisme, l’épreuve de course de demi-fond étant jugée trop difficile a été remplacée par une épreuve dite de course en durée (ou endurance ?). Après avoir évalué la Vitesse Maximale Aérobie (VMA) des élèves (qui correspond à la vitesse maximale qu’un individu peut courir pendant 6 minutes), ceux-ci doivent imaginer une séance d’entraînement consistant en la succession de  courses / récupérations de une minute, avec 4 minutes à courir à 120 % de VMA et 10 minutes du total au dessus de 100% pour le « mobile » le plus dur. Sauf que courir à 120 % de VMA n’a absolument rien à voir avec de l’endurance ou même un entraînement au 10 km, car dans de véritables séances, on ne cours pas à cette vitesse (maximum 105 % de VMA). Pour satisfaire les exigences de l’épreuve, on arrive ainsi à un infâme mélange de courses à différentes vitesses qui n’a rien à voir avec une séance d’entraînement. Lors de l’épreuve du bac, les élèves doivent ensuite exécuter leur séance et respecter scrupuleusement les temps de passage. Trop d’avance ou de retard diminue la note du bac. L’épreuve se conclue par du « cirage de bottes », puisqu’on demande aux élèves d’exprimer ce que cet apprentissage leur a apporté.

On ne voit pas très bien comment, à l’aide de cette pédagogie révolutionnaire, les élèves prendront goût à courir et seront capable de construire une séance d’entraînement. De tels séances ne s’improvisent pas dans les clubs sportifs, quelque soit le niveau du coureur et nécessitent les compétences d’entraîneurs. De plus, pour qui veut courir seul, il n’y a rien de plus simple que de trouver des séances de préparation sur internet.

Il est dommage que la finalité du sport au lycée ne soit plus que le bac. J’ai choisi de détailler ici l’exemple de l' »endurance » qui est particulièrement significatif, mais j’aurais pu tout aussi parler des autres sports choisis par mon enfant pour cette année de bac.

Je crains que l’Éducation Physique et Sportive, telle qu’elle est aujourd’hui conçue n’apporte plus grand chose. Beaucoup d’élèves devenus adultes prennent distance avec toute activité sportive dés le bac passé, en témoigne l’absence criante de jeunes adultes dans la plupart des clubs de sport (hors foot). Ce n’est que des années  plus tard que les gens retrouvent une activité sportive. En tout cas, ce n’est pas cette pratique au lycée de l' »endurance » qui est à l’origine de l’essor sans précédent ces dernières années du jogging, course à pied, trail au sein de la population, puisque la plupart des pratiquants sont plus âgés et on redécouvert les plaisir et bienfait du sport bien des années après le lycée, à partir de la trentaine souvent.

Voyage scolaire ou bac blanc ?

Quoi de plus raisonnable que de proposer un voyage scolaire d’une semaine, des sorties tous les soirs avec retour au logement après minuit et une semaine après la fin du voyage, organiser un bac blanc d’une durée également une semaine ?

Les élèves sont revenus enchantés de leur voyage, mais fatigués. Après une semaine d’une parenthèse agréable, il leur fallait se replonger dans la réalité d’un travail soutenu. Mais la plupart, trop fatigués n’en n’ont pas été capables. Il s’en est suivit des résultats jugés décevants au bac blanc. Ceux-ci ont été mis sur le compte d’un manque de travail, mais personne ne semble avoir fait le lien avec le voyage scolaire qui rendait impossible la bonne préparation des élèves. Certaines épreuves étaient également d’une complexité supérieure à ce qui est habituellement demandé pour un bac. Est-ce dans une optique élitiste ou juste par plaisir de de concocter des épreuves complexes ?

Ce bac blanc, censé entraîner les élèves au vrai bac  est en fin de compte bien plus important que le bac lui-même, puisque ces les notes vont alimenter le système Admission Post Bac (APB). L’orientation des élèves sera déterminée avant l’épreuve du bac, même si les réponses ne seront connues des élèves qu’après.

Peu de temps avant le conseil de classe du second trimestre, l’enseignant de mathématique, voulant secouer ou réveiller ses élèves leurs a soumis une évaluation complexe deux jours après une nouvelle leçon insuffisamment assimilée par les élèves. Il s’agit apparemment d’une pratique que survient dans d’autres établissements qui se prennent pour des antichambre de sélection des élèves pour les classes préparatoires.

Voilà des élèves d’une terminale S, dans un lycée qui a un soucis particulier pour son classement, à qui l’on n’offre pas les meilleurs chances de succès. Ceux-ci doivent tout mener de front, un voyage scolaire, une cadence de travail élevée et obtenir de bons résultats pour pouvoir s’orienter dans filières sélectives qui augmenteront le prestige du lycée et de leurs enseignants. On ne comprend pas qu’au moment où les élèves doivent saisir leurs choix dans le système informatique ABP, leurs professeurs ne leurs offrent pas les meilleures conditions de réussite. Les notes de ce second trimestre seront déterminantes pour l’orientation des élèves souhaitant se diriger vers une filière sélective.

Des vacances pour avancer dans le programme de science

Cette année, les sciences de la vie et de la terre se retrouvent au brevet des collèges. Le programme est conséquent et devinez ce qui se passe lorsque l’avancement n’est pas celui attendu ? On profite des vacances pour demander aux élèves de rattraper le retard !

