Jours fériés, le repos n’est pas pour tous

Quel paradoxe que de constater que les français aspirent de plus en plus à profiter des week-ends de l’ascension et de la pentecôte et dans le même temps observer combien nos enfants sont surchargés de travail par les enseignants du collège et du lycée, pour ces fameux week-ends. Le droit au repos ne vaut que pour les adultes, et ne concernerait pas collégiens et lycéens.

Pourquoi fermer les établissements scolaires le vendredi de l’ascension qui n’est pas un jour férié, alors que nous parents devons travailler, si c’est pour sous-traiter à la maison le travail qui ne peut être effectué dans l’intervalle à l’école ? La fin de l’année approche, c’est bientôt l’arrêt des notes, la quantité de notes dans chaque matière n’est pas pas suffisante pour pouvoir établir un bulletin scolaire ? Alors vite, vite, donnons un travail noté à effectuer à la maison, un paquet de révisions pour quelques évaluations qui tomberont toutes la semaine après la pentecôte, surtout ne nous concertons pas avec nos collègues. Ainsi, nous aurons atteint nos objectifs en fin d’année : avoir bouclé le programme et avoir trié les élèves du meilleur au plus mauvais.

Et pendant ce temps là, pendant que nos élèves travaillent, profitons du soleil, partons en masse en week-ends. Il y a là une forme indécence.

Une fausse note dans la réforme des collèges : les classes bilangues

Voilà un an, je défendais sur ce blog la réforme des collèges qui devait rendre le collège moins élitiste grâce à la suppression des classes bilangues, permettre aux élèves de faire appels à diverses compétences et disciplines dans le cadre des travaux interdisciplinaires et pratiques (voir Réforme du collège : pas d’inquiétude, la sélection continuera !), tout en affirmant que cette réforme ne mettait pas fin à la pédagogie de la terreur de la note comme méthode d’apprentissage. Je rappelais que face à une masse de devoir croissante, l’aptitude des parents à apporter une aide était primordiale et constituait la principale source d’inégalités.

Cette réforme introduira de gros changements dans les manières de travailler des enseignants et l’organisation du collège. Nous verrons à la rentrée scolaire 2016-2017 ce qu’il en sera.

Mais dores et déjà, les classes bilangues anglais/allemand, anglais/espagnol …  ne disparaissent pas pour les classes de 6ième. Après la fronde des professeurs de langue, la ministre de l’éducation nationale a effectué une marche arrière, mais en instaurant une condition. Pour pouvoir maintenir de telles classes ouvertes, il faut que les élèves venant de l’école primaire aient pratiqué en première langue de l’allemand, de l’espagnol ou une autre langue. Dans ce cas, seulement, il est possible de proposer une classe bilangue à ces élèves. On peut féliciter la ministre de l’éducation nationale pour son sens de l’équité. Ainsi, si pour des raisons familiales, vous auriez souhaité que votre enfant puisse à l’école primaire apprendre une autre langue que l’anglais et que l’école ne le proposait pas, il ne peut en théorie intégrer cette fameuse classe bilangue. Mais comme certaines de ces classes ne feront pas le plein d’effectif, vous pourrez peut-être faire acte de candidature au moyen d’une lettre de motivation, pour faire inscrire votre enfant dans cette classe. On peut douter que beaucoup de parents qui feront acte de candidature le fasse pour des raisons familiales et culturelles (surtout dans le cas de l’allemand), mais surtout pour donner les meilleurs chances à leur enfant de se trouver dans une bonne classe.

Si ce biais peut-être à peu près évité dans certains collèges grâce à la constitution de classes mélangées, il faut savoir que ces élèves auront la possibilité de se retrouver plus tard regroupés au lycée en classe de seconde. C’est en tout cas ainsi que cela se pratique dans le lycée de notre secteur. Ainsi la ministre de l’éducation nationale a accepté de maintenir un moyen permettant aux parents les plus avertis d’orienter leurs enfants dans la voie la plus élitiste à terme et donc leurs donner de meilleures chances de réussite qu’aux autres.

Voilà un fameux raté pour une refondation de l’école voulue par le président de la république.