Commentaires sur le requisitoire de la cours de comptes contre la réforme de la formation des enseignants

Le rapport de la cours des comptes dont Le Monde se fait l’écho (voir l’article « Réquisitoire contre la réforme des enseignants » du jeudi 9 février) a le mérite de d’exprimer de manière audible ce que savent bon nombre de parents d’élèves et spécialistes de l’éducation, à savoir que les réformes engagées lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy n’ont pas amélioré la qualité de l’enseignement, bien au contraire. Il s’agit d’une sanction pour ce gouvernement qui mérite d’être commentée.

La mastérisation de la formation des enseignants et la suppression des instituts universitaire de formation des maitres ne répond pas aux besoins des élèves. Ceux-ci n’ont pas besoin d’avoir des grosses têtes ayant un niveau de compétence élevé dans leurs matières respectives, mais avant toute chose de professeurs sachant transmettre leur savoir, capable de gérer des classes hétérogènes, comprenant la psychologie des enfants et des jeunes …

Ce gouvernement n’a su que faire la promotion du retour de l’autorité « pour que les élèves qui veulent travailler puissent travailler ». Il tente de réorganiser l’école de manière à ce que les parents aient « la liberté » de placer leurs élèves dans les bons établissements, voir le privé. Sa majorité présidentielle cherche à remplacer la formation des enseignants par des établissements privés au travers de la proposition de loi du député UMP Jacques Grosperrin. Inutile d’être devin, l’étape suivante sera de donner la possibilité aux établissements scolaire de recruter eux-même leurs enseignants. Ainsi, les bons établissements auront les bons professeurs et les autres les mauvais.

Pour ce donner bonne conscience, ce gouvernement a mis en place un système permettant à quelques élèves brillants des banlieues d’accéder aux meilleurs classes préparatoires. Ce faisant il conforte les vainqueurs de la compétition scolaire dans leur sentiment de mériter l’accession sociale que leurs donnent leurs hauts diplômes. Ceux-ci peuvent ainsi s’estimer plus méritant que tout ceux qui ont été éliminés car n’étant pas dans les bons établissements et face aux bons professeurs. C’est ainsi que l’on aboutit à une caste de personnes formatés de manière identique, placés aux postes de décision au sein des entreprises et des administrations.

Le projet de société de ce gouvernement est tellement limpide que personne ne le dénonce : cette droite ne cherche qu’à contenter sa base électorale. Celle-ci, inquiète des risques de déclassement pesant sur sa progéniture, veut pouvoir bénéficier d’un système scolaire élitiste permettant à ses enfants de gagner la compétition scolaire et se maintenir dans sa caste sociale.

Alors qu’avec la crise économique actuelle, l’incapacité de la France à innover est pointée, il serait judicieux d’effectuer une corrélation entre cette incapacité et la formation : autosuffisance et formatage mental des élites, élimination des personnalités non conforme (celles qui sont le plus susceptibles d’innover), exacerbation de la compétition au détriment du travailler ensemble.

Le risque pour cette droite de voir les cartes rebattues à chaque génération est trop grand (le fils de maçon devenant ingénieur, le fils d’ingénieur devenant maçon).

Le surveillant tout puissant

La semaine dernière, deux élèves s’amusaient à glisser dans le collège. Passe un surveillant qui leurs demandent de lui remettre leurs carnets. Ceux-ci ne comprennent pas et répondent qu’ils n’ont rien fait de mal. Le surveillant continue d’exiger leurs carnets et pour toute explication leurs fait savoir qu’il peut faire pression sur le conseil de discipline.  En prime, il tord le poignet d’un des élèves.

Trois élèves font la queue ensemble pour entrer dans la cantine. Ils ne sont pas alignés par deux. Survient le même surveillant qui exige des trois élèves qu’ils aillent à la fin de la queue car ceux-ci n’étaient pas correctement alignés.

Il y a plusieurs mois de cela, un conseil de discipline a prononcé une mesure d’exclusion avec sursis à l’encontre d’un élève qui avait donné un coup de pied à ce même surveillant, pour un motif qui nous est inconnu.

Au travers de la perception de mon enfant, nous avons l’impression que ce surveillant, un jeune homme d’une vingtaine d’année, confond sa mission avec celle d’un garde chiourme et prend un certain plaisir à exercer son pouvoir. Bien que non concerné par les faits relatés, mon enfant en tire un profond sentiment d’injustice et d’arbitraire.

Arbitraire d’un surveillant qui s’autorise à brimer les élèves, injustice d’une communauté d’adulte qui ne porte aucun crédit à la parole de l’enfant. Certes, une réponse éducative est nécessaire fasse à un élève qui porte un coup de pied à un surveillant, mais avant de définir la sanction, il me parait nécessaire de comprendre le contexte et ce qui a conduit à l’acte. La justice française ne fonctionne pas différemment lorsqu’elle juge un prévenu. Le collège si. Il parait que le collège est un espace de citoyenneté.

 

 

Neige au collège

Étrangement, ce lundi 6 février, les élèves n’avaient pas le droit de se rendre dehors lors des récréations et de la pause du midi, alors que cette interdiction n’est pas mise en œuvre dans les écoles primaires.

Par contre, lorsque le temps est juste froid ou pluvieux, les élèves doivent rester dehors lors de la pause de midi. Aucune salle n’est mis à leur disposition. Tant pis pour eux si ceux-ci ont froid.

Quelle est la logique d’une telle mesure d’interdiction ? Cela  ne peut être pour le bien-être des élèves, puisque les adultes ne s’en préoccupent pas lorsqu’il fait juste froid ou qu’il pleut. La décision est sans doute motivée par la crainte de voir les élèves jouer avec la neige, s’amuser à glisser et le risque de chutes et fractures. Pourtant, il n’y a rien de choquant à ce que ceux-ci s’adonnent aux plaisirs de la neige, puisque nous autre adultes en avons fait de même autrefois. Si personne ne souhaite tomber et se faire mal, le risque de chute est assumé par tous ceux qui s’adonnent aux plaisirs des jeux de neige.

Serions nous dans une société a telle point judiciarisée pour qu’il se trouve des parents d’élèves pour porter plainte contre le collège si sa progéniture s’est brisée une jambe en jouant à glisser ? Une telle interdiction est perçue par les élèves comme injuste et arbitraire.

Ce sentiment d’arbitraire s’est trouvé renforcé le mardi 7 février, car sans explications, les élèves étaient cette fois si autorisés à se rendre dehors. Sans doute qu’il est plus défavorable pour le collège d’avoir à gérer l’ouverture de salles et le maintient en poste de surveillants que de supporter un risque de contentieux relatifs à d’hypothétiques fractures de la jambe.