Devoirs ou œufs de Pâques à chercher ?

A quoi servent les jours fériés ?

Certains en profitent pour se reposer, d’autres, pour consacrer du temps à leurs familles. D’autres s’offriront de petites vacances, tandis que certains fêterons la fête religieuse associée au jour férié, comme ce week-end de Pâques.

Les élèves de certaines classes S (S comme sélective ou scientifique ?), n’auront eux pas de répits. Des devoirs, encore des devoirs. Car puisqu’ils ont un jour supplémentaire sans école, ils peuvent le consacrer à travailler. Entre le professeur de français qui a l’idée d’imposer un nouveau bac blanc écrit, à une semaine de l’oral du bac blanc organisé par le lycée, le professeur d’histoire/géographie qui trouve sympa les exposés et impose en plus une évaluation, trois autres enseignants qui ont la même idée d’imposer une évaluation dans la semaine à venir, cela fait vraiment beaucoup de professeurs qui n’ont aucune considération pour leurs élèves et à leurs droits à un espace privé.

Car après avoir colonisé les vacances, les soirées jusqu’à 22h, voilà que l’école républicaine élitiste envahit les espaces réservés à la pratique religieuse. Voilà la nouvelle conception de la laïcité !

Overdose de français pour les séries scientifiques

Le programme de français des séries scientifiques comprend quatre objets d’étude (les personnages de roman, théâtre et sa représentation, l’écriture poétique et la quête de sens, la question de l’homme dans les genres de l’argumentation) et implique l’étude d’au moins 3 œuvres et 3 groupements de textes. Chaque objet se découpe en séquences avec à chaque fois une problématique à approfondir, comme « comment le personnage intègre-t-il l’univers romanesque ? ». Dans chacune des séquences, on y trouve des groupements de textes qui sont normalement analysés en classe, mais aussi des lectures complémentaires qui ne sont pas abordées en classe, mais font bien partie de la liste des œuvres présentées lors de l’épreuve du bac.

Cela nous donne un programme d’environ 24 lectures analytiques (œuvres et textes étudiés en classe) auquel s’ajoute également 16 lectures complémentaires et donc une liste d’environ 40 références à présenter lors des épreuves du bac de français.

Le travail titanesque lié à la présentation d’autant de références ne pouvant être intégralement effectué en classe, un travail personnel considérable est requis de chaque élève. Il leurs faut à chaque fois établir une bibliographie de l’auteur, préciser le contexte historique et littéraire et trop de fois approfondir le commentaire de l’extrait vu en classe. Il leurs faut également trouver eux-même une unité dans chaque séquence et les thèmes qui se recoupent, afin de pouvoir répondre à la problématique de la séquence, chose qui n’est pas ou peu abordé en classe, faute de temps.

En effet, s’agissant de classes scientifiques et non littéraires, d’autres matières autrement plus importantes (les sciences) sont au programme et occupent une part du temps non négligeable. Mais les enseignants de lettres modernes (et non de français) passionnés par la littérature ne savent ou ne veulent pas s’abaisser au niveau d’élèves qui n’ont pour la plupart aucune appétence pour la littérature. L’échéance du bac de français à la fin de l’année de première leurs donne un pouvoir considérable et leurs permet d’exiger une masse de travail qui peut  facilement occuper 2 heures toutes les journées des vacances scolaires d’hiver, pour un résultat qui peut être plus qu’aléatoire. Ce n’est pas parce que l’élève aura beaucoup et sérieusement travaillé qu’il se verra récompensé de ses efforts, même par une note moyenne. Les notes peuvent fortement varier en fonction du correcteur. Pour justifier une notation sévère, la technique est simple, il suffit au correcteur d’utiliser de manière immodérée le stylo rouge dans une copie pour ensuite noter en fonction de la quantité de rouge qu’il constate. Une méthode imparable et incontestable !

L’épreuve écrite du bac de français comporte une question dite de corpus qui porte sur un ensemble de quatre textes, puis un travail d’écriture portant au choix sur un commentaire de texte, une dissertation ou un écrit d’invention.  Le travail de commentaire nécessite de savoir bien analyser les textes et repérer les figures de style ainsi que les procédés rhétoriques. La dissertation requiert beaucoup de connaissances littéraires (de la culture ?). Étant réputé le travail le plus difficile, il est peu choisi parmi les élèves. Il est  en conséquent noté de manière plus compréhensive, alors que le travail d’invention est noté sévèrement, car plus populaire.

