Un mois de scolarité perdu pour organiser le bac

Fin des cours pour les élèves de seconde, le lundi 08 juin. Pour d’autres encore, cette fin anticipée est survenue le 05 juin, soit une mois avant le début des vacances scolaires.

Cette fin anticipée est officiellement justifiée par l’organisation du baccalauréat. Elle survient bien plus tôt que pour ma génération ayant passé le bac, il y a une trentaine d’années. Ce rituel de fin des études secondaires occupe donc une place de plus en plus envahissante, alors même qu’elle n’a aucune utilité pour l’orientation des futurs bacheliers, puisque celle-ci est déterminée sur la base des résultats scolaires antérieurs au bac dans le système informatisé Admission Post Bac (APB), pour la plupart des élèves. La ministre de l’éducation a beau vouloir relancer le dispositif des « bacheliers méritants » afin de permettre à des élèves n’ayant pas pu entrer dans une filière sélective en premier choix, d’avoir une seconde chance en cas de belle réussite aux bac, le dispositif ne concerne qu’une minorité d’élèves : 219 sur 624 700 en 2014.

Ce premier grade universitaire qui ouvre l’accès aux études supérieures pourrait être organisé dans un format réduit puisque l’orientation est déterminée avant le bac. Alors que seuls 29 % des français sont encore attachés à l’organisation du bac dans son format actuel (sondage   BVA-Orange-I-Télé publié samedi 20 juin 2015), que 72% estiment qu’il est plus facile aujourd’hui d’avoir le bac, et que même l’ancien ministre de l’éducation national François Fillon, pourtant dans l’opposition, propose le 11 juin de remanier le bac en 4 épreuves, on ne comprend pas la réticence du gouvernement à engager une réforme du bac, puisque le contexte parait aussi favorable. Un tel attachement à cet examen en tant que rite républicain devrait avoir vécu, à moins que l’attachement ne soit pas lié au bac en tant que tel, mais au système des concours d’entrée dans les filières sélectives et ensuite dans la fonction publique et la haute administration.

A ce mois perdu par les lycéens, s’ajoute un intense travail de bachotage pour la préparation de l’examen, qui favorise les élèves ayant une forte capacité à ingurgiter des connaissances. L’existence même du bac instaure un esprit de compétition entre les élèves, au détriment de l’acquisition capitale pour notre société et notre économie de compétences en travail collaboratif.

Tant qu’une réforme du bac n’est pas engagée, l’évaluation continuera à avoir une place prédominante dans notre système de formation, au détriment de l’apprentissage de l’utilisation des connaissances, de la recherche d’informations, de la créativité, du travail en groupe et de l’interdisciplinarité.