Voici une illustration du rôle des familles dans la réussite de leurs compétiteurs à l’épreuve de l’histoire de l’art, épreuve pour laquelle la préparation en classe fut minime et requièrant un important travail personnel au domicile.
Notre champion familiale étant bien préparé et bien entouré, il réussit l’épreuve haut la main. Il revint néanmoins déçu par les questions qui lui furent posés, révélant que les enseignants membre du jury avait manifestement à peine pris connaissance des sujets autres que ceux qu’ils avaient proposés. La réussite ne fut pas au rendez vous pour tous les élèves. Certains avaient commencé à préparer en catastrophe l’épreuve le week-end avant. Un camarade de classe s’y mit la nuit d’avant. Pour ce dernier, l’épreuve fut chaotique. Il fut interrompu dans sa présentation qui ne devait pas être convaincante pour passer aux questions. Ses réponses n’étant pas à la hauteur, il fut interrogé sur tous les autres artistes du programme pour lui tenter de lui donner une chance de se rattraper, ce qu’il ne parvint pas à faire.
Nous voyons là une inégalité flagrante et choquante. Les élèves biens suivis par leurs parents réussissent, tandis que les autres, s’ils manquent d’un minimum de maturité, sont condamnés à échouer. A 14-15 ans, les élèves sont des adolescents et non des adultes. Beaucoup ont d’autres préoccupations que le travail scolaire. Dans cette phase de construction de la personnalité, certains pensent à tout autre chose. De plus, le cerveau de l’adolescent n’a pas la maturité requise pour lui permettre de se projeter dans le temps et planifier son travail tout seul. Cela explique que des élèves insuffisamment coachés par leurs parents s’y prennent au dernier moment avec le résultat que l’on connaît.
Admettons un instant qu’à cette âge, l’acquisition de compétences liés à la recherche d’informations, la préparation d’un support de présentation et son exposé soit un enjeu important du socle des connaissances à acquérir en fin de collège. Comment se fait-il alors que les élèves ne reçoivent aucune aide à l’intérieur du collège ? Que pas même un enseignant ne fasse des points d’étape pour vérifier l’avancement de chaque élève dans son travail et lui fournisse des conseils ? Que l’on attende le jour de l’épreuve pour constater la dérive de certains élèves et la sanctionner par une mauvaise note ?
Une commission occulte de l’éducation nationale a dû un jour estimer qu’il fallait introduire l’histoire de l’art au brevet des collèges, mais a oublié d’allouer des moyens à la préparation. Aucun enseignant n’est responsable de l’histoire de l’art et aucun temps n’a été accordé aux différents enseignants plus préoccupés par le fait de boucler leurs propres programmes.
Cette épreuve que personne ne prend au sérieux ne sert donc qu’à trier les élèves. Ce tri est effectué non pas en fonction du mérite des élèves (désolé pour notre champion familial), mais en fonction des capacités des parents et ce que ceux-ci peuvent leurs apporter. Cette injustice est tellement énorme qu’elle fini par paraître normal. Mais pourquoi alors s’étonner que tant d’élèves décrochent et que les tests internationaux PISA jugent notre école inefficace ?
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