L’épreuve d’oral est découpé en deux parties, avec un exposé portant sur un des textes étudiés en classe. La réponse doit être structurée et s’appuyer sur une observation précise du texte. Suit ensuite un entretien plus général avec des questions sur les diverses problématiques abordées dans les diverses séquences du programme. L’élève devra savoir piocher dans les divers textes étudiés, mais aussi les textes complémentaires (non vus en classe) pour étayer ses réponses.

Les thèmes abordés sont particulièrement peu intéressants pour des élèves censés être plus portés sur les sciences. Quel intérêt peut on avoir à bavarder à 16 ans de la manière des personnages de roman à intégrer un univers romanesque, ou de la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVI siècle à nos jours ? Il s’agit là peut-être de sujets adaptés pour des esprits littéraires. Mais pourquoi imposer cette torture à des élèves qui n’ont aucun intérêt pour ce genre de questions ?

Des exigences particulièrement élevées portent sur les élèves. On leurs demande d’avoir une culture encyclopédique et de maîtriser  des méthodes précises pour chacune des épreuves. L’accumulation est telle qu’on n’y perçoit plus le sens ni l’utilité pour la vie future des élèves et leur devenir professionnel. On ne peut avoir qu’une seule et unique certitude : face à cette overdose de littérature, la majeur partie des élèves s’empresseront de tout oublier et se désintéresseront le reste de leur vie de la grande littérature.  Il est regrettable que les défenseurs des humanités n’aient jamais eu l’idée d’évaluer sur une large population les résultats de ce mode d’enseignement. Sans doute car il s’agit de personnes constituant une aristocratie intellectuelle refermée sur elle même et imbue de son aptitude à disserter.

Un mois de scolarité perdu pour organiser le bac

Fin des cours pour les élèves de seconde, le lundi 08 juin. Pour d’autres encore, cette fin anticipée est survenue le 05 juin, soit une mois avant le début des vacances scolaires.

Cette fin anticipée est officiellement justifiée par l’organisation du baccalauréat. Elle survient bien plus tôt que pour ma génération ayant passé le bac, il y a une trentaine d’années. Ce rituel de fin des études secondaires occupe donc une place de plus en plus envahissante, alors même qu’elle n’a aucune utilité pour l’orientation des futurs bacheliers, puisque celle-ci est déterminée sur la base des résultats scolaires antérieurs au bac dans le système informatisé Admission Post Bac (APB), pour la plupart des élèves. La ministre de l’éducation a beau vouloir relancer le dispositif des « bacheliers méritants » afin de permettre à des élèves n’ayant pas pu entrer dans une filière sélective en premier choix, d’avoir une seconde chance en cas de belle réussite aux bac, le dispositif ne concerne qu’une minorité d’élèves : 219 sur 624 700 en 2014.

Ce premier grade universitaire qui ouvre l’accès aux études supérieures pourrait être organisé dans un format réduit puisque l’orientation est déterminée avant le bac. Alors que seuls 29 % des français sont encore attachés à l’organisation du bac dans son format actuel (sondage   BVA-Orange-I-Télé publié samedi 20 juin 2015), que 72% estiment qu’il est plus facile aujourd’hui d’avoir le bac, et que même l’ancien ministre de l’éducation national François Fillon, pourtant dans l’opposition, propose le 11 juin de remanier le bac en 4 épreuves, on ne comprend pas la réticence du gouvernement à engager une réforme du bac, puisque le contexte parait aussi favorable. Un tel attachement à cet examen en tant que rite républicain devrait avoir vécu, à moins que l’attachement ne soit pas lié au bac en tant que tel, mais au système des concours d’entrée dans les filières sélectives et ensuite dans la fonction publique et la haute administration.

A ce mois perdu par les lycéens, s’ajoute un intense travail de bachotage pour la préparation de l’examen, qui favorise les élèves ayant une forte capacité à ingurgiter des connaissances. L’existence même du bac instaure un esprit de compétition entre les élèves, au détriment de l’acquisition capitale pour notre société et notre économie de compétences en travail collaboratif.

