Liberté pédagogique ou dictature pédagogique ?

La récente réforme du collège a mis en lumière l’attachement du corps enseignant à sa liberté pédagogique. Cette liberté pédagogique permet des initiatives qui donnent le plaisir d’apprendre aux élèves et/ou leurs donnent confiance en eux-même.

Mentionnons l’utilisation du théâtre à l’école primaire dans le cadre de l’apprentissage du français, permettant également aux élèves d’améliorer leur diction et leur expression corporelle, l’introduction d’une transversalité entre histoire/géographie et travail en français, l’utilisation du chant pour apprendre l’anglais.

D’autres, au lycée, mettent en place des séances spécifiques pour les élèves rencontrant des difficultés pour leur permettre de revenir sur des points particuliers ou de comprendre les nouvelles exigences et comment travailler.

Il arrive malheureusement que la liberté pédagogique conduise à des exigences supplémentaires pour les élèves qui ne peuvent être discutées.

Pour palier à l’absence de temps ou de moyens, un professeur de sciences demande aux élèves de collège de télécharger des logiciels pédagogiques et d’effectuer des  travaux pratiques à domicile ou encore demande à terminer le compte rendu non finalisé en classe. Cela pourrait s’envisager si les élèves n’étaient pas livrés à eux même pendant ces travaux et obtenaient tous le même niveau d’information. Merci aux parents qui peuvent aider et tant pis pour les autres élèves.

D’autres demandent d’apprendre des définitions par cœur, car pour certains, rien ne vaut le bon apprentissage par cœur comme méthode d’enseignement. Encore faudrait-il que les élèves parviennent au préalable à une compréhension globale, au moyen  de schémas ou d’une synthèse, que nous parents devons effectuer au domicile. Et encore en langue, faudrait-il que les élèves sachent utiliser à l’oral tous ces verbes irréguliers et ce vocabulaire appris par cœur dans la douleur. Mais ceux-ci, après avoir consacré toute leur d’énergie à cette apprentissage, n’ont plus de temps pour l’oral.

Que dire de cet enseignant de mathématique qui n’interroge que les meilleurs élèves et de préférence les garçons, réputés meilleurs d’après des préjugés anciens et s’énervant lorsque les élèves n’ayant pas compris demandent des explications complémentaires ? Inutile de parler des difficultés des élèves en conseils de classe pour s’entendre expliquer que les exigences sont plus élevés en première S qu’en seconde et que c’est tout à fait normal.

Pourquoi vouloir, pour le bac français d’élèves de filière scientifique, présenter une liste exagérément longue d’œuvres, leur demander non seulement de lire ces œuvres pas toujours intéressantes à leur âge, mais aussi de réaliser des travaux personnels pour établir la bibliographie, écrire un résumé … et en classe se contenter de dicter un commentaire à apprendre. Et sans doute parce que les élèves sont censés voir les méthodologies des commentaires littéraires et de dissertation en classe de seconde, estimer qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur le sujet malgré la demande des élèves. Malheur au délégué des élèves qui a osé aborder la question, car il est maintenant dans le collimateur de l’enseignant.

Les conseils de classes ne servent malheureusement pas à aborder ce type de sujets, car ces enseignants particulièrement exigeants, tout puissant dans leurs classe pour juger nos élèves, ne supportent pas de voir les délégués de parents d’élèves ou des élèves aborder des questions d’ordre pédagogique. Ils ne rendent compte qu’à l’inspecteur d’académie qui ne les inspecte que rarement et ne doit pas être en mesure de voir réellement ce qui se passe. Il n’y a pas vraiment de contre pouvoir aux abus que nous pouvons constater. Cette liberté se transforme malheureusement certaines fois en dictature pédagogique.

Les cours privé de soutien ont de l’avenir avec l’éducation nationale, pour ceux dont les parents ont les moyens !