Au moment où le mouvement de mobilisation des étudiants d’universités se durcit contre la réforme de l’entrée à l’université qui introduit la sélection avec le nouveau système d’orientation des lycéens ParcourSup, il convient de s’interroger sur les véritables raisons de cette mobilisation.
Les premiers concernés, les lycéens ne se sont pour le moment pas mobilisés. Pourquoi alors, des étudiants qui ont obtenus leur place dans une université sont tant remontés contre ce projet ? Celui-ci a beau être inspiré par une idéologie libérale et basée sur la méritocratie, il n’en reste pas moins qu’il intervient au moment où le précédent système a sombré dans une crise sans issue, après la multiplication des tirage au sort dans des filières qui auparavant n’était pas réputées être en tension. Les syndicats étudiants et de personnels mobilisés refusent la sélection et défendent l’égal droit d’accès de tous à l’université. Hélas ce droit s’est effondré tout seul à cause de la saturation des universités due à la massification de l’accès d’une classe d’âge nombreuse au baccalauréat, problème que le précédent gouvernement socialiste n’a pas eu le courage de traiter. La solution serait donc pour certain d’allouer plus de moyens aux universités. Mais est-on certain qu’augmenter les places dans des filières en tension donnera un avenir professionnels à tous les étudiants ? Le marché du travail reste le seul juge, et il n’est pas nécessaire d’envoyer tant de jeunes dans des études qui ne leurs permettront pas de trouver un emploi. Le vrai problème reste un problème d’orientation et un tropisme élevé en France pour les études académiques plutôt que pour des études spécialisées et techniques trop peu valorisées et n’offrant pas suffisamment de places.
Hélas, les syndicats d’étudiants et de personnels mobilisés contre cette réforme ne sont porteurs d’aucun contre projet viable et porteur d’avenir et de chance de réussite pour tous les jeunes, car à aucun moment ils ne prennent en compte ce problème d’orientation. Apparemment, cela ne semblent pas être dans leurs objectifs de proposer un contre projet crédible. Face à un gouvernement libéral tout puissant et qui croit pouvoir passer en force sur plusieurs sujet de société, cette mobilisation est plutôt, un moyen d’affirmer pour les jeunes une identité de contestataire gauchisant espérant ré éditer un mai 68 en 2018, mais sans véritable projet de société. En ne voulant pas prendre en compte le problème de saturation des université et préférant un système basé sur le tirage au sort et la sélection par l’échec, cette mobilisation défend finalement une position très conservatrice. Ce faisant, elle se condamne elle même et permettra au gouvernement de faire passer sa réforme en l’absence de véritable projet éducatif alternatif crédible pour l’ensemble de la jeunesse.
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