Tant qu’une réforme du bac n’est pas engagée, l’évaluation continuera à avoir une place prédominante dans notre système de formation, au détriment de l’apprentissage de l’utilisation des connaissances, de la recherche d’informations, de la créativité, du travail en groupe et de l’interdisciplinarité.

Réforme du collège : pas d’inquiétude, la sélection continuera !

Les débats sur l’actuelle réforme du collège dont le décret et l’arrêté ont été publiés au Journal Officiel ce mercredi 20 mai ont au moins eu le mérite de faire apparaître clairement que le collège dans sa forme actuelle est inégalitaire, creuse l’écart entre les élèves, n’est bon qu’à faire émerger une élite, mais échoue à donner un avenir aux 150 000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification du système scolaire. Voilà enfin une réforme qui va limiter les possibilités données aux parents, au travers des classes européennes, les classes bilangues anglais/allemand dès la classe de 6ième, des options telles que le latin et le grec, d’orienter leurs enfants dans les classes élites du collège, où l’on cultivera un précieux entre-soi. Il existe hélas bien un risque de désaffection des élèves pour la pratique de l’allemand, bien dommageable pour les jeunes, vu l’importance économique de ce partenaire économique qu’est l’Allemagne. Est avant tout en cause l’obligation pour les élèves de poursuivre l’anglais qu’ils ont commencé à l’école primaire, alors que l’école ne leur donnaient pas la possibilité d’opter pour l’allemand et l’impossibilité  de choisir cette langue comme première langue vivante en classe de 6ième, sans l’obligation de pratiquer en même temps l’anglais.

Cette réforme affirme la nécessité de l’acquisition d’un socle commun de compétences pour tous à la fin du collège et intègre encore mieux la nécessité pour les élèves d’acquérir une attitude réflexive, apprendre à résoudre des problèmes complexes faisant appel à diverses disciplines, nécessitant de leur part d’apprendre à travailler en groupe, à s’organiser et faire preuve de créativité. Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) doivent permettre aux élèves d’acquérir ces nouvelles compétences. Chaque collège, au travers du surcroît d’autonomie acquis avec la réforme, devrait pouvoir construire des projets en fonction des spécificités locales.

Mais alors, d’où provient ce frein au changement exprimé par les  défenseurs des « humanités », académiciens, intellectuels, autres anciens élèves des grandes écoles,  agrégés et enseignants  ? Quand on entend des jeunes faire valoir que les humanités leurs ont été utiles pour faire la différence avec les autres candidats aux concours et parvenir à être sélectionnés dans les grandes écoles, on comprend bien que le principal objectif de ces enseignements n’est pas d’élever l’esprit, mais de permettre à une minorité de se distinguer dans la compétition pour la bonne place. Si le niveau général augmente, comment faire la différence dans un système élitiste ? Les enseignants qui ne pourront plus continuer à s’occuper de classes élites ont quant à eux une blessure narcissique à soigner. Il doit être moins valorisant de s’occuper d’élèves ordinaires. Ceux qui expriment des réticences face à l’autonomie accrue des établissements en craignant qu’un pouvoir supplémentaire soit donné au chef d’établissement sont sans doute des enseignants habitués à une transmission verticale du savoir qui n’ont pas l’habitude de travailler en groupe.

Les débats télévisés enflammés entrevus donnait la part belle aux syndicats d’enseignants, spécialistes de l’éducation et académiciens, mais avait tendance à oublier un peu les représentants des parents d’élèves et ceux du monde économique. C’est oublier que l’éducation de nos enfants ne doit pas seulement tendre à former une élite, mais aussi fournir la main d’œuvre qualifiée qui ira irriguer nos entreprises. De ce fait, il n’est pas illégitime que ceux-ci puissent donner leur avis sur les formations  pour que nos jeunes aient collectivement un avenir qui ne soit pas que réservé à une élite.

