Matracage en attendant l’arrêt des notes

Tout comme l’année dernière, tous les enseignants se dépêchent à programmer leurs évaluations tous en même temps, car l’arrêt des notes est proche et qu’il va falloir remplir les carnets. S’en suit une avalanche de révisions et un raz le bol des enfants.

Dans les classes où la date d’arrêt des notes est passée, les enseignants ont perdu toute motivation et les élèves en conséquence également. Ainsi, à trois semaines des grandes vacances, il y a déjà des élèves qui ne font plus grand chose tandis que d’autres élèves sont matraqués de révisions. Ces derniers ne rêvent que d’une chose,  de l’arrêt des notes pour eux aussi pouvoir glander.

Finalement, continuer à apprendre après l’arrêt des notes ne sert pas à grand chose, puisqu’il n’y a plus la contrainte des notes. Importe donc seulement les notes et le classement non officiel des élèves qui s’en suit.

Avant de discuter d’une révision des rythmes scolaire et d’un allongement de l’année scolaire, il serait peut être judicieux de revoir le comportement de ces enseignants qui vont tuer le temps durant les deux ou trois semaines qui nous séparent des vacances scolaires. Quelle absurdité d’épuiser les élèves jusqu’au fameux arrêt des notes et gâcher ainsi les dernières semaines de l’année.

 

 

Qui parle pendant les exposés ?

La présentation d’un exposé par les élèves est une occasion rare pour eux d’appréhender l’art difficile de la communication orale devant une assistance, pour peu que l’enseignant voit l’intérêt de ce type d’exercice au delà de la simple transmission de savoir. Ce n’est pas évident à 12 ou 13 ans de maitriser sa communication verbale et non verbale, de savoir gérer les réactions de l’assistance, savoir capter son attention ou la retrouver si elle est perdue. C’est même un exercice d’une importance capitale, car peu d’adulte le maitrise et ont donc des difficultés à rendre un message audible devant une assistance. On ne peut donc que saluer tout exercice proposé par les enseignants conduisant les élèves à se mettre en avant, face à un auditoire. Cela peut être un exposé, la présentation d’une poésie ou un chant …

Difficile est la présentation d’un exposé lorsque les élèves sont agités, car peu à cet âge auront suffisamment d’autorité naturelle. Encore plus difficile est la présentation d’un exposé lorsque le principal perturbateur est l’enseignant lui même. C’est ce qui est arrivé à mon enfant cette semaine.

Il avait à préparer un exposé sur un auteur pour le cours de français. Ce travail lui a demandé un certain travail personnel effectué avec l’assistance de sa mère (distorsion dans les chances de réussites entre élèves, compte tenu de l’aide que mon enfant obtient et que les autres élèves livrés à eux même n’obtiennent pas). Il avait préparé un poster et avait envie de le présenter à ses camarades de classe. Or, lors de la présentation, il a été sans cesse interrompu par l’enseignant qui avait besoin de donner des informations complémentaires sur cet auteur. Certaines de ces informations étaient pourtant prévue dans la suite de l’exposé. Il aurait très bien pu apporter des compléments à la fin de l’exposé, mais très certainement étant trop attaché à sa position de seul transmetteur de savoir devant la classe, il ne pouvait laisser la parole à mon enfant pendant plus d’une minute.

Comme à son habitude, la classe n’était pas intéressée par cet étalage de savoir et maintenait dans la classe une ambiance de cours de ferme avec multitude de bruits d’animaux (hennissements, bruits stridents, psalmodie du mot « hindu » (une mode bizarre de pré adolescent bébête ?) ). La classe n’étant pas attentive, l’enseignant a reproché à mon enfant de ne pas savoir obtenir le silence de la classe. Ainsi, celui s’est retrouvé dans la position de simple auxiliaire préposé à la discipline.

L’exercice qui aurait pu être une expérience enrichissante pour mon enfant s’est ainsi transformé en calvaire pour lui.

L’enseignant qui au travers ce type d’exercice où les élèves peuvent être valorisés aurait pu trouver un moyen pour re mobiliser sa classe, n’a pas su sortir de son rôle traditionnel de vecteur de transmission de savoirs, malheureusement aussi vite oubliés par les élèves qu’entendus.