Biture et week-end d’intégration

Les week-end d’intégration dans les écoles post bac ont pour objectif de permettre aux étudiants de faire connaissance ensemble, de créer du lien, des solidarités et de créer un esprit de corps. Difficile alors pour un nouvel étudiant de se mettre en retrait de la vie de l’école et de ses camarades et de ne pas prendre part au week-end d’intégration. Les excès lors de ces événements sont toujours possibles, mais depuis que le bizutage a été définit par la loi du 27 janvier 2017 comme étant un délit (cf Code pénal : articles 225-16-1 à 225-16-3), les risques pour les participants sont moins importants que par le passé. Il importe avant toute participation à ce genre d’événement de réfléchir à ses propres limites afin de savoir ce qu’on est prêt à accepter et  ce qu’on juge intolérable et anticiper à l’avance  la conduite à tenir si survient un problème.

Lors du week-end d’intégration auquel a ma fille a participé, aucune contrainte n’a été exercée et aucun acte humiliant n’a été commis sur les nouveaux élèves. On peut certes qualifier certains jeux ou rituels de bêbête, mais sans plus.

Par contre, la consommation d’alcool était omniprésente, ainsi que celle du protoxyde d’azote pour ses effets de gaz hilarant. Pourtant, d’après la loi, le fait d’amener autrui, même si ce n’est pas contre son gré, à consommer de l’alcool de façon excessive est considéré comme un délit punissable. Les administrations des écoles devrait se sentir concernées et voir en tant que personne morale leur responsabilité engagées, si lors d’une biture survenait un accident. On peut alors s’étonner que subsiste en la matière une tolérance et une manière de se masquer la réalité, surtout, lorsqu’un camping isolé et clos est choisit comme lieu des festivités. Isolé, à cause des nuisances sonores causées par la fête pour le voisinage, et clos pour éviter de perdre des étudiants saouls déambulant au hasard. Mais peut-être est-il difficile de prouver qu’une personne adulte a été amenée, « contre son gré ou non […], à consommer de l’alcool de manière excessive, lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire, sportif et socio-éducatif« .

En effet, nul n’était obligé d’amener dans ses propres affaires quantité d’alcools forts et protoxyde d’azote pour sa propre consommation et rien n’empêche un étudiant à quémander à ses amis à boire. Ces étudiants majeurs (organisateurs et participants) sont-ils alors amenés à boire ou s’agit-il d’un choix personnel ? Il s’agit sans doute d’une limite de la loi, ce qui pourrait expliquer une tolérance des administration des écoles.

Au delà des considérations légales et morales, ce besoin de s’éclater de la sorte en buvant à outrance pendant tout le week-end, au point de s’en rendre malade, de se retrouver ivre mort en position latérale de sécurité ou de commettre des actes insensés (se balader nu et uriner n’importe où) devrait nous interroger sur les besoins de ces jeunes de se défouler ainsi en se saoulant. Pour pouvoir entrer dans ces écoles sélectives, ils sont passés par des épreuves qui pour certains ont duré plusieurs années (classes préparatoires, première année de médecine  …) et les ont privés de toute forme de vie sociale, de loisirs, vacances et ont réduits leur vie familiale au strict minimum. Bien heureux seront ceux qui après ces épreuves pourront commencer à vivre. C’est ce que nous espérions pour notre fille, mais notre attente a été déçue, le rythme d’enfer continue.

Qui sommes nous alors pour faire la morale à nos enfants sur ce genre de comportements alors que notre société leurs impose des sacrifices insensés pour avoir le droit d’exercer un jour la professions dont ils rêvaient ? Ces sacrifices leurs imposent de mettre en veille leur jeunesse, leur épanouissement sentimental, leurs développements dans d’autres domaines (artistique, sportif …). Mais pire, ils peuvent les amener à l’épuisement et à des conduites addictives. Vive l’élitisme républicain !