Si cette réforme va dans le bon sens, beaucoup reste à faire.  Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, séduisants en théorie, n’auront de fruits que si les enseignants sont correctement formés, entre autre,  à apprendre aux élèves à travailler ensemble. Les inégalités ne seront pas gommées d’un coup de baguette magique. Encore faudrait-il revoir la place des évaluations, arrêter avec cette pédagogie de la terreur consistant à faire apprendre à coup d’évaluations et stopper cette inflation du travail personnel au cours de la scolarité. La plus grande source d’inégalité entre les élèves provient de la capacité des parents à les suivre et leurs donner des méthodes de travail. Il faudra également revaloriser les filières techniques, les voies professionnelles, l’apprentissage, en ayant soin d’aménager des passerelles avec l’enseignement général à tout niveau, jusqu’aux grandes écoles, afin de garantir un brassage humain et des idées.

Vive le pont de l’ascension : une superbe réforme des rythmes scolaires

Alors que le ministère de l’éducation nationale modifie le calendrier scolaire pour l’année 2015 – 2016 en accordant le pont de l’ascension, pour faire plaisir aux parents et professeurs adeptes des WE prolongés et des bouchons, les élèves risquent de voir leur charge de travail augmenter pendant ces fameux WE du mois de mai. Mon lycéen favoris a ainsi passé une bonne partie du jeudi de l’ascension à travailler, plutôt que de profiter de ce jour férié pour se reposer comme le font leurs parents et professeurs. Les collègues se retrouvant après un WE prolongé s’échangent les nouvelles mutuelles sur les bons moment passés. Mon enfant, lui me dit le vendredi soir qu’il en a marre, car il a encore plein de devoirs pour le WE, malgré un jeudi férié pas si férié.

Avec un jour supplémentaire, la charge de travail risque fort d’augmenter, avec quelques devoirs maisons complémentaires. On creusera une fois de plus l’écart entre les élèves désireux de bien faire et ayant suffisamment de conscience de l’intérêt de réussir, et la grande majorité qui préféra se reposer comme les adultes.

Cette journée supplémentaire ne viendra donc pas pallier à l’allongement du dernier trimestre pour cause de vacances de printemps plus précoces, en vue de faire plaisir à l’industrie des sports d’hiver. Avec un début des vacances de printemps au 2 avril 2016, le dernier trimestre durera 11 semaines pour la zone B, la plus malchanceuse l’année prochaine.

Pour compenser cette journée supplémentaire de congé, les têtes pensantes du ministère ont également eu la fameuse idée d’allonger l’année scolaire jusqu’au mardi 5 juillet 2016. On peut parier d’avance que les classes de primaires ne seront pas très remplies sur les deux dernières journées, contenu du fait de la forte démobilisation sur la dernière semaine de l’année scolaire (celle-ci s’étalera ensuite sur 1,5 semaine). Les collèges et lycées seront de toute façon fermés deux semaines avant au moins, pour cause de brevet des collèges et de baccalauréat.

En voilà une belle réforme des rythmes scolaires dans l’intérêt de nos enfants ! Ils arriveront épuisés et démotivés à la fin de l’année.

Pas de réforme des rythmes scolaires au lycée

Il est vraiment étonnant de constater comment le problème des rythmes scolaires inadaptés des élèves d’écoles primaire a tant occupé le débat dans l’année passée, sans qu’une seule fois ne soit évoqué celui des collégiens et lycéens. Pourtant de bonne conditions d’apprentissage sont également nécessaires pour ces catégories d’élèves.

A l’âge de 15 ans, il est excessif de demander à un élève ne suivant aucune option (ex latin) de suivre dans la même journée 8h de cours, d’avoir la même qualité d’attention toute la journée et pour finir, de consacrer encore au minimum une heure à ses devoirs, alors que d’autres journées sont par ailleurs étrangement creuses, avec des cours se terminant à 14h. On leur demande d’être aussi performants que des adultes. Or, même ceux-ci ont des moments de la journée où ils sont moins performants, comme après les repas, où sous l’effet de la digestion, ils sont sujets à l’endormissement. De plus, les formations suivies dans le cadre de l’entreprise ne dépassent que rarement 6h, justement car notre aptitude à être concentrés longtemps n’est pas extensible. Pourquoi, alors, celle de nos enfants devrait-elle meilleure ?

