Des larmes pour commencer les vacances

Je pouvais espérer vendredi 08 mars au soir, de retrouver mon enfant content d’être en vacances. Il était en larmes, car une avalanche de devoirs lui est tombé dessus. Mentionnons entre autre, un devoir maison en mathématique, un exposé sur un personnage de la mythologie, un livre à lire, un travail s’y rapportant et une rédaction.

Il était confronté au sentiment que même avec la meilleure volonté du monde, il ne saurait y faire face. Nous avons bien été obligé de l’aider pour qu’il surmonte cette peur de ne pas être à la hauteur.

Jusqu’à aujourd’hui, cela représente une journée complète de devoir et cela n’est pas fini.

Je ne comprends pas cette volonté de vouloir pousser les élèves au maximum de leurs possibilités. Quel hypocrisie que de penser que tous les élèves pourront répondre à des exigences aussi élevées : tous les parents n’auront pas la possibilité ou la capacité à apporter l’aide nécessaire. On risque là de décourager certains élèves.

Quel est ce collège qui stress à ce point les enfants qui ont le défaut de vouloir être à la hauteur, de ne pas décevoir et que l’on peut pousser à en faire toujours plus ?  L’épuisement guette ce genre d’enfants qui ne savent pas prendre suffisamment de recul.

Dans un monde en constante accélération, les enfants on le droit d’avoir une vraie coupure pour décompresser. Les devoirs sont nécessaires, mais il convient de rester dans la bonne mesure.

Commentaires sur la valeur ajoutée des établissements

Il est donc possible de classer les lycées et donc les collèges en fonction de leur valeur ajoutée (voir sur dans l’édition du 31 mars 2011 ou sur lemonde.fr : Ces lycées qui permettent aux élèves de se dépasser), c’est-à-dire sur leur capacité à amener tous les jeunes à la réussite.

L’article permet de s’interroger sur ce qui permet de casser « une logique de l’échec scolaire lié au milieu d’origine » et permet de garder espoir. Les établissements parvenant à maintenir le principe de l’égalité des chances existent. Ils ont su inventer d’autres manières de faire, à moyen égaux. Je cite des éléments de l’article :

– tenir la main des gamins, multiplier l’offre. Des études pendant la journée, l’aide aux devoirs […], des stages de méthodologie […]

– écoute et respect du jeune pour lui demander ensuite de se mettre au travail

– un cadre rigoureux

– expliquer la sanction

– substitution au conseil de discipline une commission de vie scolaire

– rencontres parents / professeurs,  enseignants n’hésitant pas téléphoner aux parents

– des contrats moraux …

(voir aussi quelques idées intéressantes dans le commentaire de Gaëtan CALMES dans Une logique d’entreprise dans les établissements scolaires ?)

On voit bien qu’une des clés du problème se trouve dans la relation des élèves avec leurs enseignants. Certains parviennent à amener les enfants et les jeunes à la réussite, même si ceux-ci sont difficiles. Ce n’est pas qu’une question de moyens.

Si les journalistes du journal Le Monde ont su faire cet exercice (voir Bac 2010 : le palmarès des lycées ), on peut supposer que les académies et le ministère de l’éducation national peuvent en faire de même.

Puisque le diagnostic peut être posé établissement par établissement, puisque des solutions ont été mises en place, qu’attendons nous alors ? Qu’attend notre ministre de l’éducation nationale pour faire changer les pratiques des établissements à valeur ajoutée faible ou négative ? Qu’attend-t-il pour donner aux enseignants en difficulté dans leur pratique les outils pédagogiques et comportementaux nécessaires ? Il ne suffit pas d’avoir une tête remplie de connaissances pour savoir les transmettre. Savoir transmettre demande de l’expérience, mais aussi du savoir être. Le savoir être pour un enseignant est un ensemble de pratiques comportementales lui permettant d’avoir l’attitude appropriée face à une classe, en toutes circonstances, mais aussi d’avoir la réponse adéquate lorsque les difficultés arrivent. Mentionnons entre autre : savoir identifier dans un groupe les alliés sur lesquels l’enseignant peut s’appuyer, les septiques, les perturbateurs , savoir agir sur les perturbateurs sans que ceux-ci ne se sentent agressés (par exemple : ne pas entrer dans son périmètre de sécurité, respecter une distance minimale) …

Certains possèdent le savoir être de manière innée. Mais d’autres ont besoin de l’acquérir. Certains parviendront à l’acquérir au bout de quelques années devant une classe. Malheureusement, les difficultés seront telles pour d’autres qu’ils n’y parviendront pas. Tous peuvent cependant être formés pour progresser dans leur pratique quotidienne !

Dans certaines entreprises, il existe un certain nombre de stages proposés aux salariés cadres pour travailler sur le savoir être.

Ce n’est pourtant pas une idée lumineuse que celle de penser que les enseignants devrait pouvoir bénéficier de ce genre de formation et qu’il serait bon de s’inspirer de ces établissements « qui font des petits miracles ».