Utiliser le modèle Finlandais pour justifier les orientations de la droite pour l’école

Ainsi, le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, a besoin de se rendre en Finlande pour se conforter dans ses idées et dans les choix effectués par sa majorité pour l’école, puisque ce pays obtient de meilleurs résultats que le nôtre aux tests PISA (voir article de Le Monde du samedi 20/08/2012, L’école rêvée de Luc Chatel). On cherche quelques petites similitudes avec les dernières orientations décidées, on s’auto-réconforte dans ses choix : plus d’autonomie, plus de déconcentration, repenser leur mode de travail des enseignants, mais on évite d’effectuer un vrai travail de comparaison.

Comprenez où le ministre veut en venir. C’est le modèle de l’entreprise qu’il veut appliquer à l’école : autonomie des établissements pour que ceux-ci se différencient,  entrent en compétition les uns avec les autres, sélection des élèves à l’entrée, management par les objectif des enseignants…

Au passage quelle hypocrisie d’affirmer «Les deux heures d’aide que nous offrons aux élèves ressemblent beaucoup au soutien que les Finlandais dispensent dès les premières difficultés», alors que ce gouvernement a utilisé ces deux heures d’aides pour réduire fortement les effectifs des enseignants du RASED (Réseau d’Aide à la Scolarisation des Enfants en Difficulté). Il est indéniable que ces deux heures permettent aux élèves du primaire ayant une difficulté temporaire de les surmonter. Mais ceux qui présentent de grosses difficultés ont été mis de côté par cette réforme.

23 juin, la fin des cours, une semaine de désoeuvrement

L’année scolaire est censée se terminer officiellement le 01 juillet. Au collège, ce n’est pas le cas. Pour cause de brevet des collèges, tous les élèves du collège qui ne sont pas en classe de troisième se retrouvent en vacances. A aucun moment, nous parents d’élèves n’avons été informés de cette coutume par le collège. Il semble que tous les parents d’élèves soient réputés être au courant.

Notre enfant nous en avait parlé, mais aucune information ne nous est parvenue par le biais du carnet de correspondance. N’ayant pas d’enfants plus grand, nous étions sceptiques.

Cette absence d’information est stupéfiante. Elle illustre la distance existant entre les enseignants et les parents.

De plus, l’institution scolaire ne semble pas s’interroger sur l’occupation des enfants du collège pendant une semaine. Que deviennent les enfants dont les parents travaillent tous les deux ou ceux vivant dans une famille mono parentale ? Tous n’ont pas la chance d’avoir des grands-parents disponibles. Ils sont donc livrés à eux-même. Croit-on vraiment que 12 ans est un âge où l’on peut passer toute une journée tout seul ? Veut-on avoir des bandes de collégiens qui errent dans la rue, totalement désœuvrés et effectuant des bêtises ?

Notre gouvernement a semblé avoir trouvé la solution dans la répression. Une fois on retire les allocations familiales, la fois d’après on cherche à  supprimer la justice des mineurs, on fait des grands discours sur la violence grandissante des jeunes. Promettre la sécurité aux électeurs et en même temps prendre des décisions qui génèrent un sentiment d’exclusion, de frustration et donc de la violence est une vielle recette pour s’assurer une bonne audience électorale.

Cela sent la fin de l’année

Premier week-end sans devoirs depuis le début de l’année. Il reste pourtant 2 semaines d’école. Nous avons connu tant de week-end surchargés de devoirs que cette situation parait étrange. Ainsi donc, puisqu’il n’y a plus de notes, il n’est plus nécessaires de donner des devoirs à effectuer à la maison. Quel est donc le véritable objectif des devoirs à la maison ? Favoriser l’apprentissage ou bien l’évaluer ?

Certes, cette période de l’année permet aux enfants de dé-stresser et permet à tous d’envisager des activités permettant d’apprendre autrement à l’école. Mais quel intérêt y-a-t-il à passer pendant la totalité d’un cours  un film documentaire ? L’utilisation de l’audiovisuel est bienvenue, à condition de ne pas rester béa devant un film pendant tout le cours. Encore faudrait-il que l’enseignant prévoit du temps pour faire réagir les enfants et revenir sur certains aspects intéressant du film.

Les dés sont jetés, chacun sait s’il passe en 5ième ou redouble. Est-il donc inutile donc  de revenir sur ce qui a posé à certains problème pendant l’année ? Inutile de travailler sur les points faibles pour repartir sur de bonnes bases en septembre ?

Pourquoi tant concentrer la charge de travail puisqu’il reste 2 semaines ?

Ouf, c’est la fin de notes

La fin de l’année approche. Les bulletins de notes devant être remplis avant une certaine date, la fin des notes a été décrétée pour le 06 juin.

Nous observons en conséquence une forte baisse de la pression reposant sur les élèves.

Dans certaines matières, le programme est terminé, alors qu’il reste encore trois semaines. Fallait-il pour autant que l’année scolaire fût une course contre le temps ? Il eut été plus judicieux de laisser le temps aux élèves de comprendre plutôt que de s’astreindre à vouloir à tout prix terminer le programme. Comme si « terminer le programme » devenait un objectif plus important que d’assurer par 100 % des élèves une bonne compréhension de 80% du programme. Cette volonté de terminer le programme à tout prix ne peut se comprendre que dans un système élitiste visant à assurer que les élèves les meilleurs ne prennent pas de retard.

Mon enfant  rapporté des propos d’enseignant insistant sur la nécessité de travailler jusqu’à la fin de l’année, comme si ceux-ci étaient inquiets des effets du relâchement de pression sur l’assiduité des élèves. Là où je suis surpris, c’est que certains de ce mêmes enseignants trouvent d’eux-même d’autres manières de faire travailler les élèves, comme en français où des activités de théâtre leurs sont proposées.

Ce qui prouve bien que l’on peut faire travailler les élèves et les motiver autrement qu’à coups de matraque.