Est-ce pour les habituer aux grosses révisions des études supérieures que toutes les évaluations sont programmées la dernière semaine avant les vacances scolaires ? Chaque enseignant pourra expliquer, qu’arrivant à la fin d’un cycle, il est normal que ces évaluations soient programmées à ce moment. Il n’empêche que cela fait beaucoup. Nous adultes, avons notre week-end pour nous reposer et nos enfants devraient pendant ce temps consacrer une journée à travailler ? Ce n’est pas ainsi que l’on fera réussir le plus grand nombre.

Sans passer par une réforme complexe, il y aurait de petites mesures qui permettrait d’améliorer les conditions d’apprentissages et d’éviter une accumulation trop rapide de fatigue.

Tout d’abord, reconnaître aux élèves quelques droits élémentaires, comme une durée maximum de cours par journée. 8h dans une même journée sont le résultat d’un arbitrage en leur défaveur pour régler des problèmes d’organisation.

Ensuite, demander aux enseignants de se coordonner pour les obliger à étaler les évaluations dans le temps et éviter une telle concentration, malheureusement habituelle avant les vacances.

Remettre l’intérêt de l’élève au cœur de l’organisation du temps scolaire peut se faire à moindre frais avec un quelques règles intégrées dans le mode de fonctionnement de l’établissement.

Pénurie de professeurs de mathématiques

Trois semaines sans professeurs de mathématique à la rentrée en classe de seconde ! A la réunion de rentrée parents professeurs, nous avons appris que la situation du lycée n’était pas isolée, loin sans faut puisqu’au cela serait une centaines de professeurs de mathématiques qui manqueraient en cette rentrée 2014-2015 sur l’académie. Cette situation pose plusieurs questions.

La première, comme se fait-il que grâce à l’enchantement des grandes vacances, d’une année scolaire à l’autre, une centaine de professeurs de mathématiques viennent à manquer  ? Serait-ce donc seulement l’effet de l’arrivée de la génération bébé an 2000 au lycée ? L’explication parait un peu courte. On peut supposer que d’une année sur l’autre, les postes manquants sont pourvus par des contrats à durée déterminée, ceux-ci prenant fin à la fin de l’année scolaire. Et lorsque se présente la nouvelle année scolaire, le temps que l’administration  engage de nouvelles procédures de recrutement, quelques semaines sont déjà perdues pour les élèves, mais quelles économies pour le budget de l’éducation nationale ! Les anciens précaires ne sont certainement pas tous disponibles pour une nouvelle année, en tout cas pas ceux qui n’appréciant pas d’être jetés en fin d’année ont pris les devant pour trouver un autre emploi.

L’académie ne serait donc pas capable d’avoir une gestion prévisionnelle de ses ressources ? En serions nous encore à l’époque d’une gestion à la petite semaine ? Les deux mois d’été ne suffirait dont pas à l’administration pour préparer la rentrée ? Faudrait-il rallonger  la durée des vacances d’été des élèves pour donner le temps à l’administration d’organier la nouvelle année scolaire ? Il serait peut-être temps de donner plus d’autonomie aux chefs d’établissements, que ceux-ci puissent prendre en charge eux même le recrutement des enseignants manquants. Celui-ci ne pourrait qu’être que de meilleur qualité, vu qu’il n’est pas certain que, dans la précipitation, les candidats aient toujours un véritable entretien de recrutement, passé le cap de l’examen des candidatures sur CV. Et  donner la possibilité d’offrir une véritable perspective de carrière à ceux qui font leurs preuves.

La seconde question est de savoir pourquoi chaque année, les postes ouverts au concours ne peuvent être pourvus faute de candidats, alors que la France s’enorgueillit de sa médaille Fields et de l’excellence de son école française de mathématique. Pourquoi un tel manque de vocations ? Une explication tient au fait que les mathématiques sont un des vecteurs essentiels de la sélection des élites. Les meilleurs élèves en mathématique s’orientent naturellement en classe préparatoire pour préparer les concours d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieurs. Un élève ou étudiant bon en mathématique aura  beaucoup d’autres possibilité de choix de métier, bien mieux reconnus et rémunérés que simple professeur de mathématique en lycée ou collège (exception faite des professeurs de classe préparatoire).

