Dépression ?

Un des enseignants de mon enfant est absent depuis une semaine et nous présumons que celui-ci effectue une dépression. Il s’agit d’un enseignant de langue particulièrement bienveillant vis à vis des élèves et qui aurait voulu effectuer un cours vivant.

Hélas, la classe étant très agitée, il lui est difficile de faire classe. Dans celle de mon enfant, seuls quatre élèves tentent de participer. Les autres font régner un brouhaha.

A l’annonce de l’absence de l’enseignant, quelle n’a pas été la satisfaction des autres élèves de la classe ! Ceux-ci ne semble plus percevoir l’utilité de l’apprentissage des langues. Ils ne perçoivent pas les souffrances qu’ils peuvent infliger ni la méchanceté de leurs chahuts.

Comment en est-on arrivé à ce résultat déplorable ? Des enfants qui ont perdu toute motivation et sens du respect et ce malgré l’implication de l’enseignant !

On ne peut bien sûr pas écarter que certains de ces enfants aient des problèmes comportementaux liés à des soucis familiaux ou une mauvaise éducation familiale. Mais cela ne peut pas concerner la quasi totalité d’une classe, tout au plus quelques individus. Le comportement de ces enfants est avant tout le résultat du système éducatif actuel et de ce discours ambiant néfaste sur « le retour de l’autorité ». Car à force de vouloir assurer la tranquillité de la classe par la force, on obtient le résultat inverse. Lorsque de tels enfants sont confrontés à un enseignant qui ne manie pas la matraque, ils perdent vite toute inhibition et vont inverser le rapport de force. Si leur socialisation s’est effectuée sous la loi du plus fort, ils appliquent de même la loi du plus fort vis à vis des enseignants ne fonctionnant pas avec le même autoritarisme que leurs collègues.

De plus, compte tenu de l’absence de formation des enseignants à la pédagogie, la psychologie de l’enfant, aux techniques de communication et de gestion de groupes, on peut comprendre que la situation de certains enseignants peut vite dégénérer.

Une réflexion sur “Dépression ?

  1. Avatar de Elsa Elsa

    On dirait que l’on décrit ici ma situation. Prof agrégée de langue vivante, toujours très appréciée par mes élèves et étudiants (j’ai exercé aussi en fac) j’ai été affectée cette année dans un collège huppé où les collègues fonctionnent « à la matraque ». Résultats : impossible d’y faire « fonctionner » une classe de langue vivante, très mauvaise ambiance, méchanceté des élèves, harcelement psychologique de la part de la hiérarchie et.. là j’ai craqué en pleurant devant mes élèves qui sont devenus à mes yeux des morveux sadiques et pervers et rien d’autre. A chaque fois que je demandais de l’aide, on m’énumerait les sanctions possibles… Mais moi je demandais du respect, et non pas spécialement le respect que l’on doit à un adulte ou à un enseignant, mais celui que toute relation humaine comporte normalement. Ces enfants avaient tout simplement perdu le « sens de l’autre ». Et dans cette cage au fonctionnement sadique, celle qui était folle c’était moi. Me voici aujourd’hui en depression après 12 ans de carrière. La seule idée de devoir entrer dans une classe me rend malade.

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