Or bon nombre d’enseignants du collège ou lycée utilisent une nouvelle méthode pédagogique, consistant à faire construire par les élèves leurs propres savoirs. A partir d’exercices, travaux dirigés ou travaux pratiques, avec l’assistance du professeur, les élèves construisent des bilans. La méthode est censée permettre une meilleur appropriation des savoirs par les élèves. Elle est utilisée aussi bien dans des matières scientifiques qu’en histoire/géographie, français, langues … . La méthode est intéressante lorsque les élèves ne sont pas livrés à eux même et que les enseignants effectuent des points d’étapes fréquents, pour éviter de perdre les élèves.

Mais, si dans une matière nouvellement au brevet des collèges, donc avec un enjeu nouveau, l’avancement n’est pas celui attendu, la tentation sera forte de tenter de rattraper le retard pendant les vacances. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés en vacances d’hiver avec de nombreux exercices couvrant un chapitre pointu, les micro-organismes et l’immunologie. La nouvelle méthode pédagogique consiste normalement à construire les nouveaux savoirs avec l’assistance de l’enseignant et non des parents qui à 99,9 % ne sont pas expert en la matière ! Pendant ces vacances d’hiver, cette tâche nous a été sous traitée et a monopolisé un temps et une énergie disproportionnée.

Une telle demande génère une fois de plus une inégalité entre les élèves injustifiable, liée à la capacité des parents à aider ou non leurs enfants. Elle bafoue un droit, celui des élèves de se reposer et de déconnecter pendant leurs vacances sans devoir tous les jours passer 2 à 3 heures à travailler (toutes matières confondues), mais aussi celui de nous parents qui aimerions pouvoir vivre autre chose avec nos enfants que des devoirs et encore des devoirs et aimerions que ce sujet ne devienne pas un sujet de discorde au sein de notre famille.

La place du sport au collège

La découverte des activités sportives au collège est un enjeu de santé publique pour les enfants et adolescents, à l’heure où tant de jeunes n’ont que peu d’activités physiques et ont des problèmes de surpoids. Les bienfaits sur l’individu d’une pratique sportive tout au long de la vie sur la santé et le bien être ne sont pas à discuter. Du point de vue de la collectivité, une pratique régulière diminue les dépenses de santé.

Quelle est alors l’utilité de grilles de notation rigides pour évaluer les performances des élèves dans les différentes disciplines qu’ils découvrent ? Quelle utilité à multiplier les notes dans les différentes activités sportives que les élèves pratiquent au cous de l’année ? Chaque élève possède des aptitudes différentes et peut être doué au ping-pong mais n’avoir aucune aptitude à la course à pied ou vice versa. Certains s’épanouiront plus facilement dans des sports collectifs et d’autres dans les sports individuels. Chaque sport  cultive des  aptitudes différentes. Certains développent des capacités cardio-respiratoires d’autres une force physique, d’autres encore la souplesse, une importante coordination motrice quand les gestes techniques sont complexes, d’autres seront axés sur l’esprit collectif. Certains développement plus que d’autre un esprit d’engagement. La diversité est telle que chaque élève devrait pouvoir trouver une activité sportive dans laquelle il pourrait s’épanouir.

La mesure de la performance n’a de sens que lorsque l’individu s’engage dans la voie de la compétition et  cherche donc à se parfaire dans le sport qu’il a choisi. Au sein de l’école, le sport, encore justement appelé Éducation Sportive et Physique, doit concourir à la découverte de différents sports, ceux qu’il est possible de pratiquer sur dans le secteur géographique de l’établissement scolaire, afin que les élèves persistent dans une activité sportive à la fin de la scolarité obligatoire. L’objectif du sport au collège est  avant tout de découvrir et non de détecter et former de futurs champions. Ce rôle est dévolu aux clubs de sports. La mesure de la performance sportive des élèves n’a donc aucun sens dans le cadre de l’école. Les critères qui devraient compter pour évaluer les élèves sont leur niveau d’implication, le fair-play, la progression et pourquoi pas, pour une part mineure la performance.

On constate hélas une véritable dérive, à l’identique dans le sport que dans les autres matières régaliennes, avec une multiplications de notes , une propension à noter les élèves à dès la première occasion, à édicter des barèmes de notation rigides pour justifier les notes. Elles conduisent à des appréciations désastreuses sur les bulletins scolaires de la part de professeurs en mal de reconnaissance de la part de leurs pairs, qui au lieu de valoriser les élèves pour les aptitudes qu’ils ont, aptitudes forcément différentes de leurs camarades, peuvent les dévaloriser et les faire passer pour mauvais. Mauvais ne devrait pas exister en sport, compte tenu des critères qui devraient guider l’évaluation.

L’évaluation des résultats de l’Éducation Physique et Sportive à l’école ne semble avoir jamais été effectuée.  Il suffit pourtant d’observer l’évolution des effectifs en fonction de l’âge dans les clubs sportifs. L’affluence est importante à l’âge primaire, décroît à l’âge collège. A l’âge lycée, ne persistent dans les clubs que les jeunes les plus motivés. Après le bac, c’est le grand vide, même les sportifs prometteurs arrêtent leur sport. Les jeunes  donnent ensuite la priorité à leurs études, les amis, l’insertion professionnelle … et prennent du poids !

Un beau gâchis.