Contenu du fait que les connaissances en mathématiques sont très en deçà du niveau demandé au concours, on peut se demander si il n’y a pas une forme distorsion entre les compétences demandées au concours et celles réellement requises pour enseigner. Ces fameux concours du capes et de l’agrégation se contente d’attester d’un très bon niveau en mathématique des enseignants, mais pas du tout de leur aptitude à enseigner à des élèves. Il serait alors plus intelligent de revoir le mode de recrutement et de demander aux futurs enseignants d’avoir une véritable formation en pédagogie, quitte à avoir un niveau moins élevé en mathématique. Il devrait ainsi être possible d’élargir la base de recrutement des futurs professeurs de mathématique.

La dernière question est de savoir si la pénurie est équitablement partagée au sein de l’école républicaine ou si certains s’en sortent mieux. Et, là, on peut se rendre compte qu’il existe bien au lycée des classes élites, qui elles  bien leurs professeurs de mathématique. Pour ceux qui ne le savent pas encore, pour en faire partie, il faut dés la classe sixième faire bilingue anglais/allemand, ou encore classe européenne à partir de la classe de quatrième, ou encore jouer sur les bonnes options. Attention, ne pas faire toutes ces options et être un excellent élève (moyenne dans toutes les matières au dessus de 18 en classe de troisième) ne garantit pas d’être dans la classe élite. Il faut s’être plié au système pour avoir le droit de faire partie de l’élite.

Si il y avait un minimum de justice, la pénurie serait partagée par tous et l’on réduirait la durée d’enseignement de toutes les classes pour que toutes aient le droit de faire des mathématiques. Mais la course à la réussite est déjà engagée et il ne faudrait pas réduire les chances des élèves des classes élites d’un établissement au détriment de ceux des autres établissements. Chaque lycée tient à son classement.

 

Rattrapage des vacances de la Toussaint

En attendant la réforme des rythmes scolaires qui concerne les écoles primaires, un rattrapage des  vacances de la Toussaint allongées à 2 semaines continue à être imposé, tout comme l’année dernière.

Dans les collèges publics, une demi-journée a été imposée aux élèves ce mercredi 13 après midi. Dans un premier temps, c’était 4 heures qui étaient prévues. Heureusement qu’un minimum de bon sens du chef d’établissement l’a conduit à réduire les heures à rattraper à 3 h. En effet, la journée aurait alors été de 8 h au lieu de 7h, sans compter les devoirs. Un certain nombre d’enseignants ne s’intéressant qu’à leurs propres objectifs personnels ont tout de même donné des travaux pour le lendemain.

Bien que un certain nombre d’élèves aient été absents à certains cours de l’après midi, pour cause de participation aux sports de l’association sportive du collège, un enseignant n’a pas eu de meilleure idée que de donner une évaluation, avec une menace d’un zéro pour les élèves absents.

Dans un autre collège, l’organisation a été toute autre. Plutôt que d’imposer aux élèves des cours traditionnels, l’après midi a été consacrée à des activités de type découverte (sécurité routière …). Il est donc possible, malgré la contrainte imposée par la l’Administration, de trouver des solutions qui rende cette après midi moins pénible pour les élèves.

Nous restons toujours en attente d’une solution plus intelligente que celle qui consiste à voler aux élèves leurs temps libre pour les besoins d’une organisation défaillante de l’école.

La place des délégués de parents d’élèves au conseil d’adminsitration

Le cas d’un professeur « tire au flanc » (voir article du 16/10/2013) a été soumis lors du premier conseil d’administration du collège par les délégués de parents d’élèves.

La réponse du principal de l’établissement, rapportée par les délégués a été lapidaire. Celui-ci a évoqué le droit de réserve pour ne pas s’exprimer. Face à une question embarrassante, les délégués de parents d’élèves et donc les parents n’ont pas le droit à avoir une explication ? C’est une solution bien commode que d’évoquer un soi disant droit de réserve. Cela ressemble plutôt à une solidarité mal placée du corps enseignant vis à vis d’un des leurs mis en cause. Bien que parents de nos enfants et donc co-éducateurs, cette attitude du principal de l’établissement montre une fois de plus, que bien qu’ayant une place dans les conseils d’administration, les délégués de parents d’élèves y sont présents pour la forme et ne sont pas considérés comme partenaires.

Après les vacances d’automne, le principal est passé dans certaines des classes dans lesquels enseigne cet enseignant pour expliquer que ce dernier est tombé gravement malade et donc était en arrêt maladie jusqu’à nouvel ordre. Pour ne pas pénaliser les élèves, il fournirait les cours manqués par internet (attendons de voir).

Nous avons eu là droit à une opération de communication directement dirigée vers les classes des élèves dont les parents s’étaient plaints de la situation. Le principal finit par expliquer les absences répétées par des problèmes de santé. Il est bien sûr impossible de savoir si ces problèmes de santé sont avérés. Ce qui est cependant avérés, c’est que les problèmes de santé n’expliquent pas les retards répétés (par exemple pour cause de conversation prolongée avec un autre enseignant) ni les cours non préparés, sans structures ou répétés sur plusieurs séances.

Circulez, il n’y a rien à voir !

Rythme scolaires et brevet des collèges

Les vacances d’été ont commencé pour les élèves des classes de 6ième, 5 ième et 4ième fréquentant les collèges centres d’examen pour le brevet des collège, le mardi 25 juin au soir, au lieu du vendredi 5 juillet, comme prévu dans le calendrier de l’éducation nationale. De toute évidence, nos experts en rythmes scolaires de l’éducation nationale n’ont pas trouvé la solution à ce problème. Après avoir fait rattraper deux demi journées pour prix de l’allongement des vacances d’automne, comment allonger le temps scolaire de manière à décompresser le rythme des apprentissages, tout en maintenant le sacro-saint rituel du brevet des collège, nécessitant des locaux vide d’élèves ?

Le journal « Le Monde » a opportunément publié un article « Le coût caché du bac : 1,5 milliard d’euros« , dans son édition du 11/06/2013, tirant ces informations d’un calcul effectué par le syndicat des chefs d’établissements, le SNPDEN, alimentant ainsi le débat sur une réforme du baccalauréat, en préconisant un examen plus simple et resserré sur les matières principales et privilégiant le contrôle continu. Tout comme le brevet des collège, l’organisation du baccalauréat entraîne la suppression des cours.

Le même débat devrait avoir lieu pour le brevet des collèges, dont on ne connaît pas le coût, mais dont les deux principales raisons d’être sont d’une part, un entraînement aux examens et concours à venir, puisqu’il faut bien formater les élèves au système de sélection méritocratique français et d’autre part, un des derniers moyens dont disposent les enseignants qui ont abusé de la matraque des évaluations, pour motiver les élèves à travailler. Toute l’année de 4ième, certains enseignants n’ont cessé de débiter leurs litanies sur le brevet des collèges.  Ce rabâchage commence pour certains élèves dés la classe de CM1, à l’école primaire, comme c’est le cas de mon second enfant, actuellement en classe de CM2. Le résultat est par ailleurs totalement négatif, inaudible pour certains déjà désabusés et source de stress pour ceux qui, trop à la recherche de la reconnaissance de professeurs névrosés, veulent bien faire. Ainsi, mon enfant en classe de 4ième, malgré un début anticipé des vacances d’été, loin de se réjouir, est envahi par des pensées négatives et angoissantes sur le brevet des collège, bien que celui-ci soit un bon élève.

Tout comme le baccalauréat dont la seule utilité n’est d’être qu’un tampon permettant la poursuite d’études supérieures mais ne décidant en rien de la filière qui sera poursuivie, puisque grâce au système informatique APB (Admission Post Bac), les futurs bacheliers savent avant le bac dans quelles universités ou écoles ils sont reçus, le brevet des collèges ne conditionne pas l’orientation après la classe de troisième qui s’effectue sur la base des résultats des élèves au cours de leur année.

Pourquoi alors immobiliser une période aussi longue (1,5 semaine) pour une finalité effective si faible ? Pourquoi ne pas réformer le brevet des collège pour que celui-ci soit principalement attribué sur la base des résultats obtenus en cours d’année (c’est ainsi que je l’ai obtenu) et ne réduire l’examen  ?

De peur de fâcher le corps des enseignants arque boutés sur un système anxiogène, les parents angoissés par l’avenir de leurs enfants, s’accrochent à  la fausse garantie qu’offre ces examens (baccalauréat et brevet des collèges), notre gouvernement n’ose attaquer de front une véritable refondation de l’école qui s’intéresse au bien être des élèves, condition indispensable pour assurer la réussite du plus